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Pathologies & Arts – diapo du mois

28/12/2012

Stelarc_Ear on arm

Diapositive du mois tirée du tableau Pathologies & Arts

 

L’utilisation de matériel humain dans le monde de l’art n’est pas hors du commun.  En début d’année vous avez peut-être même vu les toiles de Marc Séguin au Musée d’Art Contemporain des Laurentides faites de  cendres humaines. Stelarc, en revanche utilise ses propres adipocytes extraits par liposuccion pour Blender (2005) ou pour Ear on arm (2010). Cette dernière n’est pas une vraie oreille, mais simplement une structure imitant sa forme implantée sous la peau. Des cellules humaines ont étaient déposés sur cette matrice poreuse en forme d’oreille. Il ne restera qu’à introduire si ce n’est déjà fait  des capteurs électroacoustiques. Contrairement à l’image que l’on pourrait se faire de cet homme qui s’afflige des mutilations constantes, il a charmé tout l’auditoire en 2010 à l’Université Concordia  avec le temps qu’il consacre aux gens, sa façon de ne pas se prendre au sérieux et son rire contagieux. Éternel gamin qui s’amuse au péril de sa vie avec des coéquipiers chirurgiens, ingénieurs, informaticiens et parfois musiciens, il participa dernièrement à une exposition qui portait sur
l’Art, la Science et le Vieillissement.

Q & R avec Stelarc  par Adam Smith sur le site Notes from the Underground on the web.

 

Pour en savoir plus

HAMANN Jean (octobre 2012). « Un vrai bon gras !  Des chercheurs mettent les cellules souches adipeuses au service de la reconstruction du corps humain »,
Le fil de l’Université Laval
Vol.48 no.611

Notre futur post-humain
Perspectives sur la Recherche – Université d’Ottawa Automne 2011 Vol.13 no.2

FOX John (août 2012). Havard Scientists create first cyborg flesh, site de IGN
Tissus pouvant servir comme prothèses, stimulateurs cardiaque ou nanorobots.

KRAMER Stephanie (février 2012). « The ethics of bioart explored« , site de Urban Times

LivresBioartPosthumains

BÉLAND Jean-Pierre (2006). L’homme biotech : humain ou posthumain ?, éd. PUL 144 p.

PARIZEAU Marie-Hélène et CHAPOUTHIER Georges (2007).
L’être humain, l’animal et la technique, éditions PUL, 244 p.

Coll. (2012) Bioart – Transformations du vivant, Presses de l’Université du Québec, 398 p.

 

Voir aussi les références à la fin du billet FTA 2012

Pathologies & Arts – Diapo du mois dernier

 

4 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    28/12/2012 11:01

    Fascinant, les créations de Stelarc!

    Les ouvrages proposés ici semblent, par moments, poser la question de la différence entre l’homme (au sens générique) et l’animal — en particulier l’ouvrage de Maire-Hélène Parizeau et Georges Chapouthier. Y a-t-il une coupure radicale entre l’humain et l’animal ou bien n’y a-t-il qu’une différence de degrés?

    Dans « Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient » (1905), Freud raconte une blague juive qui contient une réponse possible à ce dilemme :

    « Dans une gare de Galicie, écrit Freud, deux Juifs se rencontrent dans un train. “Où vas-tu?” demande l’un. Le second répond au premier: “Je vais à Cracovie.” “Regarde-moi ce menteur!” s’exclame le premier furieux. “Si tu me dis que tu vas à Cracovie, c’est que tu veux que je croie que tu vas à Lemberg. Seulement, moi je sais que tu vas vraiment à Cracovie. Alors pourquoi tu mens?” »

    Que peut-on déduire de cette petite blague juive racontée par Freud. Ceci, que Lacan pointe : l’homme serait ‘homme’ de dire une vérité dans l’espoir que son vis-à-vis y verra un mensonge, ce que l’animal n’est pas en mesure de faire.

    Pour protéger sa progéniture d’un prédateur, l’animal pourra mentir ; il pourra, par exemple, faire semblant d’être blessé. C’est ce que fait la mère perdrix pour assurer la survie de ses petits. C’est-à-dire : la perdrix ‘ment’ dans l’espoir (si tant est qu’un animal puisse « mentir » et puisse « espérer ») que le prédateur y verra du vrai, dans l’espoir qu’il pensera que la perdrix est vraiment blessée. Le prédateur suivra ainsi la perdrix qui « ment », ce qui éloignera le prédateur des petits de la perdrix.

    On note qu’il ne viendrait pas à l’esprit d’une perdrix blessée d’utiliser cet état pour obtenir un avantage. C’est-à-dire que la perdrix blessée ne se ‘déclarerait’ jamais comme étant blessée, dans l’espoir que le prédateur croie qu’elle est bien portante.

    L’homme aussi ment. Et quand il ment, il espère que son vis-à-vis croie que ce qu’il dit est la vérité. Mais l’homme fait aussi cette autre chose (que l’animal ne peut faire), cette autre chose étant de dire la vérité dans l’espoir que son vis-à-vis y verra un mensonge.

    Ainsi dans l’histoire juive de Freud, un des deux interlocuteurs dit qu’il va à Cracovie, ce qui est tout à fait vrai, car, oui, il a l’intention de se rendre à Cracovie. Cracovie est bel et bien sa destination. Mais son espoir est que son ami pensera que c’est en réalité à Lemberg qu’il se rend. Dans l’histoire juive de Freud, l’ami en question ne se fait pas prendre au piège. Mais il n’en reste pas moins que le stratagème utilisé est un stratagème typiquement humain, il est même unique à l’homme, l’animal en étant incapable.

    Pour résumer : l’animal peut proposer un mensonge ou un état mensonger (par exemple, qu’il est blessé), dans l’espoir que le prédateur prenne ce mensonge pour du vrai ; l’homme fait cette chose quelque peu retorse (dont l’animal est incapable) de proposer une vérité, dans l’espoir que l’autre prenne cette vérité pour du faux.

  2. 28/12/2012 12:50

    Énigmatique et complexe qu’est l’esprit humain !

    Le cahier de recherche sociologique No. 50 printemps 2011 a justement plusieurs articles qui traitent de l’animalité et de l’hominidé en art bio-tech.

    MarionLaval-Jeantet explique sa démarche artistique lorsqu’elle décida de se faire injecter du plasma de cheval afin d’obtenir une sorte d’hybridization homme/animal p.15-29. À l’inverse mais avec une plante, Eduardo Kac insère ses propres gènes dans l’ADN d’un pétunia p.67

    Quant à l’article de Magali Uhl et Dominic Dubois p.32-54, il explique la distinction qu’à faite la primatologue Gisèle Szczyglak entre homonisation (animalité biologique) et humanisation (politique et culture) et pour qui la post -homonisation est nécessairement une rupture phylogénétique avec le vivant. À l’instar de Dominique Lecourt qui considère que c’est par la technique que l’homme se détache de l’animalité.

    Et si on revient à l’artiste du mois…
    On nous rappelle à la p.43 que dans L’adieu du corps, David Le Breton dit de Stelarc qu’il est un « alchimiste de l’évolution, qui déclenche les mutations et transforme le paysage humain »

  3. Michel Dussault permalink
    29/12/2012 10:32

    Dire la vérité pour faire croire à un mensonge?!!!
    Souhaitons seulement, à la veille du Nouvel An,
    que l’humanité sache aussi manifester d’autres
    traits « spécifiques » plus inspirants et plus en-
    encourageants pour l’avenir de nos relations
    interpersonnelles et pour la bonne santé de nos
    discours. Sourions de la bonne blague…mais sou-
    haitons qu’elle demeure une blague…qui ne se
    transforme pas en « cauchemar collectif »!
    M.D.

    • Robert Richard permalink
      29/12/2012 11:22

      Les questions soulevées dans les articles cités ici sont tout à fait passionnantes. Cela nous amène à poser des questions que nous avons tous travaillées dans les années 1980, surtout 1990, des questions qui se posent encore aujourd’hui, portant sur la mondialisation ou pour employer le terme anglais : la globalisation.

      Dans l’article intitulé « The Ethics of bioart explored », on peut lire ceci : « How is the boundary of living and non-living established ? » Et l’article d’ajouter : « [T]he distinction between human and machine is quickly eroded […] The increasing intimacy between humans and machines begs the question of whether bioart has ethically taken this a step too far »

      Dans l’article sur les recherches menées à Harvard, le chercheur en chef affirme ce qui suit sur le programme de travail en vigueur dans son secteur : « It allows one to effectively blur the boundary between electronic, inorganic systems and organic, biological ones »

      Ainsi pourrait-on parler, à partir de maintenant, non seulement d’une ‘globalisation’ des économies, mais d’une série ou emboîtements successifs de ‘globalisations’. Il y aurait par exemple ‘globalisation de la masse biologique sur terre’. Autant les frontières disparaissent entre les pays, autant les « frontières » entre l’espèce humaine et les différentes espèces animales font de même, c’est-à-dire : elles s’effacent. Ce dont témoigne la xénotransplantation. On va bientôt transplanter le cœur d’un animal dans le corps d’un homme — à moins que ça ne soit déjà fait. Je pourrais donc me retrouver avec le cœur d’un cochon, les yeux d’une pieuvre, le foie ou la rate d’un cheval… Les frontières entre les espèces se trouvent ainsi abolies — avec tout ce que cela comporte de danger: des virus pouvant éventuellement sauter la barrière des espèces.

      Or, cette globalisation biologique semblerait sur le point de devenir techno-biologique. Le Monde (9 novembre 1999) titrait : «Le XXIe siècle sera dominé par des machines massivement intelligentes.» Et en sous-titre: « [Un] scientifique britannique, qui travaille au sein du laboratoire japonais ATR, prévoit que des “intellects artificiels” démesurés et sans doute immortels, qu’il baptise “artilects” risquent un jour de menacer l’espèce humaine. » Le ton apocalyptique mis à part, ce que cette nouvelle parue dans Le Monde nous permet d’entrevoir, c’est la libre circulation — et donc le « libre-échange » — entre les mondes humain, animal et technologique… On pourrait donc transplanter des puces électroniques dans mon cerveau, ou, pourquoi pas, une partie de mon cerveau dans une machine. Ce n’est pas tant pour la condamner que j’évoque l’« ouverture des frontières » entre l’animal, l’humain et les créations technologiques. Avant de chercher à condamner, il veut mieux faire l’inventaire de ce qui se passe. Et ce qui se passe ou ce que l’on constate pour l’instant, c’est le fait que la globalisation est un phénomène qui traverse l’ensemble des rapports et déterminants sociaux, en cette fin du XXe siècle/début du XXIe siècle.

      Il y a là une nouvelle pensée, une pensée dont le cœur est moins analytique (moins cartésienne, si l’on veut) que synthétique. On ne sépare plus, ou disons : on sépare moins, on cherche moins à faire ou à établir des distinctions, moins à ménager des seuils d’intelligibilité positive, qu’on ne cherche à rassembler, à fondre et à confondre, à fusionner.

      Qui plus est… il y aurait peut-être une filiation démontrable entre cette manière de pan-globalisation d’aujourd’hui (car elle touche l’économie, la biologie, la technologie, etc.) d’une part et les utopies d’hier d’autre part. Je pense ici à ces utopies (par exemple, celles de Fourier et de Cabet au XIXe siècle) qui nous ont proposé des sociétés enfin apaisées, car dépourvues de tout conflits — entendez : dont les « frontières » psychiques, morales, politiques et idéologiques entre les hommes et les femmes auraient toutes été abolies. Et qui sait ? C’est peut-être l’image de ce type de bien tout uniment solaire qui serait le moteur derrière ces nouvelles recherches et avancées scientifiques.

      On peut voir, dans l’histoire juive de Freud, racontée plus haut, une manière de cran d’arrêt à cette cascade de globalisations utopiques. La blague juive dit ceci : il y a un seuil infranchissable, une frontière, entre l’homme et l’animal, il y ‘saut quantique’ entre l’humain et l’animal et donc impossibilité de ‘globaliser’, en un seul monde, le monde humain et le monde animal.

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