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Pathologies & Arts – diapo du mois

30/01/2013

Napoléon visitant les pestiférés de Jaffa_A-J Gros

Diapositive du mois tirée du tableau Pathologies & Arts

Le tableau auquel on associe Napoléon 1er(1769-1821) est incontestablement celui de son couronnement. Peintre officiel de Bonaparte et chef de file du néoclassicisme, Jacques-Louis David (1748-1825) conçoit la monumentale toile pour l’occasion. Un de ses élèves,  Antoine Jean Gros (1771-1835) consacra également une partie de sa vie à glorifier l’empereur. Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa (1804) présentement au Louvre, en est le parfait exemple. Il représente Napoléon  compatissant envers les malades allant même jusqu’à toucher un bubon (inflammation du ganglion). Ce geste qu’il n’aurait soi-disant pas fait n’avait pourtant rien d’héroïque, car la peste est causée par le bacille Yersinia pestis, véhiculée par le rat et transmise à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées. La peste bubonique ou peste noire ne se transmet donc pas par le toucher.  La contagion par voie aérienne devient par ailleurs possible si le bacille atteint les poumons et se développe en peste pulmonaire. Dans son livre Napoléon 1er et ses médecins, Xavier Riaud rappelle un incident raconté par Paul Ganière dans la Revue du Souvenir Napoléonien 1988 p.47-48 que lors de la traversée des troupes françaises au Moyen-Orient, craignant une attaque des Turcs, Napoléon aurait suggéré d’administrer des doses létales d’opium à ses soldats souffrant de la peste afin de quitter le campement plus rapidement. Mais comme tout bon médecin ayant prêté le serment d’Hippocrate, Dr. Desgenettes (1762-1837) refusa catégoriquement de poser un tel geste. Sur ce tableau on voit les soldats arrivés finalement à Jaffa- située aujourd’hui dans la partie sud de Tel-Aviv, où ils seront pris en charge.

Une autre personne à avoir valorisé Bonaparte est le philanthrope Ben Weider (1923-2008), connu en premier lieu comme fondateur de la fédération internationale de culturistes. Il légua sa collection d’objets en lien avec Napoléon au Musée des beaux-arts de Montréal occupant ainsi 2 salles complètes. Parmi ces objets on retrouve une mèche de cheveux sur lesquels les analyses ont confirmé la présence d’arsenic. Cette découverte ne prouve cependant pas forcément  l’hypothèse de l’empoisonnement que Ben Weider défendait. Les opposants de cette polémique prônent plutôt pour un problème de santé multisystémique avec à la base un ulcère d’estomac et une hépatite,  bien qu’il souffrait en plus d’hypothyroïdie et d’eczéma. Le tout récent livre de Dr.Goldcher ci-dessous, fait le point sur ce mystère.

Napoléon-AJGros-Peste

Pour en savoir plus

Histoire de La Fondation Napoléon et Société Napoléonienne Internationale

O’BRIEN David (1992). Antoine-Jean Gros : Peintre de Napoléon, éd. Gallimard, 304 p.

RIAUD Xavier (2012). Napoléon Ier et ses médecins, éditions L’Harmattan, 376 p.
Prix d’histoire de la médecine du Musée du Service de Santé des Armées au Val-de-Grâce 2012

GOLDCHER Alain et LEMAIRE Jean-François (2012). Napoléon Ier l’ultime autopsie, éditions SPM-lettrage, 403 p. J-F Lemaire est également auteur de nombreux livres sur Napoléon et la médecine.

DEVILLE Patrick (2012). Peste et choléra, éditions Seuil, 228 p. Prix Femina 2012

 

Pathologies & Arts – Diapo du mois dernier

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