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La poésie des nombres

23/04/2013

Daniel Tammet 2013

TAMMET Daniel (2013). L’éternité dans une heure-la poésie des nombres, éditions Les Arènes 304 p. Au centre « Pi landscape » de l’auteur lui-même, que vous pouvez vous procurer sur son site ainsi que des photographies de Jérôme Tabet.

« Comme les œuvres littéraires, les idées mathématiques nous aident à agrandir notre cercle d’empathie,  elles nous libèrent de la tyrannie d’un point de vue  unique, de l’esprit de clocher.
Si on sait les regarder, les nombres font de nous des humains meilleurs. »
   Daniel Tammet

 

En cette Journée mondiale du livre, voici celui de Daniel Tammet sur la beauté et l’art des mathématiques. Atteint du syndrome d’Asperger et doué de synesthésie, il devint une superstar internationale en 2004, lorsque le 14 mars- Journée de Pi,  il récita durant 5 heures, 22 514  décimales de cet admirable nombre. Originaire de la Grande-Bretagne, mais vivant à Paris, Daniel Tammet parle couramment l’Islandais et une dizaine d’autres langues. On est donc subjugué dès le premier chapitre, lorsqu’il compare l’utilisation des chiffres en linguistique. Une tribu au Libéria, par exemple, n’a pas de mot pour désigner ce concept abstrait de chiffre; une autre en Amazonie n’a aucun terme pour indiquer ni le temps, ni la quantité; en Chine, le terme utilisé dépendra de ce que l’on compte c.-à-d. moutons, vaches ou chevaux; et c’est tout aussi compliqué en islandais. De Démocrite à Stephen Jay Gould, il nous transporte dans l’univers merveilleux des savants, des poètes et des nombres et chacun des chapitres est tout aussi captivant. Puisque nous sommes en plein Festival Metropolis Bleu, faisons strictement mention des analogies littéraires : au chapitre 6, il décrit la fascination de Shakespeare pour le zéro; au chapitre 12, il résume le calendrier d’Omar Khayyam que le sultan Perse adopta en 1079; au chapitre 16, il explique l’utilisation de métaphores mathématiques de Tolstoï notamment dans Guerre et paix; au chapitre 17 le processus de création de Lolita par Nabokov ainsi que les autres innombrables versions possibles; pour finalement au chapitre 18, celui de La poésie des nombres premiers, atteindre l’apothéose !

Qui osera dire ne pas être émerveillé par la splendeur des chiffres…
sinon celui qui n’aura pas lu le livre de Daniel Tammet.
Autres commentaires de S. Cabut ou M. Quenet

 

Lectures en lien

CARON France (été 2006). »Mathématiques et poésie– à la recherche de l’idéal », revue Accromath, Vol.1 été – automne 2006  p.36-40

GROWNEY Joanne (oct.2006). “Mathematics in poetry”, Journal of Online Mathematics and its applications Vol.6 october 2006 article 1262

Structure mathématique du poème Shéhérazade  sur le site de l’oulipien Nicolas Graner

Contraintes mathématiques et poésie sur le site Mathsetarts

Cedric Villani_Livre et vidéo

VILLANI Cédric (2012). Théorème vivant, éditions Grasset 288 p.
Mathématicien, auteur et vulgarisateur – récipiendaire de La Médaille Fields 2010
Entrevues dans le Nouvel Observateur et sur la chaine de Radio-Canada.
Visitez également son site web incluant une rubrique grand public ainsi que
ses vidéos de la collection « Le monde est mathématique » du journal Le Monde.

Professeur en France et au Sénégal, Cédric Villani s’inquiète particulièrement de la baisse d’intérêt des jeunes envers les carrières scientifiques. Ce sujet sera justement abordé dans le cadre du 81e congrès de l’ACFAS dans un colloque, organisé par Johanne Lebel et Christian Bouchard, intitulé Libido Sciendi ou variations sur le désir de connaitre  (billet à venir).

2 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    24/04/2013 08:21

    Puis… il y a les nombres transfinis découverts par Georg Cantor (1845-1918), théorie sévèrement critiquée à l’époque par de grosses pointures comme Kronecker et Poincaré. Cantor prétendait avoir reçu sa théorie de Dieu lui-même (le maître de l’univers la lui aurait soufflé à l’oreille). Cantor avait même demandé au Vatican d’approuver sa découverte. Il faut dire que Cantor a eu plusieurs épisodes de schizophrénie dans sa vie, et a même été interné à quelques reprises durant sa vie.

    Pour donner une idée de ce qu’est un nombre transfini…

    Nous savons depuis Aristote qu’il est impossible de compter jusqu’à l’infini, cela, pour la simple raison qu’on pourra toujours ajouter un chiffre au nombre atteint qu’elle que soit la grandeur de ce nombre. Cela, nous le savons.

    Mais voici que Cantor dit ceci: SUPPOSONS — on note la nature du « comme si » de l’opération — donc, supposons, oui, supposons que nous avons réussi à compter jusqu’à l’infini: eh bien, alors le premier chiffre à venir ‘après’ on l’appellera ‘premier nombre transfini’.

    Suivront ensuite un deuxième, puis un troisième, etc., nombres transfinis. Car on pourra supposer, pour chaque tour de manivelle, qu’on est parvenu à compter jusqu’à l’infini, incluant cette fois le premier nombre transfini, pour qu’on puisse constater un deuxième nombre transfini… et l’on reprendra bien sûr l’opération au complet pour aboutir à un trois nombre transfini, et ainsi de suite.

    On aura évidemment été sensible au caractère fictif ou fictionnel de la chose. Conclusion qui peut nous laisser rêveurs: littérature, musique, arts visuels, etc — enfin l’art en général ne serait-il pas, pour ainsi dire, tout entier du côté du transfini?

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