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Sommes-nous tous fous ?

01/06/2013

Bar des sciences présenté par le
Magazine Québec Science
et Radio-Canada

Sommes-nous tous fous ?
Animé par Yanick Villedieu
Bar L’Barouf à Montréal
4171 rue Saint-Denis
Mardi 4 juin à 17h30

Illustration:
Aaron McConomy
colagene.com

L’industrie pharmaceutique est-elle responsable de cette prolifération des maladies mentales ? Faut-il y voir le progrès des sciences neuropsychiatriques ou l’érosion graduelle de la normalité de la pensée? Y a-t-il des risques de surdiagnostic et de surmédicalisation? Neuroleptiques: quels résultats et à quel prix ?  Les antidépresseurs: la potion magique ? Les psychothérapies classiques peuvent-elles encore rivaliser avec le développement de l’arsenal chimique ?

Invités:
Marie-Odile Krebs – professeure au Centre de psychiatrie et neurosciences de Paris
Yves Lamontagne – psychiatre et ex-président de l’Ordre des médecins du Québec
Marie-Claude Guay – vice-présidente de l’Ordre des psychologues du Québec
Jean-Claude Saint-Onge – philosophe et écrivain, auteur de Tous fous ? (2013) et également de
Les dérives de l’industrie de la santé (2006), L’envers de la pilule-Les dessous de l’industrie pharmaceutique (2008-revue) aux éditions Écosociété

Rediffusion du Bar des sciences à l’émission Les années lumière  le dimanche 9 juin à 12 h15

Voir aussi la rubrique Bar des Sciences 

 

Pour en savoir plus

Santé Mentale 2013

Références à la fin du billet Santé mentale au Met bleu et sur le site de l’AGIDD-SMQ
Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec

SAINT-ONGE Jean-Claude (2013). Tous fous ? L’influence de l’industrie pharmaceutique sur la psychiatrie, éditions Écosociété, 372 p. Livre dans lequel vous trouverez des réponses et réflexions aux questions qui seront discutées. Entrevue avec l’auteur par
LEVY Elias (juin-juillet 2013). « La fabrique des fous« ,  magazine Québec Science Vol.51 no.8  p.22-26

Santé mentale 2013 autres

GIBELLO Bernard (2013). Pensée, mémoire, folie, éditions Odile Jacob 263 p.

TAYLOR A Michael (2012). Hippocrates cried – the decline of American psychiatry,
éditions Oxford University Press 296 p.

FRANCES Allen (2013). Essentials of psychiatric diagnosis – responding to the challenge of DSM-5, éditions Guilford, 206 p.

SMOLLER W. Jordan (2012). The other side of normal- how biology is providing the clues to unlock the secrets of normal and abnormal behavior, éditions Harper Collins  400 p. Résumé par l’auteur- professeur de psychiatrie à Harvard dans Psychology Today 1er mai 2012

Dossier- Troubles mentaux: l’escroquerie dans La Recherche no.465 juin 2012 p.40-52 Hausse de 600% en 6 ans d’enfants hyperactifs aux É-U et 1/3 des Européens souffriraient de troubles mentaux.

 

3 derniers billets sur ce thème
Santé mentale au Met bleu , Médecins et médecines imaginaires et Les impatients

9 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    02/06/2013 06:28

    Il y a une excellente émission consacrée au DSM-5. Il s’agit de l’émission du 10 mai 2012 des « Nouveaux chemins de la connaissance », émission que l’on peut toujours écouter sur le site de France Culture:
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-peut-on-se-fier-a-la-classification-americaine-des-
    On y décortique les éléments idéologiques du fameux DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dont le premier (DSM-1) remonte à 1952.

    • 02/06/2013 22:50

      Merci d’avoir suggéré cette émission que je viens d’écouter à l’instant. L’auteur de Qu’est-ce le DSM ? mentionne tout de même trois avantages de ce livre de référence en psychiatrie: 1) Standardisation dans la classification 2) Déculpabilisation des parents 3) Remboursement des médicaments et des soins de santé. Steeves Demazeux demeure toutefois très critique face au DSM et à Robert Spitzer- celui qui entreprit la révision majeure pour le DSM-3 publié en 1980. Dans cette entrevue vous entendrez également 2 extraits musicaux choisis par l’auteur- philosophe des sciences : Schizophrenia de Sonic Youth et Borderline de Katerine.

  2. Pierre-Jean Bégin permalink
    02/06/2013 19:17

    Toujours, mais toujours suivre la route de l’argent. Là si on n’est pas trop fou, on comprend tout. Psychiatrie et industrie pharmaceutique, la science au service du capitalisme. Un peu de soma avec ça?

    • 02/06/2013 21:04

      Le film Off label de M.Palmieri et D.Mosher, présenté aux dernières Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal – RIDM aborde également le problème de la surmédication causé en partie par l’industrie pharmaceutique pour des fins mercantiles. « À travers le prisme de huit portraits de personnages marqués par la surmédication, Off Label traite son sujet avec la poésie des mythes américains les plus sombres. Un magnifique album photo d’une Amérique dysfonctionnelle, où le médicament est devenu la religion soignant, ou aggravant, les blessures des laissés-pour-compte. (CS) » http://www.ridm.qc.ca/fr/programmation/films/396/off-label

  3. Robert Richard permalink
    05/06/2013 16:42

    Oui, c’est vrai, cela déculpabilise les parents, comme vous dites. Il y a toutefois un revers à cette médaille, non? N’est-ce pas un peu comme ça que fonctionne l’idéologie de la ‘life in America’ où personne n’assume qu’il ou elle a une histoire. Ainsi blâme-t-on très souvent les gènes. De sorte que personne n’est ‘responsable’ de rien. Puis, comme il ne s’agit tout de même pas de faire la chasse aux sorcières, il reste que, avec cet appel insistant aux gènes, on se coupe de tous ces récits qui ont fait que nous sommes ce que nous sommes.

    Charcot, pourtant Français, y était déjà avec sa « lésion dynamique » avec laquelle il expliquait l’hystérie. Cette « lésion dynamique » jouait déjà un peu le rôle que jouent les gènes aujourd’hui. Puis, si elle était dite « Dynamique », cette lésion, c’est que, après avoir fait ses dégâts, elle se ‘refermait’, selon Charcot, de sorte qu’elle ne laissait aucune trace au moment de l’autopsie. C’est bien commode, ça!

    Mais dès que Charcot se mettait à table, il se tournait — c’est curieux — vers la question des récits. Ainsi — et l’anecdote est bien connu — avait-il chuchoté à l’oreille du jeune Freud lors d’un repas gastronomique: « Vous savez, mon Cher Freud, tout cela [l’hystérie] est une question de sexe. »

    Ce qui, nous le savons, n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd!

    • 06/06/2013 13:56

      Vous auriez certainement aimé assister à ce colloque
      annoncé l’automne dernier sur le site Historiens de la santé.
      http://histoiresante.blogspot.ca/2012/09/hysteries.html
      On y a abordé également, les représentations de l’hystérie dans les tableaux de Bacon, en littérature dans les romans de Duras et de Joyce, au théâtre chez Beckett et Artaud ainsi qu’en musique avec Strauss, Schönberg, Berg et Kurtág.

  4. Robert Richard permalink
    06/06/2013 17:08

    Oui, dommage d’avoir raté cela, l’hystérie étant la clé de la découverte de l’inconscient par Freud.

    L’histoire de l’hystérie remonte à deux milles ans avant Jésus-Christ, les premiers diagnostiques ayant été faits par des médecins égyptiens. Mais hélas, durant toute cette histoire — vieilles donc de quatre mille ans –, les médecins, prêtres et autres ‘spécialistes’ ne cherchaient qu’à étiqueter l’hystérie et ainsi à parler ou à discourir SUR elle. Freud a été le premier à prendre le parti d’écouter l’hystérique. Et ce qu’il a appris de l’hystérique l’a profondément bouleversé, soit: la vérité de l’inconscient. L’hystérique avait ainsi, pendant plusieurs millénaires, porté en elle cela, cette ‘vérité de l’inconscient’, qui est un ordre d’un discours jamais entendu jusque-là.

    Pour revenir au DSM… Je crois que c’est le DSM-3 qui a pris la décision d’éliminer l’hystérie de sa liste d’affections. Ce faisant, le DSM en quelque sorte retournait à une position ‘avant Freud’, c’est-à-dire à une position qui tentait par toute sorte de moyen de faire taire l’hystérie et bien entendu de faire taire la vérité dont elle a toujours été porteuse.

    • 06/06/2013 17:17

      Comme le conte chinois « see no evil, hear no evil, speak no evil », alors ? Dont voici, pour rire un peu, une version contemporaine de l’artiste Robert Deyber: See No Evil, Hear No Evil, Speak No Evil, Smell No Evil, Feel No Evil – http://www.robertdeyber.com/paintings.html#22
      Mais si on revient au DSM…Il est bien moins utilisé en Europe puisque d’autres outils et répertoires existent tels que le ICD- 10 International Classification of Diseases produit par l’OMS et traduit en 43 langues. Le chapitre V de la version française appelée CIM- Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, couvre les troubles mentaux et du comportement. La prochaine version, ICD-11 qui sera disponible en ligne, est prévue pour 2015. http://www.who.int/classifications/icd/en/#

  5. Robert Richard permalink
    20/06/2013 16:16

    En écoutant les hystériques, Freud découvrait qu’il existe un discours différent bien qu’aussi ‘rigoureux’ ou en tout cas aussi ‘essentiel’, aussi fondamental que le discours scientifique. Ce discours autre est celui de la subjectivité, discours porté par les hystériques à travers les siècles. Or ce discours de la subjectivité serait pour ainsi dire « premier » par rapport au discours scientifique. Il est bien sûr quelque peu périlleux d’utiliser le mot « subjectivité », ici, car il ne s’agit pas de ce que l’on associe normalement avec des perceptions ou points de vue qu’on qualifierait de ‘personnels’, suivant le baratin habituel de la psychologie molle.

    Freud disait de l’hystérique qu’elle est une « œuvre d’art déformée ». Ce qui pourrait nous conduire à voir l’œuvre d’art comme une « hystérie réussie ». Quoi qu’il en soit, l’art serait un discours autre (par rapport au discours scientifique), discours qui « dit » des choses qui échappent au discours scientifique.

    On trouve une pareille intuition, chez Kant, qui distingue la faculté de l’entendement et la faculté de la Raison. Le discours de l’entendement, c’est celui de la science, discours dont l’utilité, la nécessité, la valeur, etc., sont indiscutables. Mais, selon Kant, il y aurait cet autre discours — ou plutôt une faculté — de la Raison qui ouvre sur les domaines de l’éthique (la morale) et l’esthétique (l’art).

    Kant, Freud — même combat? En un sens, oui. Freud était par ailleurs un grand lecteur de Kant, comme le démontre son texte clé sur « Pulsions et destins des pulsions », qui ouvre son essai sur « La métapsychologie ».

    Je reviens sur ces questions car le DSM a selon moi fait une erreur capitale en refoulant le discours de l’hystérique. Ce faisant — je fais vite ici –, il nie à l’art sa place fondamentale dans l’existence de chacun.

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