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Art souterrain

05/03/2014

Parcours d'Art Souterrain

Festival d’Art Souterrain  jusqu’au 16 mars – programmation
Frédéric Loury – directeur général et commissaire principal
Passeport pour l’art – Chasse au trésor
Samedi 15 mars de 20h30 à minuit

L’art souterrain à Montréal ne se limite pas uniquement aux stations de Métro dont parlait le précédent billet, mais on le trouve également dans les corridors souterrains de la ville qui regroupent pour quelques jours seulement, plus d’une centaine d’œuvres réparties sur 7 km. Cette 6e édition du Festival, scrute le comportement humain face à sa communauté et son environnement en arborant le thème de l’enracinement, d’où la présence de photographies de 2Fik au Complexe Guy-Favreau. Artiste canado-franco-marocain, 2Fik se penche sur les questions identitaires et religieuses de notre temps en reprenant des toiles de grands maîtres dans lesquelles il insère des personnages multiculturels- voir son site 2fikornot2fik.com. Outre les artistes dont on voit les œuvres ci-dessous, Isabelle Hayeur au Centre de Commerce de Montréal et Geneviève Gasse au Centre Eaton sont tout autant préoccupées par les problèmes environnementaux. Understories – la dernière exposition d’Isabelle Hayeur à la Galerie Division, portait justement sur les cours d’eau pollués en Amérique du Nord. Quant à Geneviève Gasse, elle en a surpris plusieurs l’automne dernier avec Bureau de recherche sur l’art  à la Galerie de l’Université Laval, mais présente ici un gazon vert suscitant une réflexion sur l’urbanisme et la relation de l’humain avec la nature.

Cette galerie d’art souterraine est également parsemée d’œuvres interactives et d’autres faisant appel à différents sens du visiteur, par exemple  Audiotopie au Centre de Commerce de Montréal ou Sensorium à Place Bonaventure. N’oubliez pas de faire escale à l’Espace Autochtone de la Place Ville-Marie qui réunit 7 artistes des Premières Nations et un tipi construit par Mike Pattern avec des cigarettes géantes, pour dénoncer la contrebande sur les réserves autochtones (lire aussi RVCQ 2014- premières nations).

Autres commentaires de M.Daguzan-Bernier, R.Cameron ou E.Clément

Audioguide téléchargeable  sur le site artsouterrain.com.

Art Souterrain_JFGratton

Art Souterrain_Willis_Villeneuve_Cohen

Art Souterrain_Chieze_Gougeon

1. Jean-François Gratton à la Gare sur l’exploitation minière
2. Elena Willis au 1000 rue de la Gauchetière
3. Jonathan Villeneuve à la station Victoria
4. Ruthi Helbitz Cohen aux Ailes de la Mode
5. Emmanuel Chieze au Palais des congrès
6. Diane Gougeon au Palais des congrès

Liste complète des artistes participants
Voir aussi Art à la STM 

7 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    11/03/2014 11:43

    L’art souterrain à Montréal ne peut ne pas faire penser à l’art rupestre des peuples pré-historiques, l’art rupestre étant en quelque sorte « souterrain », puisqu’il se faisait sur les parois de grottes qui étaient justement sous terre.

    Georges Bataille a beaucoup écrit sur l’art rupestre ou pariétal. Bataille commence par pointer le fait qu’il y avait deux lieux distincts pour ces hommes et ces femmes de la pré-histoire: il y avait d’un côté des lieux consacrés à l’utilitaire (où les trouve les outils pour le travail, l’affûtage des pointes, etc.) et des lieux « sacrés » consacrés à ce que nous appelons aujourd’hui l’art.

    On ne mêlait pas ces deux ensembles de lieux. L’homme préhistorique ne mêlait pas travail et art.

    Aujourd’hui, on aime mêler l’utile à l’agréable (l’art) — allant parfois jusqu’à mêler le futile à l’exécrable. Ainsi va la modernité. L’art n’est là que pour « agrémenter ».

    Revenons à Bataille, pour qui l’art était une révolte — oui, une révolte — contre le monde profane du travail, dominé par l’utilité et l’utilitaire. L’art sous forme de poésie, de larmes, d’ivresse, de jeu, de rire, d’érotisme, etc., a pour but d’engendrer, dans l’optique bataillienne, des états d’émotion intense.

    Devant cela, on a le choix:

    1) accuser les artistes d’égarement ou de fourvoiement car ils auraient accepter, bien que de bonne foi, d’agrémenter ces lieux dévolus à l’utile et à l’utilitaire;

    2) ne pas bouder notre plaisir et apprécier le fait que ces artistes aient rendu moins désagréable l’inévitable part de l’utilitaire dans nos vies.

  2. Robert Richard permalink
    11/03/2014 14:16

    Oui, l’art comme ce qui laisse une trace de notre passage sur terre — mais, ajouterais-je, une trace à saveur de crime.

    J’aime ce que le personnage sadien de Clairwil dit: « Je voudrais trouver un crime dont l’effet perpétuel agit même quand je n’agirais plus […] au point qu’il entraînât une corruption générale ou un dérangement si formel qu’au-delà même de ma vie l’effet s’en prolongeât encore. »

    On devra, ici, bien sûr, entendre le mot « crime » au sens symbolique, et non pas au sens de délit véritable (vol, meurtre, etc.).

    Le crime auquel Clairwill fait référence, serait ainsi celui commis par Mozart ou par Joyce ou par Aquin ou par Beckett, etc. L’art, du moins à mon sens, doit non pas éclairer, mais semer la confusion, le trouble, le désarroi. L’art ébranle, il rend le monde plus obscur et plus impénétrable que la nuit.

    L’art serait ainsi cette énigme, cette ‘leçon des ténèbres » (je pense ici au compositeur du XVIIe siècle, Marc-Antoine Charpentier) qui perdurera, qui persistera dans l’histoire, même quand l’artiste qui l’a mis en branle ne sera plus de ce monde.

    Ainsi l’art est-il un crime parfait dont la société civile ne devrait, du moins en principe (!), jamais pouvoir se remettre.

  3. Robert Richard permalink
    15/03/2014 10:17

    J’utilisais le mot « crime » plus haut, au sens métaphorique bien sûr, pour caractériser l’art.

    Il me vient à l’esprit que j’aurais pu aussi utiliser l’expression de Proust qui parle de l’artiste comme d’une « catastrophe géologique ». On trouve cette expression dans « Un amour de Swann », si mon souvenir est bon. Rimbaud est une catastrophe géologique, Diderot également. D’autres aussi.

    Crime ou catastrophe géologique, la notion qui est véhiculée ici est celle d’une brisure, d’une cassure. L’art embrouille ce qui jusque-là semblait clair. Au lieu de simplifier, l’art complexifie. Enfin, pour tout dire, l’art ‘fout le bordel’. C’est ce en quoi consiste — du moins, selon moi — l’importance de cette activité qu’on nomme « art ».

    Et c’est ce qui fait que l’art est la condition du politique.

    • Michel Dussault permalink
      19/03/2014 10:29

      Je me demande si cette conception de l’art
      comme forcément « transgressif » n’appartient
      pas elle-même à un moment de son histoire:
      l’artiste lui-même devant être plus ou moins
      déséquilibré, révolté, asocial, amoral, malade…
      Dans la plus grande partie de son histoire,
      l’art a-t-il vraiment cherché à séparer l’utile
      du beau et de l’agréable? Et l’artiste lui-même
      ne s’est-il pas perçu d’abord et avant touty
      comme un « artisan »? S’il y a dans l’art, un
      certain dépassement de l’ordinaire, de la
      pure et simple utilité, de la « prose du monde »,
      cela n’implique pas forcément une volonté
      de rupture…mais peut être un désir de porter
      à sa perfection ce qui s’annonce déjà dans la
      plus simple quotidienneté. Bach, en composant
      ses sublimes PASSIONS, n’a sans doute jamais
      songé à abolir la ferveur religieuse de ses auditeurs
      et leurs hymnes traditionnels!Et pourtant, qui osera
      nier son exceptionnel génie ? Il a fait surgir l’extra-
      ordinaire de l’ordinaire!
      M.D.

      • Michel Dussault permalink
        20/03/2014 12:39

        Puisque, dans mon dernier propos, j’ai évoqué les
        PASSIONS de Bach en rapport avec l’idée d’art,
        j’étonnerai peut-être maintenant le lecteur en
        présentant le jugement de NIETZSCHE sur l’une
        de ces PASSIONS: « J’ai assisté cette semaine à
        trois exécutions de LA PASSION SELON SAINT-
        MATTHIEU du divin J.-S. Bach, avec le même sen-
        riment à chaque fois d’immense émerveillement.
        Le christianisme,pour qui l’a totalement désappris,
        retentit ici véritablement comme un Évangile. »
        ( Lettre de Nietzsche à son ami Rohde, en date du
        30 avril 1870, citée par Curt Paul Janz, dans le
        tome II de son NIETZSCHE, Gallimard 1984, p.265 )
        Même Nietzsche « se retrouvait » dans cette œuvre…
        écoutée trois fois de suite en une semaine!!!
        M.D.

  4. 15/03/2014 13:02

    Belle conclusion mais pour les gens qui voudraient en savoir plus sur L’art comme condition du politique, procurez-vous le No.303 printemps 2014 de la revue Liberté dans lequel M.Richard explique plus en détails l’expérience esthétique vue par Adorno et d’autres philosophes.
    http://www.revueliberte.ca/content/les-conditions-de-la-laicite

    Et si on revenait un peu à Proust…
    Oui – c’est en effet Bergotte qui dit ceci
    dans ALRTP comme métaphore du Progrès artistique.
    « …durera jusqu’à la prochaine catastrophe géologique que déchaîneront un nouveau peintre ou un nouvel écrivain originaux»

    En plus de la correcte intuition neuroscientifique de Proust sur la mémoire et les sens – l’odorat et le goût étant reliés directement à l’hippocampe, décrit dans le livre de Jonah Lehrer (2011) et déjà mentionné sur ce site, le livre ci-dessous dédie un chapitre au complet aux métaphores scientifiques de disciplines variées que Proust utilise dans son roman.

    LUCKHURST Nicola (2000). Science and Structure in Proust’s
    À la recherche du temps perdu, Oxford University Press, 272 p. http://ukcatalogue.oup.com/product/9780198160021.do

    « Ô audace aussi géniale peut-être, se disait-il, que celle d’un Lavoisier, d’un Ampère, l’audace d’un Vinteuil expérimentant, découvrant les lois sécrètes d’une force inconnue, menant à travers l’inexploré, vers le seul but possible, l’attelage invisible auquel il se fie et qu’il n’apercevra jamais ! »

    Ce rapport entre la fiction littéraire et le savoir scientifique est également abordé dans KLINKERT Thomas (22 mars 2012) de la revue Épistémocritique
    http://www.epistemocritique.org/spip.php?article258

    Cette revue consacre tout son volume 11 A-2012 sur Neurosciences, arts et littérature http://www.epistemocritique.org/spip.php?rubrique68

    RAPPEL à tous:
    Chasse au Trésor du Festival d’Art souterrain, ce soir dès 20h30 !!!

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