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Cruci-Fiction ou Réalité ?

01/04/2014
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Crucifixion détail El Greco
La crucifixion détail 1597-1600 Domenikos Thetokopoulos dit El Greco au Musée Prado

En cette période où le crucifix et d’autres signes ostentatoires ne cessent de défrayer les manchettes au Québec, parlons en maintenant de point de vue Scientifique & Artistique. Ce supplice qui remonte au Ve siècle av. J.-C. et qui fut pratiqué pendant 1000 ans continue d’être un thème abordé par des artistes contemporains. L’art en croix (2001) de Jacques de Landsberg dresse un panorama historique de ces représentations incluant une des plus anciennes effigies du Christ en croix provenant de la Basilique Santa Sabina de Rome. Ce panneau de bois de l’an 430 apparaît également dans le documentaire La crucifixion, le scandale sacré (2012) d’Olivier Besse, mais qui ose aller  plus loin jusqu’à  montrer à l’écran des œuvres polémiques considérées blasphématoires par le Vatican.

La crucifixion – mythe ou réalité ? Ce n’est pas vraiment la question qu’il faut se poser, mais plutôt Comment et Quand? Les recherches en archéologie ont démontré que les clous devaient être plantés entre le radius et l’ulna et non dans la paume comme la majorité des tableaux. Néanmoins, la position des doigts telle que représentée par El Greco est bien réaliste. Une équipe de neuroscientifiques a démontré que la façon dont est placée la victime sur la croix diminue le flux sanguin vers le nerf médian, expliquant ainsi le relâchement des muscles du pouce et de l’index innervés par celui-ci; mais puisque le nerf ulnaire demeure intact, les contractions de l’annulaire et de l’auriculaire sont possibles comme on peut le constater sur le tableau ci-dessus. Réf. REGAN J. et al. (mars 2013). « Crucifixion and median neuropathy « , Brain and Behaviour vol.3 no.3 p.243-248.  Résumé par G.Frasca sur blog.science-infuse.fr et par Loic Mangin dans  » La crucifixion : un supplice énervant ! « , Pour la science no.427 p.86-87. Les vidéos ci-dessous, vous révèleront la seule preuve de cet horrible rituel, trouvée dans une tombe a Giv’at Ha-Mivtar a Jérusalem Est- un clou de 11.5 cm qui traverse le calcaneus droit datant du 1er siècle av. J.-C. (image de gauche).

Crucifixion Smithsonian Channel

Museum secrets revealed : The science behind Crucifixion 2 min sur le Smithsonian Channel
Jesus: Rise to Power: Crucifixion Uncovered 2min 52 sur le site du National Geographic
Ancient X- Files 2 : Crucifixion Decoded (2012) 45 min produit par National Geographic
dévoile également le site archéologique où aurait eu lieu l’exécution de Jésus-Christ.

Une des particularités du Christ en croix d’El Greco est de voir jaillir à la fois  le sang symbolisant l’eucharistie et l’eau pour le baptême. Bien que cette blessure ne soit peut-être pas réelle, l’écoulement de ces 2 liquides est en théorie possible si le Christ avait souffert d’un épanchement pleural, conséquence par exemple de la tuberculose – ARIS Alejandro (2002). Art et médecine, éditions Mengès 187 p. La cause exacte provoquant la mort des crucifiés a par ailleurs était amplement étudiée; Des chercheurs ont recensé au total 10 hypothèses à ce sujet – Journal of the Royal Society of Medecine avril 2006 vol.99 no.4 p.185-188, sans pouvoir déterminer avec certitude si le décès était causé par asphyxie, défaillance cardiaque, choc hypovolémique ou autres. Quant à la date précise de la crucifixion du Christ… elle aurait eu lieu, d’après les calculs de Colin J.Humphreys et W.G. Waddington, le 3 avril de l’an 33 – l’astronome Sten Odenwald commente leurs résultats sur le site holtz.org mais Sir Isaac Newton s’en doutait déjà en 1733 comme l’explique J.P.Pratt dans Quarterly Journal of Royal Astronomical Society sept. 1991 no.32 p.301-304.  En 2012, des recherches à partir de données sur l’activité sismique dans la région de la Mer Morte recueillies par une équipe de géologue – www.deadseaquake.info arrivent au même résultat. Pourtant des questions telles que  le temps que ça prend avant de succomber au supplice d’une crucifixion, la cause exacte de la mort  ou même la forme qu’avait la croix, suscitent autant de débats que le port ou non de la croix au Québec et de sa taille permise.

Voir aussi Le Mystère de la crucifixion 60 min avec Michael Hunter – médecin légiste
Lundi 21 avril à 21h sur la chaîne française de Discovery Science

Autres billets sur des découvertes archéologiques
Maya, Étrusques, Farinelli, Rome, Secrets du Vatican et 101 billet – santé !

 

Mila Moussakova Icônes

Exposition de peintures et icônes tempera sur bois de Mila Moussakova
Du 14 au 25 Avril à l’Institut Bulgare de Londres
188 Queen’s Gate – South Kensington SW7 5HL
milamoussakova@hotmail.com
Autres Icônes de Mila

Pour en savoir plus sur Mila Moussakova qui expose régulièrement à Paris, Vienne, Londres, Amsterdam et Sofia voir réf. au billet Art en Capital-2013 Rendez-vous annuel de l’Art contemporain à Paris.

 

Exposition  Come and See  de Jake & Dinos Chapman  Galerie DHC Art du 4 avril au 31 août
Jake & Dinos Chapman
Photo à venir de Richard-Max Tremblay           DHC/ART au 451 et 465 rue St-Jean H2Y 2R5

10 commentaires leave one →
  1. 01/04/2014 13:51

    Commentaire reçu par courriel :

    Dans la Charte, il s’agit de symboles OSTENTATOIRES, très visibles, envahissants et provocants, comme le tchador chez une fonctionnaire ou une femme médecin, ou encore une infirmière. Le port des signes religieux des anciennes religieuses est maintenant interdit dans les fonctions officielles au Québec. La Charte ne s’applique qu’aux fonctionnaires en office et en fonction. Hors de ces fonctions, chacun-e porte ce qu’il ou elle veut à la condition de ne pas dépasser les limites de la décence.

    Le crucifix n’est pas un symbole religieux mais le rappel d’un événement historique dans l’économie du salut. S’il reste dans les églises et les maisons, il n’est pas ostentatoire. Pour être valable, un crucifix doit représenter la crucifixion du Christ de la manière dont elle s’est produite alors qu’administrée par les Romains, qui en faisaient ample usage souvent pour des offenses minimes. C’est la cruauté du phénomène qui attire l’attention sur l’injustice du système romain qui se prétendait comme le plus juste et le plus civilisé puisqu’il était conforme à la Loi, entendez la Loi romaine. C’est lorsque le crucifix devient un exhibitionnisme de mauvais goût qu’il fait scandale. Pour ceux et celles qui ne croient pas que le Christ est Dieu incarné pour le salut du genre humain, la crucifixion est un scandale. Pour les catholiques et les orthodoxes, l’incarnation et la rédemption sont des mystères du salut éternel promis à toute femme et tout homme qui veulent croire. Mais la Foi n’est pas une philosophie.
    La Foi transcende toute logique discursive.

    René Marcel Sauvé – géopoliticien et auteur
    de Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires.
    Biographie et Autres articles sur http://www.vigile.net/Sauve-Rene-Marcel

    Et voici le document en question- Projet de loi no.60: Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement
    http://www.institutions-democratiques.gouv.qc.ca/laicite-identite/charte-valeurs.htm

  2. Robert Richard permalink
    04/04/2014 11:57

    Dans le film « Nymphomaniac » de Lars von Trier que je viens tout justement de voir, il est question de la distinction entre l’Église de l’Orient et celle de l’Occident, soit l’Église orthodoxe et l’Église catholique.

    La différence entre l’une et l’autre de ces Églises nous est expliquée par le personnage de Seligman qui, en fait, s’adresse à la nymphomane, Joe (jouée par Charlotte Gainsbourg).

    L’Église orthodoxe serait celle de la joie, nous dit-il, alors que l’Église catholique serait celle de la douleur et de la souffrance — d’où l’accent mis sur la crucifixion par cette dernière (l’Église de Rome).

    Du côté de l’Église orthodoxe, on privilégie donc les icônes montrant Jésus dans les bras de la vierge Marie. Image de contentement, de paix, de joie, de bonheur.

    Du côté de l’Église de Rome, ce sont, comme j’ai dit, les images de la crucifixion qu’on préfère — celles aussi de la ‘mater dolorosa’. Le triptyque d’Issenheim, avec son Christ crucifié et au corps distordu, en est un exemple patent.

    Seligman, c’est ce qu’on apprend dans le film, est un être asexué, d’origine juive, mais non croyant. Son nom contient le mot allemand « selig », mot qui veut dire heureux, béni, extase.

    • Michel Dussault permalink
      08/04/2014 19:16

      Sans vouloir nier d’évidentes
      différences d’esthétique et d’accent
      dans l’iconographie chrétienne orientale
      et occidentale, je suis, pour ma part,
      surtout fasciné par le pouvoir de sublimation
      et de transvaluation de l’art. Avoir
      réussi à faire de la croix et de la cru-
      cifixion une occasion d’admiration, de
      contemplation, de beauté, et en arracher
      le sujet au monde de l’horreur pure!
      Morbidité subtile? Qui oserait parler ainsi
      des tragédies grecques, pleines de
      violence et de sang ? Et qui oserait
      taxer de déprimant et de masochiste le
      STABAT MATER de Pergolèse?! À sa manière,
      l’art peut faire naître la joie et la serénité
      de la beauté, là-même où on ne les
      attend pas!
      M.D.

  3. 04/04/2014 16:08

    Intéressant ! Une autre différence pour le grand Bonheur des prêtres orthodoxes c’est le droit de se marier, avant toutefois d’avoir reçu le sacerdose. Les principales différences sont résumées sur le site ci-dessous,
    dont l’immaculée conception qui est un dogme catholique.
    http://www.onelittleangel.com/sagesse/religion/orthodoxie.asp?level=1

  4. Robert Richard permalink
    05/04/2014 10:05

    Puisque la Charte a été mentionnée par l’interlocuteur cité plus haut, je me permets de citer ceci des Évangiles: « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu » (Marc XII, 17; Matthieu XXII, 21; Luc, XX, 25), pour y voir quoi? Eh bien, pourquoi pas une première formulation du projet de Charte ou loi 60 au Québec.

    Bon, je sais: j’ambitionne sur le pain béni.

    Sans aller aussi loin, on peut toutefois voir en cette citation des Évangiles un germe de la séparation de l’Église et de l’État.

    Sur ces questions qui vont occuper une partie de la pensée des électeurs, ce lundi 7 avril, je cite Regis Debray sur la différence entre l’Amérique états-uniennes et la France sur le rapport Église/État:

    « Aux États-Unis, l’État est prié de faire halte devant la porte de l’Église; en France, c’est l’Église qui est priée de faire halte devant la porte de l’État » (cité de mémoire).

    ET AU QUÉBEC?

    Qu’en est-il au Québec? Bonne question. L’État a eu et, d’une certaine manière, a toujours une présence plutôt forte dans nos vies de Québécois. Mais, de plus en plus, on voit l’État, même, ici, au Québec, comme un guichet unique ou un point de vente où l’on se rend pour obtenir ceci ou cela. Dans la mesure où le guichet fonctionne (en livrant la marchandise) on est content. Ni la réalité ou corps institutionnel de l’État ni sa neutralité n’a vraiment d’importance.

    Au Québec, l’État est devenu tout au plus une machine distributrice de services. Pour ce qui est de sa FONCTION RASSEMBLEUSE pour une nation et pour un peuple PAR DELÀ les intérêts privés, croyances, traditions, etc., de chacun, eh bien, on oublie ça. On n’a plus, au Québec, de respect pour l’espace public — ou du moins assez peu. Sans doute parce qu’on ne sait pas vraiment ce que c’est que l’espace public.

    C’est comme si, dans l’histoire et le combat pluri-séculaires de la séparation de l’Église et de l’État, on avait finalement réglé la chose en supprimant un des termes: l’État. Ne reste que Dieu ou les différents ‘Dieux’ de chacun (Dieu, Allah, Yahvé, Bouddha, etc.). On ne reconnaît plus de réalité à l’État, son corps. L’État ne serait plus qu’un fantôme, oh, parfois utile (comme guichet), mais enfin pour le reste on s’en fout pas mal, non?

    DEUX POIDS DEUX MESURES

    Si j’entrais dans une église vêtu de façon inappropriée, on me prierait de quitter — et on aurait tout à fait raison de me montrer la porte, car, par mon habillement, je manquerais de respect pour ces lieux que d’aucuns jugent sacrés. Mais si j’entre dans les lieux de l’État pour y exercer une fonction, je peux, à ce qu’il paraît, m’habiller comme bon me semble — car il y aurait là un « lieu » auquel, finalement, on ne doit aucun respect particulier, aucune déférence pour marquer ce « lieu » comme un lieu à part et dont le caractère ‘sacré’ (si l’on veut) consiste en sa stricte neutralité.

    C’est ça les « deux poids deux mesures »: respect intégral et sans exception exigé pour l’Église (et je suis d’accord); respect mitigé ou négocié de plus en plus à la baisse pour la réalité de l’État.

    Je me permet donc de répéter: dans le long et ardu combat pour la séparation de l’Église et l’État, notre solution semble avoir été de supprimer un des deux termes: l’État — l’État qui a perdu, dans la vive concurrence, voire la guerre entre la multitude des foyers rassembleurs (croyances, traditions, ethnicités, identités culturelles, etc.). L’État — comme fonction rassembleuse — ne fait plus le poids.

  5. 05/04/2014 11:51

    L’État comme fonction rassembleuse, ne fait plus le poids. Très importante conclusion qui me concerne depuis des décades, en tant que géographe spécialisé d’une part et militaire de carrière de l’autre.

    Au Québec, nous avons pourtant réuni toutes les conditions nécessaires au développement d’un État optimal, ce qui veut dire un État apte par sa conscience et capable par son territoire et ses moyens d’agir avec envergure et de servir de modèle au monde dont nous faisons partie.

    J’appréhende maintenant avec angoisse les résultats de l’élection de lundi prochain et ce que j’appréhende, c’est la ruine de plus de 40 ans de travail pour changer chez un peuple sa mentalité de perdant et de colonisé pour celle de bâtisseur d’un État optimal et nouveau dans l’échiquier d’un monde devenu extrêmement complexe et multiple. IL n peut y avoir d’unité du monde que selon l’Esprit et en devenant État, le voyais le Québec comme vecteur de cet Esprit nouveau.

    Si j’ai perdu mardi matin, je devrai recommencer en neuf à l’âge presque canonique de 83 ans.

    En attendant, je prends de grandes respirations et je lève la tête. Comme disait le chanoine Groulx, « notre État, nous l’aurons ».

    René Marcel Sauvé, géographe et militaire retraité

    • 05/04/2014 12:13

      Sublime conclusion ! Malgré le commentaire empreint
      d’une profonde inquiétude que nous pressentons en grand
      nombre, mais peut-être… malheureusement pas
      en nombre suffisant d’ici lundi prochain ?
      À suivre…

  6. Robert Richard permalink
    05/04/2014 12:44

    L’État n’est pas toujours « le plus froid des monstres froids » comme le dit Nietzsche (« Ainsi parlait Zarathoustra ») — bien qu’il l’ait été et qu’il le soit encore trop souvent.

    L’État — État neutre et rassembleur parce que neutre, l’État des hommes et des femmes libres –, c’est comme un rêve sagace que pourrait faire un anarchiste, oui, même un anarchiste.

    Car, paradoxalement, l’État est peut-être l’incarnation de ceci d’insoupçonnable qui vit en dedans de chacun de nous, à savoir: l’Esprit de Résistance.

    Je citerais Dante et Hubert Aquin sur cela précisément, mais c’est assez pour l’instant.

  7. Robert Richard permalink
    05/04/2014 12:55

    Il va sans dire que l’anarchiste dont je parle ci-dessus devra être, pour une fois, aussi sagace que son rêve.

    • 05/04/2014 15:25

      J’invite justement les lecteurs à se procurer votre livre
      L’Émotion Européenne – Dante, Sade, Aquin (2004) aux éditions Varia ou la version 2014 à venir…
      Et à lire la section L’origine de la nation à la p.206 ainsi que la p.166 qui porte sur l’oeuvre de Aquin et la laicité au Québec.

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