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Cygne de goudron

22/09/2014

Au lendemain de la plus grande mobilisation de l’histoire pour le climat avec 675 000 manifestants à travers le monde, le Prix de poésie CBC 2014 a été remis à David Martin pour son poème Tar Swan ou Cygne de goudron. Coïncidence  ou conscience environnementale,  le prix est bien mérité pour le poète albertain qui se voit possiblement confronté à des sentiments de remords, qu’une partie de l’augmentation des gaz à effet de serre soit imputable à l’exploitation des sables bitumineux – pour produire du pétrole, qu’il consomme et qui fait de sa province, celle au PIB par habitant le plus élevé du pays voire même, en Amérique du Nord.

Une des préoccupations majeures des organisateurs du Sommet 2014 sur le climat est la hausse des gaz à effet de serre au point de causer un dépassement des températures mondiales de 2 degrés Celsius en 2030. Des plans d’action pour diminuer les émissions de GES en milieu urbain et en agriculture seront présentés lors de ce sommet et parmi les objectifs fixés pour 2030, l’ONU et la Banque mondiale ont convenu qu’il était primordial d’augmenter l’efficacité énergétique et de doubler l’usage des sources d’énergies renouvelables, pendant que…. l’industrie canadienne des sables bitumineux se prépare à doubler sa production  d’ici 2030 -« Sables bitumineux- Science et propagande » Le Devoir 12 août 2014.

David Martin se joindra au Poet Summit à Toronto le 25 octobre prochain. Julie Joosteen fera également partie des invités de cet évènement. Lors du Festival Metropolis Bleu cette année, elle  nous avait présenté son premier recueil Light Light aux éditions Bookthug en lien avec les sciences naturelles et illustrant la relation des plantes comme témoins des changements historiques et environnementaux.

Sommet 2014 sur le climat au siège de l’ONU de New-York le mardi 23 septembre.

 

Tar swan de David Martin

I. As I’ve told you tide and tide again,

you’re not the first to strike the bell

undertoe. I witnessed a single cygnet,

abandoned by cob and pen, fending

in the lichen. His sobs skip-dripped

from sockets and slithered into deep

pools of felicity. Doodle-buggers

and orange-worms will soon mine his

blistered lore. He busked his flags,

heralding a black egg along slipshod

Athabaska, spit the yoke, and under

my fluted lip, a tar-cleaned tongue.

Hold, before your hand-made eyes,

I offer a soup to eat your reflection.

 

II. Say Alexander Mackenzie once

netted an elephant by the jugular,

a vein he blotted ashore, and ashore

he cajoled a catheter up its trunk,

a trunk that smelled of sea coal.

Believe me, he never imagined

his dead mammal would tender

its supreme body as petroleum.

We are bitumen farmers, gleaners,

and I wield the wide metal plough,

a plough with ragged furrow-slice

my coulter’s wake. Wake, and never

again will Virgil warn, Let the horns

of the moon govern a Soiler’s work. […]

 

Entrevue avec l’auteur
Intégral du poème sur cbc.ca/books/canadawrites/

Plume et Bitume

Tableaux de l’illustratrice Isabelle Arsenault et du peintre Jean-Paul Lemieux (1904-1990) présentés au Musée des beaux-arts de Montréal, ce printemps,  lors de l’exposition La BD s’expose au Musée
Pour en savoir plus sur l’exploitation de bitume et lire des extraits de poèmes sur ce thème par Nnimmo Bassey, Tom Clarck, Raôul Duguay et Natasha Kanapé Fontaine voir le billet  Plume et Bitume.

Quant au gagnant du Prix de poésie Radio-Canada 2014 côté francophone, c’est Marc-André Moutquin qui l’emporte pour L’appétit des astres dont on a fait mention sur ce site au billet du 09 /09/2014. Marc-André Moutquin sera également invité à participer au Festival International de la Poésie de Trois-Rivières qui se déroulera cette année du 3 au 12 octobre.

 

N.B. Table-ronde avec des spécialistes sur le climat au Cœur des Sciences de l’UQAM
Villes et dérèglement climatique – Place aux opportunités !  Lundi 6 octobre à 18h30
Sites web et suggestions de lectures dans la rubrique « Bar des Sciences » sur ce site.

3 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    23/09/2014 04:03

    Art et le souci pour l’environnement… Il ne fait aucun doute qu’il faut voir à, et protéger, notre planète. Nous n’avons que celle-là et elle est ronde si bien que — c’est Kant qui le disait — on a beau vouloir fuir qu’on revient toujours à la même place, ce qui, pour nous, aujourd’hui, veut dire: toujours revenir au point « A » qu’est cette planète nôtre en péril.

    Mais en même temps, il nous faudra, tout en s’occupant sérieusement de notre petite planète bleue, voir à ne pas perdre notre capacité ou notre don pour tout humain pour l’excès. J’ai bien sûr George Bataille en tête ici, et en particulier sa notion de ‘dépense’.

    Car… le souci pour la planète pourrait déteindre — c’est le danger — sur notre vie en général, c’est-à-dire sur notre force ou notre élan créatif en art et sur notre vitalité affective en général. Bataille et J.M. Keynes, le grand économiste, avaient ceci en commun: la dépense. Cette notion de dépense était au centre de leur élaboration. Or l’on sait que, dans notre monde de droite post-keynésien, ce n’est plus la dépense qui est primée, mais l’épargne et donc en un sens la ‘retenue’ (et donc le refus de l’excès).

    Il nous faudra donc apprendre à faire preuve, oui, de retenue, dans notre exploitation des ressources de la planète, mais tout en ne perdant pas notre capacité de dépense en art et dans notre vitalité affective en général. Le danger est, je le répète, que le sens de la retenue vis-à-vis de l’environnement ‘déteigne’ sur notre comportement, et fasse de nous — pour le dire de manière franche et directe (sans les nuances qu’il faudrait faire) — des êtres incapables d’excès, là justement où il n’y a pas de danger pour la planète: dans l’art.

    Et parlant d’excès, je viens de voir une magnifique manifestation ou preuve de dépense et d’excès, ici, à Madrid, d’où j’écris ceci. Il s’agit de l’exposition au Prado, exposition intitulée: « El Greco et la peinture moderne »! Jusqu’au 5 octobre — avis aux voyageurs!

  2. Michel Dussault permalink
    24/09/2014 09:43

    Vivre est un grand risque constant
    et sans aucune garantie…sinon que
    ça se terminera un jour par la mort!
    Cette mort, on ne l’aime pas…et pourtant
    on survit constamment grâce à ses armes
    de destruction ( pensons simplement au
    système immunitaire ).
    Bien évidemment, on ne saurait conclure
    de telles considérations élémentaires sur
    le risque constant que constitue la vie,
    à la fois complice et ennemie de la mort,
    que la prudence ne doit plus avoir de place
    dans nos décisions personnelles et collectives.
    MAIS il faut se rappeler que, quoi qu’on décide,
    on n’échappe jamais au GRAND RISQUE de la
    vie et que, quoi qu’on décide individuellement
    ou collectivement, il faut RENONCER au désir
    infantile d’une SÉCURITÉ INTROUVABLE. À la
    limite, ça paralyse et ça tue, et on arrive encore
    plus vite à ce qu’on voulait éviter le plus!
    Faut-il donc laisser faire tous les empoisonneurs
    et massacreurs de notre monde ? Que non!
    Mais simplement se rappeler qu’une vie sans « risque »,
    sans « dérangement », sans « destruction » ( ou
    « transformation » ) est impossible et par conséquent
    illusoire et non-souhaitable!

    M.D.

    • 29/09/2014 14:03

      ô douloureuse joie,
      ô suave douleur,
      Qui rend mon âme triste et la fait mourir de délices.
      ô mes chers soupirs,
      mes martyres bienvenus,
      Ne me privez pas de votre douleur,
      Puisque, si doucement, elle me fait vivre et mourir.

      5e madrigal du Livre V de Carlo Gesualdo (1566-1613)

      Don Carlo Gesualdo dit Prince de Venosa est un compositeur du XVIe siècle accusé de meurtre et dont la vie controversée est présentée dans le film Mort à cinq voix (1995) de Werner Herzog et plus récemment dans le livre de Glenn Watkins publié en 2010 http://books.wwnorton.com/books/the-gesualdo-hex/

      Je viens de le découvrir à travers les 2 premiers volets de la trilogie de Rober Racine aux éditions du Boréal, mentionnés dans
      https://lmoussakova.wordpress.com/2014/09/13/de-la-couleur-des-mots/
      qui raconte l’histoire de Gabriella – greffée d’un coeur d’astronaute ayant marché sur la Lune. L’auteur y fait de nombreuses références à l’astronomie et à la conquête spatiale, avec en toile de fond les madrigaux de Carlo Gesualdo.

      J’entame avec hâte cette semaine, le dernier volet, Les vautours de Barcelone – 4e de couverture: « C’est surtout une célébration à l’art sous toutes ses formes, et un hommage poignant à l’œuvre du compositeur Claude Vivier, dont la musique et le destin hantent le roman » http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/les-vautours-barcelone-2248.html

      Mais pour revenir sur l’exploitation
      des sables bitumineux et le projet pétrolier à Cacouna
      Voir absolument le dossier sur le blogue de
      Baleines en direct – initiative du GREMM
      http://baleinesendirect.org/blogue/

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