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Nexus Rainer

08/12/2014

Yvonne Rainer Trio A

Yvonne Rainer dans Trio A
jeudepaume.org  

 

The Yvonne Rainer Project : Nexus Rainer
Colloque au Palais Tokyo – Programme
Vendredi 12 décembre de 12h à 20h

 

Organisé par Chantal Pontbriand,
Barbara Formis et Julie Perrin

 

Depuis la fin du mois d’octobre, Yvonne Rainer est au cœur des réflexions, performances et installations qui se déroulent à Paris.  De la chorégraphie au Cinéma présentée au Jeu de Paume, il y a quelques semaines, a permis aux visiteurs de revoir le travail de réalisatrice d’Yvonne Rainer- figure emblématique de la danse performative. Elle explique en entrevue avec Chantal Pontbriand, les raisons de son passage de la chorégraphie au cinéma en 1972 et de son retour à la danse en 1996 suite à une commande de Mikhaïl Baryshnikov dont le titre de l’œuvre est inspirée du roman de science-fiction d’Aldous Huxley After many a summer ou Jouvence en français, que décrit Erin Brannigan dans son article du 07/2003 sur sensesofcinema.com

Récipiendaire de nombreux prix, Yvonne Rainer s’est aussi démarquée comme féministe et militante antiguerre. Elle est également connue pour son NO manifesto 1965 dont vous pourrez lire la version française dans l’article de Julie Perrin-  « La performance cinématographiée d’Yvonne Rainer ». Vertigo. Esthétique et histoire du cinéma, 2005, pp.57-60. On l’a voit ci-dessus, dansant son avant-gardiste Trio A 1966 brisant les codes du ballet classique comme l’explique en détails Sally Banes dans le chapitre Yvonne Rainer- l’esthétique du déni p.41-54 de Terpsichore in sneakers 1987 aux éditions Wesleyan University Press. Ce solo, de quatre minutes et demie, interprété par 3 danseurs est à la base de The mind is a muscle part I 1968 qu’analyse Catherine Wood dans son livre éponyme en référence ci-dessous.

Vendredi prochain, se tiendra au Palais Tokyo un colloque autour des problématiques abordées par Yvonne Rainer. Cette rencontre regroupant philosophes, historiens de l’art, commissaires, danseurs et artistes est organisée par Barbara Formis philosophe et co-fondatrice du Laboratoire du geste, Julie Perrin professeure et chercheuse en danse contemporaine ainsi que Chantal Pontbriand critique d’art et commissaire décorée cette année de l’Ordre des arts et des lettres et instigatrice de ce projet en 3 volets sur Yvonne Rainer.

La Ferme du Buisson poursuit son exposition Lives of performers jusqu’au 8 février où Noé Soulier clôturera The Yvonne Rainer Project avec une prestation de Mouvement sur mouvement, résultat d’une analyse multisystémique du mouvement basée sur Improvisation Technologies de William Forsythe qui présente cette semaine Study #3 au Théâtre National de Chaillot à Paris.

 

Pour en savoir plus sur Yvonne Rainer

Yvonne Rainer

WOOD Catherine (2007). Yvonne Rainer- The mind is a muscle, MIT Press, 128 p.

RAINER Yvonne (2013). Feelings are facts- a life, MIT Press, 504 p.

LAMBERT-BEATTY Carrie (2008). Being watched- Yvonne Rainer and the 1960’s,
MIT Press, 384 p.

RAINER Yvonne (2011). Poems, éditions Badlandsunlimited, 80 p. Critique de Lori Oriz sur readingdance.com qui nous fait part de cet extrait : no ritual here / the weight of the body / is material proof / that air is matter / and mind’s married to muscle

 

Ouvrages de quelques-uns des invités qui seront présents au Colloque Nexus Rainer du Palais Tokyo

Colloque sur Yvonne Rainer

Coll. (2013). Chorégraphier l’exposition sous la direction de Mathieu Copeland et Julie Pellegrin,
Les Presses du Réel/Ferme du Buisson/Kunst Halle de Saint-Gall, 424 p.

Coll.(2008). Gestes à l’œuvre sous la direction de Barbara Formis, éditions De l’incidence, 195 p.
Auteure également de Penser en corps-  Soma-esthétique, art et philosophie
aux éditions L’Harmattan, 226 p. portant sur le lien entre le corps et la pensée
avec en postface un texte de Richard Shusterman.

Coll. (2013). Histoires de gestes sous la direction de Marie Glon et Isabelle Launay,
éditions Actes Sud, 240 p.

Coll.(2008). Yvonne Rainer – Une femme qui… – écrits, entretiens, essais critiques,
Les presses du réel, 227 p.

PONTBRIAND Chantal (2013).The contemporary, the common art in a globalizing world, Sternberg Press, 456 p.

PERRIN Julie (2013). Figures de l’attention – cinq essais sur la spatialité de la danse,
Les presses du réel, 324 p.

 

Lire aussi Coll. (2014). Femmes, attitudes performatives, aux lisières de la performance et de la danse, Les presses du réel, 224 p. suite à un colloque organisé par Carole Boulbès.

Ainsi que les billets sur ce site dans la rubrique Danse,  comprenant entre autres :
Michaux : Mouvements, Nijinski , L’homme à la tête de chou, Joffrey Ballet,
F.A.R de Wayne McGregor
, Ballet BC, Cesena, Sue Healey- virtuosi & curiosities,
Nombre d’or, Edouard Lock, Choréogénétique, etc.  Lire aussi
Dora Garcia, autre exposition organisée par Chantal Pontbriand.

2 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    16/01/2015 11:22

    J’ai eu l’occasion de voir la danseuse TRISHA BROWN (qu’on pourrait décrire comme une ‘co-conspiratrice’ d’YVONNE RAINER) évoluer sur scène à New York — dans un congrès de psychanalyse! C’était en mai 1981 et le congrès s’intitulait « Sexe et langage », organisé par des psychanalystes de Milan.

    Il y a une vidéo sur YouTube de TRISHA BROWN où on la voit danser dans une des ses créations, une chorégraphie intitulée « Accumulation ».

    D’ailleurs, on trouve, dans cette vidéo, toute la sémiotique de l’avant-garde de l’époque: le loft, le bruit de la rue (klaxons), l’emploie de la langue de l »ordinaire’, le port de vêtements sport, etc.

    En passant, l’exception à cette sémiotique était l’artiste peintre new-yorkais BARNETT NEWMAN (1905-1970) dont la célèbre toile: « Voice of Fire » (1987) avait causé une énorme controverse à la Galerie Nationale à Ottawa quand celle-ci en avait fait l’acquisition en 1989 pour la somme ‘scandaleuse’ de 1,8 millions de dollars. Cette artiste (B. Newman) faisait exception à la sémiotique des avant-gardes new-yorkaises en ceci qu’il insistait à porter un complet-cravate en public. Je fais un art ‘révolutionnaire’, disait-il en substance, Je dois donc me vêtir correctement pour mettre les gens frileux en confiance.

    Revenons à TRISHA BROWN (née en 1936) et à YVONNE RAINER (née en 1934)… Il me semble que leur art constitue une tentative de créer un « corps sans organes », pour employer l’expression que Gilles Deleuze et Félix Guattari empruntent à Antonin Artaud (1947) et qu’ils utilisent dans leurs deux ouvrages: « L’anti-Oedipe » (1972) et « Mille Plateaux » (1980). Ce qui veut dire un corps qui n’est pas un organisme, mais un corps habité par des intensités, des flux, des seuils, des gradients, etc., un corps finalement qui n’est pas un lieu de signifiance (ce qui veut dire: un corps dont les gestes ne se prêtent pas à une interprétation — du genre auquel aiment se livrer les psychanalystes).

    Dans ce congrès de 1981 à New York, je me le rappelle bien, les psychanalystes présents n’avaient rien pigé ou à peu près à l’art de TRISHA BROWN. Pour eux (les psychanalystes) le corps restent un organisme (avec sa hiérarchie d’organes, et avec, à l’acmé, le phallus); pour TRISHA BROWN, le corps, ‘son’ corps, était un corps sans organes, c’est-à-dire corps comme lieu de pures intensités, comme lieu de flux, de seuils, de gradients et ainsi de suite.

    RÉFÉRENCE: voir les pages 185 à 204 de « Mille plateaux », les éditions de Minuit, 1980. Il s’agit du chapitre intitulé: « Comment se faire un corps sans organes ».

    NOTE: l’expression « Corps sans organes » a été utilisée pour la première fois par Antonin Artaud (1896-1948), dans le texte (1947) pour une émission radiophonique, qui fut diffusée (avec des censures) en 1948.

    Voici un court extrait de ce texte radiophonique (les majuscules sont de moi): « L’homme est malade parce qu’il est mal construit. Il faut se décider à le mettre à nu pour lui gratter cet animalcule qui le démange mortellement, dieu, et avec dieu ses organes. Car liez-moi si vous voulez, mais IL N’Y A RIEN DE PLUS INUTILE QU’UN ORGANE. Lorsque vous lui aurez fait un CORPS SANS ORGANES, alors vous l’aurez délivré de tous ses automatismes et rendu à sa véritable liberté. Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette et cet envers sera son véritable endroit ». « Pour en finir avec le jugement de dieu », Œuvres Complètes. XIII, p. 104.

  2. Robert Richard permalink
    16/01/2015 13:24

    J’ajoute une petite note pour tenter de mieux expliquer la différence entre le corps comme organisme et le corps sans organes.

    LE CORPS VU COMME UN ORGANISME est un corps où tout fonctionne — c’est-à-dire où ses différentes parties, ses différents organes fonctionnent — dans une manière de symbiose. Ce qui est visé, ici, c’est le fameux ‘silence des organes’, suivant l’expression de René Leriche (1937). Ainsi les organes se soumettent-ils à une manière d’hiérarchie, les organes dits ‘inférieurs’ (estomac pour la digestion, jambes pour la marche, etc.) oeuvrant pour les organes dits ‘supérieurs’ (coeur, cerveau, etc.). Les organes travaillent donc ensemble, en ‘équipe’, si l’on veut. D’une manière ou d’une autre, ce à quoi on a affaire, ici, c’est à de l’ORGANIQUE. Et l’on sait les vertus que l’on impute, que l’on attribue presque automatiquement à tout ce qui est dit « organique ». L’organique a — hélas, peut-être — le vent dans les voiles.

    Mais en vue de quoi le corps/organisme travaille-t-il? Pour quel but? Eh bien, Deleuze et Guattari répondraient: en vue de projets sociaux et/ou étatiques. Un corps où tout fonctionne en symbiose est un corps UTILE. Or voilà la clé: l’UTILITÉ! un corps, ça doit servir, ça doit profiter à quelque chose. Aussi peut-il, ce corps/organisme, rendre service à la société, voire à l’État. Par exemple, il sera en mesure de participer au rituel de la reproduction, pour faire des enfants, des familles — question d’assurer de futurs travailleurs pour la machine capitaliste, comme le disent en substance Deleuze et Guattari en 1972 et 1980.

    Puis, effectivement, il est exigé de nous tous de garder son corps sain, propre, en bonne forme: il faut faire du jogging, il faut voir le médecin pour chaque petit dérèglement, etc. Car il faut assurer notre UTILITÉ.

    LE CORPS SANS ORGANES, lui, est tout autre chose. C’est une corps d’intensité pure, un corps de pur désir, comme le disent Deleuze et Guattari — pur désir est utilisé ici au sens où ce désir ne serait, en principe, jamais interrompu par le plaisir. Voir, dans « Mille plateau » (1980), le paragraphe qui chevauche les pages 193-194 sur l’amour courtois, puis le paragraphe qui chevauche les pages 194-195 sur les traités taoïstes chinois.

    Ce qui, aux yeux de Deleuze et Guattari, caractérise le corps sans organes, outre le fait qu’il est pure intensité et pur désir (comme je viens de le dire), c’est qu’il est existe dans une sorte d’IMMOBILITÉ totale, mais une immobilité où, pourtant, tout bouge, tout ‘gouille’ sans arrêt, mais où ce bouger ou ce grouillement est en vue de rien, c’est-à-dire ne conduit à rien par delà soi-même. Il ne cherche par à être utile, à rendre service. Il est, si l’on veut, pure extase en soi et pour soi. On pourra dire que le corps de la « Sainte Thérèse » (1643) du Bernin est un corps sans organes. Le titre qu’on a fini par donner à cette sculpture, le titre au complet, est celui-ci: « La transverbération de Sainte Thérèse ». Or la transverbération décrit ce phénomène mystique qui relève de la tradition catholique. Cela désigne: le transpercement spirituel du coeur par un trait enflammé d’amour. Le corps de la Sainte est, on n’a cas regarder sur internet pour des reproduction, son corps, dis-je, est le lieu d’une vibration sans fin, il est le lieu de l’extase — d’un extase et d’un désir que jamais le plaisir ne viendra interrompre.

    Peut-être une des meilleures illustrations modernes du corps sans organes se trouve dans l’oeuvre du compositeur Claude Vivier (1948-1983). Il s’agit de son oeuvre « Zipangu » (1980). On notera ici le caractère immobile de l’oeuvre. Oeuvre de pure intensité, jouant sur des seuils tonaux/atonaux, jouant sur la technique des unissons, etc.. Pour ainsi dire, cette composition ne va nulle part, ne mène nulle part. Elle ne passe pas le rituel symphonique habituel des variations thématiques, elle ne compte par de développements thématiques ou autres, elle ne se dirige pas vers une coda comme à son but. Elle reste là, elle EST. Elle bouillonne sur place. Elle frémit sur place. Elle vibre de sa propre intensité. Et rien, aucune cadence de type ‘dominante/tonique’ (ah, le ‘plaisir’ de la cadence!) ne vient couper court à ou interrompre le désir qu’elle est.

    « Zipangu », c’est le corps sans organes.

    Voir ici la vidéo de l’oeuvre jouée par un ensemble des Pays-Bas:

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