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Courte histoire de la folie 1/2

25/03/2015

Courte histoire de la folie d'Isabelle Hayeur
Festival International du Film sur l’Art
FIFA – artfifa.com
jusqu’au 29 mai

Une courte histoire de la folie d’Isabelle Hayeur
Chorégraphie de Virginie Brunelle – Québec 27 min
Jeudi 26 mars à 18h30 Place des Arts #109
et Samedi 28 mars à 18h30 UQAM #157

La projection de ce film sera suivi de
A good madness – the dance
of Rachel Browne
 par
Danielle Sturk 76 min

 

Sans paroles mais… plein d’émotions, que sont les chorégraphies de Virginie Brunelle, magnifiquement filmées par l’auteure et cinéaste Isabelle Hayeur dans Une courte histoire de la folie diffusée au FIFA cette année. Plusieurs des danseurs du film, de la Compagnie Virginie Brunelle, seront d’ailleurs sur scène vendredi à Valleyfield pour la présentation de Complexe des genres. Des pas de danse à trois de Brunelle dans un tunnel, faisaient de surcroît partie du film gagnant du Prix tremplin au 30e FIFA – Aux limites de la scène de Guillaume Paquin – voir billet du 23/04/2012. Quant à Isabelle Hayeur, membre des Réalisatrices équitables, elle n’en est point à son premier film et travaille présentement sur un projet en lien avec l’œuf humain.

Ce film poignant et touchant dresse en 6 tableaux, des moments marquants de l’Histoire de la psychiatrie au Québec dont voici ci-dessous quelques textes à lire en guise de complément. Tout d’abord, sachez que les portes de l’Asile Saint-Michel l’Archange que l’on voit dès le premier plan, sont celles de l’actuel Centre Robert-Giffard devenu en 2009, l’Institut Universitaire en santé mentale de Québec. Lors de son ouverture en 1845, il portait alors le nom d’Asile provisoire de Beauport.

Tableau I.  1890 Cités Asiles
La dernière décennie du XIX siècle, coïncide avec la prise en charge des malades par la congrégation des Sœurs de la Charité de Québec selon les recommandations du Dr. Philippe Pinel (1745-1826).
réf. institutsmq.qc.ca et pinel.qc.ca

Tableau II.   1920 Hydrothérapies
L’hydrothérapie et enveloppements froids pouvaient en effet procurer un effet apaisant aux patients sans les effets indésirables des médicaments. Ce n’est toutefois pas le cas avec les jets d’eau, perçus parfois comme sources d’agression. Dans un chapitre sur la thérapie corporelle en eau froide, le neurophilosophe Bernard Andrieu, cite le Rapport général sur le service des aliénés de 1874 recommandant des températures de 14 à 20° degrés pour les névroses et de 25° à 32° pour un effet sédatif. Dans certaines circonstances, on utilisait des jets d’eau de 8 à 10 secondes durant 2 à 3 minutes. Techniques d’immersion et de submersion sont également abordées dans ce texte publié aux éditions L’Harmattan en 2008.

Tableau III.  1952 Neuroleptiques
Les comprimés de Largactil sont fabriqués à partir de la 4560 RP chlorpromazine – premier neuroleptique qui révolutionna  la psychiatrie.  Cet antipsychotique introduit par Henri Laborit, est utilisé encore aujourd’hui dans le traitement de la schizophrénie, trouble bipolaire et autres psychoses.  En Amérique du nord, c’est Dr.Heinz Lehmann à l’Hôpital Protestant de Verdun,  le premier médecin à prescrire le Largactil; pilule inspirant plus tard de nombreux artistes, dont certains mentionnés sur ce site : Kjartan Slettemark, Damien Hirst, Collen Wolstenholme et Menka Nagrani. En novembre dernier, pour le 100e anniversaire de naissance d’Henri Laborit , le site elogedelasuite.net  a été créé par Bruno Dubuc. Lire aussi la rubrique Les médicaments de l’esprit sur douglas.qc.ca

Tableau IV.  1980 Désinstitutionnalisation
Références à la fin de « De la maladie mentale à la santé mentale :
le contexte québécois 
» de Louise Blanchette et Mario Poirier sur fep.umontreal.ca.
Consultez aussi les statistiques sur Justice et Santé mentale au Québec.

Tableau V.  2000 Maison RTF– Ressource de Type Familial
Article 312 de la Loi des services de santé et des services sociaux offrant un hébergement non institutionnel favorisant la réadaptation et réintégration dans la communauté.
ex. Centre Wellington de l’Institut du Douglas

Tableau VI.  Ensemble !
C’est peut-être parce qu’ensemble, on peut briser l’isolement
et mettre fin aux préjugés envers les personnes atteintes de troubles de santé mentale.

Sites web des artisans du film : isabelle-hayeur.org,  virginiebrunelle.com et images de Jessica Lee Gagné https://www.facebook.com/jessicaleegagne

IsabelleHayeur

TimberTimbre lyrics et Cie VirginieBrunelle

Lectures et événements en liens à venir…
Suggestions pour le FIFA dans les 10 précédents billets.

One Comment leave one →
  1. Robert Richard permalink
    26/04/2015 10:39

    Je regrette de n’avoir pu voir ce film. La folie n’est pas chose agréable. Le fou ou la folle a toutefois beaucoup à nous apprendre. Ses questionnements dépassent celles que nous posons normalement, nous, les bons névrosés que nous sommes à peu près tous.

    Le schizophrène pose, avec insistance, des questions que généralement on s’efforce de ne pas voir. Il remet en question le monde significations dominantes, celui des relations sociales, le monde de l’échange, de la monde de l’affect. C’est Félix Guattari qui dit que le schizophrène est une sorte de Laboratoire très précieux.

    La ou les questions que pose le schizo, comme le dit de façon déjanté Guattari, c’est: qu’est-ce que vous faites avec vous-même, qu’est-ce que vous faites avec votre propre folie, qu’est-ce que vous faites avec votre propre désir, qu’est-ce que vous faites avec votre rapport au monde, avec votre singularité, avec votre naissance, avec votre mort.

    Pas question ici de glorifier l’état schizophrène. La schizophrénie est souffrance, ne l’oublions pas.

    Mais il y a à apprendre du schizophrène. Puis, d’ailleurs la littérature compte de ces schizophrènes qui ne le sont pas — car le vrai schizophrène n’est pas capable d’écrire, sauf dans des moments de rémissions. Qui sont ces écrivains schizophrènes (mais qui, je répéte, ne sont pas schizophrènes). Quelques noms: Georg Büchner (1813-1837) dont la nouvelle « Lenz » est un chef-d’oeuvre. Samuel Beckett, dont il faut lire le roman « Molloy » qui est de 1951. Artaud bien évidemment. Van Gogh, peintre, sur lequel Artaud a écrit un texte absolument incandescent: « Van Gogh le suicidé de la société ».

    Enfin, il faut lire, de Gilles Deleuze et Félix Guattari: « L’Anti-Oedipe » (1972) et « Mille Plateaux » (1980). Ces deux ouvrages ont pour sous-titre: « Capitalisme et schizophrénie ».

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