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Asile de la pureté

11/05/2015

Claude Gauvreau_Autoportrait 1941Autoportrait  1941 de Claude Gauvreau
© Succession Pierre Gauvreau/SODRAC 2012

Source de l’image : LAPOINTE Gilles (2012).
« Lettre de Claude Gauvreau à André Breton,
le 7 janvier 1961 », Revue Études française 2012,
Vol.48 no.1 p.66-118
et Photo de Daniel Roussel.

 

L’asile de la pureté 1953 –
tragédie moderne en cinq actes
dans GAUVREAU Claude (1991).
Oeuvres créatrices complètes,
éditions de l’Hexagone, 1502 p. p.501-608.
Texte complet sous protection copyright
NB. Troisième acte p.550 et p.588

 

Extrait vidéo de Claude Gauvreau à la fameuse Nuit de la poésie du 27 mars 1970
Film de Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse  sur le site de l’ONF,  111 min
Bande-annonce du film Les nuits de la poésie 2010 de Jean-Nicolas Orhon, 67 min
Lire aussi sur ce site le billet Triptyque du 10/11/2013, mentionnant l’utilisation de néologismes
par Claude Gauvreau avec comme exemple un extrait du poème Mon Olivine.

SMCQ 2015 banderole

Une soirée à l’asile  présentée par la Société de Musique Contemporaine du Québec
Salle Pierre-Mercure au 300 boulevard de Maisonneuve Est
Mercredi 20 mai à 19h

Une soirée à l’asile est pour ainsi dire un hommage à Claude Gauvreau (1925-1971), poète, dramaturge, peintre  et anarchiste dont vous pouvez lire le portrait qu’a dressé de lui Gérald Godin, dans les premières pages de ses Œuvres complètes; livre duquel ont  été tirés les extraits ci-dessus de L’Asile de la pureté. Le personnage de Donatien Marcassilar, qui se laissera mourir de faim, incarne la peine incommensurable de l’auteur suite au suicide de sa muse – la comédienne Muriel Guilbeault. Cette pièce de théâtre fut écrite lors d’un internement à l’Hôpital Saint-Jean de Dieu, qui devient en 1976 l’Hôpital Louis-Hyppolite-Lafontaine puis depuis 2013, l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. C’est en passant… dans ce même établissement qu’Émile Nelligan a été traité, de 1925 jusqu’à sa mort en 1941. Mise en scène par Martin Faucher au théâtre du Trident en 2009  et par Lorraine Pintal au TNM en 2004, L’Asile de la pureté fut néanmoins présentée l’année précédente à l’Hôpital même, dans le cadre du Festival TransAmériques–  festival avant-gardiste depuis toujours! Walter Boudreau, s’est  mérité  le Masque 2004 pour la meilleure musique de scène qu’il composa pour la production au TNM et disponible dans Walter’s mixed bag sous étiquette Altma. Le 20 mai prochain, les spectateurs pourront entendre son Prélude (destin tragique…) où fera écho le chœur de Mruta Mersti, dirigé par André Pappathomas qui avait d’ailleurs utilisé le texte Prostestation de Claude Gauvreau du recueil Poèmes de détention 1961, pour la création de Chœur et Chorégraphes en 2010 par Danse-cité. Lors de ce concert-lectures organisé par la SMCQ, Alain Lefèvre jouera la fameuse Valse de l’asile, enregistrée par Analekta tandis que le pianiste Matthieu Fortin se joindra à lui pour interpréter le 3e mouvement du Concerto de l’asile composé par Boudreau et portant le titre de La charge de l’orignal épormyable – pièce éponyme en 4 actes de Gaudreau, décrite sur le site des éditions de l’Hexagone.

Voir sur ce site les références et lectures en lien sur l’évolution en santé mentale au Québec
et un résumé du film d’Isabelle Hayeur – Courte histoire de la folie présenté au FIFA 2015,
ainsi que d’autres suggestions de livres au billet Metropolis Bleu 2015 faisant mention
d’un magnifique et touchant pas de deux avec Daniel Firth et Jane Mappin.
Ne manquez pas Tauberbach d’Alain Platel au FTA du 29 mai au 1er juin,
inspiré d’une femme schizophrène vivant dans un dépotoir au Brésil.

Claude Gauvreau et SMCQ Asile de la pureté

La préface de Gérald Godin dans Gauvreau – œuvres créatrices complètes,
écrite sous forme d’avertissement, se termine ainsi:

Car pour Claude Gauvreau, c’était clair et net aussi si ce n’est pas le poète qui donne
au monde l’exemple de la liberté et du refus de toutes convenances, qui le fera ?

Mais derrière le miroir, il y a autre chose aussi. Un monde étrange où cohabitent l’Amour
dans ce qu’il y a de plus fou et la Folie dans ce qu’elle a de plus fondamentalement
irrécupérable. Et, à tout bout de champ, des

Toucôro galalumo tepagayac argizdoum tefolec apistam tréglézdéz

Un langage mystérieux et secret qu’un Champollion qui reste à venir déchiffrera,
le jour où il en aura trouvé la pierre de Rosette.

Claude Gauvreau a volontairement mis fin à ses jours le 9 juillet 1971. Il avait 45 ans.
Voici aujourd’hui ses ŒUVRES CRÉATRICES COMPLÈTES.
Claude Gauvreau appartient maintenant à ses lecteurs.

Gérald Godin
éditeur

2 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    14/05/2015 18:43

    Cette manière de langue inventée que cultivait Claude Gauvreau fait évidemment pensée aux glossolalies d’Antonin Artaud (1896-1948). Une glossolalie serait une langue inventée et parlée par un seul individu.

    Or, puisque la langue est, par définition, sociale (selon le linguiste Emile Benveniste), les glossolalies ne formeraient pas une langue du tout.

    Voici un exemple de glossolalies, chez Artaud: « you dou bebror tarfisha ja ja ta fir jarry et je ta ta kantan dartirta ta ta kantan darti et je ja ja ja/ ».

    On trouve également de ces glossolalies chez le compositeur Claude Vivier (1948-1983). Par exemple, dans son oeuvre pour voix et orchestre, intitulée « Lonely Child »: « Korénoy Tazio Korènoy Tazio Tazio Tazio korènoy naou yasin [etc.] ».

    C’est un peu comme si, chaque fois, la langue était envahie par son propre dehors, comme si l’extérieur ou l’extériorité était venue s’inscrire à l’intérieur, ‘dans’ la langue, c’est-à-dire au sein même, au coeur même, de celle-ci.

    • 15/05/2015 16:04

      Je viens justement de rajouter au billet annonçant Tauberbach d’Alain Platel, qui sera présenté prochainement au FTA, un livre qui permet de concevoir la voix au-delà d’un simple vecteur de mots : HERR Sophie (2009). Geste de la voix et théâtre du corps – Corps et expérimentations vocales à la croisée des pratiques artistiques. Du XXe siècle à nos jours, éditions l’Harmattan, 146 p.http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=27742

      Sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon, on peut trouver une recension exhaustive de la Voix (« souffle de l’être vivant ») dans la musique contemporaine à travers des compositions de Schwitters, Scelsi, Schnebel, Berio, Stockhausen, Boulez, Reich, Ablinger, Aperghis, etc.
      http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1951

      Finalement, pour illustrer d’autres alliages poético-musicaux modernes, Haydée Charbagi (1979-2008) donne en exemples des textes de René Char et Henri Michaux, dans un article qui a en exergue cette citation de Mallarmé :
      « La Musique sans les Lettres se présente comme très subtil nuage: seules, elles, une monnaie si courante. »

      haydee-charbagi.com/ecrits/DEA_haydee_charbagi.do

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