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Pompeii 1/2

20/02/2016

PompeiMBAMMontage2016

Pompeii au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 5 septembre 2016.
En partenariat avec le Musée royal de l’Ontario et avec la collaboration du
Musée archéologique national de Naples et de la Sorpintendenza Pompei
Commissaire : Laura Vigo, archéologue et conservatrice au MBAM

 

Pompéi est une ville fondée au VIIIe siècle avant J.-C. par les Osques au bord du fleuve Sarno. S’y succèderont Étrusques, Grecs, Samnites avant qu’elle devienne une colonie romaine sous le général Lucius Cornelius Sulla. L’empereur Auguste contribuera à sa prospérité tout en lui procurant des années de paix. Son système d’aqueduc, construit entre 30-20 av. J.-C., est le plus complexe que l’on connaisse du monde antique et porte d’ailleurs son nom. Lors de cette exposition, vous constaterez aux sections Domus, un art de vivre et Le jardin enchanté, la place de la nature pour ce peuple et ses connaissances en horticulture et aromathérapie. Tout au long d’une magnifique scénographie, on expose de splendides fresques et mosaïques qui reflètent la vie culturelle et sociale de cette cité antique avant l’éruption catastrophique du Vésuve en l’an 79. L’exposition comprend des marbres et des bronzes saisissants ainsi qu’une projection de 70 minutes reconstituant l’éruption heure par heure. On quittera finalement les lieux, en passant par une installation bouleversante de moulages des corps de quelques victimes, propice au silence et au recueillement avec en arrière-plan le vidéo du chien errant à Pompéi dans Soleil noir de Laurent Grasso.

Lors de l’éruption du Vésuve, une coulée pyroclastique, ou nuée ardente, de 300 degrés Celsius ensevelit la ville et ses environs. On estime qu’il y aurait eu 2000 décès sur un total de 15 000 habitants. La cendre sur les victimes se durcira formant une coquille dans laquelle se décomposeront les corps au fil des ans jusqu’à leur excavation grâce à une technique élaborée par l’archéologue Giuseppe Fiorelli en 1863. Il eut alors l’idée de faire couler un mélange de plâtre et de colle liquides dans les cavités pour dégager ensuite le moulage du corps humain rapiti alla morte (délivrés de la mort), comme s’exclama Fiorelli – voir images ci-dessous.

PompeiMBAM_RMaxTremblayPhotos de l’exposition Pompeii au MBAM par Richard-Max Tremblay

« Ce n’est pas de l’art, ce n’est pas de l’imitation; mais ce sont des os, les reliques de leur chair et de leurs effets mélangées au plâtre; c’est la douleur de la mort qui reprend corps et figure […] Mais à présent toi, ô mon Fiorelli, tu as découvert la douleur humaine et cela tout l’homme le sent. »

Les doubles vies de la cité du Vésuve de Béatrice Robert-Boissier aux éd. Ellipses 2011 336 p.
Extrait ci-dessus du chapitre VI Science et conscience de Pompéi p.138 et autres informations sur https://lesdoublesviesdepompei.wordpress.com/

Le directeur de la restauration à Pompéi, Stefano Vanacore, est venu pour l’occasion nous révéler les résultats de certains tests d’ADN et de tomographie ou CAT-scan sur des moulages des victimes. Les liens de parenté entre les victimes dans un même lieu ont pu être déterminés, notamment sur 18 cadavres de la maison du cryptoportique, récemment restaurée (romaeterna753wordpress.com), ainsi que la cause réelle de certains décès, souvent par l’impact d’un objet sur la tête. La texture laineuse de des toges et d’autres détails impliqueraient également que l’éruption a eu lieu en automne et non en août, comme l’ont soutenu certains chercheurs. De plus, la dentiste Elisa Vanacore, cousine du directeur, remarqua que la denture des habitants était excellente sauf pour certaines déformations causées par les professions pour lesquelles les dents sont utilisées pour couper, arracher, etc. (article d’E. Povoledo dans le NY Times 5 oct. 2015). Voir aussi le film The mystery of the people frozen in time de Chris Holt 57 min qui sera présenté au Musée des beaux-arts de Montréal, le dimanche 21 février à 14h.

PompeiScanStefanoVanacore

Images de l’article de Victoria Woollaston dans le dailymail.co.uk 29 sept.2015
À gauche sur la photo- Stefano Vanacore.

PompeiVesuveWHamilton

Page couverture de Campi Phlegraei ou Observations sur les volcans des Deux Siciles
de William Hamilton, avec illustrations de Pietro Fabris,
et planche XII montrant l’éruption du Vésuve en 1760.

« On peut faire ici des réflexions philosophiques et prendre en pitié les choses humaines. Qu’est-ce en effet que ces révolutions si fameuses des empires auprès des accidents de la nature qui changent la face de la terre et des mers ? Heureux du moins si les hommes n’employaient pas à se tourmenter mutuellement le peu de jours qu’ils ont à passer ensemble ! Le Vésuve n’a pas ouvert une seule fois ses abîmes pour dévorer les cités, que ses fureurs n’aient surpris les peuples au milieu du sang et des larmes. Quels sont les premiers signes de civilisation, les premières marques du passage des hommes que l’on a retrouvés sous les cendres éteintes du volcan ? Des instruments de supplice, des squelettes enchaînés [A Pompeïa.].   Les temps varient, et les destinées humaines ont la même inconstance. La vie, dit la chanson grecque, fuit comme la roue d’un char : Trocox armatox gar oia / Biotox trecei culisqeix.   Pline a perdu la vie pour avoir voulu contempler de loin le volcan dans le cratère duquel je suis tranquillement assis. Je regarde fumer l’abîme autour de moi. Je songe qu’à quelques toises de profondeur j’ai un gouffre de feu sous mes pieds ; je songe que le volcan pourrait s’ouvrir et me lancer en l’air avec des quartiers de marbre fracassés. »

Extrait de Voyage à Naples – le Vésuve janvier 1804 par Chateaubriand sur sibille.free.fr Également dans Pompéi – Petit guide touristique littéraire avec d’autres textes de Stendhal, Dumas, Madame de Staël et Pline le Jeune aux éditions Le Passy 2012 80 p.

Autres infos sur Pompeii au MBAM par I.Houdassine, E.Castiel ou C. Montpetit

Conférence à venir : When will Vesuvius next erupt?  Mercredi 24 février à 18h
par John Stix, prof. au départ. des sciences de la Terre et des planètes de l’U. McGill.

Le prochain billet portera sur celles de François Filiatrault.

2 commentaires leave one →
  1. Marie-Josée Gaudreau permalink
    20/02/2016 10:44

    C’est une exposition magnifique, à voir absolument. Son sujet est fort intéressant, bien sûr, mais elle est vraiment bien montée et présentée comme la plupart des expositions qu’on peut voir depuis quelques années au MBAM. Une poésie se dégage même des dernières salles. J’ai été profondément touchée par cette exposition même si j’ai eu la chance de visiter le site archéologique en Italie. Nous sommes chanceux d’avoir accès à des expositions de cette qualité.

  2. 20/02/2016 11:17

    Magnifique billet Linda, bravo pour la clarté concise… du coup j’ai le goût d’y retourner.
    … et merci pour les liens pertinents

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