Skip to content

FIFA 2016 – compte à rebours… 8 Herta Müller

02/03/2016

Festival International du Film sur l’Art du 10 au 20 mars

Poursuivons le décompte du FIFA avec ces mots de Herta Müller – Prix Nobel de littérature 2009

FIFA2016HertaMullerCollagedetailJe pensais à la vigoureuse rose du cœur
à l’âme infructueuse comme une passoire
mais le propriétaire demanda :
qui prend le dessus 
je dis : sauver sa peau

il cria : la peau n’est
qu’une tache une batiste offensée
dénuée de bon sens

D’Herta Müller sur nobelprize.org
Extrait  de la conférence du 7/12/2009
Traduction par Claire de Oliveira

 

The alphabet of fear de John Albert Jansen Allemand/Roumain 55 min
Samedi 12 mars à 19h30 GB #35 (suivi de My name is Fleming, Ian Fleming 52 min)

 

The alphabet of fear s’interroge sur les thèmes récurrents de l’écrivaine Herta Müller récipiendaire du prix Nobel de littérature en 2009 « qui, avec la concentration de la poésie et l’objectivité de la prose, dépeint les paysages de l’abandon ». Le réalisateur John Albert Jansen, qui a l’habitude  de réaliser des films sur des poètes et des peintres dans un contexte sociologique n’en est pas, non plus, à sa première lauréate du prix Nobel; son précédent documentaire dresse le portait de Wislawa Szymborska – Nobel de littérature 1996, considérée la « Mozart de la poésie ». En 2014, la Günter Grass City Gallery à Gdansk a rendu hommage à ces deux écrivaines adeptes de collage, lors de l’exposition With best regards from Wislawa Szymborska et Herta Müller. Ci-dessus, celui d’Herta Müller avec des mots reflétant la solitude humaine et l’importance de préserver sa dignité sous périodes de dictature.  Pour son roman La Bascule du souffle 2009, elle s’inspire de sa rencontre avec le poète oulipien Oskar Pastior (voir le billet Oulipo sur ce site et oulipo.net) pour raconter l’exportation des germanophones roumains vers des camps du Goulag. Herta Müller, lui offrit alors un collage avec les mots suivants : Ici dansent des points, dit Bea/ tu entres dans un verre à pied de lait/ linge blanc cuve en zinc vert-de-gris/ contre remboursement s’accordent/ presque toutes les matières/ regarde par là/ je suis le trajet en train et/ la cerise dans le porte-savon/ ne parle jamais aux étrangers ni/ de la centrale

FIFA2016HertaMullerLivres

Lire aussi les articles de Guylaine Massoutre dans Le Devoir du 26/01/2016 et de Raphaëlle Rérolle dans Le Monde du 02/12/2010 lors de la parution de La Bascule du souffle [Atemschaukel] aux éditions Gallimard, 310 p. et ci-bas un autre extrait de la conférence du 7/12/2009 par Herta Müller sur le site http://www.nobelprize.org

« Dans mon escalier, j’étais aussi seule qu’à l’époque où je gardais les vaches dans la vallée. Je mangeais des feuilles et des fleurs pour être des leurs, puisqu’elles savaient comment vivre et que je l’ignorais. Je les appelais par leur nom. Celui de chardon laiteux devait bien désigner cette plante épineuse aux tiges pleines de lait, sauf que la plante ne répondait pas au nom dechardon laiteux. Je tentai le coup avec des noms inventés, ÉPINECÔTE, COUDAIGUILLE, ne comportant ni lait, ni chardon. Dans cette supercherie de tous les faux noms de la vraie plante, la lacune débouchait sur un vide béant, la honte de parler toute seule et non avec la plante. Mais cette honte me faisait du bien. Gardée par la sonorité des mots, je gardais les vaches.

Chaque mot dans la figure / en sait long sur le cercle vicieux / et ne le dit pas

La sonorité des mots sait qu’elle doit tromper, puisque les objets trichent sur leur matière, les sentiments sur leurs gestes. À l’intersection où convergent la tromperie des matières et celle des gestes vient se nicher la sonorité avec sa vérité forgée de toutes pièces. Dans l’écriture, il ne saurait être question de confiance, mais plutôt d’une franche tromperie. »

 

Voir aussi Nobel en images 201520142013 / 2012 / 2011  ainsi que
L’Art des Prix Nobel ou The Art of the Nobel prizes
sur le blogue Lindau Nobel Laureate Meetings
blog.lindau-nobel.org

_______________

Le Festival du Film sur l’Art présentera également des films sur Fitzgerald/Hemingway de Claude Ventura, Ian Fleming d’André Schäfer, Roland Barthes de Thierry Thomas, Undine Gruenter d’Anita Hugi, Philip K.Dick d’Yann Coquart, Fred Vargas de Thibaut Chatel et Agatha Christie de Matthew Barrett 2011 les vendredis  11 et 18 mars à 19h30 PAC #15 et #90 (précédé de Recherche Fred Vargas désespérément 53 min). Profitez-en pour voir l’exposition Sur les traces d’Agatha Christie au Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal Pointe-à-Callière jusqu’au 17 avril 2016.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :