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Ravalet

08/05/2016

Ravalet_Marguerite

« De la bouche de Marguerite part cette légende : Un me suffit.
Ça a été pour nous un vif regret de ne pas voir cette peinture singulière et mystérieuse aux emblèmes énigmatiques, où le seul amour accepté est l’Amour clair-voyant, l’Amour aux ailes sanglantes !
[…] dans ce logis, que peut-être, le soir, hantent les spectres de ces terribles Ravalet
dont l’amour même était un crime. Sur les vitres dépolies par l’âpre vent de la mer,
la moisissure a plaqué ses lèpres jaunes. Contre ces carreaux étamés d’efflorescences,
que de fois, regardant dans sa rêverie l’Océan lointain, la belle Marguerite
appuya cette tête charmante qui devait tomber en grève sous la hâche du bourreau. » 

Théophile Gautier 1865 – Quand on voyage  p.52-53 sur Gallica.bnf.ca

 

Dans cet extrait, Théophile Gautier, fait référence à Marguerite et Julien Ravalet – frère et sœur morts sur l’échafaud pour s’être aimés. Ils ont vécu au château de Tourlaville en Normandie près de Cherbourg, durant le règne d’Henri IV, et furent inhumés à l’église de Saint-Julien de Grève. Leur triste histoire fut racontée par Jules Barbey d’Aurevilly (1808-89) dans Une page d’histoire où on peut y lire que « ces deux-là portaient dans leur double corolle la cantharide qui devait leur verser la mort dans ses feux ». Il est également l’auteur d’Une histoire sans nom dont l’héroïne est maintenant associée au Syndrome de Lasthénie de Ferjol – troubles de la personnalité dans lequel la patiente provoque volontairement un saignement au point de devenir anémique décrit dans Médecine thérapeutique sept. 2001 vol.7 no.7 p. 562-564 et dans Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique mai 2008 vol. 166, no. 4 p. 301-302. Cette romance incestueuse a inspiré plusieurs auteurs dont entre autre Tancrède Martel, Colette Piat, Michel Carmona, Viviane Moore, Yves Jacob, etc.. En 2010, spécialement pour la Scène nationale de Cherbourg-Octeville, Thomas Jolly conçoit avec La Piccola familia – Une nuit chez les Ravalet. Tandis que l’été dernier à Cannes, les festivaliers ont pu voir la version cinématographique de Valérie Donzelli d’après le scénario de Jean Gruault écrit pour Truffaut. Et enfin, dans quelques jours, vous pourrez écouter la version opéra parlé en un acte, sur la musique de John Rea et livret de Mignolet Brochocka à partir de la nouvelle de Jules Barbey D’Aurevilly dans une mise en scène de Denis Marleau & Stéphanie Jasmin et avec comme narrateur, l’animateur de l’émission Les années lumière – Yanick Villedieu. Notez que la collaboration Marleau/Rea ne date pas d’hier, puisque John Rea a écrit la musique pour plusieurs spectacles d’UBU. Pour en savoir plus sur John Rea, lire la revue Circuit musiques contemporaines vol.6 no.1 2016.

SMCQ2016_John_Rea

Le petit livre des Ravalet  – Musique de John Rea et texte de Mignolet Brochocka
Avec Suzie Leblanc, Marie-Annick Béliveau, Rose-Maïté Erkoreka et Étienne Pilon
Ainsi que l’Ensemble de la Société de Musique Contemporaine du Québec
Et les Plaisirs du clavecin sous la direction de Walter Boudreau
Lundi 16 mai à 19h à l’Usine C –  Extrait sur smcq.qc.ca

 

Notez qu’il ne reste que 2 concerts pour clore la Série hommage à John Rea de la SMCQ.
Voir sur ce site les billets Blues d’Orphée, John Rea partie 1 et partie 2
et Chants du Capricorne de Scelsi avec Marie-Annick Béliveau
qui chantera également dans The Trials of Patricia Isasa
de Kristin Norderval (musique) et Naomi Wallace (livret)
du 19 au 21 mai à 20h au Monument National.

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