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Edmund Alleyn et autres…

22/06/2016
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Edmund_Alleyn_1966

« Je me sens multiple. Je suis comme une pièce garnie de miroirs innombrables et fantastiques,
déformant en reflets factices une réalité centrale unique, qui ne se trouve en aucun d’eux
et se retrouve en tous. Tel le panthéiste qui se sent astre, vague et fleur, je me sens être plusieurs. »
Fernando PessoaUn singulier regard traduit par Françoise Laye

 

Edmund Alleyn – Dans mon atelier, je suis plusieurs
Musée d’Art Contemporain de Montréal jusqu’au 25 septembre
Edmund Alleyn. Un été indigo jusqu’au 9 juillet
Galerie Simon Blais au 5420 boul. St-Laurent

 
Le Musée d’Art Contemporain de Montréal présente la toute première rétrospective posthume d’Edmund Alleyn (1931-2004) dont la dernière de son vivant remonte à il y a déjà 20 ans. À travers une cinquantaine d’œuvres illustrant cinq décennies de carrière, le visiteur aura une bonne idée de la trace qu’a laissée ce grand artiste polyvalent et avant-gardiste. Presque un demi-siècle avant Oculus rift et le cinéma immersif il construit l’Introscaphe I (1968-1970). Les visiteurs sont invités à pénétrer la capsule ovoïde blanche multisensorielle pour y visionner des images critiques sur la société de l’époque, synchronisées à un siège vibrant de temps à autre. De plus, à l’aide d’un système de ventilation intégré, des variations de température sont induites à l’intérieur de cette œuvre dialectique qui sera éventuellement restaurée par le MNBAQ. Pour en savoir plus, lire Le vaisseau blanc. Immersion et émersion dans l’Introscaphe I par Olivier Asselin et Aude Weber-Houde p.53-61 du catalogue de l’exposition et « Archéologie du futur » de Gaston St-Pierre sur le site de l’artiste, décrivant aussi Big sleep de sa période technologique (1965-1970) – photo ci-dessous avec également une œuvre de sa série Les Éphémérides. Comme le révèle le commissaire de l’exposition, Marc Lanctôt dans son texte Nul homme n’est une île p.127-133, Les Éphémérides (1995-2000) sont inspirées de la scène finale d’une explosion filmée au ralentie par Michelangelo Antonini dans le film Zabriskie Point avec les débris éparpillés dans le vide.  À l’instar du poète Fernando Pessoa qui se sentait multiple, et que l’on évoque dans le titre de l’exposition, Edmund Alleyn n’adhère pas qu’à un seul paradigme de l’art contemporain ni à une seule forme d’expression ou sujet d’inspiration et de point de vue identitaire –  ce natif de Québec ayant grandi dans une communauté anglo-irlandaise, se dit d’ailleurs “french to the skin but english to the bones”.

 « Je n’aime pas l’art aseptisé. Il me faut un certain désordre. Quelque chose qui n’est pas tout à fait conclu. Dans certains tableaux, j’ai plaisir à déchiqueter l’espace, à le charger de fragments, d’objets divers. D’autres œuvres confrontent des espaces descriptifs à des formes abstraites, des nuances en grisaille à des accents fortement colorés. Il s’agit en fait de maintenir un espace ouvert à toutes sortes d’éventualités formelles et littéraires. Que le tableau soit le lieu d’une théâtralité particulière : psychologique et esthétique. Accueillir le paradoxe lorsqu’il se présente. »
Edmund AlleynDe jour, de nuit, éditions du passage, extrait p.49

Les deux dernières discussions du MAC autour d’Edmund Alleyn se tiendront le 24 août avec Cozic et Michel Goulet ainsi que le 7 septembre avec le commissaire Marc Lanctôt et Vincent Bonin qui signe lui aussi un texte dans le catalogue, sur le retour d’Alleyn à la peinture vers la fin des années ‘70. Parmi les Ateliers créatifs offerts au MAC, certains proposent aux participants des activités familiales de bricolage inspirées des œuvres à connotation technologique d’Alleyn avec des matériaux électriques et électroniques à leurs dispositions.

Lire les articles de M.-E. Charron , E.Clément ,  J. Delgado ou I.Houdassine.

 

Edmund_Alleyn_Introscaphe_Ephemerides_BigSleep

Edmund_Alleyn_books_Film

« Le peintre comme alchimiste : mélangeant idées et matériaux et dénaturant leur première évidence. »
Edmund AlleynDe jour, de nuit, éditions du passage, extrait p.48

 

Site web de l’artiste : http://www.edmundalleyn.com

ALLEYN Edmund (2013). De jour, de nuit – écrits sur l’art sous la direction de Jennifer Alleyn et Gilles Lapointe, éditions du passage, 100 p. disponible en anglais aussi By day, by night.

Hommage aux Indiens d’Amérique – catalogue de l’exposition
La suite indienne 1962-1964 d’Edmund Alleyn, éditions Simon Blais.

Coll. (2005). Edmund Alleyn – indigo sur tous les tons, éditions du passage, 280 p.

Edmund Alleyn – Dans mon atelier, je suis plusieurs
catalogue de l’exposition en cours au Musée d’Art Contemporain de Montréal, 215 p.

L’atelier de mon père (2008) – DVD documentaire de Jennifer Alleyn, Les Films du 3 mars, 72 min. Voir aussi les autres films de Jennifer Alleyn – photographe, artiste et réalisatrice de plusieurs documentaires dont ceux mentionnés sur ce site :  Dix fois Dix sur Otto Dix et La Terre nous est étroite d’après un poème de Mahmoud Darwich avec la participation de Guy Oberson et Nancy Huston.

 

Gauthier_Ikeda_Fitch_Trecartin_Magor

Autres expositions au Musée d’Art Contemporain
Lizzie Fitch & Ryan Trecartin et Liz Magor jusqu’au 5 septembre
Et 2 œuvres sensorielles de Ryoji Ikeda  et Jean-Pierre Gauthier jusqu’au 30 octobre

data.tron 2007 de Ryoji Ikeda de sa série Datamatics dans lequel chaque pixel de ce paysage numérique est basé d’après un calcul mathématique et l’univers vertigineux des données qui nous entoure. « data.tron réunit trois ensembles de visualisation de données : défaillances et erreurs informatiques, renseignements complets sur le séquençage du chromosome 11 et nombres transcendantaux (des constantes mathématiques comme e et pi) — nombres gigantesques, significatifs et sans fin. ». Le projet est décrit plus en détail par trois commissaires dans Datamatics book.

Orchestre à géométrie variable 2013-2014 de Jean-Pierre Gauthier

 

Voir aussi sur ce site les billets Gala des arts visuels 2012 avec Hypoxie de Jean-Pierre Gauthier récipiendaire du Prix Louis-Comtois, Impatiences musicales 4.2 avec une œuvre de J-P Gauthier pour Les Impatients, Musique au FNC 2014 avec Ryoji Ikeda ainsi que des expositions récentes alliant Science & Technologie : Device-Art et Automata dans le cadre du Festival Elektra 2016.

2 commentaires leave one →
  1. Morosoli Joëlle permalink
    22/06/2016 15:25

    Après avoir visité hier, les trois expositions du MAC, c’est avec un immense plaisir que j’ai lu les commentaires et explications de Linda Moussakova.
    Ces réflexions permettent de mieux comprendre le travail de ces artistes!
    Merci!
    Joëlle Morosoli

    • 22/06/2016 21:38

      Merci c’est vraiment gentil et j’en profite par la même occasion pour inciter mes lecteurs à noter dans leur agenda les prochaines expositions de Joëlle Morosoli – spécialiste de sculptures cinétiques, professeure, auteure et poète aussi.

      – 10 Juillet au 28 Août 2016 à la Galerie Stewart Hall à Pointe-Claire

      – Novembre 2016 à Janvier 2017 au Centre d’exposition Lethbridge de la Bibliothèque du Boisé située au 2727 Boul.Thimens à Ville St-Laurent

      – Janvier 2017 à la Galerie McLure au 350 avenue Victoria à Montréal

      Pour en savoir plus: http://www.joellemorosoli.com/

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