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Bioart et neuroesthétique

15/12/2016
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bioartetneuroesthetiqueArt et technosciences
Bioart et neuroesthétique
de Marc Jimenez aux éditions Klincksieck 2016
110 p. avec en page couverture Neurons de Idesign.

Entrevue avec l’auteur sur Franceculture.fr
Les nouveaux chemins de la connaissance 27/5/2016.
Et compte rendu d’Olivier Koettliz sur le blogue L’œil de Minerve.

Philosophe, professeur émérite et auteur de nombreux ouvrages sur l’esthétique aux éditions Klincksieck, Marc Jimenez dresse dans Art et technoscience un survol des créations artistiques alliant Arts, Sciences, Nanobiothechnologies, Informatiques et Sciences cognitives (NBIS) tout en les mettant en lien avec les concepts philosophiques de Platon à Jürgen Habermas (Prix Érasme 2013) versus Peter Sloterdijik en réponse à Heidegger, en passant par Kant (définition du beau), Hegel (excluant l’odorat des sens) et Derrida (rapports de l’homme avec la nature). Marc Jimenez en profite pour expliquer ce qu’est la neuroesthétique et définir des termes encore méconnus, tels hybrot & fyborg.

« Le néologisme « neuroesthétique », apparu il y a deux décennies, désigne l’une des disciplines neuroscientifiques qui tentent de définir le rôle du cerveau dans la création artistique et s’efforcent de comprendre le rôle des neurones dans l’appréciation et le jugement esthétiques » (Q.#32)

« Un hybrot n’est pas un cyborg mais un robot contrôlé par un ordinateur. Ce robot est composé d’éléments électroniques – une «  puce » – et biologiques – par exemple des neurones de cortex de rat cultivés in vitro. […] Le fybrog est proche du cyborg, mais tandis que le cyborg s’incorpore des implants – telle la troisième oreille de Stelarc -, le fyborg porte des extensions technologiques (prothèses visuelles, auditives, téléphones GSM, objets connectés, etc.)  qui augmentent ses capacités physiques. Nous sommes tous destinés, probablement, à devenir, un jour ou l’autre,
des fyborgs plus ou moins sophistiqués. » (Q.#46)

C’est en répondant à 50 questions que Marc Jimenez  dresse un bilan des avancées en art contemporain. Il passera ainsi en revue les acteurs importants de cet univers en constante évolution dont plusieurs « scientifique-artistes » ayant travaillé avec des membres du SymbioticA dont Guy Ben Ary, Oron Catts et Ionat Zurr. Ce laboratoire de l’Université Western Australia, spécialisé en recherches non utilitaires a accueilli jusqu’à ce jour une soixantaine d’artistes, tous avides de savoirs et suscitant inévitablement des réflexions philosophiques & éthiques à travers leurs œuvres. Vous y trouverez aussi une bibliographie exhaustive, faisant référence parfois au catalogue de l’exposition L’Art biotech à Nantes en 2003 où fut présenté The Workhorse Zoo d’Adam Zaretsky et Julia Reodica (The HymenNext Project) avec la collaboration de la Fondation Daniel Langlois. Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer BioArt transformation du vivant 2012 sous la direction d’Ernestine Daubner et Louise Poissant aux éditions PUQ, 398 p. qu’il recommande et écouter son entrevue à l’émission Les nouveaux chemins de la connaissance du 27/05/2016, où vous entendrez aussi des interventions du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux et une réflexion sur Cloaca No.5 du plasticien belge Wim Delvoye. Et ne manquez pas l’exposition Wim Delvoye au DHC/ART incluant une installation vidéo de son Art Farm Project, au 451 et 465 rue St-Jean dans le Vieux-Montréal jusqu’au 19 mars 2017.

wimdelvoye_dhcart

Nautilus Penta 2013, cochon tatoué en page couverture du catalogue Wim Delvoye
2009 par Jean-Pierre Criqui, Double Ring Jesus Outside 2006, Untitled 2013,
Dunlop Geomax 100/90-19 57M 540° 2X Trefoil 2013 et autres sur les sites
de la Galerie Perrotin et de l’artiste – https://www.wimdelvoye.be.

Voir sur ce site Device _art avec des œuvres organiques de Saša Spačal,
Xenotext de Christian Bök , Robot pour être vrai de France Cadet, Cruci-fiction,
Persona – étrangement humain et tous ceux en référence à la fin du billet Joe Davis Bio-Art.

4 commentaires leave one →
  1. Robert Richard permalink
    15/12/2016 18:22

    Marc Jiminez est aussi un grand spécialiste de l’oeuvre d’Adorno.

    Dans la question de la créativité et du cerveau, on peut lire à profit une conférence d’Henri Bergson (1959-1941) intitulé « La conscience et la vie », qui reprend, dans ses 27 pages (dépendant de l’édition), certaines idées de son ouvrage « l’Évolution créatrice » (1907). Bergson est toutefois moins dans ce qu’on appelle la technologie, mais il est très intéressé par les questions du cerveau, en s’appuyant sur les connaissances scientifiques, tout de même assez avancées, de son époque.

    On peut aussi lire, de Gilbert Simondon (1924-1989), son ouvrage « Du mode d’existence des objets techniques » (1958) pour nous guérir de toute technophobie simpliste. Il parle donc des « objets techniques ouverts » (favorisés par lui), qu’il oppose aux « objets techniques fermés » (dont il se méfie).

    On peut entendre l’émission de France Culture du 27 mai dernier avec Marc Jimenez ici: https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-vendredi-1

  2. Robert Richard permalink
    15/12/2016 18:44

    Voici une courte vidéo où Gilbert Simondon parle d’objets techniques ouverts ou fermés:

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