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Le Pavillon des Douze au FIFA 2017

13/03/2017
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ClaudeFrancois_affiche_PavillondesDouzeFestival International des Films sur l’Art

Le Pavillon des Douze de Claude François
Vendredi 24 mars à 20h45 au CCA
Centre Canadien d’Architecture
1920 rue Baile à Montréal

@ARTFIFA  #lefifa
23 mars au 2 avril

 

 

La 35e édition du Festival International des Films sur l’Art qui nous réserve chaque année un florilège de surprises et d’émerveillements débutera dans exactement 10 jours. Démarrons donc sans tarder le compte à rebours avec Le Pavillon des douze du réalisateur belge Claude François – membre du jury au FIFA 2014 qui nous avez présenté deux ans auparavant Le désordre alphabétique 2012, un magnifique documentaire faisant un survol des figures marquantes du surréalisme belge. Il nous présente, cette fois-ci et tout en délicatesse également, 12 tableaux d’artistes belges desquels se sont inspirés 12 écrivains. Le plasticien et pataphysicien André Stas signe ici, les apostilles visuelles fort réussies en plus de prêter son dessin de la Grotte de Chauvet jumelé à un texte d’Éric Dejaeger.

« MERDRE ! Que se passe-t-il ? Encore un cauchemar ! Qui ressemble à Lascaux. Non, c’est Chauvet. La grotte de Chauvet revisitée par Jérôme Bosch. Avec Nessie qui a quitté son loch. Un couple de phénix amoureux. Ça se reproduit comment, ces volatiles ? Voilà le garde-manger sur pattes des troglodytes. Les bestiaux sont poursuivis […] » – Éric Dejaeger

Quant à la trame sonore du Pavillon des douze, ce n’est nul autre que la dentelière du son Margarida Guia qui avait fait celle de Viva Dada de Régine Abadia, primé d’ailleurs comme Meilleur film éducatif au FIFA 2016.

Parmi les douze artistes peintres, on pourra découvrir une femme remarquable Cécile Douard (1866-1941) dont le dernier tableau a été avant de perdre la vue Le Terril 1898 (ci-dessous). Elle y représente « une scène dantesque de la misère », des femmes qui travaillaient très durement à la surface des mines de charbon, à glaner le charbon, à le trier (des hiercheuses, dit-on en wallon). Outre les arts visuels, Cécile Douard excellait aussi au violon et enseignait la littérature; elle est l’auteure de divers écrits tels qu’Impressions d’une seconde vie (1921) et Paysages indistincts (1929) – réf. Écrit(ure)s de peintres belges sous la direction de Laurence Brogniez, où Alexia Creusen écrit p.113 à 121 : « Son identité de peintre et d’aveugle la conduit à faire l’éloge des sens comme vecteur d’épanouissement de l’être et comme outil de compréhension » ).  Cécile Douard fut la présidente de la Ligue Braille de 1926 à 1937 et tout comme Claude François dans son Pavillon des Douze, elle nous fait regarder autrement.

CecileDouard_LeTerrilCiel en tourments, montagne noire sans horizon,
brouillards de poussières, de sueurs,

un crassier que des troupes lentes,
dos courbés grattent des doigts

en cherchant son maigre pain dans les scories.

Le feu du soir sera faible

et la fatigue longue, ensorcelante.

Le courage se consume dans le désordre des pentes.

Il faut inventer des chemins,

mais la monotonie des jours obscurcit les mémoires.

Pas même les étoiles n’illuminent le terril immobile.

L’insouciance appartient aux nuages,
nous grandissons dans les avalanches,

Jack Keguenne

 

Le Terril 1898 de Cécile Douard – La Boverie – Musées des Beaux-Arts – Ville de Liège.
Texte de l’artiste et écrivain Jack Keguenne en entrevue sur soonsckindt.com

Pour en savoir plus sur les autres œuvres du Pavillon des Douze
écoutez l’entrevue de Dimitra Bourras avec Claude François
sur le webzine no.222 janvier 2017 de cinergie.be

 

Notez aussi que Le Pavillon des Douze de Claude François cache en fait une treizième œuvre… le Pavillon des Passions humaines qu’on voit aussi sur l’affiche du film. Achevé en 1897, il a été conçu en 1890 par  le célèbre architecte Victor Horta (1861-1947) pour abriter Passions humaines, un haut-relief en marbre du « Rodin belge »,  Jef Lambeaux (1852-1908). En 1989 déjà, Claude François avait réalisé un court-métrage sur cette œuvre monumentale alors inaccessible au public depuis des années et pour bien longtemps encore. Cette fois, le réalisateur a déplacé ce petit édifice situé en réalité dans le Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, dans une région industrielle du centre de la Belgique.

Ces Passions humaines avait comme titre provisoire Le calvaire de l’humanité et se retrouve au cœur de la pièce d’Erwin Mortier dans une mise en scène de Guy Cassiers pour le Toneelhuis d’Anvers, publiée en 2015 dans une version bilingue aux éditions De Bezige.

JeffLambeaux_PassionsHumaines

Autres suggestions pour le Festival International des Films sur l’Art sur ce site sous  Femmes au FIFA 2o17 et FIFA 2017 – Sutu Campbell et Thomas Deyriès ainsi que dans les prochains billets.

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