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Paul Nougé

20/07/2017

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Au palais des images les spectres sont rois de Paul Nougé aux éditions Allia 2017, 800 p.
Portrait de Paul Nougé par René Magritte au Musée Magritte grâce à un don de Mme Irène Scutenaire-Hamoir, dont vous pouvez lire le poème Berquinade sur le site entomart.be, mentionné sur Arts & Sciences au billet Lépidoptères.

« De Paul Nougé – non seulement la tête la plus forte (longtemps couplée avec Magritte)
du surréalisme en Belgique, mais l’une des plus fortes de ce temps – que dirais-je encore ?
Sinon (mais c’est toujours bien sur, la même chose) qu’on ne saurait mieux la définir -cette tête-
que par des propriétés et vertus du quartz lydien, c’est-à-dire comme une sorte de
pierre de basaltique, noire, très dure, et dont ce qui est du bas or craint la touche. »
Francis Ponge
Tirée de « Paul Nougé enfin ! » de Dominique Rabourdin sur le site de EAN 11/4/2017
Autres commentaires de S. Dupays, F. Thomas ou R. Boiteux.

 

Au palais des images les spectres sont rois constitue l’intégrale des écrits de Paul Nougé allant de 1922 à 1967. Biochimiste et poète, Paul Nougé est une figure incontournable du mouvement surréaliste mais peu connue par le grand public. Gérard Berreby explique en entrevue aux émissions Entrez sans frapper et Un jour dans l’histoire sur RTBF que Paul Nougé qu’il considère comme visionnaire, maîtrisait l’art de détourner des textes pour recréer une autre œuvre dans l’esprit de l’original,  mais tintée souvent d’ironie et de manière toujours inventive. Il y aborde également la relation tumultueuse qui existait entre surréalistes belges et français. Organisé de manière chronologique on y retrouve aussi bien des pamphlets politiques, des écrits érotiques, que des extraits de revues scientifiques ou des publications pour & avec Magritte ainsi que ceux sur la musique, compilée sous le titre de La musique est dangereuse aux éditions Didier Devillez  2002 – Paul Aron en fait d’ailleurs l’analyse dans Textyles 2002 no.21 p.129. On peut y lire évidemment La conférence de Charleroi (p.216-269) autour de la musique d’André Souris, qui composa aussi des airs en référence à Clarisse Juranville auteure de La conjugaison enseignée par la pratique  1880 que Paul Nougé  transforme et  juxtapose à des dessins de Magritte (p.63-69).

En tant qu’homme de science, Paul Nougé critique les politiques scientifiques de l’époque dans  État précaire de la science au sein de la bourgeoise de l’époque (p.167-169) et déclare : « Pour les hommes de science comme pour tous les intellectuels, il a nécessité urgente de choisir et d’agir » d’où sa devise « J’agis donc je suis ». Il ne manque d’ailleurs jamais l’occasion de souligner l’importance des mathématiques et de tisser des corrélations entre art, littérature et sciences comme dans La lumière réfléchie (p.266-267) « On le sait, la mathématique est un langage, donc un moyen d’agir. Nous sommes délivrés par un langage parfait. Mais n’est-ce pas là le propos de la poésie ? »  ou à la p.272 « Un dernier mot : Il se peut aussi que l’étiquette « surréalisme », cette commodité de langage ait nuit. Comme le mot « imaginaire » a égaré longtemps et ne cesse d’égarer encore maint apprenti mathématicien, il se peut que le mot « surréalisme » ait égaré quelques apprentis-sorciers. Qu’y faire ? L’arme nous reste aussi efficace que jamais. ». Dans La lumière, l’ombre et la proie (p.331 à 335) il écrit :

« Le savant vient ici appuyer l’homme de bon sens. L’homme de bon sens jugera que le mercure est un liquide lourd et brillant. L’homme de science ne pourra qu’acquiescer avant d’ajouter qu’il est aussi bon conducteur de la chaleur et de l’électricité; qu’à l’encontre de la plupart des liquides, il ne mouille pas le verre… Mais l’homme de bon sens qui tient le sang pour un liquide rouge, chaud, précieux et terrible s’étonnera si pour l’homme de science il n’est qu’un tissu circulant qui ne diffère du tissu musculaire ou osseux que par l’indépendance mécanique de ses cellules constitutives. Le soleil ainsi n’est pas le centre de l’univers mais une étoile comme la plus éloignée et la moins scintillante de celles qu’il est donné à notre œil d’apercevoir. »

Finalement, quelque que soit les sujets que Paul Nougé aborde tout au long de sa vie – sciences, littérature, peinture, photographie, musique, etc. il ne le fera jamais avec désinvolture mais toujours avec une démarche scientifique et en y posant un nouveau regard.

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Au palais des images les spectres sont rois de Paul Nougé aux éditions Allia 2017 Photos 1. Extrait de L’Expérience continue 1928-1929 p.618, 2. Cheyletus eruditus en référence au naturaliste allemand Rudolf Leuckard spécialiste en parasitologie p.95 et 3. Paul Nougé dans son laboratoire en 1942 p.139.

« Mais l’homme un jour se prend à fabriquer des MACHINES. Il vit avec les machines dans une intimité de plus en plus grande. Maintenant, il constate que la pente de son esprit a changé et que ce qui lui est devenu le plus facile, c’est de concevoir toute chose et lui –même à l’image des objets qu’il avait inventés aux fins d’en obtenir certains services matériels précis. C’est ici que l’on touche la plus puissante victoire de la machine sur l’esprit. Notre pensée, d’affective et pathétique, est devenue rationnelle et mécanicienne » Paul Nougé – Histoire Naturelle dans la revue Les lèvres nues no.2 1954 et Au palais des images les spectres sont rois de Paul Nougé p.310

Lire aussi « Interférence scientifique dans l’œuvre de Paul Nougé » par Estrella De la Torre Gimenez dans les Cahiers du centre de recherche sur le surréalisme – Mélusine no. 27  Le surréalisme et la science 2007 p.135 à 143 dont voici un extrait :

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Et les billets sur ce site sur Adrien Dax, Dali, les surréalistes amérindiens  ainsi que des films sur Jan Fabre, Marcel Broodhaerts, le Dadaisme et celui de Claude François intitulé Le Désordre alphabétique 2011 présentant plusieurs surréalistes et intellectuels belges du cercle de Paul Nougé tels qu’Irène Hamoir, Louis Scutenaire, Tom Gutt, Jacques Lacomblez, Jacques Wergifosse et évidemment René Magritte et Marcel Mariën a qui l’on doit la compilation des textes de Paul Nougé conservés aux Archives et Musée de la littérature à Bruxelles.

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