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Musée National de Beyrouth

14/01/2019

Vidéo de Resolution-online.com fondé par Saër Karam

Le Musée national de Beyrouth présente 7 000 ans d’histoire de ce pays situé à la croisée des chemins. Ce n’est qu’en 2016 que le musée complète sa dernière phase de rénovation. Des stigmates de guerres restent toutefois visibles, par exemple, la mosaïque du Bon Pasteur transpercée de balles ainsi que divers objets endommagés et calcifiés par les flammes d’un incendie durant la guerre civile, tandis que les plus volumineuses, furent heureusement protégés par un recouvrement de béton.

 

Le Musée national de Beyrouth abrite la plus grande collection d’art phénicien. Le terme phénicien, viendrait du grec « phoenix » ou couleur pourpre rouge sang provenant du Murex – un mollusque gastéropode dont l’extrait le plus prisé serait de Tyr, selon Pline l’ancien. On a d’ailleurs découvert ces dernières années que l’indirubine qu’il contient pourrait être utilisé comme traitement contre le cancer – réf. L. Meijer dans Med Sci vol.20 no.5 2004 p.516 et Z.Li & al. dans Onco Targets and Therapy 2018 vol.11 p.2937-2944. Quoi qu’il en soit, le plus précieux héritage qu’ont laissé les Phéniciens à l’humanité est incontestablement l’écriture alphabétique sur lequel sont basés presque tous les alphabets du monde. L’écriture phénicienne allant de gauche à droite, est composée de 22 consonnes dont 19 d’entre elles séparées en mots se trouvent sur le sarcophage d’Ahiram du Xe siècle AEC découvert à Byblos – nom donné par les grecs pour signifier « ville mère de l’écriture ». Les grecs ont par la suite adapté cet alphabet, en transformant certaines lettres par des voyelles, en introduisant des majuscules, minuscules ainsi que  les sons psi et phi, pour un total de 24 lettres se lisant cette fois de gauche à droite. Pour en savoir plus sur l’écriture phénicienne et pré-phénicienne consulter le site pheniciens.com.

 

Les trônes d’Astarté sont aussi une caractéristique de la côte phénicienne. Déesse de la fertilité, protectrice aussi de la dynastie de Baâl, elle peut être représentée par un sphinx ailé, une feuille de palmier ou du bétyle. Rimbaud l’honore dans Soleil et Chair. « […] S’il n’avait pas laissé l’immortelle Astarté / Qui jadis, émergeant dans l’immense clarté / Des flots belus, fleur de chair que la vague parfume / Montra son nombril rose où vint neiger l’écume / Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs, / Le rossignol aux bois et l’amour dans les cœurs […]» Celui sur l’image provient d’un temple dédié à Eschmoun – dieu guérisseur. Il est situé à Boustan ech-Cheickh près de Sidon.  Ci-dessous, un des nombreux exvotos en marbre remerciant ce dieu, équivalent d’Asclépios chez les Grecs, d’avoir guéri leurs enfants et parfois dotés d’une inscription phénicienne (Ve siècle AEC). À gauche du trône, une femme allaitante de l’Âge de Fer, puis en dessous de gauche à droite : Hygie – déesse de la santé & de la propreté et une ampoule de l’époque romaine, l’œil d’Osiris de l’âge de Fer et l’irisation d’une gourde en verre enterrée.  Notez que l’industrie du verre faisait la renommée des villes côtières phéniciennes.

 

Au sous-sol du Musée, l’accent est mis sur l’art funéraire.  Les sépultures découvertes à Byblos nous informent sur les rituels funéraires du néolithique tels que l’inhumation en jarre – une pratique courante pour les enfants dans la région de la Mésopotamie et  de la méditerranée, voir  image ci-bas. Une salle entière est dédiée à l’impressionnante collection de 31  sarcophages anthropoïdes (VIe-IVe siècles EC) ayant un visage différent, celui du défunt dans certains cas, sculpté dans du marbre importé de Paros. La tombe de Tyr au sud du Liban (IIe siècle EC) est quant à elle, un magnifique exemple d’hypogée i.e. tombe souterraine;  celle-ci entourée de fresques de la mythologie grecque – Photos et infos supplémentaires incluant un épisode la légende d’Icare et Psyché ailée en tant qu’allégorie de l’âme, tous deux des bas-reliefs de sarcophages datant de la période romaine.

Vous pouvez visionner le fascinant documentaire de 25 min réalisé par Jérôme-Cécil Auffret
en coproduction avec Arte-France et de courtes vidéos de 5 min sur
le site du Musée National de Beyrouth.

Le prochain billet portera sur le Musée Nicolas Ibrahim Sursock à Beyrouth.

One Comment leave one →
  1. 20/01/2019 14:20

    À deux coins de rue du Musée des Minéraux http://mim.museum/home
    Où vous pourrez admirer plus de 2000 minéraux dont une splendide baryte ou barytine surnommée le Cèdre bleu de la mine Jebel Ouichane à Beni Bou Ifrour au Nador, dans la région Est du Maroc. Le terme vient du grec Barys : Lourd.

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