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Comptoir des Mines Galerie à Marrakech

26/02/2019

 

Comptoir des Mines Galerie à Marrakech
Exposition Poésies Africaines
Jusqu’au 22 avril

Le Comptoir des Mines Galerie est un centre d’art contemporain qui s’étend sur deux édifices mitoyens de style Art déco dans le quartier Guéliz de Marrakech. Dans un des escaliers, menant au 2e étage, les bouteilles colorées de Hassan Hajjaj illuminent les marches tel un kaléidoscope. D’autres œuvres, de celui que l’on surnomme le Andy Warhol marocain, se trouvent à l’étage côtoyant des photos d’Ismail Zaidy et certaines brodées de Meriem Yin rappelant celles de Joana Choumali dont on a pu admirer les œuvres récemment au Loft Art Gallery de Casablanca. La plus touchante étant celle de la mère de l’artiste qui apprend à lire et à écrire à l’âge de 60 ans. Notez que d’après le dernier recensement  de 2014, 32 % de la population au Maroc sont analphabètes et ce taux s’élève à 38 % pour l’Afrique en entier avec plusieurs pays qui dépassent le 50 % selon l’UNESCO. Pour suivre les progrès au fil des ans, consultez le blogue de l’Agence National de la Lutte Contre l’Analphabétisation – ANLCA.

Photographie brodée de Meriem Yin

C’est avec Le temps des conteurs du regretté Mohammed Kacimi (1942-2003)  que l’on débute le parcours de l’exposition Poésies Africaines au Comptoir des Mines Galerie à Marrakech. Le MuCEM vient d’ailleurs de consacrer une exposition sur les dix dernières années de la vie de cet artiste majeur, soit  sa « période africaine » et pour qui, comme le cite Hicham Daoudi dans le catalogue de l’exposition : « L’Afrique n’est pas seulement un lieu géographique producteur de signes, de rites, et de safaris comme elle est dans l’imaginaire occidental, mais aussi celle de la mort, du déboisement culturel, de la désertification, et des manipulations de toute sorte ». Pour l’occasion tout en profitant de la Foire d’Art Contemporain Africain 1-54, Le Comptoir des Mines Galerie a invité sept autres artistes à se questionner à travers « la poésie de leurs arts » sur les problématiques communes des pays africains. Ci-dessus, un exemple du Labyrinthe des sens selon la culture de chacun par Larbi Cherkaoui qui utilise des circuits électroniques, cartes mémoires ou claviers d’ordinateurs. La parole et les mots sont également chers à Hassan Bourkia – écrivain, traducteur, peintre plasticien et  lauréat du Prix Grand Atlas 2004 pour sa traduction en arabe du roman Le retour d’Abou El Haki  d’Edmond Amran El Maleh mais qui présente cette fois-ci, des photographies évoquant l’exil. Cette thématique est reprise par Mohamed Arejdal évoquant l’exil des voyageurs nomades bloqués par la fermeture des frontières avec des pieds de chameaux en résine, fils de cuivre et fixateurs d’Hoffmann pour signaler l’urgence d’agir car ce dernier est utilisé pour stabiliser les fractures. Vous pourrez lire l’historique de cette technique de fixation externe dans la thèse de Yassine Mohammadi de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech 2009. L’urgence d’agir de point de vue environnemental est quant à lui décriée, aussi bien par Mustapha Akrim qui sonne l’alarme dans sa Nature morte que par les pages d’animaux en voie d’extinction d’une encyclopédie, démarquées de brins de paille par  Simohammed Fettaka. Cet artiste multidisciplinaire et fondateur du Festival Cinéma Nachia à Tanger aborde la politique à travers ses cartes de l’Afrique fortes de sens ex. Africa as they like it 2009 ne laissant sur une plaque noire d’aluminium que l’Afrique subsaharienne ou Africa 2019 sur laquelle sont dispersés dans le désordre, un certain nombre de pays du continent découpés sur une peau de mouton. De surcroît, les 54 pays d’Afrique sont représentés par des figurines de Lego, de couleurs différentes selon les grands courants culturels du continent, dans une installation de Youness Atbane qui prône en passant, le retour des biens culturels africains tout comme le défendent Felwine Sarr et Bénédicte Savoy dans Restituer le patrimoine africain aux éditions Philippe Rey et Le Seuil 2018, 192 p. Vous pourrez voir les photographies de tous ces artistes ainsi que celles de la série Air twelve land de Khalil Nemmaoui que décrit Salimata Diop, dans le catalogue de Comptoir des Mines Galerie. Lire aussi  « « Poésies africaines » ce continent spleenien que l’on ne veut pas voir » article de Soufiane Sbiti sur ledesk.ma 22/2/2019.

Nature morte 2019 de Mustapha Akrim / Livre et paille 2018 de Simohammed Fettaka /
Anatomie d’un voyageur 2019 de Mohamed Arejdal avec fixateur d’Hoffmann / Le Musée abandonné
(nommé Afrique) 2019 de Youness Atbane/ p.70 de Restituer le patrimoine africain de Sarr & Savoy

 

Deep Inside de Yamou au Hangar du Comptoir des Mines à Marrakech jusqu’au 27 avril
En exergue du catalogue par la commissaire Marta Moriarty :

« Ferme l’œil de ton corps afin de voir ton tableau d’abord par l’œil de l’esprit.
Puis mets au jour ce que tu as vu dans l’obscurité, afin que ta vision
agisse sur d’autres, de l’extérieur vers l’intérieur. »

Caspar David Friedrich (1774-1840)

Le prochain billet portera sur le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden  à Marrakech.

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