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MACAAL à Marrakech

05/03/2019

What Happened Happened Happened et One thousand voices d’Owanto au MACAAL

 

Material Insanity jusqu’au 22 septembre
MACAAL – Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden à Marrakech

Le MACAAL est situé dans un lieu magnifique de Marrakech à quelques mètres du Parc de sculptures Al Maaden où est installée entre autres Nomade – une sculpture monumentale de l’artiste québécois Jean Brillant. Inauguré en 2018, ce musée indépendant à but non lucratif a ouvert préalablement ses portes en 2016 pour la Conférence mondiale sur le climat COP 22 de Marrakech. L’exposition Essentiel Paysage –  en référence à Aimé Césaire, regroupait pour l’occasion des artistes faisant l’éloge de la nature et revendiquant sa préservation. Ci-bas vous pourrez consulter le catalogue et voir quelques œuvres. Le volet éducatif a une place prépondérante au MACAAL comme en témoignent les ateliers du MACAAL Lab. On en compte déjà un sur la confection d’un livre en forme d’accordéon que l’on appelle leporello, avec l’aide de Rita Alaoui, des formations pour photographes avec Mustapha Azeroual ou de mapping vidéo –  utilisé pour les spectacles de son & lumière avec Youness Atbane pour des étudiants en design, et d’autres pour enfants telles que la réalisation d’une fresque vitrée dirigée par Coquelicot Mafille ou laissant libre cours à leur imagination avec Mo Baala.

Les commissaires de Material insanity, Meriem Berrada et Janine Gaelle Dieudji ont fait appel à Zineb Andress Arraki pour la scénographie de cette exposition regroupant une trentaine d’artistes. Chaque œuvre est mise en valeur et laisse pleinement le visiteur à s’en imprégner voire même à nous inciter à agir pour la protection des migrants en voyant Les passeurs 2019 de Clay Apenouvon ou à militer contre les mutilations génitales devant l’installation d’Owanto. À l’étage dans un coin de recueillement, le visiteur reste consterné devant les mots bordés des victimes et les mots d’excuse des exciseuses que l’artiste franco-gabonaise nous présente dans One thousand voices et mis en lumière au centre avec des néons de What Happened Happened Happened Happened.  Dans une entrevue sur iam-africa.com,  l’artiste dénonce les 200 millions de mutilations génitales que des femmes ont subis et la « conception de ce « nous » féminin ».

Ci-dessus, les échantillons d’odeur inusitée qu’Esmeralda Kosmatopoulos nous invite à identifier tel le marbre, plâtre, plastique, etc.. Selon les maximes d’Anaxagore & Lavoisier, Moffat Takadiwa, Nari Ward et Cyrus Kabiru combinent & transforment des matières recyclées diverses pour fabriquer des œuvres suspendues soit Washen again avec des brosses à dents, Flower prayer avec des lacets ou des masques à partir de pièces électroniques. Tandis que des emballages en aluminium pour les plaquettes de médicaments servent de matière première à l’artiste Adil Kourkouni qui en fait des portraits, en lien d’une certaine façon à son projet  sur « l’identité visuelle d’une société pharmaceutique spécialisée dans les psychotropes » comme il l’explique en entrevue pour lesiteinfo.com. Puis, avant de passer au jardin, le salon de thé de Hassan Hajjaj aussi appelé le « Andy Warhol de Kech » nous met dans une ambiance conviviale. La cour de ce splendide musée, dont le bâtiment à l’origine fut conçu par l’architecte Didier Lefort de DL2A puis réaménagé par Lazraq Studio en collaboration avec Jean-François Bodin, affiche en plein air des photographies de Nicolas Henry – photographe, plasticien et metteur en scène, il nous fait voyager aux 4 coins du monde  à travers des installations dans des lieux inusités transformés en théâtre de la vie. Cabanes imaginaires du monde entier aux éditions Albin Michel s’est mérité le Prix Méditerranéen du livre d’Art 2017 avec en page couverture de la tôle et de la paille goupillées pour pouvoir transporter des enfants éthiopiens à l’école. D’ailleurs, on pourra voir bientôt son assistant, Mohammed Aroussi dans le court métrage Du baume au cœur avec deux comédiens non-voyants. Pour terminer, l’affiche ci-bas et le catalogue de l’exposition qui s’est tenue au MACAAL dans le cadre de la COP 22 de Marrakech en 2016. Notez The aliens most sufisticated nuclear hammer SUV 2010 de Abu Bakarr Mansaray, Love supreme 2007 de Mohamed El Baz, La fuite des cerveaux 2004 de Chéri Chérin, Hôpital des pêcheurs 1996  de Moké, Prophecy 2013 de Fabrice Monteiro,  The petro beads 2015 de Moataz Nasr, L’enfer du cuivre 2006 de Nyaba Léon Ouedraogo,  Plastic  Tree 2014 de Pascale Marthine Tayou, etc.

Voir aussi le Musée Yves St-Laurent &  jardin Majorelle, la Maison de la photographie dans la médina, le Musée Dar Si Daid du tissage et des tapis marocains pas loin du Palais Bahia qui est à deux pas de la place des Ferblantiers, les Galeries d’art du quartier Guéliz ainsi que les deux précédents billets sur la Foire 1-54 de Marrakech et le Comptoir des mines galerie.

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