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Lumières d’Afriques

15/05/2019

Darkness gives away to light de Aïda Muluneh d’Éthiopie / The Future de Napalo Mroivilli de l’Archipel des Comores / Electric bulb de Paa Joe du Ghana / Black light – White coal de Doung Anwar Jahangeer de l’île Maurice / Light switch de Emeka Okereke du Nigeria.

 

Lumières d’Afriques au Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain à Rabat
Direction Artistique : Jean-Michel Champault jusqu’au 15 août

Cette exposition itinérante a été présentée pour la première fois au Théâtre National de Chaillot en 2015 en prévision de la Conférence internationale sur le climat de Paris  (COP 21) . Pour l’occasion, l’organisme African Artists for Development  a eu l’idée de regrouper des œuvres de 54 artistes africains sur le thème de la lumière, leur permettant ainsi de démontrer leur engagement pour l’avenir de leur continent et de la planète. Certains artistes ont choisi de traiter du post-colonialisme, de la migration, des droits humains et conditions féminines avec entre autres la cinéaste Maan Youssouf Ahmed qui avait réalisé en 2009 Fleur du Désert sur l’excision des femmes ou Christine Chetty-Payet dont certaines œuvres textiles antérieures, abordent aussi les mutilations génitales. D’autres œuvres de l’exposition dénoncent la guerre tel Gonçalo Mabunda, qui recycle les armes de façon créative afin de les détourner de leur fonction première. Par ailleurs, la lumière peut être vue comme le Savoir au Siècle des Lumières,  d’où le livre que tient le personnage d’Aïda Muluneh dans Darkness give way to light sur la photo ci-haut, inspirée d’un poème de Debebe Seifu (1950-2000) prônant l’éducation comme moyen de se sortir de l’obscurantisme  et utilisant l’écriture  amharique – langue sémitique d’Éthiopie et de plusieurs autres pays. Il en est ainsi aussi pour l’inscription en cire bordée de clous d’Amina Zoubir  « Le doute est [un état mental] désagréable, mais la certitude est ridicule » (Voltaire) et la sculpture Sous l’arbre du savoir, commandé par Tilder, de Freddy Tsimba pour qui l’Afrique est présentement dans son siècle des Lumières. Néanmoins, la plupart des artistes invités abordent la Lumière dans le contexte d’urgence d’agir en matière de Changement climatique (titre d’une œuvre d’Ibrahim Chahamata) et d’accès pour tous à l’électricité, étant donné que 645 millions d’Africains en sont privés – précisions sur afrikatech.com du 28/2/2019 et sur les données de la banque mondiale.

Turning on the light de Noah Mduli Swaziland / 673 A de Gastineau Massamba République du Congo / Electricity is a poetry of science de Ermias Ekube Érythrée / Key de Helen Nabukenya Ouganda / Peace & Milk de Mustafa Saeed Somalie / Soleil pour tous de Epaphrodite BInamungu Rwanda / Amalgam de Njogu Touray Gambie / The Future de Tchalé Figueira Cap-Vert.

L’exposition Lumières d’Afriques présente plusieurs œuvres symboles d’espoir (Africa dreams de Jamila Lamrani, The light within de Leslie Lumeh, Happy people de Deng Majid Chol, La forêt illuminée d’Hervé Youmbi, etc.) ou de solutions (photos ci-dessus). Alternative / SolutionÉnergie Durable et leDroit d’accès à l’énergie équitable sont d’ailleurs les titres de respectivement Cyrus Nganga Kabiru, Amy Sow et  Franck Ludangi. Mais de manière plus concrète,  voici en hyperliens les objectifs de  la Fondation Énergies pour l’Afrique, du think tank Club 2030 Afrique et  du One Planet Summit qui s’est tenue en mars au Kenya  car l’accès à l’électricité via des énergies renouvelables  permettra non seulement de contrer les problèmes du réchauffement climatique, mais  aussi  de procurer à la population de meilleurs soins de santé,  contrôle sanitaire,  taux de fréquentation à l’école,  services dans le domaine de l’agriculture et autres métiers,  bref … primordial pour son développement !

Pour terminer, une aquarelle de la série Lost Tribe de Steve Bandoma  de la République démocratique du Congo qui nous met en garde contre le colonialisme moderne à l’ère du numérique et des médias sociaux, ainsi que trois autres artistes de Lumières d’Afriques que l’on a pu voir également à la Foire d’Art Contemporain africain 1-54 à Marrakech cette année : Sukuru ou Pénombre de Nu Barreto de Guinée-Bissau, The future de Soly Cissé du Sénégal puis L’Homme Nature d’Abdoulaye Konaté  dont quelques toiles colorées en bazin sont accrochées à la Galerie 38 de Casablanca et son catalogue L’étoffe des songes est disponible en ligne –  on peut y lire p.18 « Le bazin, c’est donc une étoffe imbibée de la rumeur de la rue et teintée aux couleurs des rêves de dignité et de bonheur des Maliens, sans distinction sociale. »

Voir aussi sur ce site un aperçu de la Foire d’art contemporain africain 1-54
Et de l’exposition Material Insanity au MACAAL à Marrakech
qui se poursuit jusqu’au 22 septembre

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