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Monde végétal et Blob au Palais de Tokyo

16/05/2022

Détails de Couper le vent en trois d’Hélène Bertin et César Chevalier jusqu’au 24 juillet

« [L’agriculture] le plus utile, le plus étendu, et peut-être le plus essentiel des arts »
Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers

L’Encyclopédie de Diderot & d’Alembert

L’exposition Réclamer la Terre, couvert dans le précédent billet, permet aussi de « passer sans hiérarchie de l’art à l’artisanat en passant par des pratiques militantes » comme l’exprime dans son éditorial, le directeur du Palais de Tokyo – Guillaume Désanges.  Outre les œuvres ou installations végétales de Daniela Ortiz,  Yhonne Scarce, Abbas Akhavan et Tu Van Tran de Réclamer la Terre, on retrouve deux autres expositions en cours qui mettent en valeur la biodiversité et complexité du monde vivant soit Couper le vent en trois de Hélène Bertin & César Chevalier et Sporal de Mimosa Echard.

Dans le magazine du Palais de Tokyo, vous pourrez lire un texte au titre poétique Dialogue entre les gestes humains et le souffle des végétaux de l’artiste Hélène Bertin & vigneron César Chevalier suite aux discussions qu’ils ont eu avec Fiona Panziera – agronome et anthropologue, Violette & Jean-Luc Danneyrolles – producteur de semences, Blaise Leclerc – agronome et jardinier, Édouard Alasseur – pépiniériste d’arbres fruitiers et Hervé Coves – agronome et mycologue, dont vous pouvez écouter le Manifeste pour une agriculture de l’amour.  Suite à une résidence dans les Atelier des arques, ils impriment en risographie, un entretien avec le vinificateur Jacques Néauport pour qui les bactéries & levures indigènes du vin naturel sont indispensables. Le savoir et le partage étant deux éléments importants pour Hélène Bertin, elle expose le long du mur au sous-sol du Palais de Tokyo, 90 modèles de fleurs en papier maché d’Auzoux et de Brendel de l’Université de Lyon. L’homme d’Auzoux est le premier modèle anatomique clastique d’une soixantaine de pièces démontables, qui a fait la renommée de Louis Auzoux en 1825. D’ailleurs, une version de 1837 composée de 130 pièces vient d’être observé sous rayons X à l’ENVA. Dès 1828, ce médecin français ouvre une usine pour fabriquer ses modèles, qui s’avèrent  moins couteux et fragiles que ceux en cire de la Collection Fontana à Florence, et il rajoutera à partir de 1860 des modèles de botanique. Quelques années plus tard, en Allemagne ce sera Robert Brendel et son fils Reinhold qui fabriqueront des modèles à la demande du botaniste & microbiologiste Ferdinand Julius Cohn.

Magazine Palais no.33 Avril 2022 bilingue aux éditions Les Presse du Réel 204 p.

Le jeu vidéo de Mimosa Echard que vous décrit Pip Wallis, dans le magazine Palais no.33 sera bientôt disponible sur www.sporal.net. D’ici là, vous pouvez circuler dans Sporal l’installation sonore et visuelle au sous-sol du Palais de Tokyo. Artiste écologise et féministe, Mimosa Echard utilise le blob comme métaphore pour notre rapport aux espèces en exprimant aussi le phénomène de cohabitation, la mémoire et la reproduction selon par exemple, les écrits de la pionnière du cyber féminisme Donna Haraway. Voir aussi le bille sur le blogue Arts & Sciences, dans le cadre d’un symposium au Art Laboratory de Berlin, inspiré de Staying with the trouble de Donna Haraway pour lequel l’auteure rappelle son envoutement pour les êtres tentaculaires qui « fabriquent des attachements et des détachements : ils coupent et nouent, ils tissent des chemins et des conséquences, mais pas des déterminismes ; ils sont à la fois ouverts et noués, selon certaines manières et pas d’autres. ». Pas de divisions binaires non plus pour cet organisme unicellulaire avec plus de 720 sexes répertoriés, considéré ni animal, ni végétal, ni champignons mais classé plutôt dans le groupe des amœbozoaires sous le règne des protistes, bien que portant le nom de myxomycètes qui signifie champignons gluants ; mais contrairement aux mycètes, ils se nourrissent par absorption et ils n’ont pas de mycélium. Le côté gluant vient de la texture gélatineuse de sa surface cellulaire étendue, appelée plasmode, entourée d’une membrane de cellulose. Le plus connu de ce myxomycètes est le Physarum polycephalum. Un programme de science participative du CNRS va permettre à 15 000 apprenti-scientifiques d’être initié à la recherche afin de mieux comprendre son adaptation aux changements climatiques. Voir aussi le protocole en vidéo de la grande spécialiste de blobs en France – l’éthologue Audrey Dussutour.

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-blob-et-la-demarche-scientifique

Enfin, cet amour pour la nature et la végétation se poursuit à longueur d’année dans les Jardins aux habitant.es adjacent le Palais de Tokyo, comme vous constaterez avec l’hommage à Robert Milin et les résidents de ce projet collectif qui fleurit depuis 20 ans.

Voir aussi le précédent billet pour les œuvres végétales d’Abbas Akhavan, Daniela Ortiz, Yhonne Scarce et Tu Van Tran dans Réclamer la Terre et ceux plus anciens d’Adam Basanta, Catherine Lescarbeau, Que disent les plantes, etc. Ainsi que les billets qui portent sur l’environnement comme par exemple Sciences Naturelles avec Kasper Bosmans, l’expo de design graphique Re, références à la fin de L’art à l’ère du post-naturel et tous ceux autour du Bio-art.  

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