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Wellcome Collection

26/10/2022

Musée de la Wellcome Collection au 183 Euston road à Londres

La fameuse Wellcome library est réputée mondialement comme ayant une des plus riches collections d’ouvrages de toutes sortes dans le domaine de la santé. Pour sa part, le Wellcome Trust est une des plus grandes fondations visant à promouvoir la recherche médicale, tout en encourageant l’accès libre des publications de recherche. Tout ceci, grâce à son fondateur Sir Henry Wellcome (1853-1936) qui était à la tête de la compagnie pharmaceutique Burroughs Wellcome & Company, qui devint Glaxo Wellcome en 1995 pour se fusionner à nouveau en 2000 sous le nom de GlaxoSmithKline.

Voici le lauréats de Prix Nobel ayant travaillé dans les laboratoires Wellcome : Henry Dale (1936 –  transmission chimique de l’impulsion nerveuse) le troisième debout à partir de la gauche, John R.Vane (1982 – pour ses recherches sur les prostaglandines) ainsi que Sir James W. Black, Gertrude B. Elion et George H. Hitchings ( 1988 – principes du traitement médicamenteux) et autres contributeurs majeurs pour le développement de la pharmaceutique provenant du laboratoire de recherche Burroughs Wellcome dans cet article de RUBIN R.P. (2018) Burroughs Wellcome: The Seminal Link between Academia and the Pharmaceutical IndustryInternal Med Res Open J Vol. 3 no.4 p. 1–6.

Medecine man sera remplacée bientôt par une nouvelle exposition permanente, qui continuera toutefois à mettre en valeur les artefacts de la Collection Wellcome. Ci-dessus, des prothèses variées rappelant les améliorations d’Ambroise Paré en matière de prothèses de membres ou même de visage. Il inventa la ligature des veines et fut d’ailleurs le chirurgien attitré de quatre rois de France, en soignant tout d’abord Henri II de sa blessure mortelle en 1559. Ci-dessus un modèle en ivoire de femme enceinte et il y en a d’ailleurs un autre, d’après le célèbre tableau La leçon d’anatomie du Dr. Tulp de Rembrandt, des stéthoscopes du XIXe siècle – le monoaural similaire à celui qu’avait inventé René Laennec en 1816 et le biaural développé autour de 1850. Parmi les items en vedette que vous pouvez voir sur leur site, la brosse à dents de Napoléon en poils de cheval, une canne ayant appartenu à Charles Darwin en forme de crâne en os de baleine en guise de memento mori et une vanité en cire et en tissus comme allégorie du caractère éphémère de la vie. Des centaines de milliers d’images de leur collection sont disponibles sur wellcomecollection.org.

Le musée du Wellcome est un lieu à fréquenter aussi bien pour lire et travailler que pour participer aux nombreux évènements qui y sont organisés. Plusieurs activités se déroulent dans la magnifique salle de lecture du 2e étage où sont accrochés aussi bien des tableaux de la renaissance que des œuvres d’artistes contemporains. Ci-dessus, l’élégante robe rouge en fourrure synthétique d’Helen Storey, représentant une étape importante en embryologie, soit celle de la fermeture du tube neural qui lorsque incomplète peut causer des malformations plus ou moins graves, comme par exemple le spina bifida,maisqui heureusement peut être évité avec la prise additionnel d’acide folique ou vitamine B9. Helen Storey est une pionnière dans le monde du design, science & technologie et enseigne au Centre de la mode durable de l’UAL.  Elle termine en plus cette année, sa résidence au Haut-Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés avec un projet Dress for our time servant à communiquer les problématiques environnementales et sociales à travers la mode. Come Dancing est une autre robe au Wellcome qui suscite l’attention. L’artiste textile Susie Freeman et Dr. Liz Lee ont eu l’idée de fabriquer une robe à paillettes à partir de 6000 emballages de pilules contraceptives soit l’équivalent d’une consommation pendant 26 ans tout comme l’utilisation parfois d’un stérilet rajouté à la robe et provenant d’une patiente. Elles ont déjà été récipiendaire du Prix Wellcome Trust Sciart et collabore avec l’artiste numérique David Critchley. Leurs œuvres en lien avec le domaine médical et les soins, sont regroupées sur le site Pharmacopoeia.

Being Human est une autre exposition en cours au Musée Wellcome Collection qui fait le tour des avancés scientifiques, tout en nous mettant en garde des dérives possibles de celles-ci ou simplement de nos appréhensions face à l’inconnu et à notre capacité d’adaptation. Une section soulève d’ailleurs les problèmes environnementaux. L’artiste nigérien Yinka Shonibare présente un astronaute vêtu de wax, pour à la fois montrer que les scientifiques de toutes les ethnies peuvent contribuer à la découverte spatiale mais aussi que cet astronaute réfugié, est à la recherche d’une région habitable et non à la poursuite de la conquête du monde tels que les colonisateurs des siècles derniers. En entrevue, l’artiste tient aussi à faire un lien entre la croissance des cas d’asthme causant la mort et la pollution de l’air qui ne fait qu’empirer. Une étude par la revue The lancet Planetary health a publié cette année, que la pollution de l’air ambiante était responsable de la mort de 9 millions de personnes. L’OMS avait déjà conclu que le dioxyde d’azote était associé aux maladies respiratoires et a émis lui aussi des recommandations pour améliorer la qualité de l’air. Les photos d’Adam Chodzko en arrière-plan reflètent aussi cette ambiance sinistre de catastrophes environnementales. En utilisant des objets de la vie quotidienne tels que les cocottes-minutes de son exposition Un monde sous pression, l’artiste marocaine Batoul S’Himi désire montrer que les changements climatiques affectent toujours les plus vulnérables comme le démontre aussi les chiffres de l’OMS. Isaac Murdoch de la nation ojibwe mais vivant à Nimkii Aazhibikongsur un territoire anichinabés et Lawrence Paul Yuxweluptun, plasticien militant salish de la côte ouest dénoncent eux aussi respectivement la pollution de leurs rivières et la déforestation de leur territoire. Dans la revue le Franco, MP Berthiaume décrit bien la situation à Fairy Creek au sud de Vancouver où des milliers de citoyens se sont opposés à l’abattage de forêts ancestrales au profit de l’exploitation forestière. Terminons en beauté avec No human being is illegal (in all our glory) un collage de Deborah Kelly qui avait été présenté à la Biennale de Sidney en 2014. L’artiste explique en entrevue, la genèse de ce formidable projet collectif, humaniste et inclusif.

Jukebox par Kin Design commande du Wellcome pour l’exposition Being Human avec sculpture en verre de Bethan Laura Wood et Pietro Viero. Le lecteur de musique enchaine des chansons du XXI siècle sur les pandémies, maladies diverses et campagnes de santé publique. Ex. 92 Weird diseases de Magnetic Field, War on Malaria de 2face Idibia qui encourage la responsabilisation de chacun pour contrer le paludisme en subissant des tests et s’y nécessaire utiliser l’ACT soit Artemisinin-based combination therapy, des conseils contre les moustiques du genre Aedes transmetteur du virus Zika dans la chanson We nuh want zik du  Dr Michael Abrahams – médecin lui-même, Let’s talk about PrEP par KC Ortiz & Big dipper pour engendrer la communication et envisager la prophylaxie pré-exposition orale qui a été prouvé efficace comme prévention contre le SIDA, deux chansons sur l’ébola soit State of emergency de Tan Tan B et Quincy B et Ebola in town de D-12 & Kuzzy of 2kings et évidemment plusieurs sur la COVID comme par exemple Quarantine speech de Lady Leshurr ou la version anglaise de Ghen co vy par le NIOEH pour la campagne au Vietnam contre le coronavirus ainsi que Something to live for de Jimmy Somerville et On every corner d’Ani De Franco. Consultez aussi la rubrique MedPoe pour des poèmes en lien avec le domaine médical.

Et voir les 2 précédents billets pour des références
ainsi que  d’autres musées sur l’Histoire des sciences et de la médecine.

2 commentaires leave one →
  1. René Lachaîne permalink
    29/10/2022 10:27

    Je demeure tout à côté de l’ancienne usine de fabrication de médicaments Burroughs Wellcome, construite en 1930, qui est devenue l’hôtel de ville de l’arrondissement Lasalle en 1983.

    Merci pour ce billet fort intéressant. Pour plus de détails sur l’usine en question (maintenant notre hôtel de ville), lire les notes à ce sujet à l’adresse suivante: http://patrimoine.ville.montreal.qc.ca/patri_municipal/fiche_bat.php?id_bat=9999-20-0002-01

    René Lachaîne

    • 30/10/2022 05:21

      Merci beaucoup M. Lachaîne pour ce lien de Burroughs Wellcome et notre patrimoine québécois. Sur le site que vous nous avez envoyé, j’apprends aussi que les architectes de cet immeuble sont Lawson & Little qui ont fait la résidence infirmière de l’hôpital Royal Victoria et le château Montebello dans la région de l’Outaouais. Entre vos nombreux projets d’adaptation, j’espère que vous trouvez toujours le temps d’écrire des poèmes et au plaisir de vous lire.

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