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Éco-poésie

05/06/2017

En cette Journée mondiale de l’environnement, voici quelques poèmes récents,
incitant à prendre des actions concrètes afin de préserver notre planète.

 

Là où les feux de pétrole brûlent

Là où les feux de pétrole brûlent dans toutes les voitures / qui jonchent les boulevards / surchargent les autoroutes / là où les villes attendent, endormies avant l’aube / où les avions flambent des enveloppes de carburant // les avions de papier brûlent, l’esprit s’éteint // pour chaque Américain qui n’est jamais revenu / combien d’hommes, d’enfants et de femmes meurent ? / Dix ? Cent ? / Combien de suicides / livrent leurs corps à la rage / Combien de corps / brûlent pour notre carburant ?

Quel est ce lieu d’ Ian Ferrier, éd. du Noroît 2017, 56 p. Traduction de Marie Frankland.

 

Ruedelapoesie_LHarmattan2016pcSoleil noir

La planète ne va pas bien.
Est-il encore besoin de recenser tous ses maux…
Cette fois, c’est le soleil qui crie son désespoir.
Le Soleil est fatigué, / Fatigué d’éclairer la Terre,
Fatigué de gaspiller sa lumière,
Pour un monde en folie /
Qui le défie. […]

Rue de la poésie de Marie-France Lemains Yondo Black
Éditions L’Harmattan 2016, 76 p. extrait p.27 et p. 33-34 ci-bas.

Onze jours,onze nuits…

Paris, 12 décembre 2015 : Clap de fin pour la COP21

Du bord de sa banquise,
À regarder Paris,
À seulement écouter
Si on parlait de lui,
Comme il lui fut promis.

Lui, des grands ours blancs
Le dernier survivant.
Et que dire aujourd’hui
Au renne et à l’élan…
Dire qu’on lui a menti.

[…]

Comme le pêcheur au Vanuatu,
Comme le planteur à Tombouctou,
Des trottoirs de Cochin ou Pékin,
Aux villes zombies de Patagonie,
Comme eux , on veut y croire…

À moins le temps d’un soir,
Le temps que l’ours blanc,
De son pas nonchalant,
Regagne son chez-lui,
Après qu’il eut veillé

Onze jours, onze nuits.
Clap de fin pour laCOP21.

 

Anecologyofelsewher_SandraMeek2016pc

An ecology of elsewhere par Sandra Meek, éditions Persea, 2016  120 p. p.30 L’auteur explique en introduction la chasse abusive aux otaries (à ne pas confondre avec des phoques qui sont moins agiles et qui n’ont pas de pavillon d’oreille – réf. futura-sciences.com) en Namibie.

 

Noussommeslesreveurs_RitaJoe2016pc[…] Nous sommes les Mi’kmaw
Aussi vieux que la mer.
Avec le désir de progresser
Nous soignons la nature,
Nous cultivons les huîtres
Dans les fjords, près de notre village.

Nous sommes les rêveurs  de Rita Joe
Aux éditions Mémoire d’encrier 2016
Traduction de Sophie M. Lavoie
122 p. extrait p.45

 

Notez que le Printemps autochtone d’Art 3 se termine le 22 juin  avec le spectacle
Wampum-Kainn’i mettant en vedette Normand Guilbeault  et  le groupe Kawandak
sur un texte écrit & interprété par Yves Sioui-Durand
À la cinquième salle de la Place des Arts à 20h.

Claude Vivier

31/05/2017

Kopernikus, rituel de mort de Claude Vivier par le Dutch National Opera & Silberse
avec la mezzo-soprano Marine Fribourg.

« Où situer Vivier ? Son oeuvre entre en résonance avec des constellations de création
et de pensée, d’exploration et d’expérimentation qui dépasse le biotope culturel immédiat
– le Québec – qui était le sien. » – Claude Vivier ou la machine désirante p.56

 

Claude Vivier (1948-1983) a composé plus d’une quarantaine d’oeuvres dont  Kopernikus, rituel de mort. Cet opéra « de chambre » produit pour la première fois en 1980 à  Montréal par Lorraine Vaillancourt  comprend 7 chanteurs et 7 musiciens. Le titre de l’oeuvre et l’extrait suivant démontrent son côté spirituel plutôt que scientifique et la trame se poursuit plus loin avec Copernic ouvrant la porte du ciel. Dans Claude Vivier ou la machine désirante de Robert Richard aux éditions Varia 2017, l’auteur remarque d’ailleurs à la p.153, « une subversion constante du cartésianisme » chez Claude Vivier.

« nous sommes les transhumains des galaxies sacrées […] nous entendons l’appel éternité
des aubes blanches et pourpres nous y répondrons les yeux fixés sur les étranges tableaux
de bord nous y répondrons cosmonautes des lointaines contrées subtiles. »

Kopernikus / Opéra – rituel de mort

Accompagné de propos philosophiques de Deleuze et Guattari, Robert Richard analyse dans cet essai, quelques pièces musicales de celui qui marqua la scène de la musique contemporaine au Québec et qui étudia deux ans avec Stockhausen – lire aussi « L’influence de Stockhausen, la nouvelle simplicité et le râgâ » par Jean Lesage p.182-199 dans  La Création musicale au Québec, aux éditions PUM 2014. Claude Vivier a de plus, eu la chance de travailler avec Gottfried Michael Koenig et Paul Méfano.

ClaudeVivier_RobertRichardpc
Claude Vivier ou la machine désirante de Robert Richard aux éditions Varia 2017, 204 p.

Musicien, professeur de littérature et écrivain, Robert Richard ne manquera pas l’occasion d’associer certaines  compositions de Claude Vivier à des tableaux de Hopper ou d’El Greco. Il notera évidemment aussi les différences majeures entre le style de Vivier et celui de Gilles Tremblay dont il fut l’élève ex.  verticalité & éruption dans le cas de Tremblay versus horizontalité & narration pour Vivier. C’est toutefois par une longue analyse de Lonely child qu’ il débute en tissant des parallèles avec Molloy de Beckett. Pour Zipangu, il écrit que tel un rhizome, les passages  » se meuvent à l’horizontale et donnent naissance à des racines adventives, subsidiaires. » p.102

Prologue pour un Marco Polo, est quant à lui considéré l’oeuvre la plus importante de Vivier, il inclut à la fois un texte en langue inventée – comme le fait souvent Vivier – et un texte du poète Paul Chamberland. Robert Richard partagera également,  tout au long du livre, ses réflexions sur l’ultime question de Qu’est-ce que l’art ? Claude Vivier ou la machine désirante est le deuxième livre de Robert Richard  qui porte sur un compositeur québécois de musique contemporaine,
Gilles Tremblay en 2013 fut le sujet du premier et on a déjà hâte au troisième !

Lire aussi le billet Gilles Tremblay sur ce site ainsi que tous ceux en lien avec la SMCQ
Société de Musique Contemporaine du Québec et Sciences à l’Opéra.

GerardPapeOpera_JPLuminethttps://www.indiegogo.com/projects/les-nouvelles-rencontres-electriques-ens-clsi-opera–2#/ Notez que Le Cercle pour la Libération du Son et de l’Image – CLSI présenteront 4 concerts dont deux incluant l’opéra Atoms of Space and Time de Gérard Pape sur un livret de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet et sous la direction de Paul Méfano.

Prix des libraires 2017 – Poésie

27/05/2017
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Prixdeslibraires2017

Liste des finalistes au Prix des libraires du Québec dans la catégorie Poésie Québécoise:

 

 

ToinoDumas_animalumiere_extaits

Animalumière de Toino Dumas – Le Lézard Amoureux, 78 p.
Critique de Hugues Corriveau « Les sursauts écolos de Toino Dumas » Le Devoir 12/11/2016.

 

JCRehel_Lesvolcansles flammes ne volent plus
elles marchent elles te prennent la main
elles te montrent que ça prend toutes sortes de de muscles
pour faire bouger une seule étoile […]

Il y a
un merle dans ma cuillère
mais c’est insuffisant
l’anémie me donne une soupe pas mangeable
regarde le tarif de stationnement
pour mieux tomber malade […]


Les volcans sentent la coconut
de Jean-Christophe Réhel – Del Busso, 96 p.
Entretien avec l’auteur qui est atteint de fibrose kystique sur le site tonbarbier.com « Les volcans sentent la coconut – une poétique leçon de résilience » de Guillaume Théroux 29/8/2016.

 

AnnieLafleur_BecdelievreLa menthe te surprend couchée dans l’herbe épilée
autour du tronc feuillage fermé un arbre blondit
une page de ton oui-oui délicieuse de toi rétrécie
du ciel colorié autour de l’avion tu déchires le jeu
les mines libèrent des taches des millimètres secs
à bétail égal ta pensée t’abat jour et nuit
les drones te cherchent dans tous les dessins
au centre de tes poings mal pliés personne
ne te sauvera du bout des bras personne
dans l’arbre léger les baguent te lâchent pas
danseuse tu esquives les flèches sûrement épuisée
ta main en saisit une soulève les comètes
la viande retourne aux forêt sa plaie saphique
mort maintenue roule jusqu’à tes doigts
oublie le rouge du roux la frappe et le vent
la marche des animaux en lisière du monde

Bec de lièvre d’Annie Lafleur  – Le Quartanier, 64 p.
Annie Lafleur est poète en résidence à la Librairie Paulines artsmontreal.org

 

Meche_SBGagnon_extraitsMèche de Sébastien B.Gagnon – L’Oie de Cravan, 68 p.
Critique d’Hugues Corriveau dans Le Devoir 20/8/2016.

 

Le 1er Prix des Libraires – catégorie Poésie québécoise fut décerné il y a deux ans à François Rioux pour Poissons volants aux éditions Le Quartanier et l’année dernière à Carole David pour L’année de ma disparition chez Herbes Rouges –  Prix des libraires du Québec 2015 et 2016.

Voir aussi les nombreux poèmes en lien avec le domaine médical dans la rubrique  Med Poe .

Festival de la Poésie de Mtl 2017

27/05/2017

Festivaldepoesie2017Festival de la poésie de Montréal du 29 mai au 4 juin

Dès l’aube. Hommage à Nicole Brossard
Maison de la Culture Mont-Royal
Samedi 3 juin 19h

 

La 18e édition du Festival de la poésie de Montréal offre une panoplie de lectures en plein air, spectacles et discussions sur l’évolution du Tanka partout dans le monde, les enjeux du contemporain dans la poésie québécoise , etc. et voici quelques autres suggestions :

 

Amitié Argentine – Québec
Lectures tirées de l’Anthologie de poésie argentine contemporaine, Triptyque 2017, 298 p.
sous la direction de Flavia Garcia avec la présence d’Elena Annibali, Sandro Barrella,
Alicia Genovese et Yaki Setton le mercredi 31 mai 17h30 à La Petite Marche.

Vernissage de l’exposition Regard-e-moi par Frédérique Dubé et Mélissa Giguère
donnant la parole à Josephine Bacon, Violaine Forest et Louise Dupré.
Jeudi 1 er juin 17h à la librairie Bonheur d’occasion.

Poèmes à sept voix sur sept thèmes (la fragilité, la mort, l’inachèvement, l’exil, l’équilibre, la lumière et l’horizon) le jeudi 1er juin de 17h30 à18h30 au O Patro Vys 356 avenue du Mont-Royal, suivra ensuite la projection des vidéopoèmes en compétition avec en préambule quatre vidéos réalisées avec la Scottish Poetry Library (Geneviève Gosselin-G, Jonathan Lamy, Rachel McCrum et Whale / tree de Calum Rodger) – voir aussi sur ce site, le billet Sciences & Poètes écossais.

Exposition « Montréal j’ai quelque chose à te dire » au Dépanneur Café 206 rue Bernard Ouest
Et le vendredi 2 juin à 17h au Parc Drolet-Rachel, 8 poètes liront leur texte
inspiré d’un lieu précis du quartier Mont-Royal – Délier les lieux

Finalistes du Prix des libraires – poésie québécoise
dans le prochain billet.

FTA et OFFTA 2107

22/05/2017

FTA2017

FTA – Festival TransAmériques du 25 mai au 8 juin

Conférence des choses de François Gremaud et Pierre Mifsud
Avec  Pierre Mifsud seul sur scène dans  divers  lieux du 29 mai au 4 juin
«déambulation au cœur du savoir encyclopédique participatif contemporain» et lire lesinrocks.com

Time’s journey through a room de Toshiki Okada du 29 au 31 mai 20h au Théâtre d’Aujourd’hui
Pièce de théâtre sur les conséquences de Fukushima au niveau personnel
Rencontre avec la dramaturge après la représentation du 30 mai
Voir sur ce site poèmes sur Fukushima au billet du 23/8/2016

Pour de Daina Ashbee avec Paige Culley du 2 au 4 juin à 21h au Théâtre La Chapelle
Chorégraphie sur le thème du cycle menstruel et de la douleur
Rencontre avec l’artiste après la représentation du 3 juin
http://dainaashbee.wixsite.com/daina-ashbee

OFFTA2017

OFFTA – Festival d’Arts Vivants du 30 mai au 8 juin

MixOFF agriculturel le 8 juin à 19h à la Salle SH-4800 de l’UQAM –  Pavillon 200 rue Sherbrooke
Résumé des discussions tenues dans le cadre de L’Exposition agriculturelle 2017 de l’UQAM
Dialogues entre l’artiste visuel Eruoma Awashish et l’éthnobotaniste Alain Cuerrier / le musicien
Stephen Beaupré et le biologiste Stefan Sobkowiak / l’acteur Justin Laramée et la psychologue Ginette Lafleur , le dramaturge Gabriel Plante et Eric Duchemin & l’entomologiste Madeleine Chagnon, le photographe Chien-Chien Wang et la biologiste marine Nathalie R.François.
Jusqu’au 4 juin, seront projetées sur l’édifice de l’UQAM des images de Paysages agricoles en transformation du jeudi au dimanche dès le coucher du soleil.

Plantas autofotosintéticas ou plantes autophotosynthétiques de Gilberto Esparza 2015
À la Galerie de l’UQAM et la Maison du développement durable jusqu’au 17 juin.

On présentera aussi Ce que l’on attend de moi de Philippe Cyr et Gilles Poulin-Denis
d’après l’Éloge de la fuite d’Henri Laborit avec 1 spectateur comme acteur unique les 2 et 3 juin au Théâtre des écuries et Faille une chorégraphie faisant référence aux influx nerveux de Jessica Serli les 3 et 4 juin au nouvel édifice Wilder au 1435 rue de Bleury ainsi que This time will be different de Lara Kramer et Émilie Monnet sur la commission de vérité et réconciliation avec les peuples autochtones le samedi 3 juin à 21h et le dimanche 4 juin à 18h à la Fonderie Darling. Voir aussi les références à ce sujet au billet Biennale d’art contemporain autochtone du 15/5/2016.

Paysages mystiques à Orsay

20/05/2017

Extrait musical de l’opéra Lakmé de Léo Delibes – Le duo des fleurs avec Sarah-Jane Brandon et Rosie Aldridge Glynn. Lire aussi sur ce site le billet Intoxication de Lakmé .

Au-delà des étoiles – le paysage mystique de Monet à Kandinsky
NB Introduction reprise de mon compte fb
En collaboration avec le AGO de Toronto
Musée d’Orsay jusqu’au 25 juin

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore… Laurence des Cars dirige dorénavant le Musée d’Orsay; mais avant de tirer sa révérence, Guy Cogeval à la tête de la direction depuis 2008 et ancien directeur du Musée des Beaux-Arts de Montréal collabore ici avec Katharine Lochnan du Art Gallery of Ontario, ce qui explique qu’une bonne partie de l’exposition soit composée de tableaux d’Emily Carr et du Groupe des Sept représentant la nature dans toute sa splendeur & son mysticisme. Vous pourrez lire, dans le catalogue de l’exposition, un article de Pascal Rousseau intitulé L’hymne de Munch au vitalisme – sur le pouvoir curatif du soleil pour Munch. Il relate aussi que ce peintre angoissé et dépressif avait aussi subi des traitements de radiothérapies et de chocs électriques en 1902 et 1908 respectivement. Les visiteurs pourront toutefois voir de lui, une scène d’une période plus clémente – La danse de la vie.

MuseedOrsay2017_FormeethereeJamesMacDonald
Forme éthérée  1936 de James « Jock » MacDonald et Extrait d’un texte du Musée d’Orsay
pour l’exposition Au-delà des étoiles – le paysage mystique de Monet à Kandinsky.

L’astrophysicien Peter Martin et le professeur de médecine Dr. Andrew Baines se sont joints à l’équipe interdisciplinaire  responsable du projet,  incluant psychologue et psychanalyste. Plusieurs textes du catalogue de l’exposition font d’ailleurs référence aux Portes de la perception d’Aldous Huxley publié en 1954 et tiré d’un recueil de William Blake (1757-1827) «  Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie » – Le mariage du ciel et de l’enfer. De ce fait aux p.38-39, on mentionne quelques chercheurs qui avaient constaté que la consommation de psychotropes tels que la mescaline, la psilocybine, le LSD ou le DMT pouvaient générer une certaine extase mystique et sont de surcroit appelés enthéogènes (enthéos : possédé du divin ; genestai : qui vient de l’être – voir sur ce site les références aux billets Neurons to nirvana et Michaux : mouvements), citant aussi Georges A. Coe auteur de Psychology of religions, Chicago UPress 1916, 365 p. qui disait que «  Pour le psychologue qui reste dans le domaine de la science, le mysticisme religieux est une révélation non de Dieu mais de l’homme. ». Les sociétés de théosophie et d’anthroposophie fondées, l’une par Madame Blavatsky et l’autre par Rudolf Steiner, ont certainement influencé Mondrian et Kandinsky, tout comme les écrivains Léon Bloy et Edouard Schuré dans le cas de Maurice Chabas. Quant à Arthur Garfield Dove, il fut plutôt imprégné par le transcendantalisme de Walt Whitman alors que dans le Paysage aux corbeaux 1911 d’Egon Schiele, ce sont les vers de Rimbaud qui feront écho : «  Seigneur quand froide est la prairie, /  quand dans les hameaux abattus, / les longs angélus se sont tus… / sur la nature défleurie / faites s’abattre des grands cieux / les chers corbeaux délicieux […] / laissez les fauvettes de mai / pour ceux qu’au fond du bois enchaîne / dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir / la défaite sans avenir.»

MuseedOrsay2017_LObjetdArtno111L’objet d’art – hors-série no.111 mars 2017 avec en page couv.  Nuit étoilé 1909 de Wenzel Hablik et encadré d’un article sur une œuvre de Vassily Kandinsky – Étude pour Improvisation 26 à la p.20

Voir aussi sur ce site le billet sur l’exposition permanente d’Emily Carr à Victoria.

En lien avec l’exposition du Musée d’Orsay se tiendra une conférence
Esthétique et théologie au Collège des Bernardins le 6 juin à 20h
Avec Isabelle Morel-Loutrel conservatrice du Musée d’Orsay
ainsi que Marianne Lanavère, Tatiana Pozzo di Borgo,
Jérôme Alexandre et Alain Cugno.

Trémois

18/05/2017

Tremois_entreArtetScience
Disparate I 1977 en bronze poli 14 x 25 x 13 cm de Pierre-Yves Trémois
Trémois – Entre Art et Science au Musée d’Histoire de la Médecine
Université Paris Descartes jusqu’au 24 mai

Entre le trépan à manivelle de 1738, un mannequin anatomique de Felice Fontana, une pléthore de bistouris et la trousse du Dr. Gachet,  le Musée d’Histoire de la Médecine introduit régulièrement des représentations du corps humain par des artistes contemporains. Le commissaire Yvan Brohard y a déjà présenté des photographies de Virginie Bocaert, Patrick de Wilde et Candice Cellier mais également de plus anciennes provenant du laboratoire de Joinville pour son exposition La mesure du corps sportif 1904-1924. Dans le cadre de la parution du livre Frida de Benjamin Lacombe et de Sébastien Perez aux éditions Albin Michel 2016, 76 p. et de l’exposition au Grand Palais, il invita l’hiver dernier ce jeune illustrateur, peintre et auteur pour une exposition intitulée Frida Anatomicum (voir aussi billet Frida Kahlo sur ce site). Il fait maintenant place à nul autre que Pierre-Yves Trémois – sculpteur, graveur, peintre, illustrateur de grands classiques de la littérature ainsi que du Bestiaire amoureux 1958 et des Limites de l’Humain 1971 de Jean Rostand, qui disait ceci :

« De Pierre-Yves Trémois, j’ai d’abord connu quelques dessins qui représentaient des insectes géants et cette inspiration animalière devait être entre nous un lien qui n’a fait que s’affermir par la suite. Au cours des années, sa vision du monde vivant s’est constamment approfondie, et jusqu’à rejoindre les thèmes essentiels de la biologie : structure du germe, signification de la sexualité et du couple, passage du normal au monstrueux, parenté de l’homme et de la bête, éveil de la conscience, inquiétude sur l’avenir humain…Tout cela est évoqué dans son œuvre, à la fois classique et insolite – car la rigueur du trait accentue encore l’étrangeté des choses – et je dirais, si je ne craignais de le voir sourire, qu’elle a une résonance philosophique. »

Jean Rostand (1970)

Tremois_JeanRostand_1958_1971

Tremois_CatalogueRaisonné_Copernic_KeplerColl. (2017). Trémois – catalogue raisonné, éditions Monelle Hayot en vente dès septembre
Galileo Galilei (05) Copernic et Kepler 1965 au burin et eau-forte –  calligraphies photogravées.
https://www.tremois.com/

Dianne Bos

16/05/2017

DianneBos_PhotosetPoeme_CCC2017Photos de Diannebos.ca et Poème d’Isaac Rosenberg – Break of day in the trenches.

 

Dianne Bos – The Sleeping Green. No man’s land one hundred years later
Au Centre Culturel Canadien à Paris jusqu’au 8 septembre

La sténopé, la littérature, la musique et l’astronomie (ex. E=MC2 as Whirlpool Galaxy M51 2001 et ses collaborations avec l’astrophysicien Doug Welch pour l’installation Light Echo 2009 décrite sur canadianart.ca ) sont les domaines de prédilection de cette photographe canadienne qui a déjà fait partie de divers groupes musicaux. Dianne Bos s’intéresse aux mécanismes optiques de la vision et aux techniques de projections du temps de la Renaissance, notamment celle de la camera obscura. Elle fut une des quatre invités par Mélanie Townsend  au Museum London en 2007 pour Image and Apparatus qui mettait l’accent sur ses représentations du monde à partir d’images réalisées avec des appareils confectionnés soit même; Les effets qu’elle obtient en prolongeant longuement le temps d’exposition à travers un petit orifice sont pour elle synonymes de cette mémoire floue qui nous reste au fil du temps qui passe et lui rappel le scintillement des étoiles dans le ciel causé par une fluctuation lumineuse enregistrée par le cerveau variant selon la distance de l’étoile et les turbulences atmosphériques. Elle fait d’ailleurs partie des artistes sélectionnées dans Pinhole Photography: Rediscovering An Historic Technique d’Eric Renner, plusieurs fois réédité aux éditions Focal Press. Voir aussi sur ce site les références aux billets Hockney & Optique et les anciens appareils photographiques du Musée des arts et métiers. L’idée de cette exposition au CCC de Paris  vient d’un projet plus intimiste – celle de retourner dans les tranchées de la Première Guerre mondiale qu’a connu son grand-père, avec un appareil photographique de 1926 en mains, produisant des négatifs 7×17. Le titre est tiré directement d’une phrase du poème d’Isaac Rosenberg « To cross the sleeping green between » traduit en français par « De traverser cette pelouse endormie qui nous sépare » disponible dans un article d’A.Mounic sur les Poètes et la guerre 05/2014 temporel.fr et qui se poursuit ainsi :

On dirait, curieuse créature, que tu ris quand tu passes / Ces yeux vifs, ces membres superbes, ces arrogants athlètes, / Qui face à la vie n’ont pas de chance / Inféodés qu’ils sont aux caprices du meurtre, / Vautrés dans les entrailles de la terre, / Dans les champs saccagés, en France. /
Que vois-tu dans nos yeux / Quand fer et flamme en hurlant / Déchirent les cieux tranquilles ? /
Quel frémissement… quel cœur saisi d’horreur ? / Les coquelicots qui prennent racine dans les veines des hommes, Tombent, goutte à goutte et sans trêve,/ Mais le mien, sur mon oreille, ne craint rien… / Tout juste un peu blême, de poussière.

DianneBos_website

Au 2e étage du Centre Culturel Canadien à Paris, vous pourrez également voir d’autres poèmes & ouvrages rédigés en période de guerre, sélectionnés par Harry Vandervlist; comme par exemple Mémoire de jeunesse de l’écrivaine Vera Mary Brittain qui fut infirmière du détachement d’aide volontaire et dont l’histoire a été adaptée au cinéma par James Kent en 2015. Ci-dessous des vers de Charlotte Mew, publiés après sa mort dans le recueil The rambling sailorsanalyse par S.Pentz sur firstknownwhenlost.blogspot.ca. Consultez aussi Guerre et Poésie en littérature anglaise 1914-1945 de Xavier Hanotte sur arllfb.be et surveillez la sortie prochaine de HARRIS Elizabeth (2017). Ecocritical approaches to modernist poetry : The nature of modernism in Edward Thomas, T.S. Eliot, Edith Sitwell et Charlotte Mew, éditions Routledge, 208 p.

Let us remember Spring will come again / To the scorched, blackened woods, where the wounded trees / Wait, with their old wise patience for the heavenly rain, / Sure of the sky : sure of the sea to sen dits healing breeze, / Sure of the sun. And even as to these / Surely the Spring, when God shall please, / Will come again like a divine surprise / To those who sit to-day with their great Dead, hands in their hands, eyes in their eyes, / At one with Love, at one with Grief : blind to the scattered things and changing skies. – May 1915 de Charlotte Mew

Notez que dans le cadre des Nuits européennes des musées, le Centre Culturel Canadien à Paris présentera une conférence de Harry Vandervlist (Université de Calgary) sur la poésie de guerre de soldats canadiens, le samedi 20 mai à 19h.

DianeBos_CatalogueetPhotoraphies_CCC2017Catalogue de l’exposition avec une préface de Catherine Bédard et Andrew Hakin sous la direction de Josephine Mills – en page couverture Crête de Frezenberg / Pond Farm (cratère de bombe) à Wulvergem / Galaxie de la Terre – colline 62 au Bois du sanctuaire en Belgique 2014.

 

Autres expositions en cours
avec des œuvres de Dianne Bos

Poetics of Light – pinhole photography
Au Musée National de la science et des média à Bradford au Royaume-Uni jusqu’au 25 juin
War stories : 1917 au Musée Militaire de Calgary jusqu’au 25 août
Seeing : what are you looking at ? An exhibition questioning how eyes, brains and robots see.
À la Galerie des Sciences de l’Université – Trinity College Dublin en Irlande jusqu’au 20 octobre.

Alexandra David-Néel

13/05/2017

MuseeGuimetAlexandraDavidNeel

Catalogue de l’exposition sous la direction de Nathalie Bazin aux éditions MNAAG/Rmn-GP 48 p. et Une vie avec Alexandra David-Néel BD de Fred Campoy et Mathieu Blanchot
Tome 1 (2016) et Tome 2 (2017).

 

Alexandra David-Néel : Une aventurière au musée
Musée national des Arts Asiatiques – Guimet
MNAAG jusqu’au  22 Mai

Alexandra David-Néel est la première Européenne à visiter en 1924 Lhassa, la capitale du Tibet. En page couverture (ci-haut) du catalogue de l’exposition du musée MNAAG on l’a voit près de Pashi, à la frontière entre l’Inde (Sikkim) et le Tibet. Lors de ce séjour, elle adoptera un adolescent appelé Yongdem, qui l’accompagnera par la suite dans ses voyages. Cette grande dame de l’exploration gagna d’abord sa vie comme cantatrice et suivit des cours de sanskrit avec Sylvain Lévi et Philippe-Édouard Foucaux (1811-1894) – premier tibétologue français. Parmi les 450 manuscrits et ouvrages xylographiques qu’Alexandra David-Néel légua au musée Guimet, on y retrouve une note faisant mention du grand poète et mystique tibétain Milarepa (1040-1123) où l’on peut y lire:   » […] ma sympathie est allée vers le fantasque ascète, le magicien, philosophe et poète… C’est un peu l’âme des Himalayas, de l’âme tibétaine, lui que pieusement, avec un souvenir ému pour tout ce qui est là-bas… La haut, m’a été hospitalier, accueillant et doux j’apporte en occident. » Les Cent Mille Chants de Milarepa traduit du tibétain par Marie-Josée Lamothe aux éditons Fayard 306 p. s’est d’ailleurs mérité le Prix Alexandra David-Néel en 1987.

MuseeGuimet_Cosmographie_ChoyingTobdenDorjeXylographie d’un exposé de cosmographie illustré Folio na (12) de Choying Tobden Dorje (1787-1848) célèbre pour The Complete Nyingma Tradition from Sutra to Tantra.

« Il représente [musée Guimet] toute ma jeunesse et mes aspirations de débutante orientaliste » Alexandra David-Néel (1868-1969)

 

Le Musée national des Arts Asiatiques – Guimet présente également une exposition de somptueux Kosodes et Kimonos de la Maison Matsuzakaya de l’époque Édo (XVIIe siècle) jusqu’à nos jours incluant ceux de grands designers contemporains tels Rey Kawakubo, Junko Koshino, Issey Miyake, Kenzo Takada et Yohji Yamamoto . Les calligraphies qui ornent certains d’entre eux sont des vers de la  poésie chinoise (XVIIe et début du XVIIIe siècle) puis des wakas japonais, dans les années qui suivront; pour en savoir plus sur cet art poétique voir culturejaponaise.info. et sur le site de la revue-tanka-francophone vous constaterez que parmi la liste de poètes médiévaux japonais plusieurs sont des femmes. À la boutique du musée vous trouverez également  Kunihiko Morigushi : Vers un ordre caché publié dans le cadre d’une exposition qui s’est tenue l’année dernière et dans lequel l’artiste explique sa vision de l’univers, source d’inspiration pour son kimono Galaxie 2002 –  lire aussi l’article de Sibylle sur modedemploi.paris.

MuseeGuimet_Kimono
Au centre –  Uchikake du XIXe siècle de la collection Matsuzakaya au MNAAG jusqu’au 22 mai.

Autres expositions en cours à Paris dans les prochains billets…

Manif d’art – Biennale de Québec

07/05/2017
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MNBAQ_Animitas_ChristianBoltanskiAnimitas 2017 de Christian Boltanski MNBAQ Crédit photo: Idra Labrie esse.ca/fr/joie-malgre-tout 

Manif d’art  – La Biennale de Québec jusqu’au 14 mai
16 installations au Musée National des Beaux-Arts du Québec
Commissaire Alexia Fabre du Musée d’art contemporain du Val-de-Marne

Le titre de cette 8e édition de la Manif d’art est inspiré de L’art de la joie de Goliarda Sapienza (1924-1996) évoquant ainsi le désir, l’espoir et la liberté ! Depuis le lancement de la Biennale, de nombreuses expositions se sont tenues en périphérie. D’ici sa clôture dans une semaine, il reste toutefois encore la vidéo L’il y a de Jocelyn Robert sur la façade du Séminaire de Québec, une autre de Lisa Birke à la vitirine de la Galerie de Manif’art au 600 Côte d’Abraham, Paryse Martin et Josée Landry Sirois à la Maison Hamel-Bruneau et les mats extérieurs U.N. Camouflage de la Société Réaliste. Au Musée national des beaux-arts du Québec, vous pourrez voir 16 installations d’artistes québécois (Jacynthe Carrier, Vicky Sabourin, Cynthia Dinan-Mitchell, Robbin Deyo, Pierre & Marie, Steve Heimbecker, Mathieu Valade et BGL) et internationaux. Roxane Delisle ou ses collègues du MNBAQ se feront un plaisir de commenter l’exposition lors des visites guidées. Ci-dessus, Animitas 2017 dont le premier volet était situé en plein désert d’Atacama au Chili près du volcan Lascar (Sculpturenature.com), mais repris cette fois sur l’île d’Orléans. Animitas fait référence aux autels religieux le long des chemins, en mémoire des accidentés de la route. Les clochettes évoquant ainsi « la musique des astres et la voix des âmes flottantes »,  sont positionnées selon la carte du ciel du  6 septembre 1944 – date de naissance de Boltanski. Pour en savoir plus sur l’artiste lire La vie possible de Christian Boltanski – édition revue et augmentée aux éditions du Seuil 2010, 336 p. et celui de son neveu sur la famille Boltanski, La Cache – Prix Fémina 2015 qui débute avec sa Mère-Grand et son Grand-Papa Étienne médecin « scrupuleux, adulé par ses patients, bardés de diplômes, d’honneurs, de décorations, était comme un enfant nu au milieu de gens habillés. Tour à tour joyeux, tourmenté, souffrant, il avançait dans la vie sans position de repli, sans refuge, tel un crustacé privé de sa carapace, laissé à la merci du premier prédateur venu. Incapable de mentir ou de dissimuler ces sentiments, il pouvait sur le coup de la moindre émotion, éclater en sanglots. Un texte, une musique, une remarque, un souvenir suffisaient à le faire pleurer ou rougir jusqu’aux oreilles. » p.16

La danse du scalp 2012 de sa conjointe Annette Messager, suscitera également de vives réactions du public avec ses chevelures factices de femmes, soufflées par des ventilateurs. Symbole de la figure féminine et de l’oppression faîtes aux femmes (ex. sorcières de Salem au XVIIe, femmes tondues en Allemagne). Récipiendaire du Prix Praemium Imperiale 2016 et du Lion d’Or de Venise en 2005, Annette Messager compte plusieurs créations représentant des organes humains (Pénétration 1993-1994), le post-humanisme (Casino 2005), des oiseaux empaillés (Le repos de mes pensionnaires 1972) et des tests psychologiques de Rorschach (Dissections 1996 et Dépouilles 1997-1998).

La Biennale de Québec inclut aussi 3 vidéos de Clément Cogitore dont L’intervalle des résonances 2016, filmé à la station météorologique de Tenfits en Alaska afin de déterminer si les aurores boréales émettent ou non des sons. Tandis que dans Élégies 2014, l’artiste et réalisateur transcrit une version modifiée du poème de Rilke.

Rilke_Elegies

RILKE Rainer Maria (2017 v.o. 1923). Élégies de Duino, éditions Allia, 80 p.
Extrait de la première élégie sur le site de l’éditeur –  traduction de Rainer Biemel (Jean Rounault).

L’exposition qui se tient dans le nouveau Pavillon Lassonde du MNBAQ présente également une œuvre de Mathieu Valade qui consiste en 12 écrans projetant 12 manifestes artistiques à la manière du célèbre générique de Star Wars. Ces manifestes ayant marqué l’Histoire de l’Art sont : Refus Global de 1948 et Prisme d’yeux qui le précéda de peu, L’Internationale Situationniste (IS) décrit sur lemondedearts.com, Fluxus de Georges Maciunas en 1963, Art After philosophy de Joseph Kosuth en 1969, le manifeste musical en 1990 de Riot Grrrl aux propos féministes ainsi que sept autres plus anciens –  Symbolisme, Futurisme, Dada, Bauhaus, Suprématie, Surréalisme.

Manifeste du Bauhaus de Walter Gropius 1919 par Mathieu Valade

Notez que Canadissimo (L’Atelier) 2015-2017 du collectif BGL fait aussi partie de la Biennale de Québec. Voir sur ce site BGL et le syndrome de Stendhal en lien avec le film de Benjamin Hogue intitulé BGL de Fantaisie, en salle dès le 26 mai.

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