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Bio-Art au Art Laboratory de Berlin

17/09/2020
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Our Glass de Tarah Rhoda / Phytoteratology de Špela Petrič /Wombs – croquis de Margherita Pevere

The Camille Diaries – Current Artistic Positions on M/otherhood, Life and Care 
Art Laboratory / OKK à Berlin jusqu’au 4 octobre
Symposium en ligne le 26 septembre

Art Laboratory Berlin est un centre d’art & de recherche pour la diffusion de l’art contemporain aux intersections de l’art, la science et la technologie. Dans le cadre de The Camille Diaries – Current Artistic Positions on M/otherhood, Life and Care, les deux co-directeurs et commissaires Regine Rapp et Christian de Lutz ont invités des bio-artistes, qui se questionnent sur le réseau symbiotique de notre environnement et l’enchevêtrement des organismes vivants ainsi que problèmes auxquels on fait face tels que les changements climatiques, les enjeux de la bio-éthique, les questions de genres, etc. Le titre de l’exposition Camille diaries est en fait inspiré d’un chapitre de Staying with the Trouble 2016 de Donna Haraway dans lequel le personnage de Camille, qu’elle suit à travers cinq générations, est un être hybride sympoiétique – c’est-à-dire en interactions avec d’autres sans frontières ni spatiales ni temporelles, formé à partir d’un papillon monarque en péril (Danaus plexippus) et d’un enfant (Homo sapiens).  Philosophe et féministe, diplômée de zoologie, Donna Haraway s’est fait connaître par son Manifeste cyborg  et autres essais ainsi que son slogan « Make Kin Not Babies ». En complément à l’exposition, une série de discussions sur le thème de la maternité et de la reproduction dans la littérature féministe de science-fiction, fait partie de la programmation.

Staying with the Trouble de Donna J.Haraway  
Duke University Press 2016, 312 p.
En p.c. oeuvre de Geraldine Javier

Introduction disponible sur le site de l’éditeur
Conférence de l’auteur au SF Art Institute 
Résumé  par Just wondering….

Lire aussi l’article de J. Ackermann suite
à une exposition en ligne qui s’est tenue au
Jeu de Paume en 2017 ou procurez-vous
Habiter le trouble avec Donna Harawaa
aux éditions Dehors 2020, 384 p.

Extrait ci-dessous de p.166

 

STARHAWK’S SONG, TAUGHT BY THE SPEAKERS FOR THE DEAD
Breathe deep. Feel the pain where it lives deep in us for we live, still, in the raw wounds
and pain is salt in us, burning. Flush it out. Let the pain become a sound, a living river on the breath.
Raise your voice. Cry out. Scream. Wail. Keen and mourn for the dismembering of the world.

“[…] Crucial to the work was not to forget the stink in the air from the burning of the witches,
not to forget the murders of human and nonhuman beings in the Great Catastrophes named the Plantationocene, Anthropocene, Capitalocene, to “keen and mourn for the dismembering of the world.” Moving through mourning to represencing, to the practice of vital memory, was the work of the Speakers for the Dead. Their task was to strengthen the healing that was gaining momentum across the earth.
The fourth and fifth Camilles both traveled widely, drawing from their heritage of monarch symbioses, to teach and learn how to practice healing and ongoingness in the cyclones of continuing damage and partial resurgence.”

Voici un aperçu des onze artistes qui participent à cette exposition et qui abordent les problématiques mentionnées en introduction. On retrouve Sonia Levy militant pour la sauvegarde de la biodiversité avec son installation For the love of Corals et Mary Maggic contre la pollution du plastique dans Milik bersama rekombinan. D’autre part, certaines œuvres, encouragent une meilleure cohabitation entre organismes vivants comme par exemple Mammalga de Naja Ankerfeldt, Baum & Leahy qui nous rappellent aussi que l’algue rouge (Bangiomorpha pubescens) à l’origine des cellules eucaryotes est considéré comme le plus ancien organisme multicellulaire connu capable de reproduction sexuée. Notez qu’une étude récente de l’Université McGill à partir d’un fossile de cette algue confirme que la photosynthèse remonterait à 1,25 milliards d’années – réf. Gibson & al. Geology 2018 vol.46 no.2 p.135–138. Ci-haut, l’installation de Tarah Rhoda dans laquelle des molécules de chlorophylle extraites d’épinards apparaissent rouge lorsque soumises à des rayons UV – phénomène expliqué par S.Loubery sur rts-découverte. Nicole Clouston obtient aussi des prismes de couleurs mais à partir d’une transformation organique de la boue qu’elle insère dans des colonnes transparentes; elle approvisionne ensuite les bactéries qui s’y trouvent avec de l’eau, divers minéraux et du calcium provenant de coquilles d’œufs. La plus funambulesque est sans aucun doute, la vidéo d’Ai Hasegawa dans le rôle de mère porteuse pour des espèces en danger d’où le titre I wanna deliver a dolphin. De toute évidence, l’hybridation inter-espèces est un sujet qui fascinent plusieurs de ces artistes, dont quelques-uns vont jusqu’à utiliser littéralement une partie d’eux-mêmes pour leurs bio-art ou dans le cas de Cecilia Jonsson d’extraire le fer de 69 placentas humains pour fabriquer un compas avec l’aide de Rodrigo Leite de Oliveira de l’institut de Cancer des Pays-Bas. Quant à l’arabette des dames ou arabette de Thalius (ci-haut au centre et qui est en passant la première plante à avoir été entièrement séquencée en 2000), elle se développe dans un médium contenant des stéroïdes extraites de l’urine de l’artiste. Phytoteratology de Špela Petric  s’est d’ailleurs mérité un Prix Distinction au prestigieux Ars Electronica 2019 dans la nouvelle catégorie Artificial Intelligence & Life Art. Finalement « Make kin not babies »  de Donna Haraway résonne tout aussi fort dans l’œuvre de Margherita Pevere qui utilise également ses propres hormones mais avec des colonies de bactéries produisant un biofilm. Elle crée aussi en parallèle un écosystème hybride composé à la fois des cellules épithéliales de son vagin et d’un gastéropode. Dans cette vidéo, l’artiste récipiendaire d’un Digital Art Award en 2018, explique le contexte de Wombs et sa collaboration avec un endocrinologue et autres spécialistes.

Feminist SF: Visions of M/otherhood & Reproduction
Discussions animées par la commissaire et auteure Isabel de Sena
Invités : Alison Sperling 24 sept. / Christopher Coenen 29 sept. / Noemi Yoko Molito 13 oct.

Quelques publications du Art Laboratory Berlin
Voir aussi sur ce site les nombreux billets en lien avec le bio-art
et les références sous Exposition Em’Art, Que disent les plantes et Art écologique
ainsi que les 7 articles d’endroits à visiter à Berlin dont le Musée d’Histoire de la médecine.

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