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Galerie Abla Ababou

21/01/2021

Exposition à la Galerie Abla Ababou prolongation jusqu’au 12 avril

Cette magnifique galerie d’Abla Ababou est située dans le quartier Souissi de Rabat. La galeriste, journaliste et auteure de Coup de lune 2008 aux éditions du Rocher, organise depuis 2007 des expositions et événements littéraires dans ce lieu lumineux derrière l’école Jacques Chirac et adjacent l’ambassade du Canada. Une partie de la galerie est consacrée également à des objets de designers de Karim Alaoui, Jonathan Amar, etc. et calligraphies de Tibari Kantour. L’exposition donnant carte blanche à Fouad Bellamine a été heureusement prolongée, afin de permettre à ceux qui étaient en vacances de la voir. Le Musée Mohammed VI de Rabat consacre d’ailleurs présentement une rétrospective à cet artiste dont les œuvres font partie de collections prestigieuses et qui se poursuivra jusqu’au 20 avril. Dans cette série de 4 vidéos, l’artiste raconte ses premières inspirations, son musée imaginaire puis ce qui l’a mené à privilégier le monochrome et introduire le parallélépipède & autres formes architecturales pour enfin atteindre enfin une certaine sérénité représentée par ses teintes de rose pastel mais après toutefois des séries plus austères telle les montagnes de cendre en écho à la guerre en Irak. Comme l’évoque le titre de l’exposition, Fouad Bellamine invite 14 artistes de la nouvelle génération en quête de sens dans une année particulièrement perturbante. Les sentiments de solitude par Sanae Arraqas, de morosité par Salah Tabi, d’anxiété de Deborah Benzaquen, de conditionnement par Youssef Ouchra se dégagent de ces œuvres. Mesures sanitaires oblige, Omar Mahfoudi ne manque pas de représenter ces masques faisant partie du paysage de cette pandémie. Voir aussi cet échantillon de CovidArt répertorié sur ce blogue il y a déjà presque un an.

1ère rangée: Omar Mahfoudi / Sanae Arraqas / Salah Tabi / Deborah Benzaquen / Youssef Ouchra
2e rangée: Outside my land – Said Afifi / Heritage Hyperphotography – Hakim Benchekroun /
 30 cm de Jerada – Mouhcine Rahaoui

Le plasticien et vidéaste Said Afifi est surtout connu pour ses installations numériques alliant art, science & technologie navigant dans des paysages éphémères ou d’architecture post-moderne.  Par ailleurs, c’est l’architecture du corps qu’il abordait dans sa série Donatella & chirurgie plastique en 2014 mais pour cette exposition, c’est l’architecture du paysage et le concept de mémoire qui émergent d’Outside my land 2020 après avoir été plongée dans les fonds marins pour Yemaya 2018 réalisée à partir d’une reconstitution en 3D de grottes par les techniques de photogrammétrie expliquée sur le site seascape.fr.

Mémoire & Architecture tout en poésie sont également les thèmatiques d’Hakim Benchekroun – architecte de formation, qui par de nombreuses actions, sensibilise les responsables et la communauté à la sauvegarde du patrimoine ou de ce qu’il appelle « les territoires de l’obsolescence ». C’est lui aussi qui dirige les entretiens ci-haut de Fouad Bellamine et qui a conçu la scénographie de ses 50 ans de carrière au Musée Mohammed VI. Parcourant tout le Maroc, il nous a fait également découvrir L’escalier céleste, de l’architecte allemand Hannsjörg Voth, situé dans le désert du Maroc près d’Erfoud, plus précisément à une latitude de 31°43’24.581 Nord et d’une longitude de 5°15’54.711 Ouest. On peut l’admirer dans toute sa splendeur divine grâce à la photographie en noir et blanc d’Hakim Benchekroun et en connaitre l’emplacement exact grâce aux titres des œuvres qu’il nomme sur son site d’après les coordonnées géographiques. La cité d’Orion selon la constellation et La spirale d’or à partir de la suite de Fibonacci sont deux autres sculptures d’Hannsjörg Voth au Maroc, décrites dans le magazine Agadir Première.

Les toiles peintes au charbon de Mouhcine Rahaoui soulèvent quant à elles d’importantes questions sur le respect des droits humains pour les mineurs qui mettent leur vie en péril. Dans un tableau de plus petit format, cet artiste fils de mineur rappel le rôle du canari, plus sensible que les humains aux émanations de monoxyde de carbone (et pas nécessairement du grisou selon travers-bancs.org), afin que les travailleurs puissent quitter à temps les lieux dès les premiers signes de détresse de leur compagnon en cage. Néanmoins, il existe dorénavant d’autres moyens efficaces de détection de gaz toxiques à l’intérieur des mines. Coal Rabbit 2020 quant à lui est en souvenir de la légende qui raconte que les mines de Jerada d’où est originaire l’artiste, soit à 60 km d’Oujda, ont été découvertes en 1920 par un garde forestier qui aurait suivi un lapin recouvert de suie. Voir aussi le documentaire en 4 épisodes de Green Blood 2020 de Jules Giraudat et Arthur Bouvart qui dénoncent les répercussions humaines et environnementales de l’exploitation minière sur trois continents. Dans le même esprit voici un extrait de recueil Cris du Maroc de Mohamed Aouragh (1957-2019) aux éditions Gap 2015, 114 p.

Les mineurs miraculés aujourd’hui / Des mines de Mibladen-Ahouli / Ne touchent que pensions de misère / Et comme prime la silicose assassine… // Les enfants des mineurs damnés / Restent toujours esclaves des galeries / Chaque jour au risque de leur vie / Continuent de creuser / Dans l’espoir de trouver / De précieux minéraux ou bien tomber / Un jour sur la perle souhaitée / Que d’intermédiaires négociants futés / Vendent en bourse ou à l’étranger /Garnissant leurs comptes / Sans remords ni honte / Édifiant leurs projets / Dans de lointaines contrées / Loin de leur région délaissée…

Voici six autres artistes de l’exposition Une nouvelle génération : Nour Eddine El Ghoumari / Morran BenLahcen / Najoua El Hitmi / Khadija Jayi / Abdellah El Haitout et Mo Baala – lire aussi Mo Baala  le petit prince de Taroudant.

La prochaine expo Joy – entre humour, spiritualité et poésie se tiendra du 19 juin au 30 septembre.

Voir également sur ce site les billets sur les artistes marocains suivants : Mohammed El BazInaam ObtelGhizlane Sahli,  mounir fatmi,  YamouFatime Zahra Morjani  et  Adil Kourkouni.

Et le prochain sur les galeries d’art à Rabat…

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