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Bach

24/09/2015

Bach par EG Haussmann_Vanité de P.Claesz

Portrait de Johann Sebastian Bach peint en 1746 par Elias Gottlob Haussmann
Vanité
de Pieter Claesz, don récent de Michal et Renata Hornstein au MBAM

Bach et ses Cantates – Cantates BWV 10, 17, 47 et 158
Conférence présentée par François Filiatrault pour la Fondation Arte Musica
comme préparation au concert de la Handel and Haydn Society de Boston
Dimanche 27 septembre à 14h à la Salle Bourgie au 1339, rue Sherbrooke ouest

 

La salle Bourgie présentera cette saison la deuxième année de l’intégrale des cantates de Johann Sebastian Bach (1685-1750), une série de huit concerts auxquels sont rattachés des conférences dont la première a eue lieu le mardi 22 septembre au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Afin de préparer l’auditoire au concert de dimanche prochain, François Filiatrault a commenté des extraits des cantates BWV 10, 17, 47 et 158 tout en mettant en contexte l’importance de la musique chez les luthériens et les caractéristiques de la musique allemande des XVIIe et XVIIIe siècles (contrepoints, polychoralité et l’expression mélodique). Il rappela également le fait que le contrepoint correspond à l’époque au modèle pythagoricien de l’Harmonie des sphères qui amène Kepler a publier en 1619 l’Harmonices mundi avec sa gamme planétaire attribuant une note à chaque planète selon sa distance par rapport au soleil et une mélodie d’après leur orbite, que vous pouvez entendre sur ce site au billet L’œil de l’astronome. Vous remarquerez le chant de la Terre : mi, fa, mi, fa ou miseria, famina, miseria, famina, … ad vitam æternam.

« [la musique] est le baume le plus efficace pour calmer, pour réjouir et pour vivifier le cœur
de celui qui est triste, de celui qui souffre. » (Luther, lettre à Ludwig Senfl, 1530)

Bénis soient la musique et les cantates de Bach! Vers 1700, le pasteur Erdmann Neumeister a demandé aux compositeurs que la cantate soit comme un morceau d’opéra formé de récitatifs et d’airs contrastés. Celles de Bach sont considérées par Gérard Zwang comme un « Himalaya de musique »; Bach y emploie extraits de la bible, poèmes pieux, chorals, dans une grande variété de traitements. Beaucoup des textes des cantates de Bach prêchent le dédain des choses de ce monde et la brièveté de la vie, faisant écho aux natures mortes nommées vanités montrant la vanité des richesses, du pouvoir, des activités humaines, etc. d’où le choix de François Filiatrault de nous montrer une récente acquisition du MBAM : Vanité. Nature morte au crâne de Pieter Claesz. La cantate BWV 17 ayant pour titre Wer Dank opfert, der preiset mich,  ou Qui offre l’action de grâces me rend gloire, commente la guérison des dix lépreux rapportée dans l’évangile de saint-Luc, patron des médecins et des peintres.

Bach Clavier Temperé_B.Lehman 2005

LEHMAN Bradley (février 2005). « Bach’s extraordinary temperament
our Rosetta stone
 » Early music vol.33 no.1 p.3-23 Fig.1 et 2 sur muse.jhu.edu

Parmi les autres conférenciers de marque cette saison, on aura l’occasion de recevoir le 24 novembre Gilles Cantagrel, ancien directeur de France Musique et grand spécialiste de Bach, qui démystifiera les cantates BWV 36 et 131. Dans son tout dernier ouvrage, Passion Baroque 2015 aux éditions Fayard, il vante la pluralité de la palette sonore de Bach par l’usage d’instruments rares (p.33) et dresse des parallèles entre les labyrinthes des jardins de Le Nôtre et l’errance dans les tonalités (p.43). Cantagrel rapporte un peu plus loin l’observation par B.Lehmann de la frise en boucle en haut de la page de titre de la partition du Clavier bien tempéré, indiquant apparemment d’accorder le clavecin selon un tempérament « bon » qui n’est pas nécesserairement égal comme plusieurs le prétendent. Lire à ce sujet « Bach’s extraordinary temperament our Rosetta stone » dans  Early music vol.33 no.1, Février 2005. Agacé face à l’ampleur des valeurs symboliques attribuées au crypto-langage chiffré de Bach, Cantagrel incite les lecteurs à faire preuve d’esprit critique (p.165-166). Il demeure que la géométrie musicale de Bach suivant une logique ordonnée fait mouche auprès des mathématiciens. Les notions mathématiques à la base des canons de Bach sont clairement expliquées par Jean-François Heintzen sur apmep.fr. C’est d’ailleurs le Canon triplex à 6 voix BWV 1076, que l’on voit ci-dessus dans le portrait d’Elias Gottlob Haussmann. Notez que le motif BACH d’après chaque lettre de son nom, c’est à dire B= Si bémol, A=la, C=do et H=si bécarre, se retrouve dans plusieurs de ses compositions. Dans sa conférence La symétrie en musique de J.S. Bach à Paolo Conte en passant par les Beatles, Morena Andreatta du CNRS donne en exemple l’Offrande musicale composée de 2 voix pour Frédéric II de Prusse. L’animation de Jos Leys ci-dessous, qu’il présente, permet de visualiser « le ruban de Moebius ou la fourmi musicienne » par le fait que la deuxième voix est l’inverse de l’autre. Gilles Cantagrel le décrit comme un bouclage tonal, symbole de l’éternité et où « futur et passé se superposent en un non-temps » p.167.

 

Livres sur Bach

Lectures en lien

CANTAGREL Gilles (2015). Passion Baroque: Cent cinquante ans de musique en Europe, éditions Fayard, 248 p. auteur également de Les cantates de Bach 2010, 1200 pages.

GARDINER Eliot John (2014). Musique au château du ciel : Un portrait de Jean-Sébastien Bach, éditons Flammarion, 752 p. N.B. La version 1748 du portait de Bach par E.G.Haussman fut accroché au premier étage de la maison d’enfance de ce chef d’orchestre britannique et légué cette année à la ville de Leipzig – réf. 30/04/2015 Francemusique.fr

Coll. (2009). Tout Bach, éditions Robert Laffont, 895 p. sous la direction de B.Dermoncourt

JONES D.P Richard (2015).The Creative Development of Johann Sebastian Bach,
Volume I: 1695-1717: Music to Delight the Spirit, éditions OxfordUPress, 352 p.

RATHEY Markus (à venir). Bach’s Major Vocal Works: Music, Drama, Liturgy,
éditions YaleUPress, 256 pages

Et www.jsbachcantatas.com

Déjà mentionné sur ce site dans le billet Vengerov : MEYNELL Esther (v.o. 1930). La petite chronique d’Anna Magdalena, éditions 2012 Buchet-Chastel, 248 p. Sur lequel s’est basée Hélène Darche pour sa pièce de théâtre pour 4 comédiens et 1 pianiste présenté à Paris en 2011.

La prochaine conférence de F. Filiatrault se tiendra le 13 octobre à 17h30
Les portraits de Bach et les clips de La Fabrique Culturelle

Compte rendu sur ce site des conférences antérieures 2011-2015 par François Filiatrault.

 

 

Festival Bach de Montréal 2015

Daniel Dennett 1995

DENNETT Daniel (1995). Darwin’ dangerous idea – evolution and the meaning of life, éditions Penguin Press Chapitre 18 The future of an idea partie 1 In praise of biodiversity p.511
Autres livres de Daniel Dennett sur penguin.co.uk

Daniel C. Dennett est également co-auteur avec Douglas R. Hofstadter  (Gödel, Escher and Bach – An Eternal Golden Braid 1979) de The Mind’s I – fantasies and reflections on self and soul 1982 qui commentent des textes de philosophes et scientifiques (Alain Turing, Rudy Rucker et Richard Dawkins) et disponible à l’adresse suivante : http://themindi.blogspot.ca/

Ne manquez pas non plus la conférence dans le cadre du Festival Bach de Montréal
From Bacteria to Bach and Back de Daniel C. Dennett avec Serhiy Salov au piano
Auditorium Maxwell-Cummings du MBA,  le samedi 5 décembre à 14h

2 commentaires leave one →
  1. Elise L.-Joubert permalink
    03/10/2015 20:45

    Encore merci pour toutes ces informations! C’est tout simplement emballant et enrichissant!

  2. Robert Richard permalink
    04/10/2015 21:31

    Le compositeur québécois, Serge Garant (1929-1986), a composé trois oeuvres absolument magnifiques inspirées par « l’Offrande Musicale » de Bach. Il s’agit d' »Offrande I » (1969), « Offrande II » (1970) et « Offrande III » (1971). Ces oeuvres sont disponibles sur CD, heureusement.

    Serge Garant avait dirigé l’orchestre de la SMCQ (Société de musique contemporaine du Québec), de la fondation de cette institution en 1966 jusqu’à sa mort. Garant a été emporté par un cancer du cerveau.

    Mise à part les « Offrandes I, II et III », signalons son oeuvre, elle aussi magnifique, intitulée « Chants d’amours » de 1976.

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