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Fondation Atassi

17/03/2019
Robe 2019 Impression textile avec codes QR à scanner de Sulafa Hijazi

Exposition collective Personal revolutions jusqu’au 8 avril
Atassi Foundation for art & culture sur Alserkal Avenue hangar #60 à Dubaï

La Fondation Atassi a pour mission première de faire connaître l’art syrien du XXe siècle jusqu’à nos jours, depuis déjà 30 ans. Le projet de numérisation MASA – Modern Art Syria Archive est un autre moyen de préserver l’héritage culturel de ce pays et sera bientôt en ligne sur leur site web. L’exposition en cours Personal Revolutions présente une douzaine d’artistes syriennes du monde de l’art contemporain.  À l’occasion du Art week d’Alserkal avenue, l’artiste multidisciplinaire Khadija Baker du Centre d’histoire oral et de récits numérisés de l’Université Concordia à Montréal invitera le public à écouter son spoken word My little voice cannot lie, avec une mélodie du musicien kurde Gani Mirzo, à travers des microphones insérés dans ses longues nattes. Elle a également collaboré à la pièce Traversée en langue des signes sur la musique de Diane Labrosse et l’on a pu assister à ses performances dans plusieurs galeries d’art de Montréal, Toronto et ailleurs dans le monde. Ci-haut, une robe de Sulafa Hijazi alliant artisanat & technologie, car elle renferme des broderies aux motifs de codes QR que l’on peut scanner et qui nous dirige vers des informations portant sur cet art traditionnel du Levant et ses artisans. Spécialiste en multimédia, Sulafa Hijazi a créé la maison de production bluedar.net axée principalement sur l’éducation et le développement des enfants à travers l’art et une prise de conscience environnementale. Des symboles de guerre et la douleur qu’elle engendre apparaissent sur plusieurs des œuvres exposées à la Fondation Atassi, mais également une profonde nostalgie comme l’installation Séparation 2017 d’Iman Hasbani, artiste qui a remporté d’ailleurs le 1er Prix Peinture à la Biennale d’Art Miniature du Canada en 2008.

De gauche à droite ci-dessus :  Page couverture d’une monographie de Leïla Nseir dont on peut voir un autoportrait dans l’exposition;  Hindmost 2014 d’Azza Abo Rebieh  – le NYTimes lui consacre un article pour ses dessins de femmes qui, comme elle, furent incarcérées pour avoir milité contre le régime de Bashar Al Assad; Place of memory 2018 de Reem Yassouf illustrant la profondeur des couches de la mémoire collective et des réfugiés comme témoins du passé; Le livre des mathématiques 2016 de Hiba Al Ansari  suite à la découverte du cahier d’une jeune élève décédée lors de bombardements dans la ville de Kafranbel . À partir d’objet trouvés sur les lieux, l’artiste monte ce cahier surréaliste pour dénoncer l’absurdité de la guerre.

Un autre illogisme est sans contester, celui du rituel de bénédiction d’armes à destruction massive par des prêtres en Russie qu’Alina Amer soulève dans sa vidéo Blessing with infection 2018; Tandis que les miroirs dans In view 2018 de Randa Maddah  reflètent la souffrance aussi bien des Israéliens que des Syriens, de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu sur le plateau de Golan, dans sa ville natale de Majdal Chams, principale localité druze; De la douleur on en ressent aussi en regardant Coutures 2019 de Nour Asalia, qui sont en fait les yeux de l’artiste, imprimés sur du délicat papier de riz puis cousus avec du fil en guise de compassion envers sa mère et sa fille qui ont subi injection & chirurgie oculaires respectivement. On retrouve aussi dans la galerie,  une inclusion en résine de sa série Mémoire telle les insectes, témoins du passé, préservés dans de la résine fossilisée. Vous pouvez lire son texte « Artistes syriens du militantisme à la désespérance » ainsi que plusieurs autres sur son site; Chemise de nuit de Nagham Hodaifa qu’elle peint avec un corps semblable au sien mais omettant la tête. À cet égard, soulignons que l’artiste, sculptrice aussi, a rédigé sa thèse de doctorat sur la question de visage dans l’œuvre de Marwan (1934-2016) publiée aux éditions Peter Lang. Elle signe également un texte dans le catalogue de l’exposition sur le féminisme dans l’art syrien et a récemment fait une conférence sur le travail de Laila Muraywid dont A poem that doesn’t heal est présenté à la galerie de la Fondation Atassi. Dans « Le corps en fragment de Laila Muraywid » sur blogs.mediapart.fr, on analyse son Doux cercueil de la chair suite à la censure du Printemps des Arts en Tunisie en 2012. Muraywid s’est joint à Khaled Takreti et à Ola Abdallah pour une œuvre commune aux éditions Area. Ola Abdallah présente d’ailleurs un triptyque Peace is green à l’exposition Personal Revolutions.

Islamic Scientists de Mahmoud Hammad du Musée de la Civilisation Islamique à Sharjah

L’exposition Personal Revolutions à la Fondation Atassi de Dubaï compte également des broderies, tapisseries et œuvres de plusieurs autres pionnières de l’art Syrien incluant un autoportrait de Derrie Fakhoury Hammad (1930-2015) épouse de Mahmoud Hammad – un maître de l’art abstrait syrien qui a peint la fameuse toile des Savants de la civilisation islamique 1988 dans laquelle font partie :  Ibn Zakaria, Jabir Ibn Hayyan , Al Kindi, Abbas Ibn Firnas,  Khalid Al-Marwarrudhi, Farabî, Al Biruni, Ibn Yunus, Avicenne, Abu al-Qasim, Al Idrisi, Averroès, Nasir al-Din Tusi, Ibn Nafis,  Abul Fida et Ibn Khaldoun. Voir aussi sur ce site les billets sur le colloque Transfert des savoirs médicaux et celui sur les Sciences à l’Institut du Monde Arabe à Paris.

Et pour terminer, voici un extrait du concert multimédia Home within en hommage aux réfugiés  syriens avec l’artiste visuel Kevork Mourad et le clarinettiste Kinan Azmeh.
Ils expliquent en entrevue la genèse de ce projet.

« I certainly know that the clarinet cannot stop a bullet, it cannot feed the hungry …
it cannot bring the refugees back home, but what it can do it can inspire »
Kinan Azmeh

Autres expositions sur Alserkal Avenue dans les prochains billets…

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