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Bulles de Louvre – Musée de la BD 2/2

09/04/2022

Planche de L’île Louvre de Florent Chavouet et Albums de la Collection musée du Louvre aux éditions Futuropolis avec de gauche à droite ceux de Nicolas De Crécy, Li Chi Tak, Stéphane Levallois, Jiro Taniguchi / Florent Chavouet, Etienne Davodeau, Philippe Dupuy & Loo Hui Phang, Christian Lax, Charles Berbérian // Naoki Urasawa, Coll., Taiyo Matsumoto, David Prudhomme, Enki Bilal // Hirohiko Araki, Eric Liberge, Christian Durieux, Marc-Antoine Mathieu, Bernard Yslaire & Jean-Claude Carrière, Judith Vanistendael et le mangaka Minetarō Mochizuki à venir…
Collection Musée du Louvre aux éditions Futuropolis

 

Exposition Bulles de Louvre au Musée de la BD à Bruxelles jusqu’au 11 septembre

Le Centre belge de la bande dessinée nous offre une superbe exposition regroupant une vingtaine de bédéistes qui ont depuis 2005, publié leurs ouvrages dans la Collection musée du Louvre des éditions Futuropolis. L’idée de jumeler l’univers muséale à celui du 9e art est venu de Fabrice Douar, conservateur & éditeur du musée du Louvre qui a donné aux auteurs carte blanche ainsi qu’un accès au musée jour & nuit, pour qu’ils puissent s’inspirer soit du lieu, des objets, des conservateurs et gardiens voire du public.

Sans que l’environnement soit au cœur du sujet, les bouleversements climatiques servent de décors à Nicolas de Crécy dans Période Glaciaire et L’île Louvre de Florent Chavouet pour qui son album fut quasi prémonitoire car quelques mois plus tard Paris fut à nouveau inondée par la crue de la Seine. Depuis le XXe siècle ont compte pas moins de 25 inondations, avec comme record celle de 1910 où l’eau de la Seine avait atteint 8,62 m submergeant ainsi les pieds de la Tour Eiffel. Cet article de The conversation, nous explique l’importance de limiter le taux d’élévation du niveau de la mer à 4 mm par an, sinon l’élévation de 1 m prévue d’ici la fin du siècle engendrerait de graves répercussions et comme on pourra entendre dans le vidéo de protect-slr.eu la fonte de la calotte de l’Antarctique a elle seule, recouvriraient le monde entier sous 58 m d’eau ! De surcroît, nos émissions de serre responsables du réchauffement climatique retardent de plusieurs dizaines de millénaire la prochaine Période glaciaire imaginée par Nicolas de Crécy. Il y raconte la découverte du Louvre tel une Terra incognita par des archéologues du futur qui essaie de décortiquer notre civilisation à travers l’observation des tableaux de Poussin, Delacroix, Géricault, etc. Notre-planète-info présente quelques études inquiétantes sur les modifications des cycles géologiques de l’Holocène par l’activité humaine, d’où l’apparition du terme Anthropocène et voici le dernier volet du rapport du GIEC déposé le 4 avril, proposant une liste de solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique à 1,5°C – résumé sur goodplanet.info. Nicolas de Crecy s’est également intéressé aux frères Wittengstein pour son exposition reprise en 2020 à la Galerie Huberty & Bryene à Bruxelles. Le Manchot mélomane est une articulation entre la vie de Paul le pianiste et Ludwig l’auteur du Tractatus logico-philosophicus. Voici le vidéo de son exposition accompagnée de la sonate pour main gauche de Prokofiev composé pour Paul Wittengstein mais interprété ici par Rudolf Serkin et d’autres partitions pour main gauche dans le cadre du film Left hand sur Norman Malone sur ce blogue Arts & Sciences.

Albums de Nicolas de Crécy et de Florent Chavouet / Crues historiques de la Seine contrepoints.org

L’exposition Bulles de Louvre survolera le temps à travers de nombreuses civilisations du monde entier allant de la plus ancienne en Mésopotamie  via l’épopée de Gilgamesh selon Charles Berberian jusqu’à celles du futur en passant par la civilisation des Dogon à la culture des Cyclades par Judith  Vanistendael. Soulignons que Vanistendael est lauréate du prix de la BD Citoyenne Bulle d’humanité 2020 pour Les deux vies de Pénélopes qui raconte le parcours d’une chirurgienne, durant la guerre en Syrie,  « qui n’attend pas, ne tisse pas mais sauve des vies ». On passera également à travers une partie de l’histoire du Louvre de l’époque de son inauguration en 1793 avec le récit de Bernard Yslaire & Jean-Claude Carrière jusqu’à l’ajout de sa pyramide de verre par l’architecte I.M. Pei (1917-2019) dans l’œuvre de Taiyo Matsumoto, sans compter ses innombrables merveilles dans chacun des albums de la collection de Futuropolis. Un de ces trésors, est la statuette en bois du Mali de la région de TinTam, près de la falaise de Bandiagara – région faisant partie du patrimoine mondiale de l’Unesco. Le peuple animiste Dogon venant du Sud s’y sont installés vers le XIe siècle. Un masque Dogon – Iminana ou mère des masques en forme de serpent d’une longueur de 11 m taillé d’un arbre dans toute sa longueur,  fait d’ailleurs partie des œuvres sacrées devant être restituer comme on le déplore dans le livre Restituer le patrimoine africain de Felwinne Sarr & Benedicte Savoy et tout récemment dans le documentaire Restituer ? L’Afrique en quête de ses chefs d’œuvres 2021 de Nora Philippe. Quant à Une maternité rouge, l’auteur Christian Lax utilise cet objet Dogon symbole de fertilité du XVI siècle que l’on trouve au Pavillon des Sessions du Louvre salle 424 pour dénoncer aussi le sort des migrants comme le résume l’article dans jeuneafrique.com.  

Pour terminer, voici quelques planches de Leonard 2 Vinci de Stéphane Levallois connu pour ses collaborations avec de grands réalisateurs internationaux tels que Jodorowsky, Louis Leterrier, Jan Kounen, Peter Weber, Ridley Scott, Wong Kar Wai, etc. Dans le cadre de l’exposition du Louvre pour les 500 ans de la mort de ce génie, il transpose l’univers de Leonard de Vinci au 16 000e siècle où il apparaitra comme clone, effectué à partir d’une empreinte d’un de ses tableaux.  Dossier pédagogique en lien avec l’exposition est disponible sur le site du musée.

Une maternité rouge de Christian Lax / Capture d’écran du documentaire Restituer ? L’Afrique en quête de ses chefs d’œuvres 2021 de Nora Philippe montrant les seules pièces béninoises restituer sur un total de 3 000  / Restituer le patrimoine Africain de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy aux éditions Seuil 2018, 191 p. extrait ci-dessous du poème traduit en français p.138-139.

Je cherche Oluyenyetuye, bronze d’Ife  /  Il est à Bonn, répond la lune
Je cherche Ogidigbonyingboyin, masque du Bénin  /  Il est à Londres, répond la lune
Je cherche Dinkowana, trône d’Ashanti  /  Il est à Paris, répond la lune
Je cherche Togongorewa, buste du Zimbabwe  /  Il est à New York, répond la lune
Je cherche  /  Je cherche  /  Je cherche la mémoire de l’Afrique
Les saisons disent qu’elle souffle dans le vent
Le bossu ne peut dissimuler son fardeau
Africa’s memory de Niyi Osundare 1998 p.43

Pour s’amuser un peu, voici le carnet d’activités de l’exposition Bulles de Louvre
Archéologie en bulles pour découvrir la collection d’une autre manière
Voir le précédent billet sur le Centre belge de la bande dessinée
Et la carte des murales à Bruxelles interactive ou à imprimer

2 commentaires leave one →
  1. Claudette Hould permalink
    09/04/2022 18:51

    Quelle science, Linda, et quel art de nous faire profiter de vos découvertes !

  2. Claudette Hould permalink
    09/04/2022 18:59

    Ce second article sur le Musée de la BD à Bruxelles, consacré aux « Bulles du Louvre », ouvre l’accès à d’innombrables découvertes sur une infinité de sources insoupçonnables, grâce aux nombreux liens que vous dénichez pour vos abonnés. Des heures et des heures de lecture.

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