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Foire 1-54 de Londres / Éco-Art

14/11/2022

Bioplastique 2022 de Nnenna Okore – Sakhile&Me Gallery / Parodie 2 2021 de Patrick Bongoy – This is not a white cube gallery à partir de caoutchouc recyclé / Ouroboros de Chris Soal – Whatiftheworld gallery à partir de capsules métalliques de bouteilles / Akpalakpa nk’abuo ou Weave no. 2 2020 d’ Ifeoma U.Anyaeji – Primo Marella Gallery à partir de sacs de plastiques tissés selon des techniques de tissages traditionnelles d’où le concept que l’artiste appelle Plasto-Art / Agua 20 2020 d’Anna Silva – Magnin-a gallery à partir de sacs de plastique, dessins et broderies / Unearthy III 2021 d’Alexandra Karakashian – Sabrina Amrani gallery à partir d’huile à moteur / Autoportrait 2020 de Clay Apenouvon –  Galerie Veronique Rieffel à partir de plastique noir et couverture de survie / Regard 2021 de Richard Atugonza – Afriart gallery à partir de charbon, sciure et résine.

 

Foire d’Art contemporain africain 1-54 de Londres
Prochaine foire d’art contemporain africain 1-54 à Marrakech du 9 au 12 février 2023

Le 10e anniversaire de la Foire 1-54 a été célébré en octobre dernier au Somerset House à Londres, en mettant comme à l’habitude à l’avant les artistes africains du continent et de la diaspora. Touria El Glaoui, fille du célèbre peintre marocain et ami de Winston Churchill, avait choisi cette ville pour sa toute première foire 1-54 en 2013 mais qui irradie de plus en plus avec ses antennes à New York, Marrakech et Paris depuis 2021. Dans le catalogue de cette année, plusieurs textes rendent hommage à sa fondatrice et soulignent le rôle important qu’elle a joué dans le rayonnement de l’art africain contemporain. Le texte intitulé A momentous first decade de Tom Flynn en dit déjà long et celui de Kami Gahiga le confirme chiffres à l’appui, tirés des rapports du marché de l’art d’ArtTactic qui précise par exemple l’intérêt grandissant envers les jeunes artistes africains ayant généré 25 millions de vente en 2021 et avec des prix d’achat en moyenne plus élevés, pour les femmes artistes. Petit tour guidé en compagnie de Touria El Glaoui disponible sur le site du 1-54 de Londres.

La foire d’art contemporain africain 1-54 inclut de nombreux artistes écologistes, en commençant par Clay Apenouvon qui pour la COP 21 à Paris avait conçu Film noir de Lampedusa suite au naufrage de 2013 causant 370 morts, mais de milliers d’autres dans les mêmes circonstances et pire à venir… car selon la Banque Mondiale « plus de 216 millions de personnes pourraient devenir des migrants climatiques internes d’ici 2050 ». Le plastique noir qu’utilise Clay Apenouvon de manière récurrente, symbolise dans cette œuvre, aussi bien la noirceur de cette tragédie, que le lien entre le corps des migrants et les déversements de pétrole. D’ailleurs les experts du GIEC, font consensus que l’exploitation de pétrole doit cesser si l’on veut atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat. Au film étirable noir d’emballage, il associe parfois des couvertures de survie couleur or, symbolisant la poursuite de l’eldorado des migrants qui finalement, n’est pas toujours aussi doré. De plus, les séries Plastic Attack de cet artiste originaire du Togo, ont pour but de sensibiliser les gens à moins consommer de plastiques. En conversation avec l’activiste culturelle Louise Thurin, sur son interprétation de « cultiver le plastique » il raconte que son Film noir au cœur du Delta  est un hommage à l’écrivain et militant écologiste nigérien Ken Saro-Wiwa exécuté en 1995 et dont vous pouvez lire ses derniers écrits dans une nouvelle édition chez Daraja Press 2018. Dans cette même entrevue, Clay Apenouvon recommande le documentaire Le sang du Nigéria 2012 et poursuit ainsi « Il est tragiquement esthétique et m’a beaucoup inspiré. [Le Nigéria est le plus important producteur de pétrole du continent africain et le treizième au niveau mondial.] Le pétrole, c’est le sang de la terre – et le sang des Hommes versé pour lui. »

Plusieurs œuvres du 1-54 ont été conçues à partir de matières recyclées, soit pour sensibiliser les gens à la pollution due aux déchets plastiques ou aux problèmes de surconsommation, soit pour illustrer la pénurie de ressources naturelles ou pour faire directement partie intégrante de la phase de la ligne de recyclage comme l’affirme Richard Atugonza en se faisant un devoir de n’utiliser que des produits naturels de son environnement. Nnenna Okore va jusqu’à produire elle-même du bioplastique à partir des restes alimentaires « explorant ainsi les thématiques de la décomposition environnementale, le renouveau, la transformation pour pousser à la conscience environnementale ».

Suivez les discussions et rapports de la COP 27 sur unfcc.int
Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques 2022 jusqu’au 18 novembre.

Julumbu 2018 d’Abu Bakarr Mansaray – Gallery of Everything / Isabelle D. – Galerie Nosco /
Ghizlane Sahli 28 X 4 2021 – Sakhile & Moi

Tout le monde s’entend que l’Afrique est une des plus grandes victimes du réchauffement climatique et bien que certaines solutions proposées proviennent directement de leur façon ancestrale à cultiver la terre, il reste encore beaucoup à faire pour sauver la situation. Un article dans le Journal Le Monde rapporte que selon Hamidou Traoré et autres journalistes africains à la COP 27 le problème de l’eau n’a pas été suffisamment discuté, considérant que 400 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable. Ci-haut complètement, une œuvre de la série Agua d’Anna Silva qui déplore l’accès à l’eau potable en Angola pour au moins la moitié de sa population – RL Blanes explique la situation dans le magazine The conversation.com et il existe toutefois quelques projets en cours d’infrastructures de rétention et de stockage d’eau.  Quant à Manel Ndoye du Sénégal, il dénonce la destruction des ressources marines par les méga cargos et les conséquences sur la pêche local. Mais pour Mariana Rocha, le milieu marin sert plutôt de métaphore pour symboliser son propre corps intérieur. Artiste, avocate et chercheuse, elle avait en 2018 collaboré avec la faculté de médecine de l’Académie Royale de Catalogne et le MACBA pour Insepulta – instruction pour une autopsie dans un amphithéâtre d’anatomie du XXIIe siècle à Barcelone. Tandis que ses sculptures de Réflexions sur l’espace et la décomposition 2012-2014 sont faites d’os divers et Devorus 2019 en bronze noir.  Pour représenter le poids de restant humains après la crémation, elle installe sur une balance des objets de toutes sortes de poids comparable soit 300 grammes.

Ci-dessus à gauche, un dessin d’ingénierie de machines futuristes sorti tout droit de l’imaginaire de Abu Bakarr Mansaray – un artiste autodidacte du Sierra Leone. La Cité des sciences à Paris lui a consacré d’ailleurs une exposition cette année.  Il fabrique aussi des jouets et objets décoratifs en fil de fer imagine en plus des machines futuristes et à droite une splendide œuvre crochetée d’Isabelle D,  qui ne laisse supposer le trauma du colonialisme que tient à souligner l’artiste qui a grandit en Algérie. On peut lire sur le site de la galerie Nosco, que l’artiste s’exprime à travers des savoir-faire maitrisés à l’origine par des femmes, et que détourner un élément de son contexte naturel est pour elle un travail de mémoire et d’introspection. Et pour terminer, une autre artiste féministe qui utilise le textile et qui dans son cas, fait souvent appel aux femmes artisanes du Maroc. Ghizlane Sahli avait déjà conçue des œuvres avec de matières recyclées, en guise d’appui de son collectif Zbel Manifesto pour le développement durable. Au 1-54 cette année, nous avons pu admirer le splendide cœur tissé de fils de soie rouge et or de sa série Histoire de tripes dont une acquise par le Musée Victoria & Albert Museum et sa toute nouvelle série plus intimiste 28 X 4 composée de vingt-huit petits cadres de représentations, plus ou moins imaginaires, de vulves brodées sur papier. Olivier Rachet du magazine Diptyk raconte la genèse de cette série, à la suite d’une résidence d’artiste à la Cité des Arts de Paris et lire aussi la diapo du mois qui lui est consacrée sur le blogue Arts & Sciences.

Parmi les autres artistes marocains de cette édition, que vous pourrez certainement revoir au 1-54 de Marrakech prévu du 9 au 12 février 2023 on retrouve : Ghizlane Agzenaï, Amina Benbouchta, Hicham Benohoud, Mahi Binebine dont une exposition se tiendra à L’atelier 21 dès le 6 décembre, M’barek Bouhchichi, Safaa Erruas, Hassan Hajjaj en entrevue dans le catalogue de 1-54 p.390-397, Mohamed Hamidi, Khadija Jayi, Anuar Khalifi, Younes Khourassani, Mous Lamrabat, Omar Mahfoudi, Amina Rezki et Fatiha Zemmouri . Notez aussi que la galerie Primo Marella avait exposé une œuvre textile de l’artiste malgache Joël Andrianomerarisoa qui nous offre sa carte blanche Our land ust like a dream au Musée MACAAL à Marrakech jusqu’au 16 juillet 2023 et qu’à l’entrée de l’aile Est du Somerset house on a pu assister à la présentation de l’inspirant Bikoka Art Project par Christine Eyene qui assure la direction artistique de la Biennale de Casablanca qui débute cette semaine – Programmation complète sur https://www.biennalecasablanca.org/.

Aperçu d’une précédente édition de 1-54 à Marrakech sur ce blogue
https://lmoussakova.wordpress.com/2019/02/17/foire-1-54-de-marrakech/

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