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Expo de design graphique Re_

25/10/2021
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Exposition Re_
Madridgrafica.org

Re_It is time to Restart,
to Revive, and to Recover
Reiniciar Revivir Recuperar


Central de desiño Centre du design
Du Matadero jusqu’au 1er novembre

 

Depuis déjà 5 ans, les expositions de Madrid Grafica permettent de valoriser le graphisme comme moyen de communication dans l’espace public. En plus du Centre de design de 1600 m2 au hangar 17 du Matadero (anciens abattoirs sur les rives du Manzanares) , les affiches de 161 cm de hauteur s’élèvent sur la place Oriente près du Palais Royal et devant le Musée de la Reina Sofia dont l’extension de 2005 en rouge et noir a été conçue par Jean Nouvel avec l’imposante Brushstroke de Roy Lichtenstein. Le slogan du Madrid Grafica 2021, RE_ It is time to Restart, to Revive, and to Recover fait suite à celui de l’année dernière Covid Exit avec 100 affiches d’artistes internationaux qui ont été sélectionnées par un jury composé de Paula Scher, Pepe Gimeno, Erik Spiekermann et Jorge Silva. Voici quelques affiches mais vous pouvez visionner celles des éditions 2017 jusqu’à aujourd’hui sur madridgrafica.org.

Zeng Chun Lin – Chine                 Tau Feil Lew – Malaisie             Jordi M.Sempere  – Espagne

Jordi M. Sempere i Vicedo est un illustrateur que vous pouvez suivre sur différents comptes instagram et sur le site Grow the type prônant la culture de la parole et des lettres. Son affiche reprend un extrait de La richesse des nations de 1776 du célèbre économiste Adam Smith considéré le père du Capitalisme. Comme l’explique Jordi M.Sempere dans la présentation de son affiche, il ose rayer et réécrire ce texte comme devoir de citoyen afin de relancer un nouveau modèle de relations internationales favorisant le bien-être versus la richesse, la distribution versus l’accumulation, les actions positives versus la productivité, etc. Écouter également les propos de Thomas Picketty sur Bigthink qui met en garde lui aussi sur les forces naturelles  d’autorégulation pour maintenir un climat économique sain.

Lin Hung Chang – Taiwan               Sahar Feghdani – Iran                      Pablo Je Je – Espagne

Pablo Garcia Je Je est diplômé des beaux-arts et utilise différents médiums pour évoquer la mémoire collective d’évènements historiques ou politiques. Sur la RTVE, il présente ses superbes collages à l’émission L’aventure de la connaissance.

Susana Clavero – Espagne             Elian Lemos – Uruguay                    Lina Avila – Espagne

Lina Avila / Collage Republic est une artiste qui utilise l’art pour poser des questions en lien avec la mémoire, le monde de l’information ou de la désinformation et le féminisme. Dans cette entrevue sur mujeresmirandomujeres.com elle nous parle de sa collaboration avec le photographe Javier Jimono pour la série Le jardin secret représentant les organes génitaux de la femme et de sa série Antifémina inspirée du livre éponyme de la photographe Colita avec l’écrivaine et militante Maria Aurélia Capmany (1918-1991).

Voir le billet précédent sur l’exposition Un lago de jade verde et ceux à venir…

L’Art à l’ère du post-naturel

23/10/2021

Un lago de jade verde ou Lac de jade vert par l’Institut d’études Postnaturelles
Au CentroCentro à Madrid jusqu’au 13 mars 2022

L’institut d’études postnaturelles IPS de Madrid est un centre d’expérimentation créé en 2020, ayant pour but de favoriser les recherches, discussions et créations artistiques en lien avec l’écologie & les problèmes environnementaux. Le terme postnaturel que l’on associe au posthumanisme, se définit par des êtres transformés intentionnellement par l’humain que ce soit par la domestication ou issus de la biotechnologie. Il y a déjà une quinzaine d’années,  Richard Pell a eu l’idée de fonder un Centre d’Histoire postnaturelle à Pittsburgh dont il décrit une partie de sa collection dans cet article du americanscientist.org. Cette toute première exposition de l’IPS qui se tient dans le majestueux édifice de l’emblématique Place de Cybèle à Madrid, rassemble plusieurs artistes internationaux afin de repenser le rapport entre humains et non-humains considérant les conditions alarmantes de l’état de notre planète. Lola Zoido par exemple, redonne vie par réalité augmentée à une composante géologique, immatérielle non-vivante. L’allusion par le titre à du lithium n’est certainement pas anodin, compte tenu des atteintes aux droits humains et conséquences environnementales liés à son extraction que déplore Amnesty International, d’où l’importance à trouver des  solutions pour promouvoir les voitures électriques mais pas au détriment des normes éthiques. Diplômée des beaux-arts, l’artiste vient de participer au Festival urbain d’art digital de Madrid MMAD en mai dernier. À l’échelle du citoyen, une autre option au végétalisme se profile pour contrer les émissions de gaz à effet de serres et changements climatiques. Dans Future Foods, une vidéo de Gerard Ortín Castellví, on entend le CEO de la compagnie Solein qui explique son projet de fabrication de protéines à partir essentiellement de CO2 et d’électricité selon un processus de fermentation d’une protéine obtenue de bactéries productrices d’hydrogène. C’est toutefois loin d’être convainquant pour le public ou de plaire aux épicuriens.

Finalement, plusieurs artistes de l’exposition déploient avec leurs installations, photographies ou bandes sonores, les beautés de la nature et la luxure de la végétation mais également l’illusion des apparences et sa fragilité avec le nombre croissant d’espèces en voie d’extinction. Derrière les apparences d’une paisible montagne, le Teufelsberg  à Berlin appelé aussi la montagne du diable, renferme des km cubes de débris recouvrant une université nazie et qui servie de centre d’écoute de l’Agence nationale de la sécurité dans les années 60. Pour en savoir plus sur La grande oreille des Américains  lire cet article du journal lemonde.fr ou journalInternational.fr. On nous rappelle aussi que le vert et presque toutes ses teintes sont associées à la nature ex. vert de cadmium, le vert de chrome, le vert menthe, le vert pomme, le vert jaguar. Afin de démontrer que cette couleur n’est dorénavant plus associée qu’aux parcs, forêts ou organismes environnementaux, on affiche 20 nuances de verts symboles du capitalisme ex. Le dollar, Starbucks, BP, WhatsApp, etc. Et puis on apprend que c’est la couleur qui nous permet de différencier le plus de variantes possibles car les cônes M de la rétine, associés au vert, sont ceux qui sont les plus sensibles. M désignant les longueurs d’ondes moyennes, versus longues pour le jaune-vert et courtes pour le bleu. Écoutez Michel Pastoureau sur franceculture.fr ou lisez son ouvrage Vert – histoire d’une couleur aux éditions Le Seuil 2020, 288 p. Outre la bibliographie exhaustive affichée à la fin de l’exposition, la version originale du poème Darkness de Lord Byron est exposé sur place dont voici une traduction en français de 1819 par Amédée Pichot – vous trouverez une analyse de l’œuvre et d’autres traductions aux éditions Fougerouse.

Les ténèbres de Lord Byron
Je fis un songe qui n’était pas tout-à-fait un songe. L’astre brillant s’éteignit ; les étoiles dépouillées de leurs rayons errèrent au hasard dans l’obscurité au milieu de l’éternel espace ; la terre, glacée et comme aveugle en l’absence de la lune resta suspendue dans une atmosphère ténébreuse. Le matin venait, fuyait et revenait encore ; mais il ne ramenait pas le jour. Les hommes oublièrent leurs passions dans la terreur de cette désolation générale : tous les cœurs frappés d’un froid égoïsme n’éprouvaient qu’un désir, celui de la lumière. On allumait partout des feux pour se réfugier sous leurs clartés : les trônes et les palais des rois, les cabanes et toutes les habitations furent brûlés pour servir de signaux. Les villes furent la proie de l’incendie ; et les hommes s’assemblaient en groupes autour de leurs toits embrasés pour se regarder encore une fois. Heureux ceux qui vivaient auprès des torches menaçantes des volcans ! Une seule espérance mêlée de craintes était tout ce qui animait le monde.
On avait mis le feu aux forêts, mais d’heure en heure elles se consumaient et se réduisaient en cendres ;
les troncs pétillans des arbres s’éteignaient avec un dernier craquement,
et tout était replongé dans les ténèbres ; […]

Rencontres avec les artistes ou chercheurs de l’exposition Un lac de jade vert

28 oct. Collectif GeocinemaAsia Bazdyrieva & Solveig Suess pour Making of earths / 15 nov. Mónica MaysHomies VI 2021 / 28 nov. Jessica Sarah Rinland  – Those that, at a distance, resemble another / 9 déc. Maria NollaSans titre 2021 / 18 déc. L’artiste sonore Jane Winderen  / 11 janv. Coral Morphologic  – Natural history redux  / 18 janv. Sylvia Teixeira – résidence IPS / 10 fév. Ursula BiemannAcoustic ocean/ 17 fév. Mauricio Freyre  – Interspecies Architecture 2021 Et pour clore l’exposition Un lac de Jade vert, les visiteurs pourront assister le 12 mars au Concerto para plantas de José Venditi en présence des membres de l’Institut d’études postnaturelles . Vous verrez aussi des installations de Daniel Steegmann Mangrané, Fabian Knecht, Jonathas de Andrade, Maria Nolla, Michael Wang et Tomás Díaz Cedeño. N.B. Consultez le site de Centro Centro pour toutes les expositions et événements puis terminer votre visite avec un apéro sur la terrasse.

Quelques lectures en lien

LORIMER Jamie (2020) The probiotic planet – using life to manage life, UPMinnesota, 344 p

Coll. (À venir). Ambiguous Territory: Architecture, Landscape and the Postnatural, Actar éditions, 256 p. Actes du colloque de l’Université du Michigan Taubman College of Architecture and Urbain planning

Coll. (2020) Dictionnaire critique de l’anthropocène aux éditions CNRS, 944 p.

Coll. (2019) Why look at plants ? The botanical emergence in contemporary art,

TSING A.L. (2021). The Mushroom at the End of the World: On the Possibility of Life in Capitalist Ruins, Princeton University Press, 352 p.

SCHOENTJES Pierre (2020). Littérature et écologie – Le Mur des abeilles éd. José Corti, 464 p.

Autres œuvres et références sur le blogue Arts & Sciences
Art écologique, Que disent les plantes, Bio-Art au Art Laboratory de Belrin, Sciences à la Biennale de Venise,  Architecture et environnement à la Biennale de Venise, Expositions EMA’rt les Yeux ouverts et Fatima Zhara Morjani à l’Artorium, Du MAC au RIDM en passant par Ursula Biemann, Susan Turcotte et Susan Norrie, Joe Davis et tous les autres autour du Bio-Art.

Expositions en cours à Madrid dans les prochains billets….

Écologies au MBAM

14/09/2021

Polleycouleurs – Lawrence Paul Yuxweluptun / Arctic Power – BGL / Wodomé – Romuald Hazoumé

Écologies – ode à la planète
Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 22 février 2022
Commissaire : Iris Amizlev – conservatrice des arts interculturels du MBAM

L’exposition Écologies du Musée des beaux-arts de Montréal présente des œuvres en lien avec la nature et l’environnement. Parmi les 90 œuvres, dont la plupart proviennent de la collection du musée, certaines sont contemplatives mais d’autres bouleversantes comme Joe test de Robert Longo sur les essais de la bombe atomique par l’Union Soviétique au Kazakhstan, quatre ans après celle de Nagasaki en 1945 par les Américains. Sur le site de l’ONU, vous trouverez un résumé de l’histoire des essais nucléaire et du TICE – Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires. Plus méconnus, sont les essais nucléaires de la France dont l’explosion du 13 février 1960 en Algérie fut 4 fois plus forte qu’Hiroshima, avec une étendue de la contamination allant jusqu’à 200 km et incluant des humains comme cobayes, que nous raconte Djamel Mati dans son roman Sentiments irradiés aux éditions Chihab 2018 et le reportage de juillet dernier sur TV5Monde. Les catastrophes écologiques causées par l’humain sont abordées à travers plusieurs reprises tout au long de l’exposition. Le déversement de pétrole en 2010 dans le Golfe du Mexique capté par Edward Burtynsky est un bon exemple des effets dévastateurs de l’industrialisation et de la surexploitation des richesses naturelles. Notez que cet accident à causé la vie de 11 travailleurs et de plusieurs centaines de milliers d’animaux marins sur une surface de presque 2 000 km2. De manière plus subtile, la photo de sapin par Benoit Aquin, nous déconcerte, que lorsqu’on lit sur le cartel qu’elle provient de sa série Mégantic 2013 ! De même pour la joyeuse toile Polleycouleurs ci-haut de Lawrence Paul Yuxweluptun qui en fait, dénonce le déversement minier de 25 millions de m3 de 2014 dans les cours d’eau de Colombie-Britannique menaçant ainsi la santé des communauté autochtones et leur approvisionnement de saumons sauvages.

Texte sur un des murs de l’exposition Écologies – Ode à la nature du Musée des beaux-arts de Montréal

Les loisirs récréatifs sont aussi pointés du doigt dans Arctic Power du collectif BGL avec une motoneige suspendue d’apparence givrée et évoquant parait-il le « nettoyage » du Grand Nord. Bien que cette invention de Joseph-Armand Bombardier (1907-1964) âgé alors de 15 ans, facilite les déplacements dans les vastes étendues nordiques, ce mode de transport endommage le sol et la végétation en plus d’émettre des gaz à effet de serre i.e. en moyenne autour de une demi-tonne de CO2 par motoneigiste, alors que cet article de M. Garneau sur les progrès des dernières années rassureront peut-être certains – Voir aussi sur ce blogue BGL et le syndrome de Stendhal. Ayant fait des études en biologie, Iain Baxter reprend l’idée des spécimens formolés mais de manière ludique, pour nous alerter du nombre croissant d’animaux en voie d’extinction tandis que Lorraine Gilbert partage son émerveillement des paysages naturelles tout en gardant en souvenir les coupes à blanc décimant les forêts qu’elle fréquentait durant son programme de foresterie. L’amour des végétaux, nous est transmis aussi par Marie-Jeanne Musiol dans sa vidéo Miroirs du cosmos, dans laquelle elle expose de manière poétique des photographies électromagnétiques, selon le procédé de photographie Kirlian, de 4 espèces – lis crapaud, plectranthus, saxifrage et dryoptère sur une bande sonore par John Marck Seck & Alvaro de Minava. Pour sa part, Charles Gagnon fait référence à l’ouvrage de Pline l’ancien – Histoire naturelle publié au 1er siècle de notre ère. De plus, certains artistes vont jusqu’à suggérer des exemples d’habitudes écoresponsables en encourageant l’utilisation de produits naturels tels que le mycélium pour remplacer le plastique dans le cas de Maurizion Montalti fondateur de Mogu ou l’utilisation d’objets et de matières recyclées par Serge Murphy et Romuald Hazoumé. Ce dernier, fait aussi allusion à la contrebande d’essence entre le Nigeria et le Bénin avec son Wodomé que l’on voit ci-haut. Il participe jusqu’en novembre à l’exposition Expression(s) Décoloniale(s) au Château des ducs de Bretagne et décrite dans la revue Jeune Afrique.

Ci-dessus, trois autres œuvres d’artistes autochtones. De gauche à droite, une sculpture en stéatite avec andouiller de caribous par Jimmy Inaarulik Kadyulik et Arbre de vie d’Abraham Anghik Ruben qui dit « raconter son peuple par l’entremise de la sculpture » ainsi qu’un détail d’une œuvre de l’artiste pluridisciplinaire Kent Monkman dans laquelle on voit son alter ego Miss Chief Eagle Testickle de genre fluide (sous-catégorie de la non-binarité – vous pouvez consulter le lexique sur la diversité sexuelle et de genre du gouvernement du Canada ou en bref ellequebec.com). Terminons cet aperçu de l’exposition Écologies – ode à la planète, avec une citation de Sheila Watt-Cloutier militante inuit pour les droits de la personne et l’environnement, auteure de The right to be cold – one woman’s story of protecting her culture, the Arctic and the whole planet aux éditons Allen Lane Canada 2016, 318 p. traduit par G. Baril chez Écosociété  et l’ode de Paul Walde pour le glacier Farnham. L’extraordinaire Requiem pour un glacier de Paul Walde a été composé pour s’opposer au développement d’une station de ski sur un territoire sacré de la nation Ktunaxa dans la Jumbo Valley de la Colombie Britannique. La musique de style Wagnérien est basée sur les températures officielles d’Environnement Canada recueillies par le compositeur de 1969 à 2010. La hauteur des notes correspond à la température moyenne et la mesure divisée en 12 temps pour chaque mois de l’année ; quant au libretto du requiem, c’est la traduction en latin du communiqué de presse annonçant l’approbation à l’époque, du projet pour une durée d’un an. En 2020, soit 7 ans après cette performance de 50 musiciens bénévoles sur le glacier Farnham, le projet a été définitivement aboli. Pour en savoir plus, lire l’analyse de C.I. Hammond de l’Université Concordia dans Sustainability 2021 vol.13 no.10 p.1-19. En revanche, le réchauffement climatique poursuit ses ravages et de manière encore plus prononcé en Arctique où le réchauffement climatique excède le double. Le rapport du mois d’août du GIEC confirme avec chiffres à l’appui l’urgence climatique !

« Pour les Inuit, la glace est beaucoup plus que de l’eau gelée, elle constitue nos routes,
notre terrain d’entrainement et notre force vitale. Nous pensions qu’elle serait aussi permanente que les montagnes et les rivières du sud. Or ma propre génération voit déjà dans l’Arctique
 une diminution de la glace marine et de la neige, dont les inuit sont tributaires
depuis des millénaires. »  Sheila Watt-Cloutier

Pour en savoir plus sur les impacts des changements climatiques sur la faune & la flore du Québec et comment contrer leurs méfaits, ne manquer pas les discussions Harmonies Boréales avec le photographe Jean-Christophe Lemay et Dominique Berteaux coauteur de Changements climatiques et biodiversité du Québec gagnant du prix littéraire scientifique Hubert-Reeves 2015.
Jeudi 23 septembre à 18h au Cœur des Sciences de l’UQAM ou en ligne.

Riopelle & Nordicité

31/08/2021

Rois de Thulé de Jean-Paul Riopelle et un moulage de pétroglyphes de l’Institut culturel Avataq

Riopelle – À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones
Commissaires : Andréanne Roy, Jacques Desrochers et Yseult Riopelle
Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 12 septembre
Visite virtuelle disponible sur le site du MBAM

Le Musée des beaux-arts de Montréal présente les œuvres de Jean-Paul Riopelle (1923-2002) à travers son amour pour la nature, le grand Nord et les cultures autochtones. Tout au long de l’exposition, des sculptures, masques ou lithographies d’artistes des Premières Nations font écho aux créations de Riopelle. En plus de voyager dans les territoires nordiques, il se nourrissait de lectures d’ethnologues célèbres tels que Marius Barbeau, Claude Lévi-Strauss ou Jean Malaurie auteur de Les derniers rois de Thulé; Les Inuits de Thulé sont ceux de la région la plus septentrionale du Groenland et c’est à cet ouvrage écrit en 1955 que Riopelle fait référence dans sa série Rois de Thulé, de laquelle s’est inspirée à son tour la chorégraphe malécite Ivanie Aubin-Malo (vidéo ci-bas). Selon l’archéologue spécialiste de l’arctique Mari Kleist, il est fort possible que l’idée des Rois de Thulé  provient des pétroglyphes anthropomorphiques de Qajartalik au Nunavut. Dans les années soixante, l’anthropologue Bernard Saladin d’Anglure avait découvert presque une centaine de roches peintes dorsétiennes (500 A.E.C. – 1500 E.C.) au large d’une île dans la région de Kangiqsujuaq et dont on peut voir un moulage au MBAM ainsi qu’un article dans la revue The Beaver magazine of the North de 1973.  Quelques années auparavant, on y publiait des visages tracés dans de l’ivoire de morse et bois de caribou. Pour en savoir plus sur ces gravures rupestres de la région du Détroit de Hudson, correspondant à la portion québécoise de l’Arctique canadien,  lire la chapitre de Daniel Arsenault dans Le(s) Nord(s) Imaginaire(s) aux éditions PUQ 2008, 340 p.et visiter l’excellent site Images dans la pierre du Musée de la Civilisation de Québec.

Fontaine 1964-1977 et Point de rencontre – Quintette 1963 de Jean-Paul Riopelle

De renommée internationale, Jean-Paul Riopelle compte 6000 œuvres dont Fontaine présentée pour la première fois au public. Elle fut d’abord fabriquée dans la fonderie de Meudon en 1964 puis complétée qu’en 1977 à l’atelier de Saint-Cyr en Arthies, mais depuis les quinze dernières années, la sculpture en plâtre était restée dans son atelier à l’Esterel. À droite ci-haut, Point de rencontre – quintette 1963 accueille les visiteurs en haut des majestueux escaliers du MBAM. Le titre de cette autre œuvre phare, fait référence à Tkaranto ou Toronto – un mot Wendat en langue iroquoienne qui signifie là où les arbres poussent dans l’eau ou en d’autres mots… point de rencontre de la grande confédération des Haudenosaunee qui sont en fait une quintette de nations soit les Sénécas, Cayagas, Oneidas, Odondagas et Mohawks auxquelles se joindront les Tuscaroras pour former finalement six nations. Dans le cadre des vidéos Au regard d’artistes autochtones, le sociologue et artiste Guy Siou Durand souligne également que Riopelle s’est d’ailleurs installé à l’Esterel – une région des Laurentides jouxtant « la rencontre » des territoires des Nitaksinan et Atikamekw mais aussi Anishinaabe par l’Abitibi. Ces cinq panneaux représentent en fait, la plus grande et la plus connue des œuvres de Riopelle, car bien que destinée pour l’aéroport Pearson de Toronto à l’origine, elle fut par la suite exposée à l’Opéra de la Bastille à Paris.

Guy Sioui Durand, Eruoma Awashish, Ivanie Aubin-Malo, Ulivia Uviluk, Caroline Monnet & Sébastien Aubin et Martin Akwiranoron Loft font partie des sept artistes invités à commenter l’univers de Jean-Paul Riopelle dans des vidéos en ligne sur le site du MBAM

L’exposition Riopelle – à la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones comprend  également des livres, documents et archives comme par exemple The downfall of Temlaham du premier ethnologue canadien Marius Barbeau (1883-1969), qui porte sur une nation autochtone du Nord-Ouest du Canada vivant dans un village le long de la rivière Skeena en Colombie Britannique et qui accompagne Sous le mythe de Gitksan – une série de dix gouaches peintes par Riopelle. Quant à sa série Jeux de ficelles, c’est du manuel de l’anthropologue Guy Mary-Rousselière des jeux d’enfants des Arviligjuarmiut qu’il s’inspire et qui est disponible sur historymuseum.ca. Vous remarquerez que la plupart des figures portent le nom d’animaux. Au centre, ci-dessous Tyuk – onomatopée du bruit de l’oiseau qui s’envole, de la figure représentée. À droite, une sculpture en pierre de Luke Akuptangoak (1940-1987) étirant celle du Béluga.  Par ailleurs, Riopelle, s’identifie plutôt au hibou, qu’il représentera à moulte reprises sous formes de lithographies, toiles ou bronzes. Finalement, ce magnifique tour de l’univers riopellien au MBAM, se termine avec une salle de ses imposants icebergs, incluant des photos de voyage en Arctique avec son fidèle ami Champlain Charest, capté par le fils de Georges Duthuit qui les accompagnés et une dernière salle de délicates estampes de son Lied à Emile Nelligan.

Voir aussi les sites de la Fondation Riopelle et du Catalogue raisonné de Jean-Paul Riopelle

Pour d’autres pétroglyphes à travers le Canadacanadianencyclopedia.ca

Mohssin Harraki et Sciences arabes

21/07/2021

L’ombre des racines 2020 série (2) de Mohssin Harraki
dans le cadre de l’exposition Le feu qui forge à l’Atelier 21 jusqu’au 30 juillet

L’Histoire des sciences situe l’âge d’or des sciences arabes du VIIIe au XIVe siècle. Plusieurs mots en sciences proviennent d’ailleurs de l’arabe tels qu’algorithme (nom du mathématicien Al-Khwârizmî),  algèbre ( al-djabr  ou reconstruction ), zéro et chiffre (ṣĭfr ou vide), sinus (jaib ou cavité), azimut et zénith (as-simt ou chemin) et pour connaitre la liste des 417 mots français d’origine arabe consultez espacefrançais.com.

À la suite d’une formation scientifique, l’artiste Mohssin Harraki complète un diplôme des beaux-arts de Tétouan et des Écoles Supérieures d’Art de Toulon et Dijon. Cet été, il est en résidence à la Cité internationale des art Montmarte dans le cadre de la programmation d’Art Explora et participe à Moroccan Trilogy au Musée Reina Sofia à Madrid jusqu’au 21 septembre. L’ombre des racines, ci-dessus, évoque le concept de mémoire et de nos origines se faisant discrètes parfois, mais toutefois bien profondes et fait écho au titre de son œuvre Éclipse en 2017. Comme l’explique la commissaire Salma Lahlou dans le catalogue p.13  « cette œuvre qui prend pour référent la nature traite d’une problématique récurrente dans le travail de Harraki, en lien avec l’écriture des Histoires. […] l’histoire par strate et niveau de difficulté. […] Une lucidité que cultive l’artiste face au traitement de l’information et qui trouve une résonnance toute particulière à l’ère de la désinformation. Comment accéder au noyau dur de la connaissance ? En faisant danser les murs, en lisant les images, en regardant les textes, en articulant des métaphores à partir de la nature. »  Salma Lahlou

Dans cette nouvelle série, Mohssin Harraki incorpore des extraits du Théorèmes de géométrie de Qadi-Zadeh Rumi (1364-1436) considéré le Pythagore de Samarcande, qui fut le professeur du prince Ulugh Beg soit l’astronome de Samarcande dont Jean-Pierre Luminet relate la vie aux éditions JC Lattès 2015 et avec lequel ils bâtiront l’observatoire et élaboreront les tables astronomiques sultaniennes – voir billet sur ce site. Mohssin Harraki n’en ai pas à ses premières œuvres inspirées des sciences comme le détail la revue Diptyk n°37 2017 en citant sa série Khossouf (Eclipse) inspirée des textes de l’astronomie arabe qui décrivent le phénomène et de l’Almageste de Ptolémée. Ses installations et vidéos Anwar al-nujum ou Les lumières des étoiles sont quant à elles, d’après un manuscrit de commentaires sur Les nouveaux tableaux astronomiques ou al‐Zīj al‐jadīd d’Ibn al-Shâtir. Grand horloger à la mosquée de Damas, Ibn al-Shâtir était un de plus éminents astronomes musulmans du XIVe siècle qui proposa de nouvelles idées et modifications aux théories de Ptolémée – plus d’explications sur wdl.org . C’est également à partir d’une de ses illustrations que Mohssin Harraki crée sa sérigraphie sur 22 panneaux de verres collées intitulée Najm ou Étoile. De plus,  vous pourrez vous amuser à repérer les étoiles d’une vingtaine de constellations antiques dont celle de la Lyre ci-dessous, dans sa série Ciel dessine la Terre. Aux métaphores célestes, géométriques ou végétales, s’enchevêtrent littérature, poésie et philosophie. Pour ne citer que quelques autres exemples,  il transpose sur plaques de verres les Rubáiyát d’Omar Khayyám  – quatrains dont vous pouvez lire les traductions d’Edward Fitzgerald en anglais et de Charles Grolleau en français. Rahat Al-Aql ou Peace of mind fait référence au livre de Hamid al-Din al-Kirmani  et son Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre est tiré de l’image d’un manuscrit du XIVe siècle. Voir aussi Rien no.01.26-01, une autre œuvre de Mohssin Harraki sur ce blogue, présentée dans le cadre de l’exposition Ajammar qui s’était tenue au Musée de la Fondation Abderrahman Slaoui en 2018.

Site web de l’artiste

Voir aussi sur le blogue Arts & Sciences
le précédent billet sur l’exposition Le feu qui forge
et parmi de plus anciens, sur les savants du monde arabe,
un tableau de plusieurs scientifiques par Mahmoud Hammad, Ulug Beg – l’astronome de Samarcande, un survol de l’exposition sur les traces d’Ibn Batouta, Institut du Monde Arabe à Paris, Musée du Bardo pour sa collection d’astrolabes, les règles de navigations par Mâdjid, Musée de l’histoire et des civilisations pour les recherches en archéologie incluant les découvertes sur le site de Jebel Irhoud ainsi que Volubilis, Géologie & autres merveilles du Maroc, pharmacopée marocaine traditionnelle de Jamal Bellakhdar et les ouvrages en références en lien avec les colloques Transfert des savoir médicaux et Médecine arabe & tunisienne puis des œuvres de l’artiste Mounir Fatmi inspirées aussi de l’âge d’or des sciences arabes.

Feu qui forge à l’Atelier 21

21/07/2021

Le feu qui forge à L’Atelier 21 jusqu’au 30 juillet
Commissaire Salma Lahlou

Exposition collective autour de Mohamed Melehi (1936-2020) qui s’est éteint en octobre dernier mais dont la flamme continuera de brûler à travers son leg, qui va au-delà de ses œuvres, que ce soit par les étudiants qu’il a formé à l’École des Beaux-Arts de Casablanca, le graphisme de la revue Souffles dans les premières années, le travail d’éditeur à la revue Intégral, le Festival des arts d’Assilah qu’il co-fonda, etc. Parmi ses nombreuses autres contributions, il seconde le docteur Abdellah Zioui Zioui à l’organisation d’une semaine d’art thérapie en 1981 dans laquelle artistes de divers domaines partagent le quotidien des patients de l’hôpital psychiatrique – Prouvée bénéfique pour les patients, cette expérience fut répétée à maintes reprises, telle que mentionnée dans le billet du 10/4/21 sur Abbès Saladi qui faisait des fresques dans plusieurs des établissements hospitaliers qui le soignait. Dans cette exposition, c’est à partir de Flame1976 « ce flambeau de l’ardeur créatrice, le cœur matriciel de la créativité » de Melehi que des œuvres de 21 autres artistes contemporains scintillent. En voici quelques-unes qui intègrent l’environnement par leur composante ou thématique. Bien que Yamou nous dépeint la nature dans toute sa splendeur, Safaa Erruas ne manque pas avec Terre du ciel de nous rappeler que cette beauté est précaire compte tenu de l’état de la planète et de la fragilité des écosystèmes. Les sciences de la Terre fascinent d’ailleurs plusieurs des artistes de cette exposition, via l’utilisation d’éléments tels que des pigments fluorescents combinés à de la gomme arabique et au bichromate de potassium par Mustapha Azeroual dans Monade ou d’objets organiques disposés comme en offrandes par Khalil El Ghrib, ou d’autres symbolisant des traditions ésotériques par Fatima Mazmouz ou de manière plus scientifiques par des représentations morphologiques de la Terre à partir d’images de Google earth de Saïd Afifi dont ont a pu voir récemment Outside my land à la galerie Abla Ababou – billet du 21/01/2021. Voir aussi sur le blogue Arts & Sciences les molécules de Yamou et son utilisation du carmin de cochenilles et notez surtout qu’il sera l’invité à l’Atelier 21 dès la rentrée.

De gauche à droite: Khalil El Ghrib / Fatima Mazmouz / Yamou / Safaa Erruas

Le prochain billet portera sur l’œuvre de Mohssin Harraki, également dans cette exposition,
et qui intègre un traité de géométrie du XIVe siècle ainsi que ses œuvres précédentes
inspirées des savants du monde arabe.

Fondation Montresso – Jardin Rouge

27/06/2021

Fondation Montresso – Jardin Rouge à quelques km de Marrakech en direction de la route de Fès
Directrice artistique de la Fondation Montresso – Estelle Guilié
Réservation sur info@montresso.com

La fondation Montresso a été créé en 2009 et reçoit à chaque année des artistes en résidence. Pour l’instant, le public est invité à prendre rendez-vous afin d’admirer les œuvres de la collection qui se trouvent sur ce lieu incontournable pour tout amateur d’art contemporain. Éventuellement, l’accès se fera pour un plus grand nombre à la fois permettant aux familles de passer toute une partie de la journée à sillonner le jardin parsemé d’installations offertes par les artistes en résidences depuis toutes ces années et de visiter plusieurs espaces d’expositions dont une ancienne écurie aménagée à cette fin. Le Jardin Rouge est doté de 8 résidences d’artistes du monde entier qui durant leur séjour sont encouragés à expérimenter de nouvelles techniques et peuvent s’ils le souhaitent, avoir le soutien de spécialistes ou artisans du Maroc pour parfaire leur projet. Les artistes en résidence ont de plus, la chance de discuter et d’échanger sur leurs pratiques durant les dîners et séminaires organisés. Le principal Espace d’art Montresso de 1300 m2 peint à l’extérieur par Rero (How much is enough) et inauguré en 2016, présente trois expositions par années dont celle du programme XXL (Mohamed Saïd Chair, Poes, Skunkdog – XXL #3, Hendrick Beikirch, David Mesguich, Kouka, Rero – XXL #2, JonOne, TilT, FenX, CédriX Crespel – XXL #1 ) qui est en cours. Le titre fait référence à la notion de démesure avec laquelle on veut confronter l’artiste pour qu’il aille le plus loin possible dans sa démarche artistique et en toute liberté. Vous remarquerez dans cette liste, la présence importante d’artistes du street art, que le fondateur Jean-Louis Haguenauer apprécie particulièrement. C’est d’ailleurs avec de nombreux artistes russes du monde du street art tels que Vitaly Rusakov, Vitaly Tsarenkov alias SY et Zmogk, qu’à commencer cette merveilleuse aventure. Entrevue avec le fondateur Jean-Louis Haguenauer sur artterritory.com

Michael Reese

Le photographe et plasticien Michael Reese qui est présentement en résidence d’artiste à la fondation Montresso, aborde les questions d’identité et de mémoire. Au centre communautaire culturel d’aviation de Fulton au Nord d’Atlanta, on retrouve sa série rendant hommage aux aviateurs afro-américains portant le titre  A force proportional to their masses qui évoque les difficultés qu’ils ont dû surmonter à cause de leurs origines. Dans son atelier du Jardin Rouge, il poursuit les thématiques qui lui sont chers à partir de photos d’archives de ses aïeux et continue à expérimenter les techniques de cyanotypes. Cette technique a été inventée en 1842 par l’astronome, chimiste et photographe John Herschel en utilisant des sels ferriques (au lieu de sels d’argent comme en photographie argentique) qui sous les rayons UV se transforment par une réaction d’oxydoréduction en ferrocyanure ferrique ou hexacyanoferrate Fe4[Fe(CN)6]3 , donnant une magnifique impression en bleu de Prusse ou cyan-bleu.  L’année suivante, en 1843 la botaniste Anna Atkins commence à publier sous forme de fascicules ce qui est considéré comme le tout premier ouvrage de photographies British Algae : Cyanotype Impressions  – illustré entièrement de cyanotypes.

« Chacun est responsable de la planète et doit la protéger à son échelle »  Yann Arthus-Bertrand

Pascal Konan

Dans la Salle des casques (dénommée ainsi en raison des dizaines de casques de guerre suspendus aux intérieurs roses servant de luminaires – idée de J.L .Haguenauer lui-même) c’est l’artiste engagé  ivoirien Pascal Konan qui expose ses cartes urbaines de villes qu’il affectionne à partir de cartes électroniques recyclées pour dénoncer la problématique de la gestion des déchets et de l’obsolescence programmée. Notez que c’est d’ailleurs dans le domaine de la récupération du plastique que le fondateur de Montresso a débuté sa carrière d’entrepreneur comme nous apprend l’article de N. Michel dans la revue Jeune Afrique. Quant à Pascal Konan, qui cherche à sa façon de rendre le monde meilleur, il incorpore dans Que se passe t-il ? cette phrase ci-haut prônant l’écoresponsabilité citoyenne et fait  parfois également usage d’un jeans délavé pour représenter la planète remplie de taches foncées illustrant la dégradation de la couche d’ozone, dénonçant par la même occasion le contenu de produits nocifs dans la  manufacture de vêtements que ce soit des colorants cancérigènes, des perturbateurs endocriniens ou autres produits toxiques pour l’environnement, comme le décrit le rapport de Greenpeace de 2018. Pascal Konan est récipiendaire du Prix de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine à Dak’art de 2012 et a eu l’opportunité de séjourner à la Cité des arts de Paris en 2014. Lire aussi « Pascal Konan éveilleur de consciences » de P.Gbikpi. Voir le précédent billet sur ce blogue avec What do you choose to see de Fatima Benhamza, Waste Identity d’Adedayo Aàdesokan et livres de référence sur la gestion des déchets en Afrique.

Présentoir de monographies et de livres d’art à la librairie de la Fondation Montresso
Et quelques suggestions de lecture en lien avec la pollution de l’industrie du textile

ANGUELOV Nikolay (2015). The Dirty Side of the Garment Industry: Fast Fashion and Its Negative Impact on Environment and Society, CRC Press, 208 p.

BHATIA S.C. et DEVRAJ S. (2017). Pollution Control in Textile Industry, Taylor & Francis, 342 p. 

MUTHU S. (2020). Chemical management in textiles and fashion, éditions Woodhead, 228 p.

SHABBIR M. (2019). Textiles and clothing: envrionmental concerns and solutions, Wiley 342

Detox deconstructed affiche de la campagne de Greenpeace
Et site du dernier Sommet de textile durable 2019.

 Marrakech par Pascal Konan 200 x 200 cm

Autres expositions en cours à Marrakech :

Comptoir des mines dans le quartier Guéliz
Simohammed Fettaka – un guide andalou jusqu’au 8 septembre

MCC gallery dans le quartier industriel Sidi Ghanem
Amine El Gotaibi dans le cadre de visite à Okavango jusqu’au 1er août

Pokespace du Emerging Business Factory dans le quartier industriel Sidi Ghanem
Beyond boundaries de Mouad Adali avec Souleimane Jojo et Dietmar Jokisch  jusqu’au 3 octobre

Musée Yves St-Laurent & Jardin Majorelle
Bert Flint  prolongation jusqu’au 1er août

MACAAL – Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden
Outisders/Insiders ? Artistes d’Essaouira prolongation jusqu’au 14 novembre
Revoir quelques artistes de l’expo au Macaal tenue lors de la COP22

Exposition Kassita de Younes Miloudi à l’Institut Français de Marrakech jusqu’au 8 juillet

Et suivre la riche programmation d’activités et rencontres au Riad culturel du 18 Derb El Ferrane.

Idée de programme pour un weekend à Marrakech : Vendredi de 17 à 19h  Fondation Montresso – Apéro au 68 Bar à vin et dîner au Baromètre ou au Petit cornichon // Samedi matin MCC Gallery et boutiques aux alentours – Déjeuner au Azailai urban souk et visite du Comptoir des mines – En après-midi Le 18 et pause au jardin secret  – Apéro au El Fenn et dîner au Comptoir Darna ou dans le jardin du Al Fassia d’Agdal // Dimanche matin le musée Yves St-Laurent & Majorelle – Déjeuner dans le jardin du Royal Mansour ou de La Mamounia – Le Macaal en après-midi et sur la route du retour arrêt au Musée Aman – Mohammed VI pour la civilisation de l’eau. Autres choses à voir Dar el Bacha – Musée des confluences, Musée nationale du tissage et du tapis Dar Si Said, MACMA – Musée d’art et de la culture de Marrakech, Palais de la Bahia, Maison de la photographie de Marrakech, David Bloch Gallery et autres bonnes adresses sur luxurylife.ma.

Echos au Cube – Independent Art Room

01/06/2021

Le Cube Independent Art Room à Rabat

Ce centre d’artiste, fondé en 2005 par l’historienne de l’art Elisabeth Piskernik, accueille plusieurs résidents par année et comprend une riche bibliothèque de 600 ouvrages mis à la disponibilité des visiteurs. Sa dernière exposition Echos comprenait des photographies et vidéos de six lauréats d’un concours du programme TransformAfrica, organisé par Le Cube-Independant Art Room et la fondation Heinrich Böll de Rabat. L’artiste Ayo Akinwandé, était revenu sur la tragique explosion d’un dépôt d’armes d’une caserne militaire au Lagos en 2002 causant la mort de plus de 500 personnes, dont plusieurs noyées en tentant de traverser les canaux pour s’enfuir. Il est également commissaire d’expositions et coauteur de Àsìkò: On the Future of Artistic and Curatorial Pedagogies in Africa. Younes Ben Slimane avait pour sa part, rendu hommage aux traditions ancestrales de la fabrication de la brique pendant que les photos d’Amine Oulmakki suivaient les traces d’un homme cherchant péniblement un site idéal pour planter son olivier.  Quant à Mohamedali Ltaief, il avait choisi la vidéo comme médium pour une insertion dans la nature – celle de la forêt d’Ain Draham en Tunisie, qui en passant a suscité la mobilisation des citoyens pour éviter sa déforestation. Dans le cadre de cette exposition, s’est tenue également une période de discussions avec l’écrivain et journaliste Hicham Houdaifa cofondateur de la maison d’édition En Toute Lettres et l’urbaniste Houda Hissar dans laquelle on a projeté en guise d’introduction, le court métrage de Souki BelghitiIl n’y aura pas de Noé pour nous sauver du prochain déluge, que certains avaient pu voir à Casablanca lors de l’exposition EMA’rt Les Yeux ouverts l’année dernière. Aperçu de l’expo Echos qui s’est terminée à la fin mai dans la vidéo ci-bas de Younes Belrhazal et dans la revue Diptyk  par H.Outarahout « L’art interroge la menace environnementale  ».

« En abordant les problématiques de la gestion des déchets, les conséquences pour la nature
et les êtres vivants et malgré tout l’espoir de s’en sortir, les artistes révèlent à travers différents médias
comme l’installation, la photographie et la vidéo la réalité vécue en Afrique
depuis le prisme environnemental. » Achraf Remok

What do you choose to see 2020 de Fatima Benhamza et Waste Identity 2020 d’Adedayo Aàdesokan

Parmi les lauréats, voici deux autres artistes optant comme sujet les déchets. L’une pour les transformer soit en un monde imaginaire de beauté ou de calvaire, l’autre qui aspire à un monde meilleur en utilisant la métaphore de la migration humaine. Les œuvres de Fatima Benhamza qui est en plus architecte et rédactrice pour la revue A+E Architecture et Environnement, reflétées ses préoccupations sur les pratiques et politiques en matière d’urbanisme. Quant au nigérian Adedayo Aàdesoka, ingénieur mécanique de formation, il est actuellement en résidence pour développer sa série Waste Identity à partir de clichés déconcertants de migrants Bola Bola du dépotoir d’Olusosun au Lagos, sa ville natale. Bola signifiant déchets en langue haoussa, Bola Bola est le terme utilisé pour ceux, qui pour survivre se voient obliger d’accomplir la tâche ingrate de travailler dans cet immense dépotoir de 45 000 hectares dont émanent des produits toxiques. En l’espace d’une année, 16 900 tonnes de déchets électroniques au Nigéria provenaient des États-Unis seulement, en plus des 500 millions de tonnes de plastique déversées en 2019 dans le monde mais principalement au Kenya, ce qui soulève l’indignation de Green Peace et plusieurs autres organismes. Voici tout de même quelques solutions proposées par l’EPA dans ce guide finalisé en 2021 ainsi que des initiatives sur la gestion des déchets au Lagos du think tank citoyen WATHI et quelques lectures en lien ci-dessous.

IHEKA Cajetan (2021). African ecomedia – network forms planetary politics, Duke UPress, 336 p.

KASELE Mbungu Patrick (2021). Dealer avec ses déchets – le petit guide de gestion durable des déchets en milieu urbain africain, éditions Librinova, 33 p. Premier numéro d’une série de 4.

ENYEGUE E. (2020). Typologie et problématique de la gestion des déchets en Afrique

OUFENE A. (2020). Déchets plastiques et santé environnementales en Afrique de l’Ouest

BERLINGEN Flore et CHÂTEL Lara (2019). Territoires Zero Waste, éd. Rue de l’échiquier, 151 p.

Suivre le blogue Afrika21 – Actualité de l’économie verte, de l’environnement et du développement durable

Voir les 6 reportages vidéo sur la gestion des déchets au Maroc

Et autres publications de TransformAfrica

Prochain évènement au Cube – Say Art With Love
Dans le cadre du Festival des Arts Indigènes – vendredi 4 juin à 18h
Restitution de l’édition FA 101 commémorant 101 ans d’enseignement de l’art au Maroc.
Conversation avec Ziad Naitaddi – sortie en résidence du Cube Independent Art Room 10 juin 18h.
Ainsi que l’exposition Points de vues de Salima S. El Mandjra du 16 au 25 juin.

Voir aussi le billet sur ce site pour d’autres Galeries d’Art à Rabat.

V-Art Spaceship

05/05/2021

Art Spaceship par V-Art
Commissaire – Anna Schvets
En collaboration avec TAtcher’s Art Management
Présentations en ligne du jury et des participants le mercredi 5 mai animé par Gregory Ayvazov

La nouvelle plateforme d’art numérique V-art vient de lancer sa première exposition virtuelle Art Spaceship en collaboration avec le TAtcher’s Art Management pour lequel la commissaire Anna Schvets en est la directrice générale. Dans le passé, Anna Schvets a eu la chance de diriger l’Antarctic Biennale et de participer à Dark Paradise : humans in Galapagos de Paul Rosero Contreras avec la participation des scientifiques Margarita Brandt et Nataly Guevara. Pour cet événement de grande envergure qu’est Artspaceship, elle réunit 21 artistes du monde entier dont les œuvres seront ultimement déployées un jour au-delà des différentes couches de l’atmosphère terrestre comme à l’origine le disque d’or dans Voyager en 1977 ou celle de Stephen Little attaché sur l’astromobile Rover lors de la mission Spirit de 2003 en direction de Mars ou plus récemment les ouvrages du Arch Mission Foundation envoyés en premier dans l’espace en 2018 dans la Tesla et dont le programme se poursuit.

Voici un aperçu ci-dessous des projets d’Art Spaceship avec en hyperliens les vidéos, installations et sculptures de chacun des artistes dont les thématiques tournent autour de l’exploration spatiale, la technologie, la mémoire et une vision créative de ce que nous réserve le futur. Pour plus d’informations consulter le catalogue et revoir le lancement en ligne sur site de V-Art.

Head in a cloud de 2MVD Damjan Minovski & Valerie Messini (Autriche)
Immersion dans des espaces imaginaires par deux architectes.

How to make a Mazar de Dan Li (Chine)
À défaut de trouver des mazars, l’artiste décide d’en créer un numérique.
Pour en savoir plus sur ces sanctuaires Ouighours et lieux de pèlerinages, lire cet article dans le British Journal of Ethnomusicology vol. 11 no.1 p. 101-118 et celui sur leurs destructions en Chine.

Digital Fossil_Corrupt Galatian de Milos Peskir (Serbie)
Montage audio-visuel comme représentation de l’évolution entre humains et artefacts numériques.

Ephemeral Void-Space I de R.Gopakumar (Inde)
De la série Élements (Terre, Eau, Feu, Air et Espace) composée à partir d’algorithmes.

Sleeper d’Alexandra Dementieva (Belge)
Tapisseries d’images transformées du film Sleeper de Woody Allen, accompagnées d’explications via l’application Blippar.

Claxo M. d’Alejo Reinoso (Équateur)
Publications sur instagram d’un personnage de fiction extraterrestre. 

Listening Space d’Afroditi Psarra & Audrey Briot (É-U – Grèce – France)
Interception d’ondes des satellites NOAA dont les images sont par la suite retranscrites sur une matière textile servant ainsi de mémoire.

Desert Stars de Felipe Carrelli (Brésil)
Documentaire en réalité virtuelle, associé au projet Amanar de Galileo mobile qui a entre autres comme mission la vulgarisation scientifique dans des camps réfugiées à travers le monde tout en étant à l’écoute de leurs visions de l’univers.

Doll+ Body Transmigration in its Ideal Fantasy de Ran Zhou (Canada)
Réflexion sur notre image au corps dans la complexité que décrit le philosophe japonais Kiyokazu Wakabayashi dans son dernier ouvrage bientôt traduit et en utilisant une poupée symbolisant le cyborg.

Nine! Eight! Seven! And So On… de Art Clay (Suisse)
Artiste, musicien, commissaire et inventeur d’objets divers tels un instrument de musique, un générateur de son optique, un contrôleur électronique en temps réel, etc.

Back up my memories de Selen Citron et Luc Lunardi (Italie)
Est-il possible de cristalliser le cerveau ? Pourrions-nous congeler les souvenirs et les dégeler dans un futur rapproché grâce aux recherches scientifiques ? Font partie des interrogations de cette équipe bicéphale.

Marsbug de Thomas Herzig (Autriche)
Conception d’un robot modulaire s’articulant sur six pattes et avec toit solaire par un architecte.

Data Fossils de Nirit Binyamini Ben-Neir (R-U)
Hypothèses sur l’archéologie du futur en créant des fossiles à partir de photos numériques.

The Oasis de Samer El Sayary (Égypte)
Construction architecturale inspirée du projet Mars Oasis d’Elon Musk.

Terminal Blink de Vadim Epstein (Russe)
Utilisation de réseaux neuronales artificiels comme modèles de la perception sensorielle humaine permettant de repenser sa sémantique et esthétique.

Red Valley de Bohdan Svyrydov (Ukraine)
Qu’est-que ce serait de vivre sur Mars si un jour nous y arrivons? Comment imaginons-nous la vie à sa surface ? Est-ce simplement un désert rouge poussiéreux ? Est-ce un paysage avec des objets habituels, mais de couleur rouge ? Est-ce vraiment rouge ?

Little crown de Paulius Sliaupa (Lithuania)
Observations nocturnes de l’environnement et analyse de la manière par laquelle notre notion de paysage change avec le temps.

Realness – Intimate Garden de Sandrine Deumier (France)
Immersion sensorielle dans un jardin cybernétique. Philosophe et artiste, Deumier est aussi auteure de poésie multimédia protéiforme que l’on trouve sur son site.

Transition footprint de Vitaly Yankovi (Ukraine)
Visualisation de mutations de l’empreinte numérique laissée après une balade en forêt à partir des données de traçage sur cellulaire.

Star Cities/Organised Worlds de Priyanka Das Rajkakati (France)
Imaginez, si une forme de vie hyper-intelligente devait concevoir des galaxies… Tel est le sujet de l’œuvre de Priyanka Das Rajkakati- Ingénieure en aérospatiale, Priyanka fait partie des jeunes étoiles montantes sélectionnées par la revue Forbes India 2021. Dans cette entrevue de l’Institut Polytechnique de Paris, elle raconte son inspirant parcours et implication pour encourager les femmes à poursuivre des carrières scientifiques.

The Afro-Futurist Guide To Time Travel de Chari Glogovac-Smith (É-U)
Compositrice, vocaliste, instrumentaliste et diplômée en écologie elle observe les pratiques du collectif Black Quantum Futurism ; au travers des images d’archives on entendra son texte dont voici un extrait: However, in the middle of my internal fanfare and raving over the development of new tools and ideas, I can’t help but observe a still quietness within myself. The stillness is a pause. It is a question. It asks: As we rush toward the bright technological future ahead, what of our humanity might we be leaving behind that is of value?

Voir aussi l’Association Francophone de Promotion de la Réalité Augmentée et les billets sur le site Arts & Sciences en lien avec des œuvres inspirées du Voyager Golden Record, celles de Patrick Coutu et Yann Pocreau de la galerie Division ainsi que l’aperçu de l’exposition Parallax-e aliant Art & Astronomie  incluant Women with impact de Bettina Forget et de nombreuses autres références d’oeuvres d’art en lien avec la physique.

Sci-Art Mondes Parallèles

21/04/2021

 

Mondes parallèles – colloques en ligne et ateliers du 24 avril au 21 août
Par Convergence Initiative et le Musée des Beaux-Arts de Montréal

Convergence initiative est une organisation fondée en 2016 par Cristian Zaelzer dédiée à l’avancement des connaissances en neurosciences et en art et à la promotion de la pollinisation croisée entre ces deux disciplines. À cet effet, l’Association canadienne des neurosciences lui a décerné un Prix en 2020. Leur site web décrit chacune des nombreuses activités organisées par Convergence initiative avec leurs divers partenaires et vous pouvez vous inscrire à leur blogue afin de rester au courant des évènements à venir. Le prochain, intitulé Mondes parallèles se fera en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal et sera accessible à tous via la plateforme Zoom. Cinq invités discuteront de leurs recherches en lien avec un pigment en particulier ou autour de la perception des formes et couleurs avec un guide-bénévole du MBAM qui en profitera pour présenter des œuvres de la collection en lien avec la thématique. Le public en ligne pourra ensuite interagir avec eux lors d’une période de questions. Tandis que la semaine suivante, des ateliers animés par des artistes en arts visuels sont prévus. Voici un aperçu du programme et pour en savoir plus consulter le site convergenceinitiative.org.

Vantablack considéré le noir le plus noir du monde, est un revêtement conçu à partir de nanotubes de carbones absorbant presque la totalité de la lumière. Les droits légaux du Vantablacka dans le domaine artistique ont été achetés par Anish Kapoor. Vanta est l’acronyme pour Vertically Aligned NanoTubes Arrays.

Cramoisi ou crimson en anglais est un mot dérivé de quirmiz en arabe, cremesin en vieil espagnol signifiant venant du kermès soit une famille de cochenilles parasitant le chêne tout comme le rouge de cochenilles, qui  lui provient de celles choisissant comme hôte des cactus.

Uranium À partir du minerai broyé et traité on obtient une pâte jaune appelée Yellow cake qui doit ensuite passer des étapes de conversion et d’enrichissement avant d’alimenter les réacteurs nucléaires. Quoique très toxique, le pigment obtenu a toutefois été utilisé depuis des décennies pour la fabrication de verre et de céramique.

YinMn aussi appelé Bleu d’Oregon ou Bleu de Mas en référence au chercheur de l’Université de l’Oregon ayant découvert en 2009 ce pigment inorganique composé d’Ytrium, Indium et de Manganèse. Il vient toutefois d’être approuvé par l’Agence Américaine de protection de l’environnement et se retrouvera sur le marché à un prix très onéreux.

Alexa 488 est un fluorochrome de couleur verte dont l’émission maximale est obtenue lorsque excité à 488 nm. Il est fréquemment utilisé pour observer l’actine et la tubuline en microscopie.

Samedi 24 avril 17h30 
Un monde sans couleurs – troubles de perception des couleurs
Avec Marie-Josée Daoust du MBAM et le neuroscientifique Patrick Cavanagh
co-auteur de The Visual World of Shadows aux éditions MIT Press 2019, 409 p.

Atelier avec Bettina Forget le dimanche 2 mai
Analyse de la perception de lumière et de l’obscurité en abordant la prosopagnosie ou cécité des visages et l’akinétopsie i.e. cécité des mouvements. La sci-artiste Bettina Forget est aussi directrice de la Galerie Visual Voice et du programme d’artiste en résidence de l’institut SETI.

Samedi 15 mai 13h
La couleur de passion – couleur, une construction sociale
avec Louise Gauvreau du MBAM et la neuro-esthéticienne Dwaynica Greaves
Également poète et blogueuse https://dwaynicagreaveshq.squarespace.com/blog

Atelier avec Darian Goldin Stahl le dimanche 23 mai
Examen des liens linguistiques avec les couleurs et les évocations sensorielles entre les mots et la vision. Elle partage dans cette entrevue sa récente expérience Sci-Art au laboratoire de fertilité de l’Université McGill.

Samedi 19 juin 13h
Empoisonné par la couleur – neurotoxicité et colorants
Avec Christiane Hudon du MBAM et le chimiste Oskar Gonzalez Mendia
Auteur d’un livre sur les éléments chimiques dans le monde de l’art intitulé Por que los girasoles se marchitan ? ou Pourquoi les tournesols se fanent-ils ? aux éditions Calamo 2020, 240 p. et du blogue en espagnol KimikArte.

Atelier avec Laura Rosero le dimanche le 27 juin
Recherche de couleurs dans votre cuisine ou ailleurs à la maison et fabrication de peinture avec matériaux inusités. Elle est designer et participa en 2019 avec l’Université Concordia à la production de visuels déclencheurs pour EEG.

Vendredi 16 juillet 17h30
Images dans les nuages – Paréidolie
Avec Sylvie Douyon du MBAM et le neuroscientifique cognitif Karim Jerbi
Qui n’est pas à sa première collaboration Sci-Art; Il y a quelques années il participa à un projet de la cie Les Sens des mots en collaboration avec l’INSERM de Lyon et la dramaturge Sabryna Pierre pour la création de la pièce de théâtre Swan song ou La jeune fille, la machine et la mort publiée dans la Collection Binôme aux éditions Solitaires Intempestifs.

Atelier avec Antoine Bellemare Pépin le samedi 25 juillet
Applications pratiques et créatives en lien avec la science de la paréidolie. Après une maitrise au BRAMS – Laboratoire international sur le Cerveau, la Musique et le Son avec Isabelle Peretz, il poursuit son doctorat à l’Université Concordia sur un projet en lien avec la créativité, les signaux électrophysiologiques et les compositions algorithmiques.

Vendredi 13 août 17h30
Un fluorescent fantôme – L’Utilisation de molécules fluorescentes en neuroscience
Avec Madeleine Colaco du MBAM et Melina Jaramillo Garcia la coordonnatrice de la plateforme du Centre de Recherche Douglas en Microscopie Moléculaire et Cellulaire.

Atelier avec Jihane Mossalim le samedi 21 août
En utilisant la protéine fluorescente verte (GFP) comme exemple, exploration de l’utilisation de la couleur comme outil pour détecter des éléments qui pourraient être très difficiles ou impossibles à voir à l’œil nu. Elle aborde dans ses œuvres la mémoire individuelle & collective et dirige les beaux-arts de l’Initiative Convergence.

 

Voir aussi sur le blogue Arts & Sciences tous les articles en lien avec le Bio-Art ainsi que la diapo du mois sur la GFP, un exemple de paréidolie sur un tableau du XVIe siècle, Yamou pour son utilisation du carmin de cochenilles  et évidemment la série Histoire d’une couleur – des origines à nos jours de Michel Pastoureau aux éditions Seuil 2020 – Noir, Rouge, Jaune, Bleu et Vert  ou à l’émission Hors Champs sur France Culture.

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