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Biennale de Venise & Environnement

21/10/2018

Venise_Biennale_Affiche

Freespace – Biennale d’Architecture de Venise  jusqu’au 25 novembre
Commissaires : Yvonne Farrell & Shelley McNamara

« Freespace représente la générosité d’esprit et un sentiment d’humanité
au cœur des intentions de l’architecture, en mettant l’accent sur la qualité de l’espace lui-même. »
Extrait du Manifeste  Freespace

La 16e édition de la Biennale d’Architecture de Venise tire à sa fin alors pour ceux qui n’auront pas la chance de s’y rendre, voici quelques exemples d’installations en lien avec l’environnement. Les commissaires d’expositions se sont basés sur leur manifeste Freespace qui se termine avec ce proverbe «Une société devient grande lorsque les vieillards plantent des arbres sous lesquels ils savent qu’ils ne pourront jamais s’asseoir à l’ombre». Parmi les nombreux évènements en parallèle dispersés dans la ville, on retrouve les récipiendaires du Pritsker Prize de l’année dernière soit Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta pour leur projet RCR –  Dream and Nature ainsi que l’artiste sonore Bill Fontana avec Primal Sonic Visions en collaboration avec le IRENA International Renewable Energy Agency et aussi Borghi of Italy – NO(F)EARTHQUAKE qui vise à établir des sécurités parasismiques en Italie et à revitaliser les villages détruits par les séismes. Comme les années précédentes, les principaux sites de la Biennale s’étendent des Giardini ou jardins à l’Arsenal, qui vient du mot arabe Dar al sina signifiant atelier, qui inclut la Corderie bordée de colonnes sur 317 mètres de long et l’Artiglierie construit en 1560.

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Pavillon du Brésil – Walls of air
10 cartographies permettant de voir le monde selon différentes perspectives
Ex. Relation entre humains et écosystèmes naturels – jusqu’à quel point dérégler ?
Plus d’informations et photographies dans l’article de R. Baratto sur archdaily.com

Pavillon Nordique Finlande-Norvège-Suède – Another Generosity
Exploration de la coexistence symbiotique de la nature et l’habitat dans l’ère Anthropocène
https://www.lunden.co/research/another-generosity/

Pavillon de la Pologne – Amplifying Nature
The planetary imagination of Architecture in the Anthropocene aux éditions Zacheta, 183 p.

Mentionnons aussi  le Pavillon du Danemark  pour  sa présentation de matériaux innovants développés par le CITA – Centre for  Information Technology and Architecture et Mind – Building au Pavillon de la Finlande avec ses maquettes de 17 librairies dont la toute dernière de Helsinki Central Library Oodi qui offrira des espaces libres favorisant l’interaction et l’apprentissage.

Lauréats de cette 16e édition sur le site de la Biennale d’Architecture de Venise.

 

Autres choses à voir si vous êtes à Venise dans les prochains billets…
Et relire anciens billets sur le Guggenheim ou sur les conférences
de la série Venise Cité musicale partie I, partie II ou partie III.

Institut du Monde Arabe à Paris

26/09/2018

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Paris_IMA_CollectionMouchabariehs de la façade sud de l’Institut du monde arabe / Divers astrolabes & compas /
Inscription à l’encre sur une omoplate d’animal de l’artiste Mohamed Al-Hawajiri (2000).

Institut du Monde Arabe à Paris

L’institut du Monde Arabe à Paris a été conçu en 1987 par l’architecte Jean Nouvel, Gilbert Lézénès, Pierre Soria et Architecte-Studio qui en 2002 ont mis en lumière le parvis extérieur aux motifs géométriques en écho aux moucharabiehs de la façade sud. La moitié de ces 240 diaphragmes photographiques sont dotés d’un mécanisme leur permettant d’adapter leur ouverture selon la lumière du jour.  L’architecte Daniel Vaniche de l’agence DVVD et son équipe expliquent dans cette vidéo  le processus de rénovation qui sera complété cette année et dont le mécanisme sera moins énergivore – résumé par  V. Laganier sur lightzoomlumière.fr.

Les savants du monde arabe ont incontestablement marqué l’Histoire des sciences  et tout particulièrement entre le VIIIe et XIVe siècle considéré comme l’Âge d’or des Sciences arabes. L’Institut du Monde Arabe consacre donc une section aux sciences  et rappel sur leur site le rôle qu’ont joués les Maisons de la sagesse appelées  Bayt al-Hikma, dont la plus ancienne ouvrit ses portes à Bagdad en 832,  sous le règne d’al-Mamoun, et où ont été transcrit en arabe des ouvrages scientifiques du monde entier.

« Contrairement à ce que leur nom pourrait laisser supposer, l’origine des « chiffres arabes » est indienne, de même que l’usage du zéro ; mais ils sont passés en Europe par le biais des traités arabes, d’où cette appellation. Les termes français « chiffres » et « zéro » ont d’ailleurs la même origine : le mot arabe al-sifr, qui désigne ce qui est nul, vide, sans contenu. Le terme « algorithme » est quant à lui une déformation du nom du célèbre mathématicien al-Khwarizmi, auteur d’un ouvrage considéré comme le premier manuel d’algèbre. »

Parmi les objets exposés à l’IMA ont retrouvent une albarelle servant à conserver des produits médicinaux , des unités de distillation, des globes célestes, des compas, des quadrants, des astrolabes planisphériques signés par leur facteur, la mère d’astrolabe de Ja’far b. Umar al-Kirmânî, une copie du plus grand modèle persan connu ainsi qu’un traité d’al-Qalasâdi du XVIIIe qui développa le symbolisme algébrique, un manuscrit du XIIIe siècle de Syrie avec tables astronomiques et le traité du compas parfait permettant de tracer cercles, ellipses, paraboles et hyperboles d’al-Kuhi au Xe siècle.

Dans L’âge d’or des Sciences arabes aux éditions Le Pommier 2013, Ahmed Djebbar élabore de façon plus détaillée la contribution de savants arabes dans diverses disciplines  ex. en mathématiques al-Khwârizmî (VIIIe siècle), Abû l-Wafâ, al-Khayyâm, al-Mu’taman, Ibn Mun’im; en mécanique Banû Mûsâ (IXe), al-Jazarî, al-Murâdî, Ibn al-Fahhâm; en optique Ibn Sahl (Xe), Ibn al-Haytham, al-Farisi; en chimie Jabir Ibn Hayyan (VIIe), ar-Razi et al-Jaldakia ainsi que le fameux traité en pharmacopée d’Az-Zahrawi (XIe) et d’Ibn al-Baytar, etc.

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À la librairie vous trouverez ces ouvrages co-édités par l’Institut du Monde Arabe
Lumières de la sagesse : écoles médiévales d’Orient et d’Occident  2017
L’âge d’or des sciences arabes version 2005 Commissaire : Brahim Alaoui
La médecine au temps des califes – à l’ombre d’Avicenne 1996 Catherine Vaudour

Lire aussi sur ce site De Bagdad à Constantinople – Le transfert des savoirs médicaux
dans le cadre du colloque qui s’est tenu cette année à  l’Université de Reims Champagne-Ardenne
Ainsi qu’ Ulugh Beg –  L’astronome de Samarcande de Jean-Pierre Luminet  2015 dans lequel vous croiserez de nombreux autres savants tels le  Pytaghore de Samarcande ou le Ptolémée de l’oasis.
Et notez qu’Ahmed Djebbar donnera une conférence à  l’Institut Français de Casablanca
Les sciences arabes – une passerelle entre les cultures
Mercredi 26 septembre à 19h30

 

De plus, l’institut du Monde Arabe à Paris offre une panoplie d’activités à la croisée des cultures que ce soit les débats du jeudi, les rendez-vous de l’actualité une fois par mois, les rencontres économiques chaque trimestre ou colloques, spectacles et visites guidées à travers la ville. L’IMA abrite également des ruches  dont les abeilles  butinent principalement des marronniers, tilleuls, sophoras et robiniers-faux-acacias et pour en savoir plus sur l’apiculture urbaine visitez le site Apis Urbanica. Ci-bas, les expositions en cours à l’Institut du Monde Arabe incluant la Collection du designer Maurizio Galante qui a travaillé avec un atelier de couture et de broderie à Rabat de l’Association Marocaine des Enfants en Situation Précaire AMESIP suite à une rencontre avec Touraya Bouabid fondatrice de l’AMAT Association d’Aide Médicosociale aux Tuberculeux,  qui ne cesse d’apporter son aide aux organismes humanitaires – Lire l’article sur femmesdumaroc.com.

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Abdulqader al Rais – rétrospective jusqu’au 21 octobre
Expo de la Collection Rabat-Cipango. Journal de bord jusqu’au 30 sept.
Le pinceau ivre – carte blanche à Lassaâd Metoui jusqu’au 30 septembre
Un œil ouvert sur le monde arabe – œuvre collective  qui se poursuit jusqu’au 6 janvier
Cités Millénaires – Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul jusqu’au 10 février 2019.

 

Ibn Battouta

21/09/2018

IbnBatoutta_Affiche.docx.jpg

Sur les traces d’Ibn Battouta « de Tanger au Caire et de Mogadiscio à Tombouctou »
Musée de la Monnaie de Bank Al-Maghrib à Rabat
Jusqu’au 31 décembre

Ibn Battouta ou Batutta  (1304-1377) est un des plus grands explorateurs de son temps. Il est né à Tanger et durant vingt-neuf ans, parcouru 120 000 km et traversa 44 pays, d’où son surnom du « Marco-Polo arabe » voire même « Voyageur du siècle ». Sur la carte ci-bas, vous pourrez constater qu’il alla aussi loin que Bamako au Mali, Kilwa en Tanzanie, l’Iran au Moyen-Orient et Peking en Asie. À son retour, il s’installa à Fès où le sultan Abou Inan lui confia comme scribe, le poète Ibn Juzayvi al-Kalbi, qui en 1355 termina la plus longue Rihla portant le titre de  « Précieux témoignage sur des pays exotiques et d’insolites voyages. »

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En plus de raconter les récits d’Ibn Battouta avec des descriptions très précises des rencontres, lieux et coutumes, Ibn Juzayvi se permet d’y insérer des poèmes décrivant les sites qu’il visita tout au long de son expédition. Vous pourrez lire sur le site remacle.org une partie de cette œuvre traduite par C. Defremery et B.R. Sanguinetti en 1858 et répartie en quatre tomes dans lesquels on retrouve des vers du poète syrien Al-Bohtori ou Buhturî, du poète persan Saadi ainsi que ceux qui suivent, décrivant si joliment la ville de Damas, les vents sur les eaux du Nil formant le canal de Tinnîs, et les norias sur le fleuve de l’Oronte qui constitue le système hydraulique à Hama en Syrie thème d’ailleurs de l’article de M. Al Dbiyat dans les actes des Vièmes rencontres internationales Monaco en 2009 et la Méditerranée portant sur la Gestion durable et équitable de l’eau douce en Méditerranée – mémoire et traditions, avenir et solutions.

« Damas est le grain de beauté de la joue du monde, de même que Djillik offre l’image de sa pupille langoureuse. Son myrte te présente un paradis sans fin, et son anémone une géhenne qui ne brûle pas. » – Arkalah eddimachhly elkelby

 « Puisque dans Hamâh le fleuve est ‘dey, comment n’imiterais-je pas sa rébellion, et comment ne boirais-je pas pur et sans mélange? Et pourquoi ne chanterais-je point près de ces roues hydrauliques, de même qu’elles chantent; et pourquoi ne l’emporterais-je pas sur elles à la danse, et ne leur ressemblerais-je pas dans l’action de puiser? Elles gémissent et versent leurs larmes ; et l’on dirait qu’elles se passionnent en voyant ces pleurs et implorent leur affection. » – Nour eddîn Abou’l Haçan Aly fils de Mouça

« Lève-toi et verse-moi à boire, tandis que le canal est agité et que les vents recourbent les aigrettes des roseaux. Les vents qui les penchent à leur gré, ressemblent à un amant qui s’est procuré, en guise de robes de soie, les rameaux des arbres. L’air est recouvert d’un manteau aussi noir que le musc, mais que les éclairs ont brodé d’or. » – Abou’lfeth fils de Ouakî

IbnBattouta_JordiSavallhttps://live.philharmoniedeparis.fr/concert/1046900/hesperion-xxi-jordi-savall-le-voyage-d-ibn-battuta.html

Terminons en musique avec Jordi Savall et son ensemble Hespèrion XXI au concert Le voyage d’Ibn Batutta présenté en deux parties à la Cité de la Musique à Paris en 2016. Programmes de la Partie 1 – Du Maroc à l’Afghanistan et de la Partie 2 –  De Damas en Chine  disponibles sur live.philarmoniedeparis.fr et qu’ils reprirent au Festival de Musiques Sacrées du Monde 2018 à Fès avec comme toujours des musiciens internationaux dont Driss El Maloumi au oud.

 

MuseeBankAlMagrhibEt au Musée de la Bank Al-Maghrib, vous trouverez bien plus qu’un parcours chronologique de l’Histoire de la monnaie et des billets de banque du Maroc de l’antiquité à nos jours; presque une centaine d’œuvres d’art de leur riche collection sont exposées en tout temps. De gauche à droite : Converging territories 2003 de Lalla Essaydi / Masque 2008 d’Yasmina Alaoui et Marco Guerra / La règle du jeu de Mohamed El BAz et au fond du corridor, Visage de ton Autre 2008 de Zakaria Ramhani. Visite virtuelle disponible sur http://www.bkam.ma/musee/Visite-virtuelle/360

Voir aussi sur ce site Musée de l’histoire et des civilisations, Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain MMVI et bonnes adresses à Rabat.

Être ici – Tanger

17/09/2018
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Tanger_Prodiges_YounessAtbane_SafaaErruas

De gauche à droite : Une partie de l’installation du collectif ProDiGes au Borj Dar Baroud à Tanger
et deux œuvres à l’ancienne prison du Mechouar soit celle de Youness Atbane dont vous pouvez visionner les performances sur son site web et Sphère du Oui et du Non de Safaa Erruas.

Être ici – Parcours artistique à Tanger

Quel magnifique circuit qu’Être ici ! D’une part pour se balader à travers la Kasbah de Tanger mais surtout pour découvrir des artistes très talentueux émergents et de renoms. Organisée par le collectif Ssilate, cette 3e édition regroupe 50 artistes toutes disciplines confondues réparties sur différents sites qu’ils s’accaparent et font revivre à leur façon. Dans la Maison Jnan Kaptan qui est  l’ancienne demeure de l’écrivain britannique James Chandler, la littérature était au rendez-vous avec des textes de Camilla Maria Cederna, Zoubeir Benbouchta, Farid Bentria et Stéphanie Gaou, tous accompagnés de musiciens tangérois. Par ailleurs, l’empreinte lugubre que l’ancienne prison de la Kasbah aurait pu nous laisser est complètement métamorphosée par la délicate et lumineuse installation de Safaa Erruas composé de fils de coton suspendus à une centaine de bouquet de gypsophiles – voir aussi Le livre de seringues 2012 et Coutures cutanées 2010.

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Ci-dessus, une fresque percutante de Khadija Tnana sur les abominables actes de violence qu’a subit cet été une jeune marocaine de 17 ans #noussommestouskhadija. Artiste militante les œuvres de Tnana critiquent la condition des femmes au Maroc et rappelons aussi que son œuvre Kamasutra conçu cette année pour le Centre d’Art Moderne de Tétouan fut censuré. En dessous, deux installations sur notre rapport aux règles d’une société conformiste telle que la nôtre, l’une avec la vanité Ovis aries MMXVII de Mathias Le Forestier et l’autre utilisant le langage géométrique de l’artiste multidisciplinaire Othmane Bourhil.

Et pour terminer, voici des œuvres d’Inaam Obtel s’inspirant de l’univers médical  & pharmaceutique ex. radiographies, échographies, microphotographies, comprimés, etc. et qui demeure particulièrement sensible au problème d’accès aux médicaments de qualité sur le continent africain. Pour en savoir plus lire le résumé du débat d’id4D 3/4/2018 Le médicament en Afrique, comment mieux répondre aux enjeux d’accessibilité et de qualité ? 

« Avec 13 % de la population mondiale, 24 % de la morbidité mais seulement 3 % de la production pharmaceutique mondiale et une majorité de médicaments contrefaits,
le continent africain fait face à un enjeu majeur de santé publique »

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Site web de l’artiste – inaamobtel.com et sur Instagram – @inaamobtel.artiste

Dommage qu’Être ici ne fut que le temps d’une journée et qu’il faudra attendre 2020 pour la prochaine édition, mais si vous êtes de passage à Tanger, vous pouvez en profiter jusqu’au 16 décembre, pour faire un tour au Parc Perdicaris pour un trajet parsemé de LandArt (FLATTA 2018) décrit sur mapecology.ma et faire un tour à la Librairie Les Insolites pour l’exposition d’Aurèle Andrews Benmejdoub incluant des photos énigmatiques de la ville de Tanger.

Tanger_ParcPerdicaris

AureleAndrewBenmejdoub

Le bonhomme d’Abdelhafid Taqouarite / Araignée géante de Sanaa Alami au Parc Perdicaris à Tanger
Et site web du photographe Aurèle Andrew Benmejdoub
http://www.aandrewsbenmejdoub.com/fr/portfolio-39609-0-40-artwork.html

Et si vous vous demandez où dormir à Tanger ? Paul, Mohamed et Nora vous accueilleront chaleureusement au Dar Souran avec des chambres impeccables et une magnifique terrasse.

Data Design

10/09/2018
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Paris_DataDesign_La440Trillions of trees de Jan William Tulp en page couverture et Spectral Density Estimation d’Andreas Nicolas Fisher à partir d’un arrangement spatio-temporel des fréquences audio
de la captation d’un enregistrement du LA 3 à 440 Hz.

 

Dans le cadre de l’exposition 1, 2, 3 Data à la Fondation EDF, le commissaire David Bihanic vient de publier Data design – les données comme matériau de création aux éditions Gallimard. Ce livre, tout comme le parcours interactif qu’il nous propose, permet de réaliser non seulement l’ampleur du Big Data qui atteindra 163 zettabytes (163  X 10 exposant 21) d’ici 2025, mais aussi d’en apprécier son utilité. Chaque station nous présente une interprétation visuelle et créative de données, touchant des phénomènes sociétaux ou environnementaux, conçus par des équipes d’ingénieurs, informaticiens, data designers, etc.

Les capteurs des stations météorologiques, par exemple, peuvent servir aussi bien à la création d’une sculpture cinétique par David Bowen représentant des données sur l’oscillation de l’eau  et la réfraction de la houle d’une surface précise de l’océan Pacifique observée par  la National Oceanic Atmospheric Administration; ou à cartographier en 3D, la direction, la vitesse et la température des vents à l’aide du logiciel open-source d’Uber deck.gl développé par Nicolás Belmonte; ou à produire des peintures numériques animées par croisement de données de Refik Anadol et expliquées dans la revue Pour la Science de ce mois-ci par Loïc Mangin dans un article intitulé « Autant en emportent les données » 25/7/2018.

Paris_Data123_Meteorologie

Plusieurs agences proposent d’ailleurs des visualisations dynamiques de problématiques environnementales, telles Migration in motion traçant le trajet emprunté par les animaux à cause du réchauffement climatique,  Treepedia du MIT Senseable City Lab mesurant la densité végétale en milieu urbain ou ci-dessous, Earth insights de la firme montréalaise Ffunction qui confirme les effets dévastateurs de l’activité humaine et des changements climatiques sur la biodiversité des forêts tropicales.

 

Somme toute, le projet le plus sensoriel & délectable est sans contesté Data Cuisine, de Susanne Jaschko et Moritz Stefaner qui concoctent des gin tonics phosphorescents avec un nombre de billes représentant la population vivant à 30 km ou moins de quatre centrales nucléaires en Belgique, des gâteaux aux amandes selon deux techniques différentes afin de dénoncer les coupures de budget dans le domaine des sciences & technologies, différentes saveurs de chocolats belges pour chacune des principales causes de mortalité. Plusieurs autres, soit pour sensibiliser le public du manque d’électricité en région rurale au Mali, de la distance parcourue des aliments importés, du nombre de femmes en milieu académique de divers pays, de la corrélation entre le revenu des individus et leur exposition aux déchets dangereux, de l’effet de la hausse des températures sur la quantité de morue et de homard dans le Golf du Maine. Cependant, le Nobel du chocolat a pour but de mettre en garde le consommateur, de l’abus de corrélations fallacieuses dans le domaine des statistiques.

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Ci-dessus : Emigration Fish et High sKale de Data-cuisine.net http://data-cuisine.net/

1, 2, 3 Data à la fondation EDF (Métro Sèvres-Babylone) jusqu’au 6 octobre
Voir aussi le site web de l’exposition  123data.paris

Musée du Bardo à Tunis

31/07/2018

Bardo_Virgile_FaienceMusa, mihi causas memora, quo numine laeso – Enéïde de Virgile (VIIIe vers)
Mosaïque du IIIe siècle au Musée du Bardo découverte dans une maison à Sousse et inscription souhaitant la bienvenue sur un panneau de faïence dans un Mihrab du XIVe  siècle de la ville de Tunis.


Musée national du Bardo à Tunis

Le musée du Bardo abrite la plus importante collection de mosaïques au monde. Les objets exposés ont presque tous été découverts en Tunisie. Sculptures, sarcophages, stèles funéraires, céramiques, monnaies, etc. font aussi partie des 101 pièces maitresses de la collection du Bardo que vous pouvez voir sur le site du musée. Certains de ces trésors  tels les danseurs achondroplasiques  ou les deux bas-reliefs en marbre représentant la remise d’offrandes à Asklépios et à Hygiéa proviennent des fouilles de l’épave de Mahdia, qui avait marqué l’histoire de l’archéologie sous-marine en 1907 sous la direction d’Alfred Merlin. Les recherches se sont poursuivies en 1943 avec un scaphandre autonome inventé conjointement par l’ingénieur Émile Gagnan & le capitaine Cousteau et les années suivantes par d’autres équipes.

Une des œuvres phares du Bardo est celle  de Virgile écrivant le VIIe vers de l’Eneide, entouré de Clio (muse de l’histoire) et de Melpomène (muse de la tragédie). Cette mosaïque se trouvait dans l’atrium d’une maison dans la ville de Sousse, autrefois appelée Hadrumetum. Vous reconnaitrez certainement aussi Ulysse résistant aux sirènes de Dougga qui a était souvent reproduite et d’autres illustrant la faune, la flore et des scènes de la vie quotidienne tels  une scène de pêche au lac de Bizerte, chasse à courre aux lièvres  d’El Jem,  jeux de cirque de Gafsa, déchargement de navire et pesée de la marchandise de Sousse. Dès l’entrée dans la salle d’Althiburos qui fut  à l’époque le salon de musique du Palais de Sadok Bey (1859-1881) on lève les yeux vers le plafond sculpté en bois et coloré de style italo-tunisien. Les mosaïques au sol et au mur sont tout aussi admirables – ci-dessous de gauche à droite : une couronne à cinq pointes avec deux feuilles de lierre et une dédicace aux Cereres divinités de la fertilité,  détails d’un lexique illustré de bateaux gréco-romains et d’une scène de banquet animé.

Bardo_Althiburos

Le Musée du Bardo est sans contester un trésor national que les Tunisiens surnomment le Dar Laâjaïeb soit la maison des merveilles. Outre ses fabuleuses mosaïques de la période romaine, la préhistoire, la période punique (IXe au IIe siècle AEC) et la civilisation numide (2 derniers siècles avant notre ère) sont bien représentées ex. un tumulus de pierre de 40 000 AEC qui constitue le sanctuaire moustérien dit Hermaïon de la région de Gafsa,  plusieurs objets de l’art capsien datant de l’épipaléothique telle une figurine anthropomorphe féminine d’El Mekta 6 400 AEC, déesse mère enceinte du VIIIe siècle AEC, un masque de rictus de Carthage du IVe AEC ou un vase Oenochoé anthropoïde IIIe AEC  évoquant la déesse mère découverte dans la Nécropole de Beni Asl à  Bizerte. Puisque la science du temps a toujours eu une place importante dans la culture islamique afin de déterminer le temps des cinq prières de la journée, les scientifiques de l’époque étaient encouragés à perfectionner les instruments de mesure. Ci-dessous, trois instruments du Musée du Bardo dont un astrolabe planisphère construit par Ibn Ibrahim al- Harrar au XVIIIe siècle. Notez que le Musée d’Histoire des Sciences à Oxford détient la plus riche collection d’astrolabes du monde entier que vous pouvez d’ailleurs consulter en ligne. Lire aussi « Les cadrans signés Ahmad a-Umarî »  de Fathi Jarray et Eric Mercier dans la revue de la Commission des cadrans solaires no.34 oct. 2016 p.69-89 ainsi que les articles suivants sur l’astrolabe de Kairouan par André E. Bouchard, le cadran solaire découvert à Carthage et un bref aperçu de « La gnomonique arabo-islamique entre antiquité et modernité »  par Denis Savoie et consulter le site de la Cité des Sciences de Tunis – http://www.cst.rnu.tn.

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Bardo_Asklepios_HygieiaQuadrant solaire, astrolabes et de l’épave du Mahdia : naine dansant crotales à la main
et bas-reliefs d’offrandes à Asklépios et Hygiéia au Musée du Bardo en Tunisie.

 

Bardo_GiovanniPagniExposition temporaire
Antiquités d’Afrique au musée des Offices jusqu’au 30 septembre
Portrait du médecin et antiquaire Giovanni Pagni (1634 – 1674)
par Giovanni Stella. Ce médecin de Pise, dont on connait surtout
la correspondance avec Francesco Redi, fut envoyé à Tunis
dans le but de soigner Bey Mourad II et il en profita
pour monter une collection d’épigraphies
de l’époque punico-romaine.

 

 

À visiter en Tunisie : Le site archéologique de Carthage, Les ruines antiques de Dougga, La cité punique de Kerkouan, L’amphithéâtre d’el  Djem et autres sites archéologiques (Thuburbo Majus, Bulla Regia, Makhtar, Uthina, etc.) proposés par patrimoinedetunisie.com.

MAMA d’Alger

17/07/2018
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MAMA – Musée public d’art moderne et contemporain d’Alger
Patrimoine pictural jusqu’au 15 août

Le musée public d’art moderne et contemporain d’Alger a été inauguré en 2007 dans un bâtiment de style néo-mauresque, construit au début du siècle par dernier par l’architecte Henri Petit. L’exposition en cours,  présente dix-huit artistes faisant partie du Patrimoine pictural et comme l’écrit la commissaire Nadira Laggoune-Aklouche: « Les peintres algériens ont été acteurs et témoins de leur temps : la peinture contemporaine algérienne le montre par les conditions de son émergence, son ancrage dans le patrimoine, les questions qui l’impulsent (identité, authenticité,…) et les réponses qu’y apportent les peintres par leurs créations et parfois leurs écrit. ». Bien qu’aucune femme peintre n’y soit représentée, vous pouvez lire son article « Femmes, artistes, en Algérie » dans la revue Africultures 2011 no.85 p.20-27,  ou vous procurez à la bibliothèque du Musée les catalogues de deux expositions antérieures L’art au Féminin et African Women (Feriel Benmbarek, Elyasmine Hocine, Rahmoune Thileli,Kheira Slimani, Fatima Chafaa, Katia Kameli,  Amina Menia de nationalité Algérienne) ainsi qu’en librairie La femme artiste dans le monde arabe de Rita El Khayat aux éditions de Broca 2011, 184 p. incluant plusieurs artistes d’Algérie dont les chanteuses Reinettes Sultana Daoud et Fadhéla Dziria.

Ci-dessus, vous pouvez apercevoir deux œuvres de M’hamed Issialhem (1928-1985). L’explosion accidentelle d’une grenade lui fait perdre sa main gauche à l’âge de 15 ans. C’est à l’hôpital qu’on l’encourage de dessiner et il s’inscrit quelques années plus tard à l’École des beaux-arts d’Alger. À la fin de sa vie, il fut atteint d’un cancer et une fois la chimiothérapie terminée, il monta sa dernière exposition et exécuta son autoportrait de 1985 –  en page couverture d’un document du MAMA. Dans son article De l’art contemporain à Issialhem p.34-51,  Benamar Médiène rappelle que l’artiste écrivit alors ceci « Je dédie cette exposition réalisée sous chimiothérapie à tous ceux qui ont eu à subir les affres du cancer, et espère prouver par-là que l’homme peut et doit surmonter sa douleur ».

Sur la photo du MAMA à l’étage du dessous, Traversée de la mémoire de Lazhar Hakkar (1945-2013) connu pour sa série Hizya qui selon Afifa Brerhi, dépeint l’amour fou à l’instar du poème Majnoun (le fou en arabe) et Leïla – réf. p.23 du catalogue du MAMA. On constatera que nombreux sont les artistes de cette exposition à tisser des liens intimes avec la poésie. Outre la participation de Mohamed Bouzid et  Mohamed Aksouh à des expositions collectives animées par le poète Jean Senac, plusieurs artistes ont illustré des œuvres littéraires tel  L’enfant-jazz de Mohammed Dib par Rachid Koraïchi; Vision du retour de Khadidja à l’Opium d’Amin Khan par Abdelwahab Mokrani, Je m’en vais partir de Ben Mohamed par Slimane Ould Mohand qui offre d’ailleurs des ateliers aux patients souffrant de troubles psychiatriques; Pour ne plus rêver de Rachid Boudjera par Mohamed Khadda, etc.

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Diwan du jasmin meurtri – une anthologie de la poésie algérienne de graphie française, éditions Chihab 2016, 367 p. sous la direction d’Abdelmadjid Kaouah comprenant une centaine d’auteurs dont plusieurs sont également artistes tels  Denis Martinez, Hamid Tibouchi, Kamel Yahiaoui, et d’autres médecins Laâdi Flici, Samira Negrouche ou sage-femme dans le cas de Nadia Guendouz.

Lire aussi Les fondateurs 2015 ainsi que Abstraction et avant-garde 2016 d’une série de  six livres sur les peintres algériens  de Ali El Hadj Tahar aux éditions Alpha qui a également publié L’Encyclopédie de la poésie algérienne de langue française (1930-2008).

Vous trouverez la biographie de plusieurs artistes sur  http://www.algeriades.com

Voir aussi sur ce site Le Musée de l’Enluminure et de la Calligraphie et Les Musées d’Alger ainsi que ceux à venir sur le Jardin d’essai du Hamma et le Musée des beaux-arts d’Alger.

Musées à Alger

13/07/2018

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Musée national du Bardo à Alger

Un billet suivra dans quelques mois sur le renommé musée homonyme situé à Tunis.  Le Bardo d’Alger  a par ailleurs été fondé par un tunisien prospère, qui avait fait construire cette villa ou djenane (jardin en arabe) pour ses convives.  Ce palais mauresque du XIIe siècle abrite depuis 1930, la collection du préhistorien  Maurice Reygasse (1885-1965) dont les vestiges du tombeau de Tin Hinan reine des Touareg qui attirent les visiteurs depuis des décennies.  Après plusieurs années de restauration, le squelette et  ses trésors seront enfin de retour au Bardo comme l’affirme le directeur du Musée – Zoheir Harichane dans une entrevue pour tsa-algerie.com.

L’exposition permanente  présente  la faune et flore tout au long des différentes périodes géologiques et même une molaire d’un Kolpochoerus heseloni – espèce de porcins aujourd’hui éteinte ayant vécu au Pliocène et Pléistocène.  Des artefacts des nombreux sites archéologiques en Algérie sont exposés, comprenant l’industrie lithique, bijoux, costumes, poterie et fossiles humains tel que le mandibule d’un Homo erectus de la sablière de Tighenif  qui fut à sa découverte dans les années cinquante,  baptisé Atlanthropus mauritanicus et que l’on sait aujourd’hui vieux de 700 000 ans. Il y a aussi un crâne de la femme Taza qui s’apparente à un Ibémaurussien malgré un volume crânien plus petit et dont voici le processus de reconstitution faciale décrite par D.Hadjouis et J-N Vignal. À partir du jardin du Musée du Bardo, vous pourrez accéder à la Bibliothèque ouverte au public et qui dispose de 3000 ouvrages dont celui-ci :

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Coll. (2014). Tassili-n-Ajjer – peintures préhistoriques du Sahara Central aux éditions Point de vues, 136 p. dans le cadre d’une exposition qui s’est tenue au Musée de Louviers  en collaboration avec le Museum national d’histoire naturelle, avec des originaux provenant des fouilles archéologiques d’Henri Lhote de 1956 à 1970. On y retrouve aussi le tableau ci-dessus – Thèse de la chronologie longue de l’art rupestre saharien remontant aussi loin aux « Têtes Rondes » de Djado, présumément  la période Pléistocène mais avec certitude,  postérieure à 8 000 avant notre ère,  selon des recherches récentes décrites dans « Périodisation et chronologie des images rupestres du Sahara central » par Jean-Loïc Lequelle  dans la revue Préhistoires Méditerranéennes 2013 no.4.

Voir aussi sur ce site Le Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat
relatant les fouilles archéologiques et l’art rupestre découvert au Royaume du Maroc ainsi que le Musée à DubaïPompeii  I et partie II, Les Étrusques, Musique et génie de l’Antiquité.

 

Alger_MuseeduBardo_MusiqueInstruments de musique de la Collection du Musée du Bardo à Alger          

L’exposition temporaire présente des instruments de la collection du Musée du Bardo tels qu’une trompe de guerre en ivoire du Congo, tambour sculpté avec des scènes de la vie quotidienne et traditions des Fang – peuple du Gabon parlant le bantoue, harpes accompagnant poètes ou guérisseurs, etc. Et d’autres instruments de musique à partir de calebasse, un légume vénéré, car selon la cosmologie dahoméenne i.e. du Bénin, une demi-calebasse renversée représente le ciel et l’autre à l’endroit, l’eau et la terre. Lors d’une éclipse lunaire, les femmes tapent sur un tambour composé de deux demi- calebasse d’eau, une petite flottante dans une autre plus grosse – photo ci-dessus.

Lire aussi le résumé des communications de la 7e édition du Colloque Anthropologie et musique
La notation musicale à l’épreuve de la recherche dans l’étude et la sauvegarde des musiques traditionnelles dans le Maghreb qui s’est tenue en début d’année à Bou  Saâda.

 

Musée national des antiquités et des arts islamiques à Alger – 2 pavillons à 300 m du Bardo

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Voir aussi sur ce site un aperçu du Musée de l’Enluminure et de la Calligraphie
ainsi que le prochain billet qui portera sur le Musée d’Art Moderne et Contemporain d’Alger.

MMVI à Rabat et bonnes adresses

08/07/2018

Rabat_MMVI_Ikken_Binebine_ElHariri

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Œuvres d’Aïssa Ikken , Mahi Binebine et Abdellah El Hariri
Hassan Slaoui, Mustapha Bujemaoui et Bouchta El Hayani (détails)
Faisant partie de la Collection de l’Académie du Royaume au MMVI  de Rabat.

Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain à Rabat

Magnifique et digne des grands musées internationaux !  Son architecture alliant modernité et tradition, conçue par l’Agence Karim Chakor, est décrite sur le site web de la revue AM Architecture du Maroc. Le Musée Mohamed VI d’art moderne et contemporain de Rabat a ouvert ses portes, il y a maintenant quatre ans.  Le directeur du  MMVI –  Abdelazziz Drissi,  s’assure à travers sa programmation et ses activités culturelles très variées de mettre en valeur le patrimoine comme en témoigne l’exposition inaugurale 100 ans de créations au Maroc ainsi que celles qui ont suivi comme par exemple Le Maroc médiéval  –  un empire entre l’Afrique et L’Espagne puis Femmes, artistes marocaines de la modernité 1960-2016 et présentement  une sur Ahmed Cherkaoui , considéré l’un des fondateurs de la peinture abstraite au Maroc. En parallèle, le musée présente à chaque année, de magistrales expositions en collaboration avec d’autres institutions i.e.  César une histoire méditerranéenne -2015,  Rétrospective d’Alberto Giacometti  – 2016, Face à Picasso – 2017 et cet été La Méditerranée et l’art moderne incluant une pléthore de grands noms allant des années 1900 avec  la Naissance du paysage moderne au groupe Supports/Surfaces,  en passant par  Miró, Dalí, Kandinsky et la  Structure cinétique 1955 de Jesús-Rafael Soto. Par ailleurs, l’exposition permanente  à l’étage et celle de la Collection de l’Académie du Royaume dont voici un infime échantillon, valent à elles seules la visite. Notez que les catalogues de chacune des expositions sont disponibles à la librairie du musée et les dossiers de presse sur le site de la Fondation Nationale des Musées dirigé par Mehdi Qotbi.

 

Expositions en cours

La Méditerranée et l’art moderne jusqu’au 27 aoûtRabat_MMVI_LaMediterraneeVille arabe 1905 de Vassily Kandinsky représentant les remparts de  la médina de Sousse vue de la Place de Pichon / tableau de Mirò / Photographie de Robert Capa / La méditerranée et l’art moderne – catalogue aux éditions Skira 2018, 184 p. en collaboration avec le Musée Mohammed VI et le Centre Pompidou avec comme commissaires, Christian Briend et Abdelaziz El Idrissi. Source des images « « La Méditerranée et l’art moderne » s’invitent au MMVI à Rabat – Dalí, Picasso et Miró sous un même toit. » de Salma Khouja huffpostmaghreb.com 24/4/2018 qui souligne la participation dans cette exposition d’Yto Barrada – photographe marocaine.

Ahmed Cherkaoui – entre modernité et enracinement  jusqu’au 27 août

 

Rabat_MMVI_AhmedCherkaouiChants de l’Atlas 1967 d’Ahmed Cherkaoui de la Collection Bank Al-Maghrib  en page couverture de ce numéro de Diptyk no.43 mai 2018, comprenant un dossier exhaustif réalisé par Brahim Alaoui, Bruno Nassim Aboudrar, Hélène Le Corre, Toni Maraini, Meryem Sebti et Kenza Sefrioui / Solstice 1965 tiré du diptykblog.com.

Mon regard usant de l’œil de la science, / a suivi le pur secret de ma pensée ; /
une lueur a jailli dans ma conscience, / plus ténue que la compréhension / d’une simple idée /
et j’ai fendu le flot de la mer de la réflexion, / m’y glissant comme se glisse une flèche, /
Mon cœur voltigeait, / emplumé de désir, / porté par les ailes de mon dessein /
montant vers celui que, si l’on m’interroge / je masque sous des énigmes, / sans le nommer.

Qasîda traduit par Louis Massignon qui aurait inspiré la toile Le Dîwan 1966 d’Ahmed Cherkaoui, comme on l’explique dans Ahmed Cherkaoui – La passion du signe 1996 aux éditions Revue Noire, 192 p. p. 60-61. Notez qu’il avait d’ailleurs entamé le projet d’illustrer Dîwan du soufi El Hallaj.

Exposition à venir – De goya à nos jours du 31 octobre au 4 février 2018

 

Où manger ?
Le petit beur  au 8 rue Damas
Tanger wa tangia au 9 rue Baghdad
Il Giardino – terrasse du Centre Culturel Italien au 2 rue Ahmed el Yazidi
Voir aussi suggestions sur nissrine.net  et s’arrêter à la pâtisserie chef d’œuvre rue Oued Zem.

Pour domir ? Riad Dar Shaân dans la Médina et tout près des Oudayas.

Quoi voir également ?
Musée de l’histoire et des civilisations – précédent billet

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Visite du Parlement du Royaume du Maroc qui inclut des œuvres d’art de Fatima Hassan El Farrouj, Meki MegaraMustapha Haffid, Mohamed Nabili (1952-2012) et autres…

Galerie Art Kulte  au 7 rue Benzerte à deux pas du Musée d’Art Moderne et Contemporain
Sismographie des luttes – vers une histoire globale des revues critiques et culturelles jusqu’au 4 août

Kasbah des Oudayas à Rabat construit au XIIe siècle par les Almohades

3ZEM – créations sans frontières dans le quartier Akkari à la station Moulay Yousse
@3Zem.prod Lieu de création pluridisciplinaire et multiculturelle fondé
par Martine Labbé, Jawad Elajnad et Martin Girard.

 

Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat

04/07/2018

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Collections du Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat – Gravures rupestres d’antilopes et d’un mouflon de la vallée de l’Oued Drâa datant du néolithique / Moulage d’un crâne trépané d’un Ibéromaurusien de Taforalt / Esculape en bronze du 1er siècle du site de Volubilis / Quadrant d’Astrolabe et astrolabe en cuivre du XIV siècle au 2e étage dans la section Science et Savoir.

 

Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat

À deux pas du Musée Mohamed VI d’Art Moderne et Contemporain, se trouve ce musée comprenant une collection qui retrace l’Histoire du Maroc de la préhistoire à l’époque islamique. À l’origine, les objets provenaient principalement du fameux site romain Volubilis qui avaient été prêtés au MUCEM à Marseille en 2014 pour l’exposition Splendeurs de Volubilis. Outre ses bronzes prisées tels le chien prêt à bondir de Volubilis, l’éphèbe couronné de lierre,  les bustes de Juba II et de Canton ont peut y voir de l’Art rupestre, une salle de marbre antique, des monnaies de la première dynastie islamique au VIIIe siècle (Idrissique) ainsi que des instruments de navigation qui témoignent le développement de la science et du savoir. C’est d’ailleurs à Fès, que se trouve la plus ancienne université au monde – l’Université d’Al Quaraouiyine fondée au IX siècle  par Fatima el Fihriya. Au 2e étage du musée, on a également quelques exemples d’installation dans le domaine de l’hydraulique et des systèmes d’irrigation ancestraux  appelés khettaras, qui sont encore utilisés en zones arides.  Il existe même un programme de sauvegarde de cet agroécosystème oasien. Pour en savoir plus consulter la page du Programme e développement territorial durable des oasis du Tafilalet (POT).

Rabat_Khettarahttp://www.agrimaroc.ma

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Cette carte des sites préhistoriques du Maroc, qui se trouve au Musée de l’histoire et des civilisations, illustre bien l’intérêt que peuvent avoir les archéologues des quatre coins du monde.  Les excavations  à Jebel Irhoud,  près de Safi en direction de Marrakech,  sous la direction de Jean-Jacques Hublin et Abdelouahed Ben-Ncer ont justement fait la une de la revue Nature no.546 juin 2017 p.289-292 annonçant alors la découverte des plus anciens fossiles de l’Homo sapiens connu jusqu’à ce jour –  résumé sur le site hominides.com et images ci-dessous. Le Maroc abrite des merveilles géologiques et richesses archéologiques telles que le site antique Volubilis à 35 km de Meknès, reconnu officiellement Patrimoine Mondial de l’Unesco  avec huit autres lieux et 13 en lice ex. Au sud la Lagune de Khnifiss pour sa réserve naturelle et ses sites archéologiques et l’ Aire du dragonnier Ajgal à partir duquel on extrait une résine appelée sang de dragon utilisée dans les peintures rupestres et ayant des vertus médicinales, El Gour ou mausolée berbère du VIIe siècle avant notre ère dans la région de Meknès,  Oasis de Figuig avec une des plus belles palmeraies du Maghreb à la frontière de l’Algérie et de l’art rupestre varié,  Grotte des Pigeons à Taforalt dans laquelle on vient d’identifier les plus anciennes traces d’ADN humain en Afrique –  réf. Science vol.360 no.6388 p.548-552, etc.

Pour connaitre tous les emplacements d’Art rupestre au Maroc, consulter le site prehistoire-du-maroc.com de Jacques Gandini, auteur de nombreux guides 4X4 Les pistes du Maroc aux éditions Serres. Vous trouverez aussi une liste de toutes les recherches archéologiques en cours au Maroc sur le site de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine.

Rabat_RevueNature2017Rabat_CongresArcheo

HUBLIN J-J et al. (juin 2017). «  New fossils from Jebel Irhoud, Morocco and the pan-African origin of Homo sapiens »  revue Nature no.546 juin 2017 p.289-292  avec  images de reconstitution du plus ancien Homo sapiens découvert à Jebel  Irhoud au Maroc à partir de tomographies informatisées provenant de différents fossiles.

Découvertes d’Émile Ennouchi en 1961 à celles de Jean-Jacques Hublin en rimes sur thewire.in.

Et notez que le prochain Congrès de l’Association PanAfricaine d’Archéologie
se tiendra à Rabat du 10 au 14 septembre prochain.
Programme préliminaire

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