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Sci-Art Mondes Parallèles

21/04/2021

 

Mondes parallèles – colloques en ligne et ateliers du 24 avril au 21 août
Par Convergence Initiative et le Musée des Beaux-Arts de Montréal

Convergence initiative est une organisation fondée en 2016 par Cristian Zaelzer dédiée à l’avancement des connaissances en neurosciences et en art et à la promotion de la pollinisation croisée entre ces deux disciplines. À cet effet, l’Association canadienne des neurosciences lui a décerné un Prix en 2020. Leur site web décrit chacune des nombreuses activités organisées par Convergence initiative avec leurs divers partenaires et vous pouvez vous inscrire à leur blogue afin de rester au courant des évènements à venir. Le prochain, intitulé Mondes parallèles se fera en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal et sera accessible à tous via la plateforme Zoom. Cinq invités discuteront de leurs recherches en lien avec un pigment en particulier ou autour de la perception des formes et couleurs avec un guide-bénévole du MBAM qui en profitera pour présenter des œuvres de la collection en lien avec la thématique. Le public en ligne pourra ensuite interagir avec eux lors d’une période de questions. Tandis que la semaine suivante, des ateliers animés par des artistes en arts visuels sont prévus. Voici un aperçu du programme et pour en savoir plus consulter le site convergenceinitiative.org.

Vantablack considéré le noir le plus noir du monde, est un revêtement conçu à partir de nanotubes de carbones absorbant presque la totalité de la lumière. Les droits légaux du Vantablacka dans le domaine artistique ont été achetés par Anish Kapoor. Vanta est l’acronyme pour Vertically Aligned NanoTubes Arrays.

Cramoisi ou crimson en anglais est un mot dérivé de quirmiz en arabe, cremesin en vieil espagnol signifiant venant du kermès soit une famille de cochenilles parasitant le chêne tout comme le rouge de cochenilles, qui  lui provient de celles choisissant comme hôte des cactus.

Uranium À partir du minerai broyé et traité on obtient une pâte jaune appelée Yellow cake qui doit ensuite passer des étapes de conversion et d’enrichissement avant d’alimenter les réacteurs nucléaires. Quoique très toxique, le pigment obtenu a toutefois été utilisé depuis des décennies pour la fabrication de verre et de céramique.

YinMn aussi appelé Bleu d’Oregon ou Bleu de Mas en référence au chercheur de l’Université de l’Oregon ayant découvert en 2009 ce pigment inorganique composé d’Ytrium, Indium et de Manganèse. Il vient toutefois d’être approuvé par l’Agence Américaine de protection de l’environnement et se retrouvera sur le marché à un prix très onéreux.

Alexa 488 est un fluorochrome de couleur verte dont l’émission maximale est obtenue lorsque excité à 488 nm. Il est fréquemment utilisé pour observer l’actine et la tubuline en microscopie.

Samedi 24 avril 17h30 
Un monde sans couleurs – troubles de perception des couleurs
Avec Marie-Josée Daoust du MBAM et le neuroscientifique Patrick Cavanagh
co-auteur de The Visual World of Shadows aux éditions MIT Press 2019, 409 p.

Atelier avec Bettina Forget le dimanche 2 mai
Analyse de la perception de lumière et de l’obscurité en abordant la prosopagnosie ou cécité des visages et l’akinétopsie i.e. cécité des mouvements. La sci-artiste Bettina Forget est aussi directrice de la Galerie Visual Voice et du programme d’artiste en résidence de l’institut SETI.

Samedi 15 mai 13h
La couleur de passion – couleur, une construction sociale
avec Louise Gauvreau du MBAM et la neuro-esthéticienne Dwaynica Greaves
Également poète et blogueuse https://dwaynicagreaveshq.squarespace.com/blog

Atelier avec Darian Goldin Stahl le dimanche 23 mai
Examen des liens linguistiques avec les couleurs et les évocations sensorielles entre les mots et la vision. Elle partage dans cette entrevue sa récente expérience Sci-Art au laboratoire de fertilité de l’Université McGill.

Samedi 19 juin 13h
Empoisonné par la couleur – neurotoxicité et colorants
Avec Christiane Hudon du MBAM et le chimiste Oskar Gonzalez Mendia
Auteur d’un livre sur les éléments chimiques dans le monde de l’art intitulé Por que los girasoles se marchitan ? ou Pourquoi les tournesols se fanent-ils ? aux éditions Calamo 2020, 240 p. et du blogue en espagnol KimikArte.

Atelier avec Laura Rosero le dimanche le 27 juin
Recherche de couleurs dans votre cuisine ou ailleurs à la maison et fabrication de peinture avec matériaux inusités. Elle est designer et participa en 2019 avec l’Université Concordia à la production de visuels déclencheurs pour EEG.

Vendredi 16 juillet 17h30
Images dans les nuages – Paréidolie
Avec Sylvie Douyon du MBAM et le neuroscientifique cognitif Karim Jerbi
Qui n’est pas à sa première collaboration Sci-Art; Il y a quelques années il participa à un projet de la cie Les Sens des mots en collaboration avec l’INSERM de Lyon et la dramaturge Sabryna Pierre pour la création de la pièce de théâtre Swan song ou La jeune fille, la machine et la mort publiée dans la Collection Binôme aux éditions Solitaires Intempestifs.

Atelier avec Antoine Bellemare Pépin le samedi 25 juillet
Applications pratiques et créatives en lien avec la science de la paréidolie. Après une maitrise au BRAMS – Laboratoire international sur le Cerveau, la Musique et le Son avec Isabelle Peretz, il poursuit son doctorat à l’Université Concordia sur un projet en lien avec la créativité, les signaux électrophysiologiques et les compositions algorithmiques.

Vendredi 13 août 17h30
Un fluorescent fantôme – L’Utilisation de molécules fluorescentes en neuroscience
Avec Madeleine Colaco du MBAM et Melina Jaramillo Garcia la coordonnatrice de la plateforme du Centre de Recherche Douglas en Microscopie Moléculaire et Cellulaire.

Atelier avec Jihane Mossalim le samedi 21 août
En utilisant la protéine fluorescente verte (GFP) comme exemple, exploration de l’utilisation de la couleur comme outil pour détecter des éléments qui pourraient être très difficiles ou impossibles à voir à l’œil nu. Elle aborde dans ses œuvres la mémoire individuelle & collective et dirige les beaux-arts de l’Initiative Convergence.

 

Voir aussi sur le blogue Arts & Sciences tous les articles en lien avec le Bio-Art ainsi que la diapo du mois sur la GFP, un exemple de paréidolie sur un tableau du XVIe siècle, Yamou pour son utilisation du carmin de cochenilles  et évidemment la série Histoire d’une couleur – des origines à nos jours de Michel Pastoureau aux éditions Seuil 2020 – Noir, Rouge, Jaune, Bleu et Vert  ou à l’émission Hors Champs sur France Culture.

Abbès Saladi 2/2

10/04/2021

À gauche – page du catalogue d’Abbès Saladi et détail d’une œuvre de l’artiste
À droite – fossiles d’archéopteryx de la période jurassique découverts en Allemagne
et d’un Confuciusornis sanctus mâle du crétacé inférieur provenant de Chine.

Le catalogue de cette exposition de la Banque Centrale du Maroc comprend de magnifiques dessins féériques d’Abbès Saladi et des textes signés par Benyounes Amirouche, Abderrahman Benhamza, Jean-François Clément, Abdelhah Diouri, Moulim El Aroussi, Farid Triki, ainsi que Jean-Michel Bouqueton pour la préface. Outre une flore luxuriante et une faune fourmillante d’insectes, scorpions, crustacés, poissons, tortues, chevaux, etc. qui traversent l’œuvre de Saladi, vous remarquerez la présence d’oiseaux sous formes multiples – humanisés, mammiférisés, reptilisés ou gigantisés, au corps de paon, colombe, pigeon ou échassier avec ou sans aigrette, ailes latérales ou caudales, comme l’observe Jean-François Clément dans un ouvrage non publié. Dans cette même étude, il remarque les similitudes entre l’oiseau-reptilisé de Saladi et l’archéopteryx considéré comme l’ancêtre des oiseaux. Les plus anciens fossiles d’archéoptéryx (qui signifie « ailes anciennes ») ont été préservés dans le calcaire de Solnhofen en Bavière et présentent des caractéristiques mi-oiseau mi-reptile. De l’oiseau les plumes, les clavicules fusionnées formant la furcula et un hallux ou première phalange pointant vers l’arrière tandis que du reptile il a en commun des dents au lieu d’un bec, un sternum plat et non un bréchet ainsi qu’une longue queue composée d’une vingtaine de vertèbres sans la présence d’un pygostyle. Ryan Carrey et son équipe de l’Université de la Floride du Sud, viennent d’ailleurs de démontrer que la plus ancienne plume fossilisée trouvée en 1861 appartient bien et bel à l’archéoptéryx Scientific Reports 2020 vol.10. Pour en savoir plus sur les capacités à voler ou non de l’archéoptéryx, lire le dossier de cinq pages sur futura-sciences et le no. 146 du magazine Géosciences 2018 sur les oiseaux-fossiles pour une analyses des fossiles chinois révélant une vaste radiation évolutive des oiseaux mésozoïques.

Notez que de nombreuses fouilles archéologiques ont lieu au Maroc et parmi les plus récentes découvertes on compte celles des stromatolithes de 570 millions d’années dans la région de Ouarzazate, résultant d’activités microbiennes dans des conditions extrêmes ainsi que celles du premier dinosaure aquatique découvert dans le monde soit le Spinosaurus aegyptiacusNature 2020 no.581 p.67-70 et d’un dinosaure à bec de canard de la famille des Lambeosaurinae et d’un lézard aux dents de requin surnommé Xenodens calminechari. Tous deux découverts dans un gisement de phosphate et qui auraient pu se retrouver sur des dessins de Saladi. De même pour le ptérosaures à bec long soit Leptostomia begaaensis découvert à Jebel Begaa, près de Merzouga, sur le plateau des Kem Kem et Afrotapejara zouhrii , nom donné en hommage au paléontologue marocain – Cretacious Research 2021 Vol.112, 118 et 123.de plus, la Royal Society a publié en début d’année, la découverte du fossile Cantabrigiaster fezouataensis de la plus ancienne étoile de mer dans les argiles de Feouzata à Zagora – Biol. Lett. 2021 vol.17 no.1. Finalement, le documentaire –  Homo sapiens – les nouvelles origines 2020 d’Olivier Julien par ARTe avec Abdelouahed Ben-Ncer, Jean-Jacques Hublin, Shannon McPherron, Daniel Richter, etc. – relate la découverte du plus anciens fossiles de l’Homo sapiens à Djebel Irhoud au sud-est de Safi qui a fait la une de la revue Nature 2017 no.546. Il est d’ailleurs déplorable que l’on ait assisté dernièrement à de l’exportation clandestine de trésors géologiques, à des pillages de monuments funéraires à Aousserd et de fossiles dans la ville d’Erfoud comme le dénonce ce reportage de B.Delombre sur france.tv.

Voici un résumé du Plan national de la géologie 2021-2030

Voir aussi Géologie et autres merveilles du Maroc, Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat, Musée MMVI & bonnes adresses et Volubilis ainsi que le billet Galeries d’Art à Rabat pour les autres expositions en cours.

Précédent billet Abbès Saladi 1/2 – Rétrospective à la Bank El-Maghrib à Rabat jusqu’au 30 juin.

Abbès Saladi 1/2

10/04/2021

L’exposition en cours à la Bank Al-Maghrib nous donne l’occasion de connaître un artiste marocain singulier – Abbès Saladi (1950-1992) à travers des dessins à la gouache, l’aquarelle, l’encre de chine et quelques estampes. On reconnait d’emblée l’univers de Saladi avec sa faune et sa flore fantasmagoriques, ses personnages mythologiques, ses corps métamorphosés, ses anges féminins aux seins nus, ses embarcations, ses sols carrelés, ses zaouïas et la place Jemaa El Fna. D’ailleurs, il porte le nom d’un des sept saints de la ville ocre où il passa la majeure partie de sa vie. Le monde onirique de Saladi est bien plus réel qu’il ne parait, car il raconte de manière symbolique sa vie, ses angoisses et ses traumatismes. Mais, contrairement à plusieurs autres artistes inspirés tout au long de leur vie par la maladie et la mort, Saladi s’exprime de manière plus optimiste avec des couleurs vives – « On dessine, pour donner à goûter un peu de beauté aux autres. » disait-il. La peinture lui a certainement permis de surmonter ses années de deuil, de séparation et de maladies. Il a longtemps souffert d’épilepsie et fut hospitalisé à plusieurs reprises de son propre gré. Dans plusieurs de ces établissements hospitaliers l’artiste a eu l’occasion de faire des fresques ou d’accrocher ses dessins. À l’hôpital Ar-Razi à Salé ce sera le Dr Taïeb Chkili qui lui fournira le matériel afin qu’il puisse pleinement s’exprimer.  Quelques années plus tard à l’hôpital Ibn Nafis de Marrakech, ce sera au tour du Dr Abdallah Ziouziou de remarquer le talent de Saladi au point de collectionner ses œuvres. Abbès Saladi fit d’ailleurs des murales dans chacun de ces deux hôpitaux ainsi qu’à Berrechid au sud de Casablanca, où travaillait aussi Dr. Ziouziou. L’artiste décède malheureusement, à l’âge de 42 ans, d’un AVC lié aux antidépresseurs ou aux anticonvulsivants, voire même à des médicaments hypoglycémiants. L’Association Chams a d’ailleurs nommé en son honneur, une salle dédiée à l’art thérapie à l’hôpital Ibn Nafis. À voir aussi sur le site Arts & Sciences, les billets en lien avec L’Art thérapie ou L’Art brut, mais aussi, par exemple, le Musée d’Art brut de Lausanne ou les Collections de Stadshof et Decharme et se rapportant à l’art en milieu psychiatrique celle de la Collection de l’Hôpital Sainte-Anne à Paris.

À travers cette Rétrospective d’Abbès Saladi, le visiteur est invité à écouter en arabe et en français, une vidéo de témoignages très touchants de personnes ayant connu cet artiste hors du commun. Par exemple : Abdellah Diouri, Pauline de Mazières, Mohamed Jbyah, Claude Marcoux, Nourredine Daif Allah, Richard Nelson, Abou Fattah Marrakchi, etc. Dans une autre vidéo, Abdellah Diouri commente la composition et les symboles d’une des œuvres de Saladi. Rappelons que dans le cadre du 2e Festival de vidéo art à Casablanca en 1995, Mounir Fatmi et Pierre-Jacob Colling se sont mérités le premier prix pour L’Alphabet rouge titre éponyme d’un poème de Serge Pey en hommage à Abbès Saladi qui, avec son imagination foisonnante, avait inventé une écriture, dont un extrait ci-haut est présenté dans l’exposition. Selon Jean-François Clément, chercheur et auteur de nombreux ouvrages, ce texte crypté, que l’on retrouve dans certains de ses dessins, n’est toujours pas déchiffré mais comprendrait des lettres similaires à celles d’Ibn Wahshiyya (1er siècle EC), connu pour avoir décrypté les hiéroglyphes égyptiens, huit siècles avant Champollion. En fin de parcours, sont également exposés quelques contes ou poèmes illustrés par l’artiste tels que Le luth brisé des Omayyades de Jamila Lahlou aux éditions Edino 1985. Abdellah Zrika, pour qui il fit l’illustration de son recueil Tffâh’at al-Muthallath ou La pomme du triangle, réédité sous le titre de Bougies noires aux éditions La Différences, a dit de Saladi : « Il a énormément vécu, deux fois au moins. Il est mort dans son corps éphémère, pour que l’absolu qu’il portait en lui demeure en éternelles splendeurs, et pour que ses œuvres après lui puissent conter et illustrer mille et mille vies. »

À voir aussi le vernissage de l’exposition sur lematin.ma, l’article d’Olivier Rachet dans la revue Diptyk et celui d’Abdejlil Lahjomri «  L’ailleurs des souffrances émerveillées de Abbas Saladi » en trois parties sur quid.ma.

Saladi – Art & Paléontologie dans le prochain billet…

Hassan Bourkia au Comptoir des Mines

12/03/2021

Page couverture du catalogue Bourkia – Au nom des miens et Itinérance III 2020 de Hassan Bourkia

Le catalogue Au nom des miens vous permettra de découvrir Hassan Bourkia, malgré que l’exposition au Comptoir des Mines de Marrakech est déjà terminée. La commissaire Imane Barakat a pu profiter de ce formidable centre d’art à plusieurs étages et aux salles multiples pour sillonner à travers les dédales douloureux, poétiques ou nostalgiques de cet artiste originaire de Béni Mellal. Dans le catalogue disponible sur le site de la galerie, les magnifiques poèmes de Reda Zaireg accompagnent les œuvres de l’artiste. En introduction, Hicham Daoudi dévoile que « les cicatrices lisibles sur ses œuvres sont d’abord les siennes, inscrites dans sa mémoire, et l’oxydation apparente de certains matériaux est avant tout la métaphore qu’il utilise pour aborder l’altération de ses propres souvenirs ». De plus, un texte d’Alexandre Colliex explique l’importance des mots et des choses pour cet artiste qui est également traducteur, auteur et avides lecteurs de poètes & philosophes tels que Rûmî, Dickinson, Nietzsche, Baudelaire, Rilke, Bachelard, Pessoa, Walter Benjamin , Borges, Pavese, Cioran, Badr Chaker al Sayyab, Ingeborg Bachmann,  Juan Goytisol,  Paul Celan, Mahmoud Darwich ainsi que des écrits de l’intellectuel marocain Edmond Amran El Maleh. Ils ne manquent d’ailleurs jamais l’occasion de leur rendre hommage comme, tout récemment son installation à la BienalSur en l’honneur de Jorge Luis Borges. Vous trouverez une description de l’œuvre intituléeExodus libraryou La bibliothèque de l’Exode dans la revue Diptyk. Pour en savoir plus sur Hassan Bourkia –  son parcours, ses œuvres, ses inspirations, ou ses matériaux chargés de symboles & de mémoires visionner le film de Walid Ayoub et lire Lettre à moi-même : Biographie d’une œuvre que vous retrouverez dans le catalogue de l’exposition.

Au sein de ces décombres, tu as choisi ton matériau, façon comme une autre de faire l’éloge.
Tu as placé l’existence dans les ruines, « non, comme le dit Walter Benjamin, pour l’amour des ruines,
mais pour l’amour du chemin qui se fraie un passage au travers. » – Hassan Bourkia

Extraits de Lettre à moi-même : Biographie d’une œuvre de Hassan Bourkia et Nuits d’amour 2020 de Hassan Bourkia avec ampoules, fils électriques et câbles métalliques 266 x 162 cm, Équilibre 2017, Communication 2016 tirés du catalogue Au nom des miens – Comptoir des Mines de Marrakech

Lors de votre prochaine visite à Marrakech, profitez-en pour déjeuner au restaurant Azalai Urban Souk le midi, prendre un apéro au bar à vin 68 et finir la soirée au Baromètre – tous trois dans le quartier Guéliz près de la galerie et plus de bonnes adresses sur luxurylife.ma. Autres billets sur ce site, d’expositions antérieurs du Comptoir des Mines, du MACAAL et de la Foire 1-54 de 2019.

Notez que l’exposition Horizon Oblique de Mahi Binebine
se poursuit au Comptoir des Mines de Marrakech jusqu’au 30 mars
Et qu’au MACAAL débute Outsiders/Insiders ?  sur les peintres d’Essaouira jusqu’au 25 juillet.

Médecine arabe et tunisienne

04/02/2021

Retour sur la médecine arabe et tunisienne
https://www.facebook.com/LaboAsylliaPolla
Cycle de conférences – gratuit et en ligne
Organisé par le Laboratoire Asyllia Polla
Université Mahmoud el Materi
Jusqu’au 21 juillet 2021

 

 

Comment a évolué la médecine, entre acquisition d’un savoir et apprentissage d’une pratique ? Comment a évolué la distinction du normal et du pathologique ? Quelles étaient les catégories de soignants et quel était leur statut (médecin, droguiste, sage-femme, auxiliaires, etc.) ? Comment, dans le monde arabo-islamique cette discipline était pensée, pratiquée, transmise ? Quelles étaient les politiques menées en matière de santé, quelles étaient les structures habilitées à délivrer des soins, que renfermaient les premiers hôpitaux, les bimaristāns (maison des malades en persan), et comment ils ont évolué avec le temps ; comment se transmettait le savoir médical, y avait-il un enseignement, les praticiens étaient-ils des transmetteurs ?

N.B. L’mage sur l’affiche est tirée d’une miniature d’Avicenne ou Ibn Sina (908-1037) médecin & philosophe auteur d’une encyclopédie médicale en cinq volumes intitulée Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb ou Canon de la médecine.

Laboratoire Asyllia Polla de l’Université Mahmoud el Materi
Programme du cycle de conférences 2020-2021 en ligne

20 janvier
Conférence inaugurale – Pour une nouvelle lecture de l’histoire des sciences de la vie et de la santé  par Mme Meyssa Ben Saâd – coordinatrice du pôle recherche & innovation de l’Université Mahmoud el Materi et historienne des sciences.
10 février
La médecine dans la Carthage antique : Abdeschmoun, serviteur d’Esculape par Dr. Chedlia Ben Youssef – médecin phytothérapeute, directeur de la Clinique de Carthage, historienne, vice-présidente et trésorière de la Société tunisienne d’histoire de la médecine et de la pharmacie.
3 mars

Nouveaux regards sur l’oeuvre Al-djudari wa al-ḥaṣba ou la variole et la rougeole, de Rhazès Mohammad Zakariya al-Razi (865-925) par Dr. Mehrnaz Katouzian-Safadi – chargée de recherches CNRS, biochimiste et historienne des sciences.
31 mars
L’école médicale de Kairouan du IX au XIe siècle par professeur Ahmed Dhieb – médecin, membre fondateur et ancien président et secrétaire général de la Société tunisienne d’histoire de la médecine et de la pharmacie.
28 avril
Autour d’Aziza Othmana (1606-1669) de la fondation du bimaristān Al-Azzafine par Dr. Hamza Essaddam – médecin orthopédiste, professeur émérite à l’Université Tunis-El Manar et historien de la médecine tunisienne.
21 mai
Autour de Salem Eschadely (1896-1954) et les débuts de la psychiatrie tunisienne par Mme Kmar Bendana – historienne, professeure d’histoire contemporaine Université de la Manouba et chercheure associée à l’IRMC.
23 juin
Autour de Mahmoud el Materi (1897-1972), médecin et premier ministre de la santé de la Tunisie indépendante par Dr. Cherif Driss – chirurgien et ancien président de la Société tunisienne d’histoire de la médecine et de la pharmacie.
21 juillet
Conférence de clôture – Histoire de la médecine arabe et tunisienne ou comment le passé peut éclairer le présent par Mme Anne-Marie Moulin – médecin, historienne de la médecine, directrice de recherche émérite au CNRS et professeure associée à l’Université Senghor à Alexandrie (À confirmer).

Lectures en lien et ouvrages des participant.e.s

DAS R. Aileen (2020). Galen and the Arabic Reception of Plato’s Timaeus, Cambridge University Press, 320 p.

Coll. (2020). Anecdotes and Antidotes. A Medieval Arabic History of Physicians, Oxford University Press, 400 p.

BESSIS Sophie (2017). Les valeureuses – Cinq Tunisiennes dans l’histoire, Elyzad 228 p.
Elissa-Didon, Aïcha Saïda Manoubia, Aziza Othmana, Habiba Menchari  et Habiba Msika

BEN SAAD Meyssa (2021). La classification des animaux chez le savant arabe al-Ğāḥiẓ (776-868) : critères, arguments et place de l’homme dans la nature, Presses Universitaires de la Sorbonne et d’ici la parution à venir lire le chapitre dans  L’animal : un objet d’étude sous la direction de J.Orstel & M.Plouvier.

KATOUZIAN-SAFADI Mehrnaz  (2019). « Inhabited Lands and Temperaments : Observations and Therapeutic Solutions, the Views of Scientists and Medieval Physicians – Ğāḥiẓ (9th), Rāzī (9th–10th), Ibn Riḍwān (11th) » chapitre de Making Sense of Health, Disease, and the Environment in Cross-Cultural History: The Arabic-Islamic World, China, Europe, and North America, Springers pp. 209-238

BENDANA Kmar (2004). Biographies et récits de vie – Maghreb et vie sociales

CHERFI Driss (2012). Les petites histoires de la médecine, éditions Société des écrivains, 138 p.

BEN YOUSSEF Chedlia (2019). Abdeschmoun, serviteur d’Esculape de la Société tunisienne d’histoire de la médecine et de la pharmacie.

MOULIN Anne-Marie (2010). Le Médecin du Prince. Voyage à travers les cultures, Odile Jacob, 362 p.

 

Voir aussi Musée du Bardo à Tunis et d’autres références sur ce blogue sous Transferts des savoirs médicaux, Pharmacopée, Sciences à l’Institut du Monde Arabe à Paris ainsi qu’une peinture représentant les savants de la civilisation islamique et suivre Historiens de la santé – réseau de recherche en histoire de la santé.

Festival Mtl/Nouvelles Musiques 2021

01/02/2021

Festival biennal MNM Montréal Nouvelles Musiques du 18 au 28 février
Animé par Georges Nicholson

Cette 10e édition du Festival MNM Au-delà les frontières sera offerte gratuitement en ligne avec le Vancouver Inter-Cultural Orchestra dirigé par la cheffe Janna Sailor, le 333 ToutArtBel par Philippe Hode-Keyser, ainsi que Jean-Michaël Lavoie pour l’ensemble de percussions Sixtrum et l’ensemble de la SMCQ . On retrouvera au programme, des nouvelles créations de John Oliver, Farshid Samandari, Farangis Nurulla-Khoja, Rita Ueda et un nouvel arrangement de Pulau Dewata de Claude Vivier par Mark Armanini qui seront tous interprétées le 18 février. Le concert du 20 février, sera quant à lui consacré en souvenir de la fameuse collaboration du compositeur & chef d’orchestre Walter Boudreau avec le poète Raôul Duguay, donnant naissance en 1970 au groupe pluridisciplinaires l’Infonie. Les techniques avant-gardistes de György Ligeti (1923-2006) pour l’orgue se feront entendre dans Volumina le 27 février, décrite sur edmu.fr. Lors de cette 3e soirée, on aura la chance d’écouter une œuvre de la compositrice Ana Sokolović – récipiendaire l’année dernière d’un Prix Juno pour Evta signifiant sept en serbe dans laquelle chaque mouvement correspond à une des sept couleurs des chakras tout en étant associé à une note. Artiste en résidence 2021 pour l’Orchestre Symphonique de Montréal, sa commande pour Radio-France, T Rex pour orgue sera jouée en première mondiale le 7 février dans le cadre du Festival Présences. Jeu des portraits 1996 par ailleurs, rend hommage à quatre compositeurs québécois soit Rodolphe Martineau (Vagues), Jean-Papineau Couture (Vents), Claude Vivier (Chants) et Serge Garant (Plages). Finalement, la soirée se terminera avec Musique du feu de Gilles Tremblay (1932-2017) et Amuya de Serge Garant (1929-1986) signifiant neige épaisse et fondante  en dialecte Inuit et dont il existe des dizaines de mots pour la désignée en langues autochtones du Québec. Notons la sortie récente de l’ouvrage  de Robert Richard, dont on avait fait mention sur ce blogue de ses deux précédentes publications Claude Vivier et la machine désirante en 2017 et Éblouissement – Gilles Tremblay et la musique contemporaine en 2013. Cette fois-ci, il se concentre sur le rapport de Serge Garant avec L’offrande de Bach et de ses liens avec d’autres formes d’arts ou de concepts philosophiques comme par exemple la durée et le mouvement d’Henri Bergson, la dialectique d’Hegel, l’atonalité de Godard ou de l’émotion cause versus effet soit ouverte au lieu de close, le désordre de Pollock, etc. À plusieurs reprises l’auteur tissera des parallèles avec les sciences que ce soit l’esthétisme de Garant et les planètes en orbites du soleil p.143, ses compositions rappelant le Paradoxe de Zénon p.255 ou selon le principe de la suite de Fibonacci p.68-80.

La création musicale aux Québec 2014
Sous la direction de Jonathan Goldman aux éditions Presses Université de Montréal 408 p.

Serge Garant, mystique 2019 de Robert Richard aux éditions Varia groupe Nota Bene 342 p.
Et autres ouvrages du même auteur sur le site de l’éditeur.

« Le sérialisme lyrique de la Devinette de la guitare de Serge Garant » par Paul Bazin

dans la revue Circuit 2012 vol.22 no.2 avec extrait d’une partition du cycle Caprices
sur des poèmes de Federico Garcia Lorca traduit par P. Darmangeat.

Voir aussi sur le blogue Arts & Sciences tous les billets
en lien avec la Société de Musique Contemporaine du Québec.

Galeries d’art à Rabat

24/01/2021

Malek Sordo – Galerie Alyss’Art / Yassine Balbzioui – Kulte Gallery / Chaïba – Fondation CDG /
Leila Billon designer & artisans – Crédit Agricole / Azzeddin Doukkari – Galerie Nouiga /
Carte blanche à Fouad Bellamine – Galerie Abla Ababou

Outre l’exposition rétrospective de Fouad Bellamine au Musée Mohammed VI
et le nouvel accrochage au Musée Bank al Maghrib ainsi que
la rétrospective Abbès Saladi du 18 février au 30 juin
voici quelques expos en cours dans les galeries de Rabat.

Galerie Alyss’Art avec jardin à l’arrière Lu au Sa 10 à 13h et 15 à 19h
Chroniques du monde qui vient prolongation – exposition collective jusqu’au 13 février
Survol de l’exposition dans cette vidéo sur la page facebook de la galerie

Kulte Gallery – café et librairie également Lu au Ve 9 à 18h
Yassine Balbzioui – Meeting point jusqu’au 22 mars
Amina Rezki – Bêtes de scène dès le 29 mars
(N.B .Fermeture du 12 avril au 17 mai)

Le Cube Independant Art Room et librairie Me au Ve 14 à 17h
Exposition collective Archive(s) sensible(s) du 18 février au 26 mars
Echos avec six artistes à la rencontre de l’environnement du 8 avril au 25 mai
Lieu offrant également de nombreuses discussions avec des artistes divers et ceux en résidence.

Villa des arts de Rabat de la Fondation ONA incluant un jardin de sculptures Ma au Di 9h30 à 19h
Suivez la programmation sur le site web incluant des lancements de livres, discussions, expositions, etc.
Abderrahman Meliani jusqu’au 25 avril

Fondation CDG – Galerie d’art Espace Expressions Ma au Sa 13 à 20h
Hommage – Chaiba la magicienneVidéo du vernissage de l’exposition jusqu’au 15 mars
In-discipline le long du fleuve Congo du 9 avril au 29 mai

Galerie de la Banque Populaire Lu au Sa 11 à 18h
Design et Artisanat  – Kan Yan Mankan avec la designer Leila Billon et artisans du Maroc
Vidéo commentée par la directrice de la Banque Bouchra Berrada, la designer et une artisane.
Rafika Azzaoui, Fatime Zahra Morjani et Zineb Bennani-Smires
Dans le cadre de l’expo Peinture au Féminin du 4 mars au 15 juin.

Fondation Crédit Agricole pour les arts et le patrimoine rural

Z art Gallery – atelier de l’artiste Nourredine Ziyat à quelques pas de Kulte Gallery.

Galerie Bab Rouah – porte de l’enceinte Almohade construite en 1197 par Yacoub Mansour.

Galerie La découverte Nadira qui relève du ministère de la jeunesse et du sport. 

Galerie Mohamed El Fasi ou centre d’exposition du Ministère de la culture du Royaume du Maroc.

Galerie Abla Ababou dans le quartier Souissi près de l’Ambassade du Canada Ma au Sa 15 à 19h
Une nouvelle génération – Carte blanche à Fouad Bellamine jusqu’au 12 avril
Aperçu de cette exposition regroupant 14 artistes dans le précédent billet

Galerie Bab Oudaya à la porte Bab el Kébir construite en 1150 par Abdelmoumen

Galerie d’art Milouidi Nouiga dans la Casbah des Oudayas 05372-01175
Azzeddin Doukkari – Figures de l’ineffable jusqu’au 19 février
Hayate Jamal dès le 6 mars

Notez que ceci n’est qu’un petit échantillon et que les heures d’ouverture indiquées peuvent changer.
Il y a également de nombreuses galeries dans le quartier Agdal ainsi que les musées suivants déjà mentionnés sur ce blogue: Musée de l’histoire et des civilisations tous les jours de 10 à 18h sauf le mardi, Musée de la Bank el Maghrib du mardi au vendredi de 9 à 17h30, Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain MMVI tous les jours de 10 à 18h sauf le mardi et bonnes adresses à Rabat. Revoir aussi les billets de la Biennale de Rabat et du parcours artistique au jardin d’Essais.

Galerie Abla Ababou

21/01/2021

Exposition à la Galerie Abla Ababou prolongation jusqu’au 12 avril

Cette magnifique galerie d’Abla Ababou est située dans le quartier Souissi de Rabat. La galeriste, journaliste et auteure de Coup de lune 2008 aux éditions du Rocher, organise depuis 2007 des expositions et événements littéraires dans ce lieu lumineux derrière l’école Jacques Chirac et adjacent l’ambassade du Canada. Une partie de la galerie est consacrée également à des objets de designers de Karim Alaoui, Jonathan Amar, etc. et calligraphies de Tibari Kantour. L’exposition donnant carte blanche à Fouad Bellamine a été heureusement prolongée, afin de permettre à ceux qui étaient en vacances de la voir. Le Musée Mohammed VI de Rabat consacre d’ailleurs présentement une rétrospective à cet artiste dont les œuvres font partie de collections prestigieuses et qui se poursuivra jusqu’au 20 avril. Dans cette série de 4 vidéos, l’artiste raconte ses premières inspirations, son musée imaginaire puis ce qui l’a mené à privilégier le monochrome et introduire le parallélépipède & autres formes architecturales pour enfin atteindre enfin une certaine sérénité représentée par ses teintes de rose pastel mais après toutefois des séries plus austères telle les montagnes de cendre en écho à la guerre en Irak. Comme l’évoque le titre de l’exposition, Fouad Bellamine invite 14 artistes de la nouvelle génération en quête de sens dans une année particulièrement perturbante. Les sentiments de solitude par Sanae Arraqas, de morosité par Salah Tabi, d’anxiété de Deborah Benzaquen, de conditionnement par Youssef Ouchra se dégagent de ces œuvres. Mesures sanitaires oblige, Omar Mahfoudi ne manque pas de représenter ces masques faisant partie du paysage de cette pandémie. Voir aussi cet échantillon de CovidArt répertorié sur ce blogue il y a déjà presque un an.

1ère rangée: Omar Mahfoudi / Sanae Arraqas / Salah Tabi / Deborah Benzaquen / Youssef Ouchra
2e rangée: Outside my land – Said Afifi / Heritage Hyperphotography – Hakim Benchekroun /
 30 cm de Jerada – Mouhcine Rahaoui

Le plasticien et vidéaste Said Afifi est surtout connu pour ses installations numériques alliant art, science & technologie navigant dans des paysages éphémères ou d’architecture post-moderne.  Par ailleurs, c’est l’architecture du corps qu’il abordait dans sa série Donatella & chirurgie plastique en 2014 mais pour cette exposition, c’est l’architecture du paysage et le concept de mémoire qui émergent d’Outside my land 2020 après avoir été plongée dans les fonds marins pour Yemaya 2018 réalisée à partir d’une reconstitution en 3D de grottes par les techniques de photogrammétrie expliquée sur le site seascape.fr.

Mémoire & Architecture tout en poésie sont également les thèmatiques d’Hakim Benchekroun – architecte de formation, qui par de nombreuses actions, sensibilise les responsables et la communauté à la sauvegarde du patrimoine ou de ce qu’il appelle « les territoires de l’obsolescence ». C’est lui aussi qui dirige les entretiens ci-haut de Fouad Bellamine et qui a conçu la scénographie de ses 50 ans de carrière au Musée Mohammed VI. Parcourant tout le Maroc, il nous a fait également découvrir L’escalier céleste, de l’architecte allemand Hannsjörg Voth, situé dans le désert du Maroc près d’Erfoud, plus précisément à une latitude de 31°43’24.581 Nord et d’une longitude de 5°15’54.711 Ouest. On peut l’admirer dans toute sa splendeur divine grâce à la photographie en noir et blanc d’Hakim Benchekroun et en connaitre l’emplacement exact grâce aux titres des œuvres qu’il nomme sur son site d’après les coordonnées géographiques. La cité d’Orion selon la constellation et La spirale d’or à partir de la suite de Fibonacci sont deux autres sculptures d’Hannsjörg Voth au Maroc, décrites dans le magazine Agadir Première.

Les toiles peintes au charbon de Mouhcine Rahaoui soulèvent quant à elles d’importantes questions sur le respect des droits humains pour les mineurs qui mettent leur vie en péril. Dans un tableau de plus petit format, cet artiste fils de mineur rappel le rôle du canari, plus sensible que les humains aux émanations de monoxyde de carbone (et pas nécessairement du grisou selon travers-bancs.org), afin que les travailleurs puissent quitter à temps les lieux dès les premiers signes de détresse de leur compagnon en cage. Néanmoins, il existe dorénavant d’autres moyens efficaces de détection de gaz toxiques à l’intérieur des mines. Coal Rabbit 2020 quant à lui est en souvenir de la légende qui raconte que les mines de Jerada d’où est originaire l’artiste, soit à 60 km d’Oujda, ont été découvertes en 1920 par un garde forestier qui aurait suivi un lapin recouvert de suie. Voir aussi le documentaire en 4 épisodes de Green Blood 2020 de Jules Giraudat et Arthur Bouvart qui dénoncent les répercussions humaines et environnementales de l’exploitation minière sur trois continents. Dans le même esprit voici un extrait de recueil Cris du Maroc de Mohamed Aouragh (1957-2019) aux éditions Gap 2015, 114 p.

Les mineurs miraculés aujourd’hui / Des mines de Mibladen-Ahouli / Ne touchent que pensions de misère / Et comme prime la silicose assassine… // Les enfants des mineurs damnés / Restent toujours esclaves des galeries / Chaque jour au risque de leur vie / Continuent de creuser / Dans l’espoir de trouver / De précieux minéraux ou bien tomber / Un jour sur la perle souhaitée / Que d’intermédiaires négociants futés / Vendent en bourse ou à l’étranger /Garnissant leurs comptes / Sans remords ni honte / Édifiant leurs projets / Dans de lointaines contrées / Loin de leur région délaissée…

Voici six autres artistes de l’exposition Une nouvelle génération : Nour Eddine El Ghoumari / Morran BenLahcen / Najoua El Hitmi / Khadija Jayi / Abdellah El Haitout et Mo Baala – lire aussi Mo Baala  le petit prince de Taroudant.

Voir également sur ce site les billets sur les artistes marocains suivants : Mohammed El BazInaam ObtelGhizlane Sahli,  mounir fatmi,  YamouFatime Zahra Morjani  et  Adil Kourkouni.

Et le prochain sur les galeries d’art à Rabat…

Quarante à la Galerie Blouin │Division

03/01/2021

Attracteur Patrick Coutu / Les calculs #3 Yann Pocreau / Grande échappée XIV François Lacasse

Quarante à la Galerie Blouin │ Division jusqu’au 20 février

Quarante artistes en cette année, de quarantaine et de renouveau, propice à la création. Cette exposition est la deuxième célébration de la récente union du galeriste René Blouin & Pierre Trahan de la galerie Division, fondateur également de l’Arsenal – un centre d’art contemporain à l’étage du dessous dans le quartier Griffintown et qui servait d’hangar à bateaux à l’époque du chantier naval d’Augustin Cantin au XIXe siècle.

Voici 3 oeuvres d’artistes qui s’inspirent de phénomènes physiques, hormis celles de Rober Racine et Nicolas Baier dont on a déjà couvert leur travail sur ce blogue. La première à gauche, de Patrick Coutu en dit déjà long; depuis presque dix ans, l’artiste donne des titres à évocation scientifique à ses œuvres tels que Vortex,Vie et mort d’un système au départ aléatoire, Cristalmath, etc. ou géologique comme par exemple Flux  lors de l’exposition Natura Loci ou La Nature du lieu en 2018 commissariée par Paul Ardenne qui s’est poursuivie avec Roche-mère en guise de mémoire pour immortaliser les traces de l’érosion et du temps. Cette année en revanche, il touche à un phénomène beaucoup plus complexe qu’est la Théorie du chaos popularisée par la fameuse formulation d’Edward Lorenz se demandant si un battement d’ailes de papillon au Brésil peut causer une tornade au Texas ? Pour illustrer ses systèmes dynamiques, afin de prévoir la météo ou calculer la génétique des populations bactériennes, on utilise des modélisations mathématiques appelés attracteurs. Dans certains cas, ces attracteurs sont dit étranges lorsqu’ils ne ressemblent ni à une courbe ni à une surface lisse mais plutôt à un fractal comme celui que David Louapre décrit dans cette vidéo et qui s’approche de la sculpture en bronze ci-haut de Patrick Coutu.

Au centre ci-dessus, une impression numérique de Yann Pocreau qui a eu l’opportunité de faire une résidence d’artiste à l’Observatoire du Mont-Mégantic en 2018. Toujours intrigué par la manière dont la lumière interagit avec la matière, il fut comblé de pouvoir s’initier à la spectroscopie avec des appareils à la fine pointe de la technologie (FTS-Spectroscopie par transformée de Fourier, interféromètre de Fabry-Perot, Spectroscopie à longue fente). Les créations lors de cette résidence ont d’ailleurs fait partie de Merveilles célestes, une exposition conjointe avec Bettina Forget qui s’est tenue à l’Université de Montréal. Grâce au télescope de 1,6 m de diamètre et à la collaboration des équipes de l’OMM et du Planétarium de Montréal, Yann Pocreau a pu capter des images spectaculaires, voire même dresser une  Cartographie des trous noirs dans notre galaxie.  Quelques années avant, il s’était consacré au milieu hospitalier, et publie en 2020 l’ouvrage Œuvre processus sur le programme d’intégration de l’art à l’architecture en lien avec la construction du nouveau CHUM et dont l’exposition Patrimoines à la Galerie de l’UQAM fait également partie – résumé dans L’art au temps des stéthoscopes sur montrealcampus.ca.

Terminons avec une œuvre en acrylique de François Lacasse. L’exposition Étude poétique de la mécanique des fluides qui s’est tenue l’année dernière au Musée d’art contemporain des Laurentides fût le résultat de ses méticuleuses expérimentations et observations du phénomène de turbulence qui fascinait Léonard de Vinci. Ce sont ces tourbillons aléatoires crées par l’ajout d’un pigment blanc dans un mélange de couleur qui ont donné naissance à de Grande(s) échappée(s). Ci-dessous, Turbulence d’Uriel Frisch que l’on peut écouter en conférence sur un enregistrement de cet été sur canal-u.tv ainsi qu’une illustration de Leonard de Vinci tirée de Leonardo da Vinci’s Codex Leicester: A New Edition par Domenico Laurenza et Martin Kemp aux éditions Oxford University Press 2019 à l’occasion du 500e anniversaire de sa mort. Lire aussi le passionnant article Leonardo da Vinci and fluid mechanics d’Ivan Marusic et Susan Broomhall qui rappellent les rimes du mathématicien & météorologiste Lewis Fry Richardson d’après Siphonaptera de A. de Morgan dans A Budget of paradoxes paraphrasant en revanche des lignes de Jonathan Swift – On poetry : a rhapsody.

Big whirls have little whirls, That feed on their velocity;
And little whirls have lesser whirls, And so on to viscosity.”
Lewis Fry Richardson (1881-1953)

Autres artistes faisant partie de l’exposition, déjà mentionnés sur ce blogue

1ère rangée de gauche à droite : Carbazole de Nicolas Lachance / Les parenthèses enchantées de Valerie Blass / Actions speak louder than words de Caroline Monnet / Recognition de Rafael Lozano-Hemmer / La bête de Mathieu Beauséjour / Héritage sentimentale d’une peintre industrielle de BGL

Et ceux pour leurs œuvres en lien avec la science
2e rangée : Orbi de Martha Townsend / Histoire de la perle de Geneviève Cadieux / La Terre brille elle-même de Rober Racine / Fatras de Nicolas Baier / Canister Variations I d’Adam Bansata / Sporophore Phoenicopteri de Michel de Broin ainsi que Gathering sky de Nadia Myre

Voir aussi les billets sur deux précédentes expositions qui se sont tenues à la Galerie Division soit Automata dans le cadre de la Biennale Internationale d’Art Numérique (BIAN) en 2016 et Art Quantique.

« La chose la plus belle qui soit est le mystère de l’Univers… berceau de l’art et de la science » Einstein

Notez que l’exposition Rêver l’Univers par la commissaire Céline Neveux au Musée de La Poste à Paris a été prolongée jusqu’au 8 février et dans cette vidéo de présentation vous verrez en ordre d’apparition les installations de Philippe Baudelocque (2x), Félicie d’Estienne d’Orves, Laurent Fort (2x), Anaïs Tondeur, Nicolas Baier, Thomas Brummett, Patrick Bailly-Maître-Grand, Hugo Deverchère, Dominique Blais, Julien Mauve, Marina Gadonneix et David Spriggs.


Arts & Sciences – bilan 2020

30/12/2020

Voici les articles les plus lus sur le blogue Arts & Sciences, parmi ceux rédigés en 2020 :

Covid Art,    Yamou,   Exposition EMA’rt #LesYeuxOuVerts,    Inaam Obtel,  
Géologie et autres merveilles du Maroc,    Ghizlane Sahli,   Mohammed El Baz,  
Salon International de l’Édition et du Livre,    Bio-Art au Laboratory de Berlin,  
Fatime Zahra Morjani à l’Artorium  et  Pharm Fest.

Musée de l’imprimerie de Lyon, FIFA et Foire Papier de Montréal.

 

Le blogue Arts & Sciences fête ses 10 ans !!!
Vous trouverez les plus populaires articles depuis 10 ans dans les bilans antérieurs.
Bonne année à tous et que 2021 soit remplie de beauté, de respect, d’imagination et de découvertes !

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