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Biennale de Casablanca 2018

31/10/2018

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La porte de la mer 2018 d’Héla Ammar qui expose à la So Art Gallery  avec deux autres photographes de la biennale – Haythem Zakaria et Yoriyas Yassine Alaoui .


Récits des Bords de l’Eau – Biennale  Internationale de Casablanca jusqu’au 2 décembre
Carte des divers lieux d’expositions
Commissaire : Christine Eyenne

La 4e Biennale de Casablanca réuni des œuvres d’une quarantaine d’artistes internationaux autour du thème des Récits des bords de l’eau « métaphore d’espaces existant en marge de ce qui est considéré comme flux culturels principaux » tout en se penchant sur  « les interconnexions entre les îles et les relations de pouvoir existant avec les territoires continentaux ».  Pays au carrefour des différentes civilisations, langues, religions et cultures, le Maroc est aussi le lieu de naissance d’Ibn Battouta (1304-1377) un des plus grands explorateurs, dont l’exposition à Rabat Sur les traces d’Ibn Battouta « de Tanger au Caire et de Mogadiscio à Tombouctou » se poursuit jusqu’à la fin de l’année.  Tel un périple d’Ibn Battouta, la Biennale de Casablanca nous mène vers des contrées éloignées  à La Recherche de Libertalia des pirates malgaches par Shiraz Bayjoo jusqu’à la découverte de la culture Maori de la Nouvelle-Zélande (commissaire : Ema Tavola) et à l’interstice de l’Europe et l’Asie par une traversée du Bosphore dans une vidéo de Magda Stawarska-Beavan & Joshua Horsley. Les visiteurs pourront également voir une installation percutante d’Yohann Queland de Saint-Pern  rappelant les manifestations en Afrique du Sud contre la hausse  des frais de scolarité où on pourra lire inscrit en arabe « Le savoir c’est le pouvoir » de Francis Bacon et comme symbole de solidarité envers les peuples du Sud, Ahmed Ibrahim expose South South – fabriquée par des réfugiés d’un camp au Caire à partir de textiles provenant de différents pays.

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CasaBiennale_GillesAubry_BenSaintMaxent1ère rangée : Algues et dessins de Filip Van Dingenen 2e rangée : La Faucille et l’antenne de Gilles Aubry et Le Rorba de Ben Saint-Maxent à droite à la la Galerie Venise Cadre avec aussi Odyssey de Raphaël Barontini et Circulations d’Emo De Medeiros.

Présent lors des premiers jours de la biennale, Filip Van Dingenen a partagé avec passion ses recherches et sa participation au Sommet des algues qui s’est tenu l’année dernière. L’algue chou-fleur ou velvet horn (Codium fragile), l’algue à gouttière (Pelvetia Canliculata), la sargasse (Sargassum muticum), la dulse poivrée (Osmundia pinnatififida), la laminaire (Laminaria digitata) que l’on voit ci-dessus, font partie des algues qu’il utilise pour ses œuvres. Ils s’assurent lors de collecte de suivre soigneusement un manuel de récolte durable. Vous trouverez une fiche descriptive de chacune de ces algues sur le site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et la flore Subaquatiques –  doris.ffessm.fr. Les algues font aussi partie d’une installation de l’artiste et musicien Gilles Aubry à la Galerie Venise Cadre –  Unsound traces dans laquelle il associe ondes sismiques et traces de dinosaures disparus. Lire l’entrevue « À l’écoute de l’invisible » dans la revue d’art Diptyk févr-mars 2018. Dans le cadre de la Biennale de Casablanca, la galerie présente également une installation de Ben Saint-Maxent sur lequel est affiché un texte dont vous pouvez lire un extrait ci-dessus.

Liste des talentueux artistes marocains invités à la Biennale de Casablanca :

Abdessamad El Montassir (lire son projet de résidence à Marseille – Résistance naturelle sur l’euphorbe daghmous  qui s’est fait en collaboration avec des biologistes), Fatima Mazmouz (voir sur son site Petit musée de l’utérusMade in mode grossesse, Fœtus , Petit musée de l’utérus , Traumatisme crânien et Bandes pansantes, etc.), Yoriyas Yassine Alaoui, Mo Baala, M’hammed Kilito, Mehdi-Goerges Lahlou, Mohammed Laouli, Mehryl Levisse, Amine Oulmakki et Saïd Raïs.

Et autres sur https://www.biennalecasablanca.org/

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Les artistes de la biennale ont séjourné dans cette magnifique résidence d’artistes à Ifitry.

Salon du livre à Alger

29/10/2018

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Salon International du Livre d’Alger  – SILA du 29 octobre au 10 novembre
Au Centre d’exposition la SAFEX près de l’Hôtel Hilton

La Chine est l’invitée d’honneur au Salon du livre d’Alger. Durant tout le mois d’octobre, des commémorations se sont tenues afin de souligner les 60 ans de relations diplomatiques entre ces deux pays. D’ailleurs il y a une semaine, 60 musiciens de l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger se sont joints à 60 de l’Orchestre philharmonique du Grand Théâtre de Shenzhen pour un concert soulignant cette amitié, sous la direction d’Amine Kouider – Fondateur du Choeur philharmonique international et nommé Artiste de l’UNESCO pour la Paix en 1999. Le Salon du livre d’Alger a pour l’occasion invité Mo YanPrix Nobel de littérature 2012 qui avait dit lors de son discours « Tout ce que j’ai à dire, je l’écris dans mes œuvres. Les paroles qui sortent de la bouche se dispersent au vent, celles qui naissent sous la plume jamais ne s’effacent. J’espère que vous aurez la patience de lire un peu mes livres. » Notez que le Prix Nobel de littérature de 2000 a également été décerné à un auteur d’origine chinoise – Gao Xingjian pour « « pour une œuvre de portée universelle, marquée d’une amère prise de conscience et d’une ingéniosité langagière, qui a ouvert des voies nouvelles à l’art du roman et du théâtre chinois ». Voici les autres auteurs chinois qui participeront à une discussion animée par Mohamed Sari, le jeudi 1er novembre à 17h.

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YAN Mo (2018).Chien blanc et balançoire, éditions Seuil, 336 p. Traduit par Chantal Chen-Andro
Rencontre le mardi 30 octobre à 13h avec Ameziane Ferhani et Hamid Abdelkader

ALAI (2013). The song of king Gesar, Canongate, 400 p. qu’analyse W.Xiao et L.Pouchelon dans Impresssions d’Extrême-Orient 2017; son roman Les pavots rouges s’est vue décerné le prestigieux Prix Mao Dun 2000.

WENXUAN Cao (2010). Bronze et Tournesol, éditions Picquier, 288 p. Il est récipiendaire
du Prix Hans Christian Andersen 2016 et voir plus récents albums aux éditions Fei.

ZECHEN Xu (2018). La grande harmonie, éditions Philippe Rey, 810 p. résumé sur
En attendant Nadeau et autres romans sur le site de l’éditeur.

LIHONG  Zhao (2018). Douleurs, éditions L’Harmattan, 104 p.
Traduit par Fanny Fontaine et Zhang Ruling avec une préface d’Adonis.

Voir aussi sur ce site Le Ciel en fuite- anthologie de la nouvelle poésie chinoise de YongMing Zhai, un extrait du poème Silkworms de Zheng Min et d’un autre de Ai Qing – père de l’artiste Ai Weiwei. Lire aussi Ombres de chine comprenant douze poètes de la dynastie Tang traduit et commenté par André Markowicz aux éditions Incultes et suivre le blogue Voyage intemporel de Muriel Chemouny.

 

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Et quelques ouvrages d’auteurs algériens qui seront présents au SILA

KASSOUL Aïcha (2017). La colombe de Kant, éditions Casbah avec en page couverture
une œuvre d’Abdelkader Guermaz. Lauréate du Prix Littéraire de l’Escale d’Alger 2018
Mercredi 7 novembre à 15h30 enentrevue

SADOUN Mohamed  (2017). Débâcle, éditions Casbah, 430 p. Lauréat du Prix Mohamed Dib 2018
Mercredi 30 octobre à 15h

KHADRA Yasmina (2018). Khalil, éditions Julliard, 264 p.
Samedi 3 novembre 15h

BEY Maïssa (2018). Nulle autre voix, éditions de l’aube, 248 p.
Mardi 30 octobre à 17h Entrevue à l’Estrade

LAREDJ Waciny (2017). La maison andalouse, éditions Actes Sud, 464 p.
Samedi 3 novembre à 13h

MAGANI Mohamed (2018). L’année miraculeuse, éditions Chihab, 336 p.
Samedi 3 novembre à 17h

BOUDJEDRA Rachid (2017). La dépossession, éditions Grasset, 220 p.
Dimanche 4 novembre à 13h en entrevue

MATI Djamel (2016). Yoko et les gens du Barzakh, Grand Prix Assia-Djebar 2016
et son dernier roman Sentiments irradiés sur les essais nucléaires à Reggane en 1960.
Lundi 5 novembre à 16h Rencontre Sahara, je t’écris et avec plusieurs autres auteurs

HADI Aït Amine (2017). Nous sommes les survivants de l’Algéhenne,  éditions Edilivre, 42 p. Il est l’auteur de 2 recueils de poésie et d’un roman L’aube au-delà aux éditions Eden 2018, 200 p.
Mardi 6 novembre à 16h30 Table ronde Prix Littéraires – tremplins ou consécrations ?

EL-MAHDI Amèle. Une odyssée africaine – le drame de la migration clandestine
Vendredi 9 novembre à 15h

 

Voir sur ce site les billets Le Musée de l’Enluminure et de la Calligraphie, MAMA – Musée public d’art moderne et contemporainLes Musées d’Alger ainsi qu’un extrait de Diwan du jasmin meurtri – une anthologie de la poésie algérienne de graphie française aux éditions Chihab 2017, 367 p. et lire aussi Encyclopédie de la poésie algérienne 1930-2008 en deux tomes aux éditions Dalimen. Notez la prolongation jusqu’au 29 déc. de l’exposition Patrimoine Pictural
Au Musée public d’Art Moderne et contemporain d’Alger.

Scuola Grande de San Marco

22/10/2018

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Salle Capitulaire  à la Scuola Grande de San Marco à Venise

La Scuola Grande de San Marco est un hôpital à Venise avec jardin intérieur dont la façade a été construite à la fin du XVe siècle par le sculpture Pietro Lombardo, puis complétée par Mauro Codussi. Les superbes plafonds de bois incrustés ornés de dorures par Pietro et Biagio di Faenza, en valent à eux seuls la visite. Par contre, les tableaux originaux du Tintoret,  Bellini, Mansueti, Bordone, il Vecchio et son neveu Palma le jeune, sont aujourd’hui à la Galerie dell’Accademia et dans d’autres musées. La bibliothèque d’Histoire de la médecine est répartie dans plusieurs salles de la Scuola Grande de San Marco dont la Sala dell’Albergo ou hall de l’hôtel. La bibliothèque compte autour de 14 000 livres comprenant des traités d’Hippocrate, Galien, Pline, Avicenne et de médecins italiens tels que Fracastoro, Fallope, Mercurio dit Scipion, Berangario da Capri, Mattioli, ainsi que le célèbre poème épique Orlando Furioso d’Ariosto et deux incunables i.e ouvrages antérieurs à 1500 imprimés à peu d’exemplaires. Voici quelques images de ses trésors qui sont exposés à l’occasion d’une exposition intitulée Art, faith and medecine in Tintoretto’s Venice qui se poursuit jusqu’au 6 janvier.

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« Animating the body : The roles and reasons for anatomical study in the renaissance » par Cynthia Klestinec dans Art, faith and medecine in Tintoretto’s Venice aux éditions Save Venice 2018 avec une gravure de La Fabrique du corps humain d’André Vésale p.74-83. Le livre inclut également un chapitre sur la peste au temps du Tintoret par Jennifer Gear, les dessins anatomiques par Gabriele Matino, la chirurgie du XVIe siècle par Paola Savoia et sur les manuels de médecine à l’aube de l’imprimerie par Ilaria Andreoli. Deuxième rangée : Commentarii in libros sex Pedacii Dioscorides Anazarbein De medica materia de Pierandrea Mattioli (1501-1578) ouvert à la page du Pimpinella saxifraga ou Petit boucage pour laquelle ont lui attribuait des vertus contre la peste et une planche couleur tirée De Anatomia Musculorum Totius Corporis de Girolamo Fabrici d’Acquapendente (1533-1619). Des partitions du Selva Morale e Spirituale de Monteverdi (1567-1643) qui  furent chanté durant l’épidémie de la peste de 1630-1631 sont également exposées à la Scuola Grande de San Marco avec une note précisant que Dominico Tintoretto (1560-1635) incorpora un extrait traduit en langue vernaculaire dans un de ces tableaux. Ci-dessous un extrait sous la direction de Vincent Dumestre.

(Compte rendu de la série Venise Cité musicale partie I, partie II ou partie III par F.Filiatrault et voir aussi les billets sur la neuroanatomie dans les tableaux de Michel-Ange, les Sciences à Florence , les modèles anatomiques de Bologne et l’amphithéâtre de Padoue)


Visitez aussi la Bibliothèque nationale Marciana sur la place Saint-Marc avec la plus grande collection de manuscrits au monde dont 2800 incunables et qui présenta au public il y a quelques semaines, les étapes de restauration d’un magnifique globe céleste de Coronelli de 1689. Autres bibliothèques à Venise sur le site de theveniceinsider.com.

Ainsi que l’exposition permanente des machines de Léonard de Vinci à l’église San Barnaba, comprenant une quarantaine d’objets interactifs reproduits à partir de ses codex et une vidéo sur la vie de ce génie de la Renaissance.

Et pour terminer, quelques bonnes adresses : Se loger au Casa Jazz situé près du Campo Saint Angelo et du sympathique Bacaro da Fiore ou déguster un simple spaghetti  pomodorini accompagné de petites attentions du chef chez Acqua Pazza au Campo Stefano et sur le bigmammagroup.com vous trouverez cinq autres endroits pour prendre l’apéro et des cicchettis à Venise.

Notez que pour l’occasion du 500e anniversaire de naissance du Tintoret
se tiennent plusieurs autres expositions à Venise jusqu’au 6 janvier 2019
Palazzo Ducale, Gallerie dell’Academia et au Palazzo Mocenigo;
Une partie de ces oeuvres se retrouveront à Washington
du 10 mars au 7 juillet 2019. Et ne manquez pas
Éblouissante Venise ! au Grand Palais
à Paris jusqu’au 21 janvier.

Biennale de Venise & Environnement

21/10/2018

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Freespace – Biennale d’Architecture de Venise  jusqu’au 25 novembre
Commissaires : Yvonne Farrell & Shelley McNamara

« Freespace représente la générosité d’esprit et un sentiment d’humanité
au cœur des intentions de l’architecture, en mettant l’accent sur la qualité de l’espace lui-même. »
Extrait du Manifeste  Freespace

La 16e édition de la Biennale d’Architecture de Venise tire à sa fin alors pour ceux qui n’auront pas la chance de s’y rendre, voici quelques exemples d’installations en lien avec l’environnement. Les commissaires d’expositions se sont basés sur leur manifeste Freespace qui se termine avec ce proverbe «Une société devient grande lorsque les vieillards plantent des arbres sous lesquels ils savent qu’ils ne pourront jamais s’asseoir à l’ombre». Parmi les nombreux évènements en parallèle dispersés dans la ville, on retrouve les récipiendaires du Pritsker Prize de l’année dernière soit Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramon Vilalta pour leur projet RCR –  Dream and Nature ainsi que l’artiste sonore Bill Fontana avec Primal Sonic Visions en collaboration avec le IRENA International Renewable Energy Agency et aussi Borghi of Italy – NO(F)EARTHQUAKE qui vise à établir des sécurités parasismiques en Italie et à revitaliser les villages détruits par les séismes. Comme les années précédentes, les principaux sites de la Biennale s’étendent des Giardini ou jardins à l’Arsenal, qui vient du mot arabe Dar al sina signifiant atelier, qui inclut la Corderie bordée de colonnes sur 317 mètres de long et l’Artiglierie construit en 1560.

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Pavillon du Brésil – Walls of air
10 cartographies permettant de voir le monde selon différentes perspectives
Ex. Relation entre humains et écosystèmes naturels – jusqu’à quel point dérégler ?
Plus d’informations et photographies dans l’article de R. Baratto sur archdaily.com

Pavillon Nordique Finlande-Norvège-Suède – Another Generosity
Exploration de la coexistence symbiotique de la nature et l’habitat dans l’ère Anthropocène
https://www.lunden.co/research/another-generosity/

Pavillon de la Pologne – Amplifying Nature
The planetary imagination of Architecture in the Anthropocene aux éditions Zacheta, 183 p.

Mentionnons aussi  le Pavillon du Danemark  pour  sa présentation de matériaux innovants développés par le CITA – Centre for  Information Technology and Architecture et Mind – Building au Pavillon de la Finlande avec ses maquettes de 17 librairies dont la toute dernière de Helsinki Central Library Oodi qui offrira des espaces libres favorisant l’interaction et l’apprentissage.

Lauréats de cette 16e édition sur le site de la Biennale d’Architecture de Venise.

 

Autres choses à voir si vous êtes à Venise, dans le prochain billet …
Et relire les anciens sur le Guggenheim ou sur les conférences
de la série Venise Cité musicale partie I, partie II ou partie III.

Institut du Monde Arabe à Paris

26/09/2018

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Paris_IMA_CollectionMouchabariehs de la façade sud de l’Institut du monde arabe / Divers astrolabes & compas /
Inscription à l’encre sur une omoplate d’animal de l’artiste Mohamed Al-Hawajiri (2000).

Institut du Monde Arabe à Paris

L’institut du Monde Arabe à Paris a été conçu en 1987 par l’architecte Jean Nouvel, Gilbert Lézénès, Pierre Soria et Architecte-Studio qui en 2002 ont mis en lumière le parvis extérieur aux motifs géométriques en écho aux moucharabiehs de la façade sud. La moitié de ces 240 diaphragmes photographiques sont dotés d’un mécanisme leur permettant d’adapter leur ouverture selon la lumière du jour.  L’architecte Daniel Vaniche de l’agence DVVD et son équipe expliquent dans cette vidéo  le processus de rénovation qui sera complété cette année et dont le mécanisme sera moins énergivore – résumé par  V. Laganier sur lightzoomlumière.fr.

Les savants du monde arabe ont incontestablement marqué l’Histoire des sciences  et tout particulièrement entre le VIIIe et XIVe siècle considéré comme l’Âge d’or des Sciences arabes. L’Institut du Monde Arabe consacre donc une section aux sciences  et rappel sur leur site le rôle qu’ont joués les Maisons de la sagesse appelées  Bayt al-Hikma, dont la plus ancienne ouvrit ses portes à Bagdad en 832,  sous le règne d’al-Mamoun, et où ont été transcrit en arabe des ouvrages scientifiques du monde entier.

« Contrairement à ce que leur nom pourrait laisser supposer, l’origine des « chiffres arabes » est indienne, de même que l’usage du zéro ; mais ils sont passés en Europe par le biais des traités arabes, d’où cette appellation. Les termes français « chiffres » et « zéro » ont d’ailleurs la même origine : le mot arabe al-sifr, qui désigne ce qui est nul, vide, sans contenu. Le terme « algorithme » est quant à lui une déformation du nom du célèbre mathématicien al-Khwarizmi, auteur d’un ouvrage considéré comme le premier manuel d’algèbre. »

Parmi les objets exposés à l’IMA ont retrouvent une albarelle servant à conserver des produits médicinaux , des unités de distillation, des globes célestes, des compas, des quadrants, des astrolabes planisphériques signés par leur facteur, la mère d’astrolabe de Ja’far b. Umar al-Kirmânî, une copie du plus grand modèle persan connu ainsi qu’un traité d’al-Qalasâdi du XVIIIe qui développa le symbolisme algébrique, un manuscrit du XIIIe siècle de Syrie avec tables astronomiques et le traité du compas parfait permettant de tracer cercles, ellipses, paraboles et hyperboles d’al-Kuhi au Xe siècle.

Dans L’âge d’or des Sciences arabes aux éditions Le Pommier 2013, Ahmed Djebbar élabore de façon plus détaillée la contribution de savants arabes dans diverses disciplines  ex. en mathématiques al-Khwârizmî (VIIIe siècle), Abû l-Wafâ, al-Khayyâm, al-Mu’taman, Ibn Mun’im; en mécanique Banû Mûsâ (IXe), al-Jazarî, al-Murâdî, Ibn al-Fahhâm; en optique Ibn Sahl (Xe), Ibn al-Haytham, al-Farisi; en chimie Jabir Ibn Hayyan (VIIe), ar-Razi et al-Jaldakia ainsi que le fameux traité en pharmacopée d’Az-Zahrawi (XIe) et d’Ibn al-Baytar, etc.

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À la librairie vous trouverez ces ouvrages co-édités par l’Institut du Monde Arabe
Lumières de la sagesse : écoles médiévales d’Orient et d’Occident  2017
L’âge d’or des sciences arabes version 2005 Commissaire : Brahim Alaoui
La médecine au temps des califes – à l’ombre d’Avicenne 1996 Catherine Vaudour

Lire aussi sur ce site De Bagdad à Constantinople – Le transfert des savoirs médicaux
dans le cadre du colloque qui s’est tenu cette année à  l’Université de Reims Champagne-Ardenne
Ainsi qu’ Ulugh Beg –  L’astronome de Samarcande de Jean-Pierre Luminet  2015 dans lequel vous croiserez de nombreux autres savants tels le  Pytaghore de Samarcande ou le Ptolémée de l’oasis.
Et notez qu’Ahmed Djebbar donnera une conférence à  l’Institut Français de Casablanca
Les sciences arabes – une passerelle entre les cultures
Mercredi 26 septembre à 19h30

 

De plus, l’institut du Monde Arabe à Paris offre une panoplie d’activités à la croisée des cultures que ce soit les débats du jeudi, les rendez-vous de l’actualité une fois par mois, les rencontres économiques chaque trimestre ou colloques, spectacles et visites guidées à travers la ville. L’IMA abrite également des ruches  dont les abeilles  butinent principalement des marronniers, tilleuls, sophoras et robiniers-faux-acacias et pour en savoir plus sur l’apiculture urbaine visitez le site Apis Urbanica. Ci-bas, les expositions en cours à l’Institut du Monde Arabe incluant la Collection du designer Maurizio Galante qui a travaillé avec un atelier de couture et de broderie à Rabat de l’Association Marocaine des Enfants en Situation Précaire AMESIP suite à une rencontre avec Touraya Bouabid fondatrice de l’AMAT Association d’Aide Médicosociale aux Tuberculeux,  qui ne cesse d’apporter son aide aux organismes humanitaires – Lire l’article sur femmesdumaroc.com.

Paris_IMA_Encours
Abdulqader al Rais – rétrospective jusqu’au 21 octobre
Expo de la Collection Rabat-Cipango. Journal de bord jusqu’au 30 sept.
Le pinceau ivre – carte blanche à Lassaâd Metoui jusqu’au 30 septembre
Un œil ouvert sur le monde arabe – œuvre collective  qui se poursuit jusqu’au 6 janvier
Cités Millénaires – Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul jusqu’au 10 février 2019.

 

Ibn Battouta

21/09/2018

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Sur les traces d’Ibn Battouta « de Tanger au Caire et de Mogadiscio à Tombouctou »
Musée de la Monnaie de Bank Al-Maghrib à Rabat
Jusqu’au 31 décembre

Ibn Battouta ou Batutta  (1304-1377) est un des plus grands explorateurs de son temps. Il est né à Tanger et durant vingt-neuf ans, parcouru 120 000 km et traversa 44 pays, d’où son surnom du « Marco-Polo arabe » voire même « Voyageur du siècle ». Sur la carte ci-bas, vous pourrez constater qu’il alla aussi loin que Bamako au Mali, Kilwa en Tanzanie, l’Iran au Moyen-Orient et Peking en Asie. À son retour, il s’installa à Fès où le sultan Abou Inan lui confia comme scribe, le poète Ibn Juzayvi al-Kalbi, qui en 1355 termina la plus longue Rihla portant le titre de  « Précieux témoignage sur des pays exotiques et d’insolites voyages. »

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En plus de raconter les récits d’Ibn Battouta avec des descriptions très précises des rencontres, lieux et coutumes, Ibn Juzayvi se permet d’y insérer des poèmes décrivant les sites qu’il visita tout au long de son expédition. Vous pourrez lire sur le site remacle.org une partie de cette œuvre traduite par C. Defremery et B.R. Sanguinetti en 1858 et répartie en quatre tomes dans lesquels on retrouve des vers du poète syrien Al-Bohtori ou Buhturî, du poète persan Saadi ainsi que ceux qui suivent, décrivant si joliment la ville de Damas, les vents sur les eaux du Nil formant le canal de Tinnîs, et les norias sur le fleuve de l’Oronte qui constitue le système hydraulique à Hama en Syrie thème d’ailleurs de l’article de M. Al Dbiyat dans les actes des Vièmes rencontres internationales Monaco en 2009 et la Méditerranée portant sur la Gestion durable et équitable de l’eau douce en Méditerranée – mémoire et traditions, avenir et solutions.

« Damas est le grain de beauté de la joue du monde, de même que Djillik offre l’image de sa pupille langoureuse. Son myrte te présente un paradis sans fin, et son anémone une géhenne qui ne brûle pas. » – Arkalah eddimachhly elkelby

 « Puisque dans Hamâh le fleuve est ‘dey, comment n’imiterais-je pas sa rébellion, et comment ne boirais-je pas pur et sans mélange? Et pourquoi ne chanterais-je point près de ces roues hydrauliques, de même qu’elles chantent; et pourquoi ne l’emporterais-je pas sur elles à la danse, et ne leur ressemblerais-je pas dans l’action de puiser? Elles gémissent et versent leurs larmes ; et l’on dirait qu’elles se passionnent en voyant ces pleurs et implorent leur affection. » – Nour eddîn Abou’l Haçan Aly fils de Mouça

« Lève-toi et verse-moi à boire, tandis que le canal est agité et que les vents recourbent les aigrettes des roseaux. Les vents qui les penchent à leur gré, ressemblent à un amant qui s’est procuré, en guise de robes de soie, les rameaux des arbres. L’air est recouvert d’un manteau aussi noir que le musc, mais que les éclairs ont brodé d’or. » – Abou’lfeth fils de Ouakî

IbnBattouta_JordiSavallhttps://live.philharmoniedeparis.fr/concert/1046900/hesperion-xxi-jordi-savall-le-voyage-d-ibn-battuta.html

Terminons en musique avec Jordi Savall et son ensemble Hespèrion XXI au concert Le voyage d’Ibn Batutta présenté en deux parties à la Cité de la Musique à Paris en 2016. Programmes de la Partie 1 – Du Maroc à l’Afghanistan et de la Partie 2 –  De Damas en Chine  disponibles sur live.philarmoniedeparis.fr et qu’ils reprirent au Festival de Musiques Sacrées du Monde 2018 à Fès avec comme toujours des musiciens internationaux dont Driss El Maloumi au oud.

 

MuseeBankAlMagrhibEt au Musée de la Bank Al-Maghrib, vous trouverez bien plus qu’un parcours chronologique de l’Histoire de la monnaie et des billets de banque du Maroc de l’antiquité à nos jours; presque une centaine d’œuvres d’art de leur riche collection sont exposées en tout temps. De gauche à droite : Converging territories 2003 de Lalla Essaydi / Masque 2008 d’Yasmina Alaoui et Marco Guerra / La règle du jeu de Mohamed El BAz et au fond du corridor, Visage de ton Autre 2008 de Zakaria Ramhani. Visite virtuelle disponible sur http://www.bkam.ma/musee/Visite-virtuelle/360

Voir aussi sur ce site Musée de l’histoire et des civilisations, Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain MMVI et bonnes adresses à Rabat.

Être ici – Tanger

17/09/2018
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Tanger_Prodiges_YounessAtbane_SafaaErruas

De gauche à droite : Une partie de l’installation du collectif ProDiGes au Borj Dar Baroud à Tanger
et deux œuvres à l’ancienne prison du Mechouar soit celle de Youness Atbane dont vous pouvez visionner les performances sur son site web et Sphère du Oui et du Non de Safaa Erruas.

Être ici – Parcours artistique à Tanger

Quel magnifique circuit qu’Être ici ! D’une part pour se balader à travers la Kasbah de Tanger mais surtout pour découvrir des artistes très talentueux émergents et de renoms. Organisée par le collectif Ssilate, cette 3e édition regroupe 50 artistes toutes disciplines confondues réparties sur différents sites qu’ils s’accaparent et font revivre à leur façon. Dans la Maison Jnan Kaptan qui est  l’ancienne demeure de l’écrivain britannique James Chandler, la littérature était au rendez-vous avec des textes de Camilla Maria Cederna, Zoubeir Benbouchta, Farid Bentria et Stéphanie Gaou, tous accompagnés de musiciens tangérois. Par ailleurs, l’empreinte lugubre que l’ancienne prison de la Kasbah aurait pu nous laisser est complètement métamorphosée par la délicate et lumineuse installation de Safaa Erruas composé de fils de coton suspendus à une centaine de bouquet de gypsophiles – voir aussi Le livre de seringues 2012 et Coutures cutanées 2010.

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tanger_MaximeLeForestier_OthmaneBourhil

Ci-dessus, une fresque percutante de Khadija Tnana sur les abominables actes de violence qu’a subit cet été une jeune marocaine de 17 ans #noussommestouskhadija. Artiste militante les œuvres de Tnana critiquent la condition des femmes au Maroc et rappelons aussi que son œuvre Kamasutra conçu cette année pour le Centre d’Art Moderne de Tétouan fut censuré. En dessous, deux installations sur notre rapport aux règles d’une société conformiste telle que la nôtre, l’une avec la vanité Ovis aries MMXVII de Mathias Le Forestier et l’autre utilisant le langage géométrique de l’artiste multidisciplinaire Othmane Bourhil.

Et pour terminer, voici des œuvres d’Inaam Obtel s’inspirant de l’univers médical  & pharmaceutique ex. radiographies, échographies, microphotographies, comprimés, etc. et qui demeure particulièrement sensible au problème d’accès aux médicaments de qualité sur le continent africain. Pour en savoir plus lire le résumé du débat d’id4D 3/4/2018 Le médicament en Afrique, comment mieux répondre aux enjeux d’accessibilité et de qualité ? 

« Avec 13 % de la population mondiale, 24 % de la morbidité mais seulement 3 % de la production pharmaceutique mondiale et une majorité de médicaments contrefaits,
le continent africain fait face à un enjeu majeur de santé publique »

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Tanger_InaamObtel_pills

Site web de l’artiste – inaamobtel.com et sur Instagram – @inaamobtel.artiste

Dommage qu’Être ici ne fut que le temps d’une journée et qu’il faudra attendre 2020 pour la prochaine édition, mais si vous êtes de passage à Tanger, vous pouvez en profiter jusqu’au 16 décembre, pour faire un tour au Parc Perdicaris pour un trajet parsemé de LandArt (FLATTA 2018) décrit sur mapecology.ma et faire un tour à la Librairie Les Insolites pour l’exposition d’Aurèle Andrews Benmejdoub incluant des photos énigmatiques de la ville de Tanger.

Tanger_ParcPerdicaris

AureleAndrewBenmejdoub

Le bonhomme d’Abdelhafid Taqouarite / Araignée géante de Sanaa Alami au Parc Perdicaris à Tanger
Et site web du photographe Aurèle Andrew Benmejdoub
http://www.aandrewsbenmejdoub.com/fr/portfolio-39609-0-40-artwork.html

Et si vous vous demandez où dormir à Tanger ? Paul, Mohamed et Nora vous accueilleront chaleureusement au Dar Souran avec des chambres impeccables et une magnifique terrasse.

Data Design

10/09/2018
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Paris_DataDesign_La440Trillions of trees de Jan William Tulp en page couverture et Spectral Density Estimation d’Andreas Nicolas Fisher à partir d’un arrangement spatio-temporel des fréquences audio
de la captation d’un enregistrement du LA 3 à 440 Hz.

 

Dans le cadre de l’exposition 1, 2, 3 Data à la Fondation EDF, le commissaire David Bihanic vient de publier Data design – les données comme matériau de création aux éditions Gallimard. Ce livre, tout comme le parcours interactif qu’il nous propose, permet de réaliser non seulement l’ampleur du Big Data qui atteindra 163 zettabytes (163  X 10 exposant 21) d’ici 2025, mais aussi d’en apprécier son utilité. Chaque station nous présente une interprétation visuelle et créative de données, touchant des phénomènes sociétaux ou environnementaux, conçus par des équipes d’ingénieurs, informaticiens, data designers, etc.

Les capteurs des stations météorologiques, par exemple, peuvent servir aussi bien à la création d’une sculpture cinétique par David Bowen représentant des données sur l’oscillation de l’eau  et la réfraction de la houle d’une surface précise de l’océan Pacifique observée par  la National Oceanic Atmospheric Administration; ou à cartographier en 3D, la direction, la vitesse et la température des vents à l’aide du logiciel open-source d’Uber deck.gl développé par Nicolás Belmonte; ou à produire des peintures numériques animées par croisement de données de Refik Anadol et expliquées dans la revue Pour la Science de ce mois-ci par Loïc Mangin dans un article intitulé « Autant en emportent les données » 25/7/2018.

Paris_Data123_Meteorologie

Plusieurs agences proposent d’ailleurs des visualisations dynamiques de problématiques environnementales, telles Migration in motion traçant le trajet emprunté par les animaux à cause du réchauffement climatique,  Treepedia du MIT Senseable City Lab mesurant la densité végétale en milieu urbain ou ci-dessous, Earth insights de la firme montréalaise Ffunction qui confirme les effets dévastateurs de l’activité humaine et des changements climatiques sur la biodiversité des forêts tropicales.

 

Somme toute, le projet le plus sensoriel & délectable est sans contesté Data Cuisine, de Susanne Jaschko et Moritz Stefaner qui concoctent des gin tonics phosphorescents avec un nombre de billes représentant la population vivant à 30 km ou moins de quatre centrales nucléaires en Belgique, des gâteaux aux amandes selon deux techniques différentes afin de dénoncer les coupures de budget dans le domaine des sciences & technologies, différentes saveurs de chocolats belges pour chacune des principales causes de mortalité. Plusieurs autres, soit pour sensibiliser le public du manque d’électricité en région rurale au Mali, de la distance parcourue des aliments importés, du nombre de femmes en milieu académique de divers pays, de la corrélation entre le revenu des individus et leur exposition aux déchets dangereux, de l’effet de la hausse des températures sur la quantité de morue et de homard dans le Golf du Maine. Cependant, le Nobel du chocolat a pour but de mettre en garde le consommateur, de l’abus de corrélations fallacieuses dans le domaine des statistiques.

Paris_Data123_EmigrationSpain

Paris_Data123_cannabis

Ci-dessus : Emigration Fish et High sKale de Data-cuisine.net http://data-cuisine.net/

1, 2, 3 Data à la fondation EDF (Métro Sèvres-Babylone) jusqu’au 6 octobre
Voir aussi le site web de l’exposition  123data.paris

Musée du Bardo à Tunis

31/07/2018

Bardo_Virgile_FaienceMusa, mihi causas memora, quo numine laeso – Enéïde de Virgile (VIIIe vers)
Mosaïque du IIIe siècle au Musée du Bardo découverte dans une maison à Sousse et inscription souhaitant la bienvenue sur un panneau de faïence dans un Mihrab du XIVe  siècle de la ville de Tunis.


Musée national du Bardo à Tunis

Le musée du Bardo abrite la plus importante collection de mosaïques au monde. Les objets exposés ont presque tous été découverts en Tunisie. Sculptures, sarcophages, stèles funéraires, céramiques, monnaies, etc. font aussi partie des 101 pièces maitresses de la collection du Bardo que vous pouvez voir sur le site du musée. Certains de ces trésors  tels les danseurs achondroplasiques  ou les deux bas-reliefs en marbre représentant la remise d’offrandes à Asklépios et à Hygiéa proviennent des fouilles de l’épave de Mahdia, qui avait marqué l’histoire de l’archéologie sous-marine en 1907 sous la direction d’Alfred Merlin. Les recherches se sont poursuivies en 1943 avec un scaphandre autonome inventé conjointement par l’ingénieur Émile Gagnan & le capitaine Cousteau et les années suivantes par d’autres équipes.

Une des œuvres phares du Bardo est celle  de Virgile écrivant le VIIe vers de l’Eneide, entouré de Clio (muse de l’histoire) et de Melpomène (muse de la tragédie). Cette mosaïque se trouvait dans l’atrium d’une maison dans la ville de Sousse, autrefois appelée Hadrumetum. Vous reconnaitrez certainement aussi Ulysse résistant aux sirènes de Dougga qui a était souvent reproduite et d’autres illustrant la faune, la flore et des scènes de la vie quotidienne tels  une scène de pêche au lac de Bizerte, chasse à courre aux lièvres  d’El Jem,  jeux de cirque de Gafsa, déchargement de navire et pesée de la marchandise de Sousse. Dès l’entrée dans la salle d’Althiburos qui fut  à l’époque le salon de musique du Palais de Sadok Bey (1859-1881) on lève les yeux vers le plafond sculpté en bois et coloré de style italo-tunisien. Les mosaïques au sol et au mur sont tout aussi admirables – ci-dessous de gauche à droite : une couronne à cinq pointes avec deux feuilles de lierre et une dédicace aux Cereres divinités de la fertilité,  détails d’un lexique illustré de bateaux gréco-romains et d’une scène de banquet animé.

Bardo_Althiburos

Le Musée du Bardo est sans contester un trésor national que les Tunisiens surnomment le Dar Laâjaïeb soit la maison des merveilles. Outre ses fabuleuses mosaïques de la période romaine, la préhistoire, la période punique (IXe au IIe siècle AEC) et la civilisation numide (2 derniers siècles avant notre ère) sont bien représentées ex. un tumulus de pierre de 40 000 AEC qui constitue le sanctuaire moustérien dit Hermaïon de la région de Gafsa,  plusieurs objets de l’art capsien datant de l’épipaléothique telle une figurine anthropomorphe féminine d’El Mekta 6 400 AEC, déesse mère enceinte du VIIIe siècle AEC, un masque de rictus de Carthage du IVe AEC ou un vase Oenochoé anthropoïde IIIe AEC  évoquant la déesse mère découverte dans la Nécropole de Beni Asl à  Bizerte. Puisque la science du temps a toujours eu une place importante dans la culture islamique afin de déterminer le temps des cinq prières de la journée, les scientifiques de l’époque étaient encouragés à perfectionner les instruments de mesure. Ci-dessous, trois instruments du Musée du Bardo dont un astrolabe planisphère construit par Ibn Ibrahim al- Harrar au XVIIIe siècle. Notez que le Musée d’Histoire des Sciences à Oxford détient la plus riche collection d’astrolabes du monde entier que vous pouvez d’ailleurs consulter en ligne. Lire aussi « Les cadrans signés Ahmad a-Umarî »  de Fathi Jarray et Eric Mercier dans la revue de la Commission des cadrans solaires no.34 oct. 2016 p.69-89 ainsi que les articles suivants sur l’astrolabe de Kairouan par André E. Bouchard, le cadran solaire découvert à Carthage et un bref aperçu de « La gnomonique arabo-islamique entre antiquité et modernité »  par Denis Savoie et consulter le site de la Cité des Sciences de Tunis – http://www.cst.rnu.tn.

Bardo_Astrolabes

Bardo_Asklepios_HygieiaQuadrant solaire, astrolabes et de l’épave du Mahdia : naine dansant crotales à la main
et bas-reliefs d’offrandes à Asklépios et Hygiéia au Musée du Bardo en Tunisie.

 

Bardo_GiovanniPagniExposition temporaire
Antiquités d’Afrique au musée des Offices jusqu’au 30 septembre
Portrait du médecin et antiquaire Giovanni Pagni (1634 – 1674)
par Giovanni Stella. Ce médecin de Pise, dont on connait surtout
la correspondance avec Francesco Redi, fut envoyé à Tunis
dans le but de soigner Bey Mourad II et il en profita
pour monter une collection d’épigraphies
de l’époque punico-romaine.

 

 

À visiter en Tunisie : Le site archéologique de Carthage, Les ruines antiques de Dougga, La cité punique de Kerkouan, L’amphithéâtre d’el  Djem et autres sites archéologiques (Thuburbo Majus, Bulla Regia, Makhtar, Uthina, etc.) proposés par patrimoinedetunisie.com.

MAMA d’Alger

17/07/2018
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Alger_MAMA

MAMA – Musée public d’art moderne et contemporain d’Alger
Patrimoine pictural – prolongation jusqu’au 29 décembre

Le musée public d’art moderne et contemporain d’Alger a été inauguré en 2007 dans un bâtiment de style néo-mauresque, construit au début du siècle par dernier par l’architecte Henri Petit. L’exposition en cours,  présente dix-huit artistes faisant partie du Patrimoine pictural et comme l’écrit la commissaire Nadira Laggoune-Aklouche: « Les peintres algériens ont été acteurs et témoins de leur temps : la peinture contemporaine algérienne le montre par les conditions de son émergence, son ancrage dans le patrimoine, les questions qui l’impulsent (identité, authenticité,…) et les réponses qu’y apportent les peintres par leurs créations et parfois leurs écrit. ». Bien qu’aucune femme peintre n’y soit représentée, vous pouvez lire son article « Femmes, artistes, en Algérie » dans la revue Africultures 2011 no.85 p.20-27,  ou vous procurez à la bibliothèque du Musée les catalogues de deux expositions antérieures L’art au Féminin et African Women (Feriel Benmbarek, Elyasmine Hocine, Rahmoune Thileli,Kheira Slimani, Fatima Chafaa, Katia Kameli,  Amina Menia de nationalité Algérienne) ainsi qu’en librairie La femme artiste dans le monde arabe de Rita El Khayat aux éditions de Broca 2011, 184 p. incluant plusieurs artistes d’Algérie dont les chanteuses Reinettes Sultana Daoud et Fadhéla Dziria.

Ci-dessus, vous pouvez apercevoir deux œuvres de M’hamed Issialhem (1928-1985). L’explosion accidentelle d’une grenade lui fait perdre sa main gauche à l’âge de 15 ans. C’est à l’hôpital qu’on l’encourage de dessiner et il s’inscrit quelques années plus tard à l’École des beaux-arts d’Alger. À la fin de sa vie, il fut atteint d’un cancer et une fois la chimiothérapie terminée, il monta sa dernière exposition et exécuta son autoportrait de 1985 –  en page couverture d’un document du MAMA. Dans son article De l’art contemporain à Issialhem p.34-51,  Benamar Médiène rappelle que l’artiste écrivit alors ceci « Je dédie cette exposition réalisée sous chimiothérapie à tous ceux qui ont eu à subir les affres du cancer, et espère prouver par-là que l’homme peut et doit surmonter sa douleur ».

Sur la photo du MAMA à l’étage du dessous, Traversée de la mémoire de Lazhar Hakkar (1945-2013) connu pour sa série Hizya qui selon Afifa Brerhi, dépeint l’amour fou à l’instar du poème Majnoun (le fou en arabe) et Leïla – réf. p.23 du catalogue du MAMA. On constatera que nombreux sont les artistes de cette exposition à tisser des liens intimes avec la poésie. Outre la participation de Mohamed Bouzid et  Mohamed Aksouh à des expositions collectives animées par le poète Jean Senac, plusieurs artistes ont illustré des œuvres littéraires tel  L’enfant-jazz de Mohammed Dib par Rachid Koraïchi; Vision du retour de Khadidja à l’Opium d’Amin Khan par Abdelwahab Mokrani, Je m’en vais partir de Ben Mohamed par Slimane Ould Mohand qui offre d’ailleurs des ateliers aux patients souffrant de troubles psychiatriques; Pour ne plus rêver de Rachid Boudjera par Mohamed Khadda, etc.

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Diwan du jasmin meurtri – une anthologie de la poésie algérienne de graphie française, éditions Chihab 2016, 367 p. sous la direction d’Abdelmadjid Kaouah comprenant une centaine d’auteurs dont plusieurs sont également artistes tels  Denis Martinez, Hamid Tibouchi, Kamel Yahiaoui, et d’autres médecins Laâdi Flici, Samira Negrouche ou sage-femme dans le cas de Nadia Guendouz.

Lire aussi Les fondateurs 2015 ainsi que Abstraction et avant-garde 2016 d’une série de  six livres sur les peintres algériens  de Ali El Hadj Tahar aux éditions Alpha qui a également publié L’Encyclopédie de la poésie algérienne de langue française (1930-2008).

Vous trouverez la biographie de plusieurs artistes sur  http://www.algeriades.com

Voir aussi sur ce site Le Musée de l’Enluminure et de la Calligraphie et Les Musées d’Alger ainsi que ceux à venir sur le Jardin d’essai du Hamma et le Musée des beaux-arts d’Alger.

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