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Omar Ba, Ying Gao et autres au MBAM

29/08/2019

Afrique now, War junkie et catalogue de l’exposition Omar Ba – Same dream / Vision partagée 2019

Omar Ba – Vision partagée  
Commissaire : Nabila Abdel Nabi
Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 10 novembre

Le Musée des beaux-arts de Montréal présente, en collaboration avec le Power Plant de Toronto, l’exposition de l’artiste sénégalais qui réside à Genève – Omar Ba.  Partant toujours d’une toile de fond noire, il y dépeint une multitude d’injustices avec en arrière-plan une luxuriante flore telle une source d’oxygénation nécessaire pour passer à travers les barbaries de l’être humain et la destruction de l’environnement. Omar Ba invite d’ailleurs le public à s’attarder devant les œuvres  et réfléchir sur les thèmes qu’il aborde comme par exemple la religion, la guerre, la colonisation, la dictature, la mondialisation et les injustices sociales avec souvent des titres aux mots évocateurs ex. médias, informations, manipulation, pouvoir pour d’autres 2012 ou Afrique, Pillages, Arbres, Richesses 2014.  Notez aussi que la thèse d’Omar Ba portait sur la transformation du monde végétal. Lire aussi  » Omar Ba – vision partagée : Troublante Afrique actuelle  » de C. Montpetit dans Le Devoir 29/5/2019 et écouter la conversation entre l’artiste Omar Ba et l’historienne de l’art Nabila Abdel Nabi qui s’est tenue l’hiver dernier au Power Plant de Toronto.

Également au sous-sol du Pavillon Jean-Noël Desmarais du MBAM, passez voir le nouvel accrochage incluant d’anciennes et nouvelles acquisitions décrites sur westmountmag.ca. Ci-dessous de mains en bronze de l’artiste cubain Yaoan Capote, à partir des mains de travailleurs migrants épelant le mot « Libertad » et évoquant l’absence de voix d’une partie de la population. Quant au Planetarium en verre soufflé de Jana Serbak connue pour son Vanitas – Robe de chair pour albinos anorexique, il émerge de son intérêt pour l’astronomie et les théories de l’Univers de Stephen Hawking dont ses Brèves réponses aux grandes questions vient de paraître aux éditions Odile Jacob 2019.

Abstinence (Liberté) de Yoan Capote et Planétarium (Version Montserrat) de Jana Sterbak

Il ne reste qu’à peine une semaine pour admirer Thierry Mugler – Couturissime et Montréal Couture qui présente le travail de 10 créateurs québécois soit Marie Saint-Pierre, Denis Gagnon, Helmer Joseph, Marie-Ève Lecavalier, le duo Fecal Matter composé de Hannah Rose Dalton & Steven Raj Bhaskaran et Ying Gao alliant Art & Technologie avec ses robes interactives dont on a pu voir Play time en action à Vienne dans le cadre de l’exposition Technosensual – where fashion meets technology. Parmi ses dernières créations, on compte Flowing water, standing time ACT 3 – eau grise inspirée du célèbre livre L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau du neurologue Olivier Sacks, ainsi que sa robe Possible tomorrows activée par un système de reconnaissance d’empreintes digitales mais conçue à l’inverse pour ne s’animer qu’en présence d’inconnues et  No (where), now (here) activée cette-fois par le regard du visiteur selon la technologie oculométrique.

Voir aussi les précédents billets Joueuses / Joueurs et Autres expos à Montréal.

Joueuses / Joueurs au MBAM

27/08/2019

Joueuses / Joueurs
Musée des Beaux-arts de Montréal jusqu’au 1er juin 2020
Commissaires : Geneviève Goyer-Ouimette, Anne Grace et Sylvie Lacerte

Voici cinq œuvres d’artistes québécois parmi la quarantaine proposées qui s’articulent toutes autour du jeu – jeux d’enfant, jeux de rôle, jeux de piste, jeux d’esprit ou Quodlibet  qui signifie en latin « n’importe quoi, tout ce qui plaira » et titre d’un tableau de Sylvie Bouchard au motif végétal dans un environnement laissant planer le doute entre fiction ou réalité ? Considérée comme une artiste de la nouvelle figuration elle s’intéresse particulièrement à l’espace et à la perspective des peintures de la  renaissance, elle revêt les murs de la Bibliothèque du Cégep Ahuntsic et en 2015 le MAC lui consacre une rétrospective de ses 20 ans de carrière. Ce mois-ci au 37e Symposium international d’art contemporain de Baie Saint-Paul – Art, architecture, paysage et environnement, elle intègre dans son œuvre la nature, la géométrie et la luminosité de la région de Charlevoix. Density as a physical property  d’Adam Basanta nous déconcerte par cette installation, statique et muette en béton, venant d’un compositeur, artiste sonore & multimédia dont on a pu voir la sculpture cinétique A truly magic moment au festival Elektra de Montréal en 2017 et qui présentera Landscape past future – a brief history of cultural production part 1 dans le cadre de Momenta Biennale de l’image et POP Montréal du 12 septembre au 12 octobre à la Galerie Ellephant à Montréal. Jonglant habituellement avec les 4 éléments, le sculpteur André Fournelle détourne le jeu universel qu’est le Tic tac toe en utilisant trois formes de charbons : noir, cendre et blanc, tout en symbolisant aussi le marquage de territoire et les thèmes de migration qu’il aborde dans d’autres œuvres ex. Soleil des migrants. Lire sa monographie de 50 ans de carrière aux éditions Del Busso 2016, dont vous verrez un aperçu sur ce blogue. Et faisant référence à Marcel Duchamp, ayant dit en passant «  L’art est un jeu entre les hommes de toutes les époques », le « ready-made aidé » de BGL qui transforme un Jouet d’adulte polluant en trophée de chasse. Pour en savoir plus sur ce collectif, qui ne vise rien de moins que le Syndrome de Stendhal, voir le documentaire BGL de fantaisie du réalisateur Benjamin Hogue. Vers la fin de ce parcours, parfois sérieux, parfois ludique, vous pourrez vous amuser à deviner sur Page miroir : or 1317 oratoire,  les mots manquants du dictionnaire Le Petit Robert découpés minutieusement par l’artiste pluridisciplinaire Rober Racine, qui a autant de talent à écrire de la musique ou des romans et créer des œuvres sur la conquête de l’espace  telles  C’est moi, Bi, Cycle de la méditation, Dernier volet du cycle lunaire pour ne mentionner que celles déjà présentées sur le blogue Arts & Sciences.

Le prochain billet portera sur d’autres expositions en cours au Musée des beaux-arts de Montréal.

Hexadome et autres expos à Montréal

25/08/2019

Thresholds Lara Sarkissian & Jemma Woolmore par le ISM de Berlin

ISM Hexadome au Musée d’Art Contemporain de Montréal jusqu’au 9 sept.

Dans le cadre de la 20e édition de Mutek qui vient de se terminer, le Musée d’Art Contemporain de Montréal invite son public à vivre l’expérience immersive 360° ISM Hexadome du Institute for Sound and Music e.V. de Berlin à travers 10 œuvres alliant Art & Technologie.  Ci-dessus, Thresholds avec un visuel de cristaux kaléïdoscopiques de l’artiste Jemma Woolmore sur une musique composée par Lara Sarkissian qui explique en entrevue l’influence de ses origines arméniennes dans ses œuvres faisant référence à la mémoire, la reconnaissance et le territoire et qui incorpore fréquemment  des instruments traditionnels.  Le Studio Multimédia Pfadfinderei qui a conçu cette installation à 360° présent également une œuvre intitulée The P!eace en collaboration avec René Löwe alias Vainqueur. Voir aussi leur animation interactive Data space où ils convertissent des données en images selon les modifications des visiteurs ainsi que la façade pour l’Institut Paul Drude qui met en perspective les différences de taille entre un enfant de 1 m de haut, une cannette de 11 cm, une fourmi de 9 mm, un microcristal de 3 µm et des nanotubes de 100 nm jusqu’à une chaine d’atomes à 0,8 nm. Ne manquez pas ce soir au MAC de Montréal, la performance de l’artiste multidisciplinaire Herman Kolgen. Ce sculpture audio-cinétique de Montréal nous présentera Rétina Live à 18h et 20h !

« Via cette frontière ouverte qu’est notre œil, Herman Kolgen sonde la coexistence de l’humain et de ses territoires intermédiaires. Un double rapport au réel, à la fois intime et extérieur dans tout ce qu’il y a de fragile, de plus perméable et de plus nerveux. À se demander, entre bombardements de photons et fréquences optiques, ce qu’il restera de nos instants diffractés et de nos flashs éphémères, un souvenir à la fois net et flou ? Une amnésie rétienne ou une empreinte indélébile ? »  Herman Kolgen
Vidéos d’Herman Kolgen sur https://vimeo.com/kolgen

 

Voir aussi les œuvres bouleversantes de Rebecca Belmore  au MAC jusqu’au 10 octobre
Ci-dessus Blood on the snow et 1181 clous dans une bûche, correspondant au nombre de femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada, selon un rapport de la GRC. Vous trouverez sur le site Arts & Sciences des billets sur la Biennale d’art contemporain autochtone 2016 et 2014.

 

Et l’exposition Ghost lights ou Feu-follet 2019 de Marc Séguin
À la Galerie Simon Blais jusqu’au 7 septembre
Notez que cet artiste peintre, graveur, romancier et cinéaste engagé dénonce dans sa série la fragilité de la forêt boréale tout en gardant l’espoir grâce au phénomène de régénérescence suite aux feux de forêts.  Vous pourrez également visionner son vidéoclip de la chanson Where we started de Dear Criminals dans quelques semaines et lire l’article d’Éric Clément dans La Presse du 13 août 2019.

Autres expos à Montréal dans le prochain billet.

Prête-moi ton rêve

19/07/2019
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Exposition Prête-moi ton rêve
Villa d’Anfa à Casablanca jusqu’au 31 juillet
Commissaires : Yacouba Konaté et Brahim Alaoui

Exposition panafricaine qui poursuivra sa route vers Abidjan, Dakar, Lagos, Addis-Abeba, Cape-Town pour revenir ensuite au Maroc avec une dernière escale à Marrakech.  Voici les portraits des 28 artistes invités, dont quatre Marocains dans chacun des coins du montage ci-haut.  De gauche à droite, l’artiste et écrivain Mahi Binebine qui vient de publier son dernier roman Rue du Pardon présente, en plus d’un triptyque qui apparait dans le vidéo, Le Migrant 2016 en bronze à l’entrée du jardin de la Villa d’Anfa; également dans le jardin La fourmi 2019 de Fathiya Tahiri puis un diptyque organique de Fatiha Zemmouri et géométrique de Mohamed Melehi . La troisième sculpture installée dans la cour, est  celle de Freddy Tsimba de la République démocratique du Congo qui pour le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme avait conçu l’année dernière Porteuse de vies , à partir de milliers de douilles de cartouche et que l’on peut voir au Théâtre National de Chaillot à Paris. Rêves ou cauchemars, espoirs ou désenchantements, paix ou violence,  tradition ou modernité cette vingtaine d’artistes s’exprime à leur manière et comme on peut lire dans le catalogue de l’exposition : « L’artiste a vocation à donner forme et volume aux rêves de l’homme. Il sait rendre visibles les cauchemars qui empêchent les hommes de dormir tranquilles. Dans l’enchevêtrement de l’utopie et du cauchemar, au carrefour de la séduction et du désenchantement, il tisse sa toile. » – Yacouba Konaté

En ordre d’apparition dans cette vidéo sont des œuvres de : Abdoulaye Konaté (Rouge touareg), Viyé Diba (Révélation), Mohamed Omar Khalil, Jems Koko Bi (Les hommes de cèdre), Nnenna Okore (Earth bound), Mahi Binebine, Chéri Samba (Le secret d’un petit poisson devenue grand), Jems Koko Bi (Two similar words), Siriki Ky (Têtes précieuses), Dominique Zinkpè (L’œil du jaloux et Séduction), Vitshois Mwilambwe Bondo (La reine Rwe), Bill Kouélany, Mohamed Melehi (African dawn and twilight), Barthélémy Toguo ( Homo Planta I et II), Yazid Oulab, El Anatsui (Iris), Ouattara Watts, Adel El Siwi,  Siriki Ky (L’Afrique face à son destin). Les artistes suivant participent également à Prête-moi ton rêve : Jane alexander, Joseph Francis Sumégné, Kofi Setordji, Soly Cissé, Meriem Bouderbala, Zoulikha Bouabdellah, Olu Amoda ainsi que William Kentridge avec un film d’animation.

Quant à la plasticienne congolaise Bill Kouélany, elle révèle que la poésie de Tchicaya U Tam’si a littéralement transformée son travail, alors voici pour terminer quelques vers de ce poète mélancolique au pied-bot, le mal aimé comme il disait…

[…] Suant la langueur d’un blues /de la tête aux pieds / écoutez je déchire ma peine à chaque pas
je renonce à tous mes membres / je me fais étranger et je me chéris / je requitte mon cœur
je m’en vais / la tête dans mes jambes / pour mieux nouer mon destin / à l’herbe des chemins
À triche-cœur de Tchicaya U Tam’si

 

Autres expositions en cours à Casablanca

Zineb Bennis à SoArt Gallery terminée
Soly Cissé à la Galerie 38 jusqu’au 20 juillet
Farid Belakahia à l’Artorium jusqu’au 20 juillet
Exposition collective à la Galerie Nadar jusqu’à la fin juillet
Vingt ans, une œuvre à l’Atelier 21 – exposition collective jusqu’au 31 juillet
Mon rêve est pop au Lof Art Gallery – exposition collective jusqu’au 3 août
Art d’Écho à la Villa des arts de Casablanca jusqu’au 25 août
Avec Antonio Marest et Mehdi Zemouri dans le cadre du Festival Sbagha Bagha
Thema Galerie d’art avec pour quelques semaines encore des oeuvres d’Yvanovitch Mbaya
Mounat Charrat, Aziz Sahaba, Mostafa Ait Boukioud, Amina Rezki, Nabil Boudarqa et Youssef Douieb
Visitez aussi la galerie GVCC, la B&S Art Gallery, Casart Urban Gallery, ThinkArt,
Laredo Art Gallery avec l’artiste Isabelle Renou utilisant des matières recyclées.

Voir aussi le billet sur l’exposition Lumières d’Afriques à Rabat jusqu’au 15 août.

Autres expos à la Biennale de Venise

27/06/2019

When I count, there are only you… but when I look, there is only a shadow
Farideh Lashai (1944-2013)

The Spark Is You: Parasol unit in Venice jusqu’au 23 novembre
Au Conservatoire de musique Benedetto Marcello de Venise

Une pléthore d’évènements se déroule en parallèle de la Biennale d’Art de Venise et parmi eux, une vingtaine d’exposition officielle dont The spark is you par la commissaire Ziba Ardalan qui dirige la fondation d’art contemporain à but non lucratif Parasol Unit. Pour l’occasion, elle a regroupé le travail de neuf artistes iraniens, tous vivants sauf pour Farideh Lashai (1944-2013). Une de ses dernières œuvres,  est celle dont le titre est tiré du poème The West land de T.S. Eliot qu’il dédia à Ezra Pound pour l’avoir aidé à le publier. Farideh Lashai reprend les scènes de 80 des 82 estampes des Désastres de la guerre de Goya (1746-1828), qu’elle digitalise et dépouille de figures puis imprime sur une pellicule transparente. Elle y rajoute  ensuite en animation les personnages, superposés sur plusieurs couches vidéo. Éclairées par un projecteur qui se déplace au rythme du Nocturne de Chopin, les gravures reprennent ainsi vie tout en rappelant les atrocités de la guerre. Notez que le conservatoire de musique, qui abrite l’exposition, porte le nom du compositeur vénitien Benedetto Marcello (1686-1739) dont vous pouvez écouter deux morceaux sur musicologie.org et que le précédent billet porte sur
la littérature à la Biennale d’Art de Venise.

[…] And the dead tree gives no shelter, the cricket no relief,
And the dry stone no sound of water. Only
There is shadow under this red rock,
(Come in under the shadow of this red rock),
And I will show you something different from either
Your shadow at morning striding behind you
Or your shadow at evening rising to meet you;
I will show you fear in a handful of dust. […]
The waste land (1922) de TS Eliot

Autres événements collatéraux en images :

Elsewhen de Philippe Parreno à l’Espace Louis Vuitton de Venise jusqu’au 14 novembre /
Ecologue for [in] habitability de Sondra Perry à l’exposition The Future Generation Art Prize
à l’Université IUAV pavillon Ca’Tron jusqu’au 18 août / Living Rocks: A Fragment of the Universe de  James Darling & Lesley Forwood avec la collaboration de Jumpgate Virtual Reality, l’ASQ – Australian String Quartet et le compositeur Paul Stanhope jusqu’au 24 novembre.

Voir aussi Sciences à la Biennale d’Art de Venise
Et la création en direct  d’œuvres éphémères par Hicham Berrada.

Littérature à la Biennale d’Art de Venise

20/06/2019

For, in your tongue, I cannot fit de Shilpa Gupta à l’arsenal

Biennale d’Art de Venise jusqu’au 24 novembre
May you live in interesting times
Commissaire : Ralph Dugoff

La 58e édition de la Biennale d’Art de Venise réserve non seulement de magnifiques surprises aux adeptes d’art numérique, de sciences & de technologies, mais également aux amateurs de poésie et de littérature qui pourront passer des heures à écouter des extraits de poèmes à l’installation de Shilpa Gupta à l’arsenal. L’artiste de Mumbaï dénonce la censure, en sélectionnant des vers de 100 poètes qui ont été emprisonnés du VIIIe siècle jusqu’à nos jours, pour que le public réalise également que la liberté d’expression est toujours menacée. D’ailleurs,  l’organisme PEN international  milite pour ce droit humain fondamental dans une centaine de pays. Le titre For, in your tongue, I cannot fit vient d’un poème d’Imadaddine Nassimi – auteur du XIVe siècle d’Azerbaïdjan connu pour ses ghazals. Chacun des 100 vers exclamés dans différentes langues, est également transcrit sur une feuille transpercée d’une tige en métal. Le visiteur peut choisir de se recueillir les yeux fermés ou de déambuler dans cette salle polyphonique et retrouvera alors « Thus, I offer my safe wings to the air / What others see far, I leave behind » de Giordano Bruno qui adhérait à l’héliocentrisme et prônait en plus un Univers infini dans lequel d’autres planètes tourneraient autour de d’autres étoiles que le soleil. La traduction française de ses écrits se retrouve aux éditions Les belles Lettres incluant Le procès de Giordano Bruno qui fut condamné au bûcher en 1600 après huit ans d’emprisonnement. Lire aussi l’article Bruno et Galilée au regard de l’infini de Jean-Pierre Luminet publié dans la revue Europe no.937 Mai 2007 p.16-29 et dans lequel on retrouve la suite de l’extrait exposé à l’arsenal  « C’est donc vers l’air que je déploie mes ailes confiantes, ne craignant nul obstacle, ni de cristal, ni de verre, je fends les cieux, et je m’érige à l’infini. Et tandis que de ce globe je m’élève vers d’autres globes et pénètre au-delà par le champ éthéré, je laisse derrière moi ce que d’autres voient de loin ».  Notez que dans une précédente œuvre intitulée While I sleep 2009 qui portait sur les préjugés et le pouvoir des images,  Shilpa Gupta avait collaboré avec la neuropsychologue  Mazharin Banaji et le linguiste Noam Chomsky comme le décrit ce communiqué du Laboratoire à Paris consacré sur l’Art & la Science et qui est installé à Cambridge depuis 2014. Pour en savoir plus sur cette formidable artiste, lire l’entrevue sur hindustantimes.com et visiter son site web.

One eye too many 2019 (détail) de Rosemarie Trockel / Cosmorama 2018 de Dominique Gonzalez-Foerster en collaboration avec Joi Bittle / Lord of abandonned success  ou L’Argile humide 2017
de Maria Loboda / Vol. XXVII d’Haris Epaminonda / Passage 2019 de Nujoom Alghanem
au pavillon des Émirats Arabes Unis avec la réalisatrice qui est également poète
et en dessous Bookshelf No.7 (détail) de Yin Xiuzhen.

Ci-dessus quelques ouvrages ayant inspirées des artistes de la Biennale, sans oublier The city & the city de China Melville que cite Ralph Dugoff,  le commissaire de la Biennale d’Art de Venise. De Gauche à droite L’Odyssée d’Homère (Pavillon de la République de Malte), Poème de Zuhayr bin Abi-Sulma faisant partie des Poèmes suspendus (Pavillon d’Arabie Saoudite), Poèmes d’Imadaddine Nassimi (Shilva Gupta – voir texte ci-haut), Lettre de Lord Chandos d’Hugo Von Hofmannsthal (Maria Loboda), Conditions de l’homme moderne d’Hannah Arendt (Rosemarie Trockel), Chroniques martiennes de Ray Bradbury (Dominique Gonzalez-Foerster ), L’invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares (Haris Epaminonda) et Défis aux labyrinthes d’Italo Calvino (Pavillon de l’Italie).

Liste des lauréats des Prix de la Biennale d’Art de Venise 2019

Voir le prochain billet qui portera également sur la Biennale, ainsi que les deux précédents billets.

Sciences à la Biennale d’Art de Venise

15/06/2019

À droite : This is the Future 2019 de Hito Steyerl à l’Arsenal

Biennale d’Art de Venise jusqu’au 24 novembre
May You Live In Interesting Times
Commissaire : Ralph Dugoff

Interesting times… qu’est notre ère du numérique & transhumanisme et période de bouleversements climatiques qu’abordent plusieurs invités de la 58e Biennale d’Art de Venise. Les visiteurs auront la chance cette année de voir deux installations du même artiste, l’une à l’Arsenal et l’autre aux Giardini qui dialoguent entre elles et qui laissent en même temps libre court aux multiples facettes de l’artiste et interprétations du public. À l’Arsenal par exemple, This is the futurede Hito Steyerl nous invite à pénétrer son jardin numérique dont des algorithmes contrôlent le cycle de vie de fleurs qui auraient des pouvoirs,  non seulement médicinale et écologique, mais également politique ex. contre la propagande, la dépendance aux réseaux sociaux, etc. d’où le titre Power Plants,  installation constituée de 8 écrans géants. H.Broome décrit une version de réalité augmentée (RA) de Power plantsOS présentée à Londres il y a un mois, quant à la bande sonore composée en collaboration avec Kojey Radical et Susuma Yokota, elle est disponible sur le site de Vinylfactory.com.  Côté  jardins  cette fois, l’artiste nous rappelle d’une certaine façon le mythe de Promethée avec des dessins de sous-marins de Leonard de Vinci, tirés de son Codex Leicester, qu’il ne publia pas de son vivant de peur que les humains l’utilisent à mauvais escient. Toutes ces questions qu’HitoSteyerl  soulève à travers ses œuvres se retrouvent dans sa récente publication Duty free art – Art in the age of planetary civil waret fait écho à la thématique de cette biennale dont les œuvres ont tous en commun le fait de susciter une réflexion.

STEYERL Hito (2019). Duty free art – Art in the age of planetary civil war, éd.Verso, 256 p.
Quel est le rôle de l’art dans notre ère de mondialisation numérique ? Comment pouvons-nous concevoir les institutions d’art dans une période de guerre civile et d’iniquités croissantes ? Que pouvons-nous faire lorsque les manufacturiers d’armes commanditent les musées ? Comment déceler l’infox ? etc.

 

Biologizing the machine (Terra Incognita) 2019 d’Anicka Yi aux Giardini Pavillon central
Toxic reef : CO2 CA CO2 LA Ocean 2007-2019 de Christine & Margaret Wertheim 
Microworld 2018 de Liu Wei

Voici d’autres œuvres qui traitent de nature, science & technologie avec pour débuter du Bio-Art d’Anicka Yi qui explore les réseaux de communications entre l’intelligence artificielle et diverses formes vivantes dans sa nouvelle série Biologizing the machine.  Son installationTerra Incognita, consiste en des panneaux suspendus entre lesquels cohabitent des colonies d’algues microscopiques qui réagissent aux odeurs émient par des bactéries également présentent, le tout soumis à des variations d’humidité, de lumière et de températures. Anicka Yi fait recours à la colonne de Winogradsky afin d’illustrer l’interdépendance des divers organismes et leur interaction. Sergei Winogradsky est un des fondateurs de l’écologie microbienne; il publie en 1949 Microbiologie du sol, un traité qui couvre ses cinquante années de recherche et dans lequel il constate que  « le fonctionnement de la microflore ne devait pas être envisagé comme la somme des activités individuelles, mais comme le travail d’un collectif autoréglable« . Pour en savoir plus lire « Sergi Winogradsky : a founder of modern microbiology and the first microbial ecologist »  dans FEMS Microbiology reviews Vol.36, no.2 2012 p.364-379 ainsi que « Ce que doit l’assainissement à Serge Winogradsky » dans la revue EIN 2019 no.421 p.106-111 et étapes à suivre pour la préparation d’une colonne de Winogradsky sur le site de Didier Pol.  Quant à l’arsenal, Anicka Yi fait allusion à l’origine de la vie, mais aussi à l’impact de l’humain sur le climat et la biodiversité dans cette période que l’on désigne par le terme Anthropocène, à travers des lanternes en forme de chrysalides contenant algues, cellules cancéreuses et insectes animés électroniquement suspendus sur un étang. Lauréate du Prix Hugo Boss 2016, vous pouvez lire « Anicka Yi, celle qui créait l’improbable »de P.Pys sur lofficiel.com qui décrit ses installations olfatives et plusieurs autres…

Ci-dessus à gauche, de gigantesques sculptures en aluminium de Liu Wei, représentant un univers imaginaire de l’infiniment petit. Liu Wei, fait partie des artistes chinois les plus influents et touche à différents médiums; son Indigestion II avait fait la une il y a quelques années et dans cette entrevue pour Christie’s, il exprime son opinion sur les limites du monde digital 1/5/2019. Au centre,  une image du projet Hyperbolic Crochet Coral Reef qui a pour but de sensibiliser la population sur l’urgence de protéger les récifs coralliens qui abritent un tiers des espèces végétales et marines. Ne supportant pas de grandes variations de température, les coraux sont très vulnérables aux changements climatiques, ce qui explique entre autres la perte de 20% au cours des dernières années. Voir documentaire Chasing Coral 2017 de Jeff Orlowski 91 min. et suivre les bulletins de l’IFRECOR – l’initiative française pour les récifs coralliens. Les deux sœurs Wertheim, Christine qui est également poète & Margaret auteure d’une trilogie de vulgarisation scientifique se sont inspirés du crochet hyperbolique que s’est servit la mathématicienne Daina Taimina pour illustrer la géométrie non-euclidienne. Elles dirigent l’Institut For Figuring dédié à promouvoir les activités jumelant Arts & Sciences. Ci-bas deux ouvrages vous permettant de crocheter divers des coraux (cnidaires), concombres de mer (échinodermes), algues brunes, etc. A. WERTHEIM Margaret & Christine (2014). Crochet Coral Reef a project of the Institute For Figuring, 248 p. B. TAIMINA Daina (2018 nouvelle édition). Crocheting adventures with Hyperbolic planes – Tactile mathematics, éditions CRC Press, 372 p.

Notez également l’écran de 4500 néons de Tavares Strachan, qui souligne l’histoire méconnue de Robert Henry Lawrence Jr , premier astronaute afro-américain qui meurt en 1967 avant d’aller dans l’espace; Le buste en silicone de Faris, premier cosmonaute arabe Muhammed Faris d’origine syrienne qui faisait partie de la mission Soyouz 3 en 1987 par Halil Altendere; Dong Fang Hong I de Yin Xiuzhen réplique du premier satellite chinois mis en orbite en 1970; Data-verse 1 de Ryoji  Ikeda; Aero(s)cene de Tomás Saraceno; Veins aligned de 26 m de long en marbre et en vitre d’Otobong Nkanga donnant l’impression d’une cours d’eau polluée; Gabriel Rico, mélangeant taxidermie et Arte povera; La projection du cœur par hélice holographique d’Antoine Catala; Une construction d’Augustas Serapinas à partir du démantèlement de la centrale nucléaire d’Ignalina et en souvenir des 6 000 Lituaniens qui ont participés au nettoyage du site de Tchernobyl, etc. Puis ci-dessous de gauche à droite :  Divorce dump 2019 d’Andra Ursuta, L’origine du monde 2018 d’Alexandra Bircken exposant un placenta humain; Memoria nuqui 2017 du réalisateur Apichatpong Weerasethakul et de l’artiste japonaise Maria Katayama, née avec une maladie congénitale appelé Hémimélie tibiale et radiale en plus, qui se manifeste habituellement par un tibia et radius peu développés ou absents mais avec un péroné et un cubitus relativement normaux, qui l’a poussé à l’âge de neuf ans de se faire amputer les jambes.

Voir le précédent billet sur la performance Sci-Art d’Hicham Berrada
et ceux à venir sur d’autres artistes de la Biennale d’Art à Venise.

Présage d’Hicham Berrada à Venise

09/06/2019

« Mes pinceaux seraient la température, le magnétisme, la pression, la lumière, etc.
Mes pigments – les éléments de la table périodique. » Hicham Berrada

Présage de Hicham Berrada
Teatrino du Palazzo Grassi à Venise

Le Palazzo Grassi ainsi que son théâtre et la Punta della Dogana appartiennent au collectionneur François Pinault et ont été tous les trois rénovés par  le célèbre architecte japonais Tadao Ando.  Invité à la résidence d’artiste de Pinault Collection à Lens pour l’année 2018-2019, Hicham Berrada est un artiste-laborantin originaire de Casablanca,  diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.  Lors d’une vidéo-performance, Berrada créait en direct dans des béchers  projetés à l’écran, des tableaux fluides éphémères à partir de minéraux, cristaux et pigments. Il était accompagné sur scène de Laurent Durupt , qui composait un environnement sonore en symbiose avec ses créations chimériques qui évoluaient et se métamorphosaient  à un rythme contemplatif. Dans ses oeuvres antérieures, Hicham Berrada se sert d’outils aussi diversifiés que des aimants (Rapport de lois universelles), du fumigène artisanal (Serpent dans le ciel), ou de chaleur & lumière afin de recréer les conditions de l’apparition de la vie sur la Terre (Arche et Arche de Miller-Urey) et mettant toujours la Nature en premier plan; Mesk-Illil  ou galants de nuit en arabe (i.e. Cestrum nocturnum ou jasmins de nuit) en cours présentement à la punta della Dogana est d’ailleurs en continuité avec Natural Process Activation #3 Bloom 2012, basé sur l’éclosion des fleurs & le phénomène de photosynthèse.  Voir le site de l’artiste et lire son entrevue avec Mouna Mekouar dans le cadre de l’ exposition 74 803 jours à l’Abbaye de Maubuisson – site d’art contemporain à Val d’Oise ainsi que l’article « Présage  de Hicham Berrada : Art expérimental / expérimentation artistique » de Valérian Sache sur le site Voir et Penser 3/2/2018.

Mesk-Illil d’Hicham Berrada à la Punta della Dogana dans le cadre de Luogo e Segni
Commissaires:
Martin Bethenod et Mouna Mekouar jusqu’au 15 décembre
Lire aussi la revue Pinault Collection

La Punta della Dogana adjacente la basilique Santa Maria della Salute, est à la pointe du quartier Dorsoduro où se rejoignent le Grand Canal et le canal de la Giudecca. En haut de la tour, une imposante sculpture de Bernardo Falconi (1630-1697) représente 2 Atlas soutenant le globe terrestre avec au sommet Fortune tenant dans sa main un gouvernail, en guise de girouette.

Autres oeuvres de Bio-Art ou SciArt sur ce site –
Les prochains billets porteront sur la Biennale d’Art de Venise.

Lumières d’Afriques

15/05/2019

Darkness gives away to light de Aïda Muluneh d’Éthiopie / The Future de Napalo Mroivilli de l’Archipel des Comores / Electric bulb de Paa Joe du Ghana / Black light – White coal de Doung Anwar Jahangeer de l’île Maurice / Light switch de Emeka Okereke du Nigeria.

 

Lumières d’Afriques au Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain à Rabat
Direction Artistique : Jean-Michel Champault jusqu’au 15 août

Cette exposition itinérante a été présentée pour la première fois au Théâtre National de Chaillot en 2015 en prévision de la Conférence internationale sur le climat de Paris  (COP 21) . Pour l’occasion, l’organisme African Artists for Development  a eu l’idée de regrouper des œuvres de 54 artistes africains sur le thème de la lumière, leur permettant ainsi de démontrer leur engagement pour l’avenir de leur continent et de la planète. Certains artistes ont choisi de traiter du post-colonialisme, de la migration, des droits humains et conditions féminines avec entre autres la cinéaste Maan Youssouf Ahmed qui avait réalisé en 2009 Fleur du Désert sur l’excision des femmes ou Christine Chetty-Payet dont certaines œuvres textiles antérieures, abordent aussi les mutilations génitales. D’autres œuvres de l’exposition dénoncent la guerre tel Gonçalo Mabunda, qui recycle les armes de façon créative afin de les détourner de leur fonction première. Par ailleurs, la lumière peut être vue comme le Savoir au Siècle des Lumières,  d’où le livre que tient le personnage d’Aïda Muluneh dans Darkness give way to light sur la photo ci-haut, inspirée d’un poème de Debebe Seifu (1950-2000) prônant l’éducation comme moyen de se sortir de l’obscurantisme  et utilisant l’écriture  amharique – langue sémitique d’Éthiopie et de plusieurs autres pays. Il en est ainsi aussi pour l’inscription en cire bordée de clous d’Amina Zoubir  « Le doute est [un état mental] désagréable, mais la certitude est ridicule » (Voltaire) et la sculpture Sous l’arbre du savoir, commandé par Tilder, de Freddy Tsimba pour qui l’Afrique est présentement dans son siècle des Lumières. Néanmoins, la plupart des artistes invités abordent la Lumière dans le contexte d’urgence d’agir en matière de Changement climatique (titre d’une œuvre d’Ibrahim Chahamata) et d’accès pour tous à l’électricité, étant donné que 645 millions d’Africains en sont privés – précisions sur afrikatech.com du 28/2/2019 et sur les données de la banque mondiale.

Turning on the light de Noah Mduli Swaziland / 673 A de Gastineau Massamba République du Congo / Electricity is a poetry of science de Ermias Ekube Érythrée / Key de Helen Nabukenya Ouganda / Peace & Milk de Mustafa Saeed Somalie / Soleil pour tous de Epaphrodite BInamungu Rwanda / Amalgam de Njogu Touray Gambie / The Future de Tchalé Figueira Cap-Vert.

L’exposition Lumières d’Afriques présente plusieurs œuvres symboles d’espoir (Africa dreams de Jamila Lamrani, The light within de Leslie Lumeh, Happy people de Deng Majid Chol, La forêt illuminée d’Hervé Youmbi, etc.) ou de solutions (photos ci-dessus). Alternative / SolutionÉnergie Durable et leDroit d’accès à l’énergie équitable sont d’ailleurs les titres de respectivement Cyrus Nganga Kabiru, Amy Sow et  Franck Ludangi. Mais de manière plus concrète,  voici en hyperliens les objectifs de  la Fondation Énergies pour l’Afrique, du think tank Club 2030 Afrique et  du One Planet Summit qui s’est tenue en mars au Kenya  car l’accès à l’électricité via des énergies renouvelables  permettra non seulement de contrer les problèmes du réchauffement climatique, mais  aussi  de procurer à la population de meilleurs soins de santé,  contrôle sanitaire,  taux de fréquentation à l’école,  services dans le domaine de l’agriculture et autres métiers,  bref … primordial pour son développement !

Pour terminer, une aquarelle de la série Lost Tribe de Steve Bandoma  de la République démocratique du Congo qui nous met en garde contre le colonialisme moderne à l’ère du numérique et des médias sociaux, ainsi que trois autres artistes de Lumières d’Afriques que l’on a pu voir également à la Foire d’Art Contemporain africain 1-54 à Marrakech cette année : Sukuru ou Pénombre de Nu Barreto de Guinée-Bissau, The future de Soly Cissé du Sénégal puis L’Homme Nature d’Abdoulaye Konaté  dont quelques toiles colorées en bazin sont accrochées à la Galerie 38 de Casablanca et son catalogue L’étoffe des songes est disponible en ligne –  on peut y lire p.18 « Le bazin, c’est donc une étoffe imbibée de la rumeur de la rue et teintée aux couleurs des rêves de dignité et de bonheur des Maliens, sans distinction sociale. »

Voir aussi sur ce site un aperçu de la Foire d’art contemporain africain 1-54
Et de l’exposition Material Insanity au MACAAL à Marrakech
qui se poursuit jusqu’au 22 septembre

Volubilis

29/04/2019

Vidéo de Mohamed Rhamati & Rashid Ait Daoud – Production ADR 2019
Puis suivez la visite guidée avec Mustapha Akti – conservateur du site de Volubilis et
Mohamed Makdoun – spécialiste de l’histoire ancienne à l’émission Au fil de l’Histoire
sur Medi1TV 31 mai 2017, 27 min. animée par la journaliste Ilham Berrada.

 

Site archéologique de Volubilis au Maroc

Le Maroc abrite de nombreux sites archéologiques. La découverte d’ossements humains de 300 000 ans à Djebel Irhoud avait d’ailleurs fait la Une de la revue Nature en juin 2017. Les recherches se poursuivent sur plusieurs autres lieux à travers le pays, qui fût l’hôte du 15e Congrès de l’Association Pan Africaine d’Archéologie. Dans le cadre d’un programme de conservation du patrimoine archéologique, on vient d’instaurer un laboratoire de restauration des vestiges de Volubilis – reconnu Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Volubilis ou Oualili en berbère, signifie laurier-rose (Nerieum oleander), plante que l’on retrouve à l’entrée de cette cité antique dont certains objets datent du néolithique.  De la période punico-maurétanienne, il ne reste cependant que des fondations et l’autel d’un temple situé dans une chapelle du capitole ainsi que des inscriptions  du III-IIe siècle AEC analysées par J.G. Fevrier dans la revue Études d’Antiquités africaines p.83-100.  Peu après l’assassinat du roi Ptolémée par l’empereur Caligula, Volubilis devient une ville romaine en 44 EC sous l’empereur Claude jusqu’à l’évacuation de l’armée romaine en 285. Puis, c’est à Volubilis qu’Idriss 1er s’installa en 789 fuyant les Abassides de Bagdad, mais son fils Idriss II décida en 808 de faire de Fès la capitale du Royaume du Maroc.

À une trentaine de kilomètres de Meknès, Volubilis est un des sites archéologiques les plus visités en Afrique du Nord et un des plus vaste avec ses 42 hectares. Comme toute cité romaine, Volubilis était doté d’un système hydraulique complexe et réseau d’assainissement efficace comprenant un collecteur central dallé encore visible tout au long de l’artère principale allant de l’Arc de triomphe à la Porte de Tanger, ainsi qu’une plaque d’égout en forme de laurier-rose à l’entrée sud du forum. Outre les thermes de l’époque romaine, on retrouve le plus ancien hammam de l’époque arabe dans le quartier sud, sur la rive droite de l’oued Khoumane. Le parcours de Volubilis est délimité par quatre zones  décrites sur le site volubilis.ma. Le quartier monumental est celui où se trouvent les plus imposantes constructions tels l’arche de triomphe, le forum, la basilique et le capitole. Dans la vidéo ci-haut, le conservateur du site de Volubilis explique le fonctionnement du pressoir à olives adjacent les thermes de Gallien. Quant aux mosaïques que l’on peut admirer à ciel ouvert, elles valent à elles seules le détour, comme celles de la Maison à l’Éphèbe ou des Travaux d’Hercule ou celles ci-dessus  de gauche à droite: Orphée envoutant les animaux en jouant de sa lyre, Dionysos & les quatre saisons, Bacchus découvrant Diana dans la Maison au Cavalier, l’acrobate à la Maison du Desultor et Diana & le nymphe des bains à la Maison de Vénus. Ne manquez pas non plus les pièces exposées au Centre d’interprétation au bas des escaliers, bien que la plupart des artefacts sont au Musée de l’histoire et des civilisations de Rabat, dont les 28 magnifiques bronzes incluant la tête de Juba II  faisant partie des Splendeurs de Volubilis et voici d’autres publications qui pourraient vous intéresser :

Coll. (2000). Volubilis – de mosaïque à mosaïque, éditions EdiSud, 96 p.
Coll. (2018). Volubilis après Rome, Arts and Archeology of the Islamic World Vol.11, 446 p.
Coll. (2014). Splendeurs de Volubilis – bronzes antiques, Actes Sud, 192 p.
THÉBERT Yvon (2013). Thermes romains d’Afrique du Nord, École française de Rome, 735 p.
PANETIER Jean-Luc et LIMANE Hassan (2002). Volubilis une cité du Maroc antique, éditions Maisonneuve & Larose, 175 p. Et MÉNARD André (2018). Le Maroc – trente siècle d’histoire, La croisée des chemins, 510 p.

Voir aussi  sur ce site, les billets portant sur le Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat, la riche collection de mosaïques du Musée Bardo à Tunis, ainsi que ceux sur le Musée national du Bardo à Alger, l’explorateur Ibn Battouta, Musique & Génie de l’antiquité et Pompéï.

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