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TiDoc

20/01/2020

TiDoc – série TV  
Au Canada sur TFO et en Afrique francophone sur Canal + Afrique
Par le Studio d’animation Tonic DNA et la scénariste Mélissa Veilleux – producteur Gala Prod
Comité scientifique : Marine Corniou, Nathalie Labonté, Linda Moussakova et Dre Caroline Quach

La nouvelle série TiDoc  est une excellente façon de transmettre des notions médicales à des enfants de manière ludique à travers 52 capsules de films d’animation touchant des maladies infectieuses, des anomalies génétiques, des troubles locomoteurs, etc.  Cette série qui comprend également un site web, une page facebook et une vingtaine de jeux sur application mobile servira certainement de ressource, pour expliquer certaines pathologies et inculquer par la même occasion des comportements pour les prévenir. Les enfants vont de plus apprendre des notions scientifiques de base tout en enrichissant leur vocabulaire, grâce au personnage de Ti-Doc, qui transmet son savoir au spectateur en compagnie de l’attachant et rigolo Ti-fou. En plus d’acquérir des connaissances tout en s’amusant, ces capsules vont certainement susciter  la curiosité des enfants et les inciter à interroger les gens autour d’eux pour en savoir davantage.

Voir aussi ouvrages en référence sur ce site sous « Publications »

Géologie et autres merveilles du Maroc

19/01/2020

Le Maroc est un pays d’une beauté exceptionnelle qui s’étend sur 710 000 km2 avec des paysages  d’une riche diversité comprenant 3 500 km de plages à la fois sur la côte Atlantique et la mer Méditerranée, des dunes sahariennes  jusqu’à 150 m au erg Chebbi, les chaînes de l’Atlas avec le mont Toubkal à 4 167 m d’altitude, la route des  1 000 kasbahs incluant celle d’Aït Ben-Haddou située à une cinquantaine de kilomètres d’Ouarzazate, les falaises de Tamlat appelées doigts de singe (image ci-haut) longeant des canyons dans la vallée de Dadès,  les centaines de grottes dont Friatou la plus connue de 285 m de profondeur et de nombreuses réservés uniquement aux spéléologues. Un autre exemple de ce remarquable patrimoine géologique est le Géoparc UNESCO du M’Goun regroupant une vingtaine de sites. Les amateurs de paléontologie pourront visiter les lieux de la découverte d’un ancêtre de l’éléphant – l’Eritherium azzouzorum ne pesant que cinq kilos, d’un bec de ptérosaure – reptile-volant alors inconnue, ou des ossements d’Atlasaurus imelakei – un sauropode jurassique de Wawmda que l’on décrit dans le documentaire L’empreinte des dinosaures 2001 de Pierre Stine et Philippe Taquet.  Quant aux arts rupestres et sites archéologiques dont celui de Djebel Irhoud – lieu de la fascinante découverte d’un crâne d’un Homo Sapiens vieux de 300 000 ans à 50 km de Safi,  voir les références aux billets sur le Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat et Volubilis.

De plus, il est fréquent au Maroc de voir tomber du ciel, des trésors géologiques. Dans cette vidéo, Hasnae Chennaoui Aoudjehane – directrice du laboratoire GAIA et présidente d’ATTARIK, explique que le Maroc est considéré un paradis pour les géologues. Dans l’émission Faut pas rêver – Maroc la route des oasis on y voit « Hasnae chasseuse d’étoiles » à l’œuvre. Elle nous emmène à Erfoud,  la capitale des météorites et nous montre avec beaucoup d’émotions et de fierté un échantillon d’une météorite en provenance de Mars qui a transpercé le ciel de Tissint en juillet 2011.  Elle présentera d’ailleurs une conférence à l’Institut Français de Casablanca le mercredi 29 janvier à 19h30.

Pour en savoir plus, voici quelques ouvrages sur la faune & la flore du Maroc. L’image de droite à la première rangée, tirée de De materia medica du médecin et apothicaire Dioscoride 1er siècle a fait la une du Symposium International sur les plantes aromatiques et médicinales qui s’est tenu l’année dernière à El Jadida. Quant aux chèvres juchées sur un arganier, sur la photo de gauche, je l’avais partagé sur facebook avec les informations suivantes : L’arganier, de la famille des Sapotacea, pousse uniquement au Maroc. Les chèvres grimpent sur l’arbre pour manger le fruit (affiache), crachant ensuite la noix qui contient 2 à 3 amandons. On peut produire 1 L d’huile à partir de 2,6 kg d’amandons soit approximativement 38 kg de fruits. L’huile est composée principalement de 45 % d’acide gras monoinsaturés Oméga-9 et 35 % de polyinsaturés Oméga-6 et riche en vitamines E & A. Le Maroc possède plus de 300 coopératives féminines produisant de l’huile d’argan.

MILET Eric (2007). Maroc – Guide des merveilles de la nature, éditions Arthaud, 288 p.

Coll. (2008). Recherches sur les plantes aromatiques et médicinales, Actes du congrès international organisé par l’Institut National des Plantes Médicinales et Aromatiques (INPMA) qui s’est tenue en 2007 à Merzouga et Fès.

BELLAHKDAR Jamal (2018). Le Maghreb à travers ses plantes, éditions Le Fennec
Et Plantes médicinales au Maghreb et soins de bases – précis de phytothérapie moderne 2019

MIKOU Karima (2016). Plantes médicinales et aromatiques utilisées à Fès, 66 p.

AYMERICH Michel (2012). À la découverte de la faune du Maroc Oriental – itinéraires d’un naturaliste, 284 p.

Voir aussi Les plantes du désert Marocain sur le blogue  melodiedudesert.com

Et l’excellent site Ecologie.ma

Exposition EMA’rt #LesYeuxOuVerts

11/01/2020

Association EMA – Enfance Maghreb Avenir – l’école est un droit et non un privilège

Exposition EMA’rt  #LesYeuxOuVerts – Commissaire : Claire Boudsocq
Espace d’Art Artorium à Casablanca  jusqu’au 25 février
Fondation TGCC pour l’art et la culture
Vernissage le jeudi 16 janvier

 

Depuis plus d’une dizaine d’années, l’Association EMA Enfance Maghreb Avenir, fondée par Najate Limet, se dédie à mettre sur pied divers projets au sein des établissements scolaires dans les quartiers défavorisés du Maroc. Outre le fait de procurer un environnement sain et propice à l’apprentissage, des milliers d’élèves reçoivent des cartables et des livres dont Ya Watan préfacé par Leïla Slimani – marraine de l’association et des centaines d’autres enfants sont invités à assister à des spectacles au Studio des Arts Vivants de Casablanca. Le dernier rapport annuel vous permettra d’en savoir plus sur les réalisations et défis de cette association. Les ventes de l’exposition EMA’rt permettront d’atteindre quelques-uns de ces nombreux objectifs.

« L’édition 2020 d’EMA’rt met l’accent sur la création plasticienne et l’écologie.
Rien de plus opportun, estimera-t-on avec raison. En cette heure où les thermomètres s’affolent,
où l’eau des océans s’élève, où les glaces polaires fondent et où la biodiversité s’effondre,
où d’immenses gyres de déchets de plastique, de surcroît, s’enroulent comme des galaxies sales
au creux des eaux pélagiques, toute création culturelle ayant pour visée d’avertir
ou d’agir à des fins environnementales est bienvenue. »
Paul Ardenne – préface du catalogue

Pour cette 2e édition, la commissaire de l’exposition Claire Boudsocq, qui dirige également Art Space chez L, a invité 15 artistes sensibles à cette cause et à celle de l’environnement. Elle y met en plus une touche personnelle en présentant Le Chant des sirènes – un diaporama de son défunt père Louis Boudsocq, passionné de photographies et mélomane, qui lui a transmis le sens de l’esthétisme et le don de l’émerveillement.

En guise de prélude, voici cinq œuvres que vous pourrez vous procurer et admirer à longueur d’année chez vous, sachant que durant toute l’année, des enfants pourront se prévaloir de biens ou de services chapeautés par EMA.

De gauche à droite : Fatima Bousaid, Fatime Zahra Morjani, Deborah Benzaquen
2e rangée : Houda Terjuman et Safaa Erruas (détail)

Commençons par deux artistes pour qui l’environnement est au cœur de leur travail et qui dénoncent l’impact de nos gestes sur le bien-être de la planète. Les œuvres de la première sont la nature elle-même tandis que pour la deuxième c’est ce qui en reste une fois transformée ou déconstruite par l’humain. Première photographie ci-haut, les végétaux de Fatima Bousaid rappelant un herbier ou les fleurs pressées sur mouchoirs en coton de Mascara  par José Maria Sicilia ou également En Flor décrite par E.Amblard dans un chapitre de Traces du Végétal aux éditions PUR 2015 p.125-134. Et pour les curieux, voici quelques étapes de la fabrication d’un papier végétal  sur le site de Lola Greenwich ou L’Art du papier végétal de Marie-Jeanne Lorente aux éditions Rouergue. Quant à Fatime Zahra Morjani, le magazine Femmes du Maroc dresse un beau portrait de l’artiste, architecte de formation, dans le cadre de son exposition Obsidienne et voici une description de Taxidermie du paysage qui s’est tenue en 2018. Elle participera aussi à une table ronde avec la firme Archibionic qui prône une économie circulaire limitant les déchets pour le respect de l’environnement.

La troisième photographie tirée dirait-on d’un conte mélancolique est celle de Deborah Benzaquen qui vient de présenter à la Biennale de Rabat un autoportrait intimiste à travers la vidéo Où sont mes rêves ? Sa série La désenchantée a été prise dans les anciens abattoirs de Casablanca, devenu un lieu mythique depuis sa fermeture et pour en connaître plus sur sa nouvelle vocation de fabrique culturelle lire cet article de L.Meskine sur artsresistances.net.

Et enfin, deux autres artistes ci-haut qui expriment la fragilité de la nature, Houda Terjuman avec ses dessins dans lesquels on ressent aussi l’importance de nos racines et la douleur de l’exil qu’elle a l’habitude de faire jaillir dans ses sculptures puis Safaa Erruas qui faisait partie elle aussi de la Biennale de Rabat et qui d’ailleurs est mentionnée sur ce blogue à plusieurs reprises. Les artistes suivants participent également à cette exposition-bénéfice : Michel Audiard, Amina Agueznay, Soukaina Aziz El Idrissi, Souki Belghiti, M’Barek Bouhchichi, Alexis Logié, Abdelkrim Ouazzani, Zakaria Ait Wakrim, Fatiha Zemmouri. En conclusion, voici donc l’opportunité parfaite pour à la fois soutenir une bonne cause et un artiste local, car comme dit le message qui circule: Achetez aux artistes pendant qu’ils sont vivants – après, ça ne leur sert à rien et c’est plus cher !

Parutions récentes en lien

Coll. (2019). Leonard de Vinci et la nature, éditions Ouest-France, 192 p. explorant le rapport de Léonard de Vinci à la musique (Patrick Sheyder), à la botanique (Francis Hallé)
et au monde animal (Allain Bougrain-Dubourg).

BOLAY Jean-Marie (2018). György Kepes – du langage visuel à l’art environnemental, Métispresses éditions, 288 p.

LOGÉ Guillaume (2019). Renaissance sauvage – l’art de l’anthropocène, PUF, 336 p.

ARDENNE Paul (2019). Un art écologique – création plasticienne et anthropocène,
éditions La Muette le bord de l’eau, 304 p.

RABHI Pierre (2018 poche v.o. 2011). La part du colibri – l’espèce humaine
face à son avenir, éditions de l’aube, 56  p.

Coll. (2019). Solar Guerrilla – constructive responses to climate change, UofC Press 256 p.

VIDALING Raphaële (2019). Astuces écolo : tout soi-même, éditions Tana, 72 p.

HERVÉ-GRUYER Charles & Perrine (2019). Vivre avec la Terre – manuel des jardiniers-maraîchers, éditions Actes Sud, 1048 p.

Et ceux en référence sur ce site dans les billets Que disent les plantes, Art Écologique, etc.

Autres activités en lien avec l’exposition EMA’rt  #LesYeuxOuVerts

Conférence – Les artistes ne peuvent pas rester indifférents
Avec Paul Ardenne à l’Espace d’Art Artorium le mercredi 22 janvier à 19h

Atelier Zéro Déchet avec Louise Gouhier à l’Artorium le samedi 25 janvier à 15h 

La transition écologique : Art & Architecture, même combat ?
Table ronde avec l’agence d’architecture Archibionic et l’artiste Fatime Zahra Morjani
À l’Institut Français de Casablanca le jeudi 30 janvier à 19h

Atelier sur les matières recyclées avec Alexis Logié à l’Artorium le samedi 8 février à 15h

Que disent les plantes

02/01/2020

Que disent les plantes
Commissaire Marie Perrault
Galerie d’art Stewart Hall à Pointe-Claire  jusqu’au 19 janvier 2020

Le centre culturel Stewart Hall est situé sur un lieu enchanteur en bordure du lac St-Louis dans l’ouest de l’île de Montréal. L’exposition en cours révèle nos liens avec les plantes, aussi bien leur symbolisme, leur représentation dans l’histoire de l’art que leur cohabitation avec le règne animal et celui des mycètes.

Les visiteurs sont  tout d’abord accueillis par des chants d’oiseaux et une luxuriante végétation. L’artiste multidisciplinaire Emilie Payeur a créé pour l’occasion une œuvre interactive qui déclenche un réarrangement de sons d’oiseaux évoquant les bruits de la forêt de son enfance. Émilie Payer pratique aussi le circuit-bending qui consiste à créer des sons inédits à partir d’objets électroniques qui ont été transformés en instruments de musique.  Elle enregistre d’ailleurs un album en 2016 sous le  nom de Deadline. Et enfin pour agrémenter les lieux, Catherine Lescarbeau reprend son concept du Département des plantes à la Fonderie Darling.

Au fond de la galerie, un lien plus dramatique y est par contre abordé, celui  des crimes de la plantocratie à travers les lithographies bouleversantes de Joscelyn Gardner. Ce qui à première vue, ressemblent à des planches tirées d’une encyclopédie de botanique est en fait un triste souvenir de l’esclavagisme. L’artiste originaire des Antilles,  a choisi de superposer a. une plante utilisée à l’époque par les esclaves, qui voulaient mettre terme à leur grossesse en cachette b. une coiffure de tresses africaines et  c. des chaînes d’esclaves et de tortures. Le titre de l’œuvre correspond au nom de la plante selon le système de Linné,  suivi du prénom de l’esclave basé sur le journal intime de Thomas Thistlewood– ci-dessous Coffea arabica (Clarissa). Les autres plantes abortives de cette série Creole Portraits III sont : Convolvulus jalapa, Eryngium foetidum, Hibiscus esculentus, Manihot flabellifolia, Mimosa pudica, Petiveria aliacea, Bromeliad penguin, Cinchona pubescens, Trichilia trifoliata, Veronica frutescens, Aristolochia bilobala, Poincianna pulcherrima. Lire aussi Bleeding & Breeding suite à une exposition qui s’est tenue en Ontario il y a quelques années où Joscelyn Gardner explique entre autres, comment le livre de Maria Sibylla Merian (1647-1717) lui a servi d’inspiration puis en guise de complémet la thèse de doctorat de Meryem El Fennouni sur les plantes abortives dans les pratiques traditionnelles d’avortement du Maroc de l’Université Mohammed V de Rabat et du nombre élevé d’avortements clandestins au Maroc sur libe.ma.

1ère rangée de gauche à droite : Joscelyn Gardner, Laura St.Pierre, Marie-Eve Martel
2e rangée : Amélie Proulx et 3e rangée Chromogenic Curmudgeons

Dans la salle centrale du Stewart Hall, sont accrochées des photographies du duo d’Evergon & Jean-Jacques Ringuette alias Chromogenic Curmudgeons rappelant les tableaux de Nature Morte de la période baroque flamande du XIIe siècle. 

De manière plus contemporaine, les vanités sont reprises par la céramiste Amélie Proulx qui excelle dans son art qui compte dans le passé des délicats Jardinets mécaniques. Ses récentes études font appel aux technologies de l’impression 3D et n’hésite pas à collaborer avec des scientifiques comme dans le passé pour Essaims chromatiques ou Bourdonnements variables. Pour ces projets, elle a sollicité l’expertise d’agronomes afin d’observer la pollinisation assistée par les abeilles et écouter les vibrations mécaniques dans les ruches nécessaires pour évaluer l’état de santé des colonies d’abeilles selon une découverte de Mathieu Benzick et Yves Le conte – également co-auteur de Nos abeilles en péril aux éditions Quae 2019, 192 p.

Les sculptures blanches de Marie-Eve Martel, représentant des socles de la galerie rongés par des champignons font également écho aux vanités d’Amélie Proulx. Ci-dessus une autre partie de l’installation dans laquelle le visiteur est invité à regarder dans un oculaire. L’artiste  qui s’est méritée le Prix du CALQ – Créatrice de l’année dans les Laurentides 2019 explique son installation d’Hétérotrophies dans cette vidéo.

Et terminons avec le Jardin spectral de Laura St.Pierre qui sont des photos de sa collection de plantes, exposée à la manière des cabinets de curiosités ou des musées d’anatomie (pour en savoir plus sur l’approche historique des véritables modes de conservation en fluide lire l’article de Marc Herbin sur journals.openedition.org) et une citation du commissaire Marie Perrault :
« La description botanique et l’utilisation horticole des végétaux témoignent de la façon dont nous percevons et valorisons la nature, ainsi que des enjeux influant sur cette perception. Dans cette exposition, les artistes se servent de références botaniques ou horticoles pour témoigner de réalités humaines liées à l’écologie et aux rapports de pouvoir, ou pour revisiter la notion de vanité. »

Quelques lectures en lien

PELT Jean-Marie (format poche 2019). La vie sociale des plantes – les extraordinaires capacités communautaires de la nature, éditions Marabout, 480 p.

TASSIN Jacques (2016).  À quoi pensent les plantes, éditions Odile Jacob, 160 p.

ASSELIN Alain & CAYOUETTE Jacques (2019). Curieuses histoires de plantes du Canada 1867-1935 – tome 4 aux éditions Septentrion, 272 p. qui rend hommage à plusieurs chercheurs dont la scientifique Carrie Matilda Derick et évidemment le frère Marie-Victorin auteur de la Flore Laurentienne.

Prochaine exposition
Du 25 janvier au 8 mars 2020
À la Galerie  d’Art  Stewart Hall
Trousse Mystique – commissaire Anaïs Castro

À gauche:
In the shadow of Sirius de Jennifer Murphy
Avec aussi œuvres de Marie-Claude Bouthiller, Isa Carillo, Alex Coma, Marigold Santos, Hector Jimenez Castillo et OMSK Social Club 

Livres 2019

30/12/2019

Parutions 2019 mentionnées soit sur mes comptes facebook, instagram, twitter ou sur le blogue 
Arts & Sciences. Les listes des précédentes années se trouvent dans la rubrique « Livres ».

Duty free art – Art in the age of planetary civil war de Hito Steyerl aux éditions Verso, 256 p.
dans le cadre de son installation décrite au billet Science à la Biennale de Venise du 15/6/2019.

Catalogue de l’exposition itinérante Prête-moi ton rêve  décrite au billet du 19/7/2019

Lire Casablanca – une grammaire d’urbanisme et d’architecture
de Nicolas Alexandre et Emmanuel Neiger aux éditions Senso Unico, 494 p.

Marcher, créer de Thierry Davila aux éditions Champs Arts Flammarion, 400 p.

Le chemin de l’école d’Yvon Rivard aux éditions Leméac, 128 p.

Bien portant avec la médecine du prophète de Michel Casani et Jamil Rahmani, JC Lattès,  250 p.

Queer Maroc, sexualité, genre et (trans) identités dans la littérature marocaine
de Jean Zaganiaris – réédition aux éditions IMPR/ Onze, 408 p.

Hshouma de Zainab Fasiki aux éditions Massot, 114 p.

Des jeunes, des cris – témoignages recueillis par Ahmed Ghayet aux éditions Le Fennec

Casablanca – nid d’artistes sous la direction de Kenza Sefrioui et Leila Slimani aux éditions Malika

L’inconnue d’Intissar Haddiya aux éditions Saint-Honoré, 270 p.

Rue du pardon de Mahi Binebine aux éditions Le Fennec, 160 p.

La vie lente d’Abdellah Taïa aux éditions Le Seuil, 272 p.

Le ciel sous nos pas de Leïla Bahsaïn aux éditions Albin Michel, 240 p.

Transparence de Marc Dugain aux éditions Gallimard, 224 p.

Poésie

Chauffer le dehors de Marie-Andrée Gill aux éditions LaPeuplade, 104 p.
La rivière – Invitations Outaouaises de Joël Pourbaix aux éditions Le Noroît, 186 p.
Cassandre de Catherine Lalonde aux éditions Le Quartanier, 96 p.
Uiesh, Quelque part  de Joséphine Bacon aux éditions Mémoire d’encrier – Prix des libraires 2019
Le triangle des berceuses de Philippe Chagnon aux éditions Del Busso, 104 p.
Ravissement à perpétuité de Jonathan Charrette aux éditions Le Noroît – Prix Emile Nelligan 2019
Navettes de Charles Dionne aux éditions Le Quartanier, 72 p.
Solastalgie d’Antoine Boisclair aux éditions Le Noroît, 92 p.
Portraits de Daniel Tammet aux éditions Blancs Volants, 80 p.
Voix d’auteurs du Maroc – plumes et pinceaux aux éditions Marsam

Voir aussi les nombreux poèmes en lien avec le domaine médical dans la rubrique  Med Poe .

Et quelques autres de 2018
Le peintre dévorant la femme de Kamel Daoud aux éditions Stock, 140 p.
Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal aux éditions Verticales, 288 p.
La guerre des métaux rares – la face cachée de la transition énergétique et numérique
de Guillaume Pitron aux éditions les liens qui libèrent, 296 p.

Arts & Sciences – bilan 2019

28/12/2019

En 2019 vous étiez des milliers en provenance d’une centaine de pays à visionner ce blogue, qui
comprend à ce jour 855 articles, dont les plus consultés sont cités dans les bilans antérieurs.
Les articles les plus lus parmi ceux rédigés en 2019 sont:

Fondation Atassi à Dubaï,  Musée National de Beyrouth,  Comptoir des Mines Galerie à MarrakechSciences à la Biennale d’Art de Venise,  Prête-moi ton rêve, Salon d’Automne  et Musée Sursock,  Salon Interntaional de l’Édition et du Livre 2019 – Poésie, Arts & Sciences,   Lumières d’Afriques,   Sciences & Lettres à la Biennale de Rabat,   Parcours artistique au jardin d’Essais,   Volubilis,  Foire 1-54 de Marrakech,  MACAAL à Marrakech,  Joueuses / Joueurs au MBAM.

Presage d’Hicham Berrada à Venise, Littérature à la Biennale d’Art de Venise,
Omar Ba, Ying Gao et autres au Musée des Beaux-Arts de Montréal
et Concert sur les traces de Da Vinci.

Pour terminer, merci aux centaines d’abonnés et à tous les contacts facebook qui me permettent de découvrir constamment de nouveaux artistes, chorégraphes, musiciens, écrivains, etc. 
et bonne année à tous !

Sciences & Lettres à la Biennale de Rabat 3/3

03/11/2019

Solstice de Takk – M. Luzárraga & A. Muiῆo et capture d’écran de la vidéo Floodplain de Tala Hadid

Biennale d’art contemporain de Rabat – Un instant avant le monde
Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et autres lieux
Commissaire Abdelkader Damani
jusqu’au 15 décembre

La première édition de la Biennale de Rabat se terminera en décembre par une carte blanche littérature & poésie  confiée à l’écrivaine féministe Fawzia Zouari  et à Sanae Ghouati  auteure de nombreux ouvrages sur le thème de la femme au Maroc et spécialiste de Diderot, qui organiseront un Parlement des écrivaines. À travers la ville, les passant·e·s peuvent déjà lire des messages prônant l’égalité des genres de Zahra Sebti et Katharina Cibulka – c’est d’ailleurs une broderie en rose de sa série Solange (as long as) qui tapisse le mur extérieur du musée.  Des textes brodés reviennent dans une œuvre d’Anila Rubiku résumant son projet sur les femmes incarcérées et une de Ghada Amer sur des penderies en satin  avec des extraits du coran sur la femme. Outre la calligraphie et des écritures en français, anglais et arabe qui apparaissent à la biennale, une typographie dédiée à Fatima el Fihriya la fondatrice de la plus ancienne université au monde – Al Quarouiyine à Fès fut créé pour l’occasion par Bea Schlingelhoff.

En exergue pour son mot d’introduction, le commissaire Abdelkader Amani cite La Crise de la culture d’Hannah Arendt et vous remarquerez que plusieurs artistes de la biennale de Rabat répondent pertinemment aux grandes questions que la philosophe se pose dans cet essai.  « Comment penser dans la brèche laissée par la disparition de la tradition entre le passé et le futur » en est une à laquelle on pourrait associer la mosaïque pixelisée Ulysse de la Hafsia de Mouna Jemal et d’autres artistes mentionner dans le précédent billet.  On passe aussi des plus anciens écrits – l’Épopée de Gilgamesh d’il y a 3000 ans, dans une vidéo de Tala Hadid à la Villa des arts, aux contes de Kalila wa Dimna dans Stream of stories chap.6 de Katia Kameli,  jusqu’au roman graphique futuriste de Milumbe Haimbe bousculant les stéréotypes – The revolutionist.

Stream of stories chap.6 de Katia Kameli / Private rooms – détails de Ghada Amer /
Measuring of distance de Mona Hatoum / BD The revolutionist – planche de Milumbe Haimbe  /
« Art »  de Katharina Cibulka / Les femmes : la justice et la loi d’Anila Rubiku /
Typographie Fatima Al Fihri de Bea Schlingelhoff

L’Esprit de plusieurs poètes traverse la biennale de Rabat, en partant de la projection du concert mythique d’Oum Khaltoum chantant le poème d’Ibrahim Nagi – Al Atlal qui nous accueille à l’entrée ainsi que les leporellos d’aquarelle d’Etel Adnan –  un poème d’Aliah Mamdouh et  L’offrande à Neruda d’Al Bayati un peu plus loin à l’étage ou Le Surplus humain de Mohamed Al Maghout qui habite Séverine Chavrier, la directrice du CDN Orléans et dont la pièce de théâtre Après coups, projet un-femme dénonçant la violence faite aux femmes fut présentée en septembre dernier. D’un autre côté, des échanges épistolaires sont au cœur de certaines créations, par exemple la lettre à sa mère de Mona Hatoum ou directement à la Biennale par Celle qui manque soit Sonia Gassemi et pour l’œuvre textile d’Amina Agueznay, Ghita Triki lui rédige Le conte de l’indicible. Le Magazine Diptyk publiera quant à lui des communications ou réflexions des membres de son équipe dans Un instant avant le monde – solitude interrompue sous la direction d’Abdelkader Damani et Marie Moignard et terminons enfin avec quelques paroles puissantes d’artistes telles :

 « Des silences qui sont violences. Les trois jeunes femmes ne disent rien….mais ça ne veut pas dire qu’elles ne disent « plus » rien. Dans ce silence tout est dit, le poids du vécu, les blessures du corps, la souffrance de l’âme, la dignité bafouée mais reconquise. Un silence qui se veut traversée. Elles traversent des strates d’elles-mêmes, transpercent ce pacte du silence jusqu’à ce que la parole se libère, jaillisse et ébranle. Tombent les voiles, les armures, tout est dépouillé, dénudé, plus rien d’autre n’existe que cette sublime humanité qui est, simplement. Dans sa douleur, dans ses fragmentations, dans ses vérités. Et tout fait sens, et tout devient limpide. Et tous ceux qui seront témoin de cet instant, tous ceux qui se laisseront toucher par la grâce de cet instant, seront embarqués vers eux-mêmes, vers ce socle humain commun, éternel. » Bahïa Bencheikh El Fegoun – cinéaste

Poésie de Nadia Benbouta et poème d’Al bayati – L’offrande à Neruda d’Etel Adnan
Et quelques nues: The little girl de Ghada Amer / Fenêtre du beau sur jardin de Sadika Keskes d’Émouvance des Émouvants / Envers-Endroit de Zoulikha Bouabdellah / Source Mystérieuse dans laquelle le ventre féminin, origine du Tout de Khadija Tnana / Artefact de Eartly Wonders, Celestial Beings  de Rand Abdul Jabbar et vidéo de Clarisse Hahn sur les manifestations contre les expropriations de paysans au Mexique – Los Desnudos de la trilogie Notre corps est une arme.

« … Comment accepter de vieillir alors que l’on n’a pas grandi? / Enfermée, solitaire dans une bulle acidulée nécessaire à ma création / Une transe, une danse libre de jugement, libre de tourment / Bercée par la houle d’un océan mélancolique en perpétuel mouvement / Une mise à nu / Un rêve fou de jeunesse éternelle / La quête d’un amour immortel et absolu / Comme dans les films! / Le culte du corps et de la beauté / Un moment de grâce suspendu pour l’éternité / Quand les angoisses laissent place à la joie / À l’amour! » Où sont mes rêves ?  de la photographe Deborah Benzaquen

Voir les deux précédents billets sur la Biennale de Rabat qui se poursuit jusqu’au 15 décembre et ne manquez surtout pas la carte blanche à Mohamed El Baz – exposition collective La Forêt
au sous-sol du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain.

Sciences & Lettres à la Biennale de Rabat 2/3

01/11/2019

Baluchi de Mona Hatoum / Breeding space de Maria Mallo / Crâne de Jebel Irhoud

Biennale d’art contemporain de Rabat – Un instant avant le monde
Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et autres lieux
Commissaire Abdelkader Damani
jusqu’au 15 décembre

Un instant avant le monde est le titre de cette première édition de la Biennale de Rabat qui nous renvoie inéluctablement à l’origine de l’humanité et du monde de l’art. En plus d’être une biennale remarquable par son interdisciplinarité, les œuvres  traversent le temps et proposent des « dialogues entre l’archéologique & le contemporain » comme l’explique en entrevue le commissaire Abdelkader Damani.  Dès la première salle, on se retrouve face à face, avec le plus ancien Homo sapiens connu jusqu’à ce jour soit de 315 000 ans.  C’est en fait un facsimilé reconstitué à partir des découvertes au Maroc à Jebel  Irhoud, situé à 55 km de Safi et qui a fait la Une de la revue Natureno. 546 juin 2017 p.289-292 – voir aussi le billet Musée de l’histoire et des civilisations à rabat. Au sol dans cette même salle, une carte du monde tissé dans un tapis Baluchi 2007 rappelant celui de l’artiste montréalaise Dominique Blain aux motifs de mines antipersonnelles. Mona Hatoum est d’ailleurs connue au Canada pour entre autres, les clichés de sa vidéo d’une exploration endoscopique de son propre corps  présentés dans le cadre du Mois de la photo 2014 ainsi qu’à Ottawa en 2011 pour son rideau de barbelés. Keffieh 1999 également à la biennale, est tout aussi puissant comme message; il consiste en un voile brodé à partir de longs cheveux de femmes. Les parisiens peuvent admirer les œuvres de Mona Hatoum jusqu’au 23 novembre à la Galerie Chantal Croussel incluant un globe terrestre Hot Spot en métal & néons et Orbital II avec morceaux de bétons en guise d’objets célestes en orbites. Prêtez attention à deux détails sur Baluchi – premièrement que les continents sont en réalité des espaces vides  entre les océans et que deuxièmement la représentation du monde est selon la projection de Gall- Peters (1973) qui respecte les proportions réelles des continents,  contrairement à la projection de Mercator  (1569) la plus commune qui en revanche conserve les angles pour la navigation, mais déforme les surfaces au point que l’Antarctique apparait cinq fois plus grand et que l’Afrique semble être de la même taille que le Groenland, bien qu’elle soit en réalité 15 fois plus vaste – voir aussi cette vidéo de 6 min sur la chaine vox. Les projections de Gall-Peters sont également celles utilisées par Stéphanie Pommeret qui nous a présenté son travail il y a quelque mois à l’Espace d’art H2/61.26 dirigé par Mohammed Rachdi.

La biennale de Rabat est aussi l’occasion de découvrir la ville, car plusieurs participants exposent sur divers lieux, par exemple au Fort Rottembourg et à la Galerie du Crédit Agricole du Maroc, deux artistes s’inspirent des systèmes géométriques. La première, Dana Awartani fait référence à la mosaïque typique du Maghreb appelée zellige qui signifie « petite pierre polie » et pour l’architecte Maria Mallo ses créations hybrides évoluent avec les organismes qui y vivent en symbiose. Dans l’armature du dôme de Breeding space, elle y intègre des mycéliums de Pleurotus Ostreatus et pour la série Breeding territories c’est du kombucha qui est à l’honneur. Consommé depuis des millénaires pour ses supposées vertus médicinales, le kombucha est une boisson fermentée composée de bactéries d’acide acétique et de levures de types Saccharomyces qui donnent une apparence gélatineuse – lire « Microbiology and quality assurance of kombucha » sur sparkkombucha.com et « Are there benefits to drink kumbucha ? » NYTimes 16/10/2019.

Roches et matériaux du Maroc de Lara Almarcegui  / Expansion (détail) de Safaa Erruas  / 
1 module de Ramasser le monde de Rita Alaoui   / Sans-titre (détail) d’Amina Rezki

Le Maroc regorge de trésors archéologiques et géologiques qui attirent les chercheurs du monde entier. Ces deux cartes des gisements miniers et minéraux à travers les différentes régions du Maroc en témoignent. Fasciné par les sites d’excavations et sous-terrains des villes, l’artiste Lara Almatcegui relève le défi d’un projet colossal que celui de quantifier les roches & matériaux de Rabat en collaboration avec des géologues. Le tableau ci-dessus est le résultat de sa recherche qui permet aux visiteurs de la biennale de prendre conscience de la nature de ce territoire sur lequel ils se trouvent et de le préserver comme d’ailleurs la mission du plan de la gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité par le HCP . Lire aussi cette étude géologique d’une région du rif par Ahmed EL Bakouri & al. et consulter la Revue Marocaine de Géomorphologie . En guise de complément, le documentaire L’histoire de l’évolution des minéraux avec le géologue Robert Hazen, fait valoir qu’afin de mieux comprendre les origines de la Terre il y a 4.5 milliards d’années, l’étude de la composition minéralogique des roches est indispensable tout comme le rôle de leurs éléments dans notre quotidien ex. Molybdène rend l’acier plus dur et le cobalt augmente la durée de vie de notre portable. Entrevue avec l’artiste qui nous explique sa démarche en amont à sa participation de la Biennale de Venise en 2013 sur zerodeux.fr.

Aucune photo ne pourra mettre en valeur le magnifique travail monochrome et aérien  de Safaa Erruas. Tout en finesse & délicatesse, ses œuvres n’apaisent pas toujours l’âme et parfois tout le contraire ! Notes amères que vous pourrez voir sur son site, nous donnent des frissons tout comme d’autres avec aiguilles, seringues, lames, etc.  Pour la biennale, telle une chenille dentelière, l’artiste de Tétouan tisse non seulement un cocon mais des milliers, suspendus à des fils transparents. Aucun doute, toutefois, que cette artiste déploiera ses talents sur plusieurs continents au grand bonheur d’amateurs d’art à travers la planète. Voir aussi le billet être ici Tanger avec son installation de centaines de gypsophiles en suspension.

 «… il me vient une certaine mélancolie en pensant au tout début de l’humanité,
 à cet instant où l’homme s’est différencié de l’animal par la pensée et a commencé à utiliser des outils.

Cet instant où l’homme chassait, cueillait, écoutait le bruit du vent, observait la lune
et respectait les cycles du soleil. Cet instant où l’homme savait reconnaître les bonnes plantes
pour se soigner, cet instant où l’homme était en constant mouvement, dansant avec les forêts,
les plaines et les océans. Cet instant où les arbres étaient les maitres du monde,
où les aliments transformés n’existaient pas, où le gaz carbonique n’avait pas envahi
toute la planète et où dans le ciel ne volaient que des oiseaux… »  Rita Alaoui

Ramasser le monde est un bel échantillonnage du travail anthropologique de Rita Alaoui en réintroduisant des ossements de ses cabinets de curiosités et exemplaires de ses lectures  i.e. L’Histoire de l’humanité de Hendrik Van Loon v.o. 1921  et le texte taoïste Le secret de la fleur d’or. Sur son site, vous pourrez voir La forêt de  viemettant en relation l’humain et la nature et ses sérigraphies de coraux, mollusques, céphalopodes, végétaux, etc. ainsi que de superbes textes d’auteurs variés décrivant son attachement aux objets, outils, vestiges du passé, à la nature et à l’avenir de l’humanité.

Dernière oeuvre à droite, celle d’une troisième artiste marocaine,  Amina Rezki qui vit et travaille en Belgique. L’année dernière, pour l’ouverture de la Art Stories Gallery à Ixelles, elle a eu l’occasion de faire une exposition conjointe avec Arié Mandelbaum et trois de ses œuvres font partie du Wiels – centre d’art contemporain de Bruxelles. Deux de ses toiles de la biennale laissent supposé un regard sombre de l’avenir de l’humanité tandis que celle ci-haut est faite à partir de pages sur des traités d’architecture portant sur des plans de charpentes et circuits électroniques, comme quoi peut-être il faut se baser sur le savoir pour bâtir le futur de l’humanité.

Et pour terminer, l’artiste Lucy McRae nous projette dans un monde transhumaniste. Ci-dessous celle qui se définit en tant qu’artiste de science-fiction, réalisatrice et architecte du corps décrit ses projets utopiques &  futuristes – lire aussi l’entrevue sur neo.life.  L’Institut de l’Isolement présenté à la Biennale de Rabat est naît justement, de son rêve d’aller un jour dans l’espace et de son intérêt pour la médecine du futur – particulièrement les mécanismes d’adaptation du corps humain lors d’un vol spatial. Pour en savoir plus sur les défis de la médecine spatiale, voir le documentaire de Jean-Christophe Ribot Les cobayes du cosmos 2017, 90 min. 

Voir le précédent billet sur la Biennale de Rabat et bientôt la suite….

Sciences & Lettres à la Biennale de Rabat 1/3

31/10/2019

Biennale d’art contemporain de Rabat – Un instant avant le monde
Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et autres lieux
Commissaire Abdelkader Damani
jusqu’au 15 décembre

La toute 1re biennale d’art de Rabat marque déjà l’histoire,  en étant dédiée exclusivement aux femmes artistes, outre les expositions et nombreux évènements en parallèle. Le commissaire Abdelkader Damani tenait à rendre hommage aux femmes créatrices, de domaines aussi variés que le cinéma, la danse, la littérature, l’architecture, la photographie, l’art numérique, la peinture, la sculpture, etc. tout en leur laissant libre cours à redéfinir notre monde et celui de l’art.  Le visiteur restera ému devant ces œuvres qui sont tantôt un cri du cœur, tantôt un « réceptacle » de justice et libertés ou d’autres… devoir de mémoire ex. Les trois Grâces de Marcia Kure. L’artiste nigérienne rend hommage à trois figures féminines de l’histoire africaine, dont Funmilayo Ransome Kuti (1900-1978) ayant milité pour l’accès des femmes à l’éducation et le droit de vote des femmes de son pays – lire aussi le billet sur ce site Qui veut la peau de Vénus ?  Parmi les militantes-artistes de la biennale,  on peut compter  Sonia Gassemi qui écrit des pièces de théâtre engagé et milite pour les droits des femmes, Anila Rubiku dont le travail a permis la libération de femmes incarcérées à Tirana,  Hania Chabane qui rappelle que la liberté est autant un droit qu’un combat et le collectif Feminist Collaborative Architecture qui manifeste contre l’exclusion sous toutes ses formes, pour ne nommer qu’eux. Plusieurs architectes de la biennale, font également leur part pour améliorer les conditions de vies des plus démunis, par exemple Tatiana Bilbao à travers des logements sociaux au Mexique ou DAAR – Decolonizing Architecture Art Residency avec des camps de réfugiés. Quant à Julie Nioche à l’origine de A.I.M.E.  l’Association d’Individus en Mouvements Engagés, elle se pose, en suspension sur des fils, la question existentielle : Qu’est-ce que mon existence pèse sur Terre ?

Le commissaire de la Biennale de Rabat donne également carte blanche à l’artiste Mohammed El Baz pour une exposition collective et à la réalisatrice Narjiss Nejjar pour une programmation cinématographie qui se tiennent tous deux au sous-sol du Musée Mohammed VI et pour clore la biennale le 18 décembre prochain Faouzia Zouari et Sanae Ghouati invitera une cinquante de femmes de lettres à lire leurs textes au Parlement des écrivaines. Plusieurs artistes de la biennale exposent leurs œuvres hors les murs du MMVI et à eux se rajoutent en guise de Street Art, au jardin Hassan II, cinq artistes marocains soit Ghizlane Agzenai, Yassine Balbzioui, Ed Oner, Iramo Samir, Mehdi Zemouri et nul autre que le graffeur Leonard Hilton McGurr  alias  Futura 2000.

R.I.P. Natasha Megard (1967-2019)
Artiste de la Biennale décédée pendant les préparatifs du projet

 » Je pense aux mille et une nuit avec des racines / Je rêve / Instant d’avant / La beauté décuplée dans l’arc-en-ciel / Ta poésie est ta réalité / He ! En fait, / Peu importe la taille de la racine, l’essentiel
c’est qu’il y en ait deux / On articule, une en bas et une autre en haut / On les rassemble ensemble /
Et du coup elles forment idée / Bizous, mon loup d’amour «  Natasha Megard

 

Évènements à venir

Temps et création animée par Bouazza Benachir le 7 novembre à 19h
Avec Mustapha Kébir Amni, Touria Ikbal, Siham Issami et Muhammad Valsan

Pièce de théâtre Prise de parole d’Issam El Youskfi le 13 novembre à 20h
Avec Ilham Loulidi dans une mise en scène de M. Chahdi et scénographie de T. Ribh

La tendresse subversive avec Abdelkader Damani et autres intervenants le 17 décembre

Parlement des écrivaines sous la direction de Faouzia Zouari et Sanae Ghouati  le 18 décembre

Surveiller la mise à jour du programme sur https://www.biennale.ma/

Lire articles de M. Drissi K , A.Boushaba, F. MiskM.Moignard, E. Jardonnet et Z.Senoussi

Quelques bonnes adresses à Rabat sur ce site et la suite les prochains billets sur la Biennale.

Parcours artistique au jardin d’Essais

28/10/2019

Conception de l’affiche et Basic pattern of growth de Nassim Azarzar

État d’urgence d’instants poétiques jusqu’au 16 novembre
Entrée Avenue de la Victoire côté Nord
Jardin d’essais botanique de Rabat

Le jardin d’essais botanique de Rabat a initialement été conçu en 1914 par Jean-Claude Nicolas Forestier. Cet urbaniste- paysagiste féru en botanique aménage alors un jardin d’acclimatation, en plein cœur de la capitale du Royaume classée patrimoine mondial de l’Unesco, qui aujourd’hui s’étend sur 17 hectares  et abrite 650 espèces végétales. Pour en savoir plus sur sa vision, lire « Les influences théoriques et pratiques du Système de parcs de Jean-Claude Nicolas Forestier sur le travail d’Henri Prost en France. Expériences croisées 1913-1934 » de L. Hodebert dans les Cahiers thématiques Paysages vs Architecture no.13, 2014 p.85-95. C’est en aval de l’avenue de la Victoire que se tient la 2e édition d’État d’urgence d’instants poétiques. Une dizaine d’artistes ont été invités par Bouchra Salih, à créer une œuvre in situ autour du jardin andalou et du pavillon mauresque qui abrite l’agromusée. Ci-haut, une œuvre de Nassim Azarzar qui nous saisit par sa dichotomie nature/pollution puisqu’ elle est faite de goudron connu pour être cancérigène et ressemble à une chaussée bitumée dont l’exploitation est nocive pour l’environnement comme mentionné dans le billet Plume et bitume. Cependant, son motif végétal est en parfaite harmonie avec son environnement tout comme d’ailleurs les autres installations qui sillonnent le parcours. Lors du vernissage qui s’est tenue vendredi dernier, les artistes ont eu la chance de présenter leur installation.  Au courant de cette semaine, l’équipe de L’Art f’Dar propose en plus diverses activités aux élèves du primaire. Cet événement se clôturera avec une performance déambulatoire de Kamal Aadissa ainsi qu’une danse  nature urbaine de Nezha Rhondali alias Lisa Dali – fondatrice de l’association Irtijal qui dirige des ateliers de danse Contact Improvisation.

A piece of wood from three pieces of wood d’Abdellah M.Hassak / Destruction-construction de Mohamed Mourabiti / Chajara-Zaytüna de Younès Rahmoun / In tune with distorsion de Khalid
El Bastrioui / L’arbre qui cache la forêt de Badr El Hammami / Sisyphe de Driss Aroussi

Ci-dessus une photographie de l’installation sonore d’Abdellah M. Hassaki – artiste multimédia qui transpose  le son d’un cognement de morceaux de bois en notes de musique de trois grandeurs différentes, superposant ensuite ces trois partitions. Cette pièce polyrythmique fait écho à A piece of water à partir d’une goutte d’eau, qu’il visualise sous forme binaire et ternaire. Tandis qu’un de ses projets antérieurs, comprenant archives, entrevues et enregistrements sonores portait sur l’ancien aquarium de Casablanca qui a fermé ses portes en 1987.  D’autres œuvres d’artistes font appel s à des photographies  & archives telle l’installation de Badr El Hammami faisant suite à sa résidence à Lille dans laquelle il traitait les notions de frontières et de migrations (il décrit d’ailleurs sa démarche lors d’une rencontre avec des élèves qui s’est tenue dans le jardin samedi dernier) ou Chajara-Zaytüna de Younès Rahmoun – artiste de Tétouan qui avait présenté Taqiya-Noren 2017 à l’Arsenal pour la Biennale de Venise et précédemment en 2011 au Pavillon du Maroc. Sur le site de l’artiste vous pourrez voir toutes ses installations et visionner son film d’animation  d’une graine à la recherche d’un lieu idéal pour croître, intitulé Habba7 min. Quant à Khalid Bastrioui, dont on a pu voir les théières Warholienne à la Galerie Venise Cadre durant la semaine du Art Week Casablanca, amuse les visiteurs avec son installation cinétique de papillons In tune with distorsion.  Dernière photo ci-haut, la vidéo Sisyphe de Driss Aroussi, qui porte bien son nom, mettant en évidence le travail perpétuel et extrêmement ardu d’ouvriers sur des chantiers de pierre – lire aussi les textes sur  son site parvenu.free.fr. Parmi les autres œuvres, on retrouve  une installation sonore de Simohammed Fettaka, un enfilage de perles en verre d’Amina Agueznay , une vidéo de Lina Laraki qui à travers le rêve d’une plante aborde également les thématiques de migration, d’exil, etc. puis un terrain de végétation de Jamila Lamrani qui aime à varier ses médium et qui représentait le Maroc à l’exposition Lumières d’Afriques. Pour terminer, voici quelques vers de Voix d’auteurs du Maroc – Plumes et pinceaux tome 3 aux éditions Marsam 2019, 168 p.

Le prochain billet portera sur la 1ère Biennale de Rabat qui met à l’honneur  les femmes artistes.

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