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Musée de l’imprimerie à Lyon

12/06/2020

Musée de l’imprimerie et de la communication graphique de Lyon

La ville de Lyon a joué un rôle important dans la production d’imprimées selon la technique de Gutenberg. Au XVe siècle on compte une quarantaine d’imprimeurs installés surtout autour de la rue Mercière et un milliers de livres sont imprimés à l’époque pour atteindre son apogée au milieu du XVIe siècle. Les livres lyonnais sont alors distribués à travers le monde. Le musée de l’imprimerie de Lyon retrace l’histoire de la « révolution gutenbergienne » à travers des livres, estampes et matériel typographiques de l’imprimerie Audin. Deux presses lithographiques sont accompagnées d’une vidéo de Francis Magnenot expliquant le processus. Le prototype de la Lumitype inventée à Lyon en 1944 par René Higonnet et Louis Moyroud est également exposé ainsi que le premier livre entièrement photocomposé soit The wonderful world of insects publié en 1953.  Cette technique de photocomposition, faisant appel à la photographie ultra-rapide et un calcul binaire électromagnétique puis électronique, a permis de ne plus avoir recours à des textes en plomb. Pour en savoir plus lire Du plomb à la lumière – La Lumitype-Photon et la naissance des industries graphiques modernes d’Allan Marshall aux éditions MSH 2004, 432 p. Les dernières salles du musée font un rappel par la suite de la PAO Publication Assistée par Ordinateur des années ’70 et des premiers Macintosh en 1984 pour se terminer avec des affiches engagées du collectif de graphistes Grapus et la série Qui ? Résiste de Pierre Di Sciullo.

Le Musée de l’imprimerie et de la communication graphique de Lyon compte une riche collection de livres anciens tel le premier livre français imprimé avec des gravures sur bois dans le texte publié à Lyon en 1478 avec couleur peinte à la main d’une traduction du Speculum humanae salvationis de Mathieu Husz (ci-dessus à gauche). Évidemment, plusieurs d’entre eux portent sur l’art de construire des lettres, basé principalement sur les proportions idéales de Vitruve reprise par De Vinci.  Le traité de de Fanti de 1514 d’après les théories de Fra Luca Pacioli ou la construction géométrique des lettres d’Albrecht Dürer de 1535 en sont des exemples. Lire aussi De Pacioli à Truchet : trois siècles de géométrie pour les caractères de Jacques André ainsi qu’un exercice à faire en classe proposé par V. Cambrésy.

Parmi d’autres ouvrages scientifiques, outre les manuels techniques et cartographies, on retrouve un traité d’astronomie de 1516 du célèbre imprimeur vénitien Alde Manuce ou un d’Hippocrate des frères Sessa  de Venise également et des exemplaires du Journal des Savants de 1665. On apprendra que l’invention de la gravure en couleurs à partir des 3 tons primaires, date de 1719 grâce à Jacques Christophe Le Blon de Francfort selon la théorie des couleurs de Newton.  C’est son élève, Jacques Fabien Gautier d’Agoty – célèbre pour son Ange anatomique, qui popularisa cette technique en France. D’ailleurs la chromolithographie facilitera l’impression couleur un siècle plus tard.

Le musée compte dans sa collection, de grands classiques comme L’Histoire naturelle de Buffon 1767 avec des gravures de quadrupèdes par Jacques de Sève et d’oiseaux par François-Nicolas Martinet et L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert Paris, 1751–1776 ainsi qu’un livre grand format des œuvres de Rabelais par Gustave Doré de 1873 selon la technique du bois de teinte dessinant directement au lavis sur le bois que poursuivent les graveurs pour atteindre le tons parfait et autres détails complexes. Notez que le premier roman de Rabelais fût écrit durant son contrat à Lyon, en tant que médecin à l’Hôpital-Dieu de 1532 à 1535.

Ci-dessus, la page couverture de La pratique du trait à preuves – Traité de stéréotomie soit le dessin en taille de pierre ou ancêtre du dessin technique par le graveur Abraham Bosse et le mathématicien Girard Desargues inventeur de la géométrie dite arguésienne. On peut y voir aussi une édition du Traité de la peinture de Léonard de Vinci ornée de gravures de René Lochon d’après des dessins de Nicolas Poussin qui a été publié en 1651 simultanément en français et en italien.

Poursuivez la visite du musée virtuellement…

Lectures en lien

Coll. (2020). Guide déraisonné des collections du Musée ICG 158p.

TWYMAN Michael (2007). L’imprimerie – histoire et techniques, éditions ENS 118 p.

Coll. (2012).Histoire de l’imprimé – des objets qui racontent l’histoire, éditions EMCC, 119 p.
Avant-propos d’Alan Marshall – directeur du musée de l’imprimerie de Lyon

JIMENES Rémi (2017). Charlotte Guillard – une femme imprimeur à la renaissance, PUR

McNEIL Paul (2019). Histoire visuelle de l’art typographique 1454-2015, Actes Sud, 671 p.

Site de L’Institut d’histoire du livre ihl.enssib.fr

 

N.B. Pause gourmande au restaurant adjacent Le Musée – bouchon lyonnais typique & accueillant.

Prochaine exposition au Musée de l’imprimerie : Vinyles Mania du 1er oct. Au 21 février 2021

Notez aussi que le festival de Street Art Peinture Fraîche est reporté du 2 au 25 oct. 2020 et pour savoir tout ce qui se passe à Lyon consultez le guide urbain du Petit Bulletin.

Voir aussi sur ce site les billets du Musée des confluences et bonnes adresses à Lyon.

Foire Papier 2020

05/06/2020
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Paryse Martin – Galerie 3 / Jean-Paul Gauthier – Galerie Ellephant /
Lorraine Simms – Galerie McBride Contemporain / Véronique La Perrière M. – Galerie d’Este
Foire Papier 2020 organisée par l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC)

Papier 2020 Foire d’art contemporain du 4 au 21 juin

En raison de la pandémie qui sévit le monde entier, la 13e édition de Papier se déroule cette année virtuellement. Cette vitrine d’art contemporain regroupant 44 galeries à travers le Canada, propose plusieurs tables rondes que l’on peut visionner en ligne. Ci-dessus, quelques artistes qui se sont inspirés de la nature et du monde animal avec Mille lieux acides – Les oiseaux 2020 de Jean-Pierre Gauthier créateur surtout de sculptures cinétique & sonore et Pteropus Edulis, Manilla de Lorraine Simms. Notez que les chauves-souris du genre Pteropus sont un réservoir naturel du coronavirus (SARS-CoV-2) qui selon une étude dans Science Advances se serait peut-être recombiné avec un coronavirus de pangolins comme l’explique J.Kern sur Futura-sciences.com. Sur le site de Papier 2020, vous pourrez également admirer des arbres stylisés de l’artiste autochtone Lawrence Paul Yuxweluptun de la galerie Macaulay & co. fine art, des photographies environnementales de photographes divers à la Galerie Stephen Bulger et les œuvres de Michelle Bui de la Galerie Franz Kaka dont on a vu passer quelques œuvres insolites sur ce blogue.

Voici quelques autres œuvres de la galerie virtuelle de la Foire d’art contemporain évoquant les sciences & l’environnement. 1ère rangée : Camouflage II de Anna Torma (Galerie Laroche Joncas), Big data, cross waves d’Alain Paiement (cabinet d’avocats BLG), Old man of the wood of Strombliomyces de Robert Wiens (Galerie Paul Petro), R2 – série Interopera de Brian Boigon (Christie Contemporary). 2e rangée : Longitudinal de Daniel Agdag (Galerie Youn), Dépouilles au fleurs « Bleu de Delft » de Laurent Craste (Galerie 3), Map dreaming no.6 de Sebastian Maquiera (Mónica Reyes Gallery), Geometry  of a dream place de Sabrina Ratté (Galerie Ellephant).

Terminons avec des lettres & des mots au cœur des œuvres John Latour de la Galerie Pierre Francois Ouellette,  Geneviève Seillé de la Galerie Robert Poulin, Marina Roy de la Galerie Wil Aballe Art Projects, Cindy Phenix de la Galerie Hugues Charbonneau, Evan McGraw de la WAAP ainsi que l’impression 3D du Livre des livres de Guillaume Lachapelle de la Galerie Art Mûr et dont un projet spécial en collaboration avec Ubisoft représente le phénomène de robotisation dans lequel nous nous dirigeons. Vous trouverez également un incontournable pour la Foire Papier, soit un livre sculpté de Guy Laramée – voir aussi Meyers Lexicon sur ce site.

Programmation des tables rondes virtuelles incluant
Le devenir sensible des plantes – dimanche 7 juin à 12h
Avec Richard Ibghy, Marilou Lemmens, Catherine Lescarbeau, Bénédicte Ramade
Et animée par l’historienne de l’art Julia Roberge Van Der Donckt 
Lire aussi le billet sur l’exposition Que disent les plantes ?

Et plusieurs autres magnifiques œuvres en ligne sur papiermontreal.com

Alien perception de Pascal Dufaux avec sablier de miel et flûte de pan en coll. avec Sarah Wendt
Restez au courant des créations & expositions à l’année longue, en vous abonnant aux magazines
d’art contemporain québécois Vie des ArtsEspace Art ActuelCiel VariableEsse

Voir aussi Foire Papier 201720152014 sur ce blogue.

Yamou

12/05/2020
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Diapositive de Pathologies & Arts avec artistes marocains et autres…
faisant suite à la série Diapo du mois sur ce site.

On reconnait d’emblée les œuvres organiques d’Abderrahim Yamou qui, de son atelier de Tahannaout à 30 km de Marrakech, cultive un jardin et accueille des visiteurs. Force est de constater, que l’Univers de Yamou va de l’infini petit à l’infini grand. D’ailleurs une section dans sa monographie publiée en 2014, porte le joli titre de Poétique de gemination et Cosmogénèse. Michel Gauthier y sillonne les oeuvres de Yamou, inspirés dans les débuts par les peintures pariétales (paléolithique ex. grotte de Chauvet) et rupestres (néolithique ex. Antilopinés de Souissa de la région de Figuig) pour ensuite poursuivre avec une période de calligraphies telle que dans l’histoire de l’humanité,  l’apparition de l’écriture vers 3 500 AEC marquant la fin de la Préhistoire. Pour en savoir plus sur l’Art rupestre du Maroc lire « Note sur la découverte de nouvelles gravures dans le nord d’Akka » de Naïma Oulmakki dans la revue L’anthropologie 2019 vol.123 no.1, les publications d’A.Lemjidi également de l’INSAP et voir la vidéo des gravures de la région de Guelmin au sud d’Agadir ainsi que les références sur ce site au billet Musée de l’histoire des civilisations à Rabat.

Ci-dessus, Molécules P4-18 2018 et D’un état à un autre 2018 donnant l’impression de molécules organiques, semblables à des hydrocarbures d’apparence cycliques tel le graphite se transformant en diamant comme dans cette simulation dont l’explication de point de vue thermodynamique est donnée sur le site de l’Université Le Mans via les ressources pédagogiques Numéliphy. Bien que le Maroc n’ait pas de mines de diamants et très peu de graphite, il regorge de merveilles géologiques comme celles mentionnées sur ce site et pour connaitre les lieux exacts de gisements de minéraux, consultez cartesgeoscientifiques.mem.gov.ma.

« Même si les références botaniques sont évidentes, ces tiges sont aussi nos artères.
Il y a du sang dans les œuvres de Yamou ; des nerfs, des cellules, des lipides, des ovules,
des neurones, des tissus nerveux et des codes ADN. Ces tableaux suggèrent la réalité
qui existe Deep inside et qui s’agite, là dans les profondeurs. Ils évoquent ce qui grouille
dans les êtres vivants et au plus profond de l’utérus rond de l’univers, parce que j’y vois aussi
des astres et des météorites, l’humidité primitive, la grande obscurité et la voie lactée.»
Marta Moriarty – extrait du catalogue de la galerie d’art L’atelier 21  Deep Inside p.11

1ère rangée : Monographie 2014 aux éditions Skira & L’Atelier 21 avec Les coulés 3 2013 en page couverture, Horloge biologique 1999 et Procession 2010  (détail) composé de bois, clous, tampons nettoyants et œufs de caille 2e rangée : Molécule de Chlorophylle 2014 en bois
et May koun Bass 2015 en bronze –  https://yamou-abderrahim.com/

En attendant avec impatience la prochaine œuvre de Yamou, où il utilisera un rouge profond – le carmin de cochenilles. Ce colorant naturel, riche en acide carminique, est produit en laissant sécher à l’air libre des cochenilles femelles Dactylopius coccus que l’on a collecté du cactus.  On peut également obtenir une couleur rouge similaire d’une autre espèce de cet insecte hémiptère, le Dactylopius opuntiae considérée sauvage, mais qui par contre fait des ravages dans plusieurs régions du Maroc en infestant les figuiers de barbarie et autres variétés de cactus Opuntiae. La culture de ces cactus fait partie du plan de développement durable du Maroc à cause de leur capacité de s’adapter à des longues périodes de sécheresse et d’être utiles à la fois pour le fourrage du bétail, l’alimentation humaine ainsi que pour les produits cosmétique et pharmaceutique. Pour en savoir plus, lire l’article de M. Arba du laboratoire d’Écophysiologie végétale de l’Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II et Écologie, culture et utilisations du figuier de Barbarie 2018 publié par l’ONU incluant un chapitre sur l’élevage des cochenilles p.109-117.

Voir aussi images de l’expo de Yamou au Comptoir des mines à Marrakech sur ce site
Et les prochaines diapositives de Corps humains et pathologies à travers l’art.

mounir fatmi

29/04/2020

Diapositive de Pathologies & Arts avec artistes marocains et autres…
faisant suite à la série Diapo du mois sur ce site.

Mounir Fatmi est un artiste né à Tanger, connu mondialement pour ses participations à différentes Biennales et dont les œuvres se retrouvent dans diverses collections publiques. The blinding light  fait partie d’une série de photomontages et vidéos autour d’un tableau du XVe siècle de Fra Angelico intitulé La Guérison du diacre Justinien quireprésente la transplantation d’une jambe d’un éthiopien sur celle de l’empereur, effectuée par Saint-Damien & Saint-Côme, décrite dans le précédent billet sur le blogue Arts & Sciences.Pour Mounir Fatmi, qui a également une version imprimée sur une surface miroir, cette œuvre «superposant les espaces temps, fait apparaître la technologie, l’anesthésie dans un monde fait auparavant de miracles divins », illustre en même temps la dualité entre science & religion.

Dans cet article de la revue Québec Science, la journaliste M-P Élie nous apprend que le Vatican fait d’ailleurs appel à des scientifiques pour la canonisation de nombreux saints, dont l’hématologue Jacalyn Duffin auteure de Medical Saints : Cosmas and Damian in a Postmodern worldaux éditions Oxford University Press 2013, 256 p. qui avait pour son précédent livre épluché des milliers de dossiers s’étalonnant sur quatre siècles. Aujourd’hui, on sait qu’un bon nombre de soi-disant « miraculés » sont guérit en fait par chimiothérapie ou transplantation de moelle osseuse ou naturellement grâce aux systèmes immunitaire et hormonal comme les exemples de rémissions ou régressions spontanées de cancer cités dans Science & Vie 25/3/2019 et Le Monde 26/1/2018 sans oublier les pouvoirs de l’esprit sur le corps expliqués par le psychiatre Patrick Clervoy aux éditions Odile Jacob 2018, 352 p.

Quant à la greffe, elle symbolise pour Mounir Fatmi une sorte d’hybridation entre religions & cultures ou comme l’écrit Barbara Polla « la greffe culturelle, douloureuse mais indispensable, forgeant sa propre pensée et son travail d’artiste ». D’une autre part, la greffe représente aussi le métissage et d’ailleurs dans sa version vidéo, apparait en négatif l’inverse, c’est-à-dire une jambe blanche sur un patient noir. D’après Blaire Dessent, cette transposition dans une salle d’opération ultra-moderne évoque « les obsessions de notre époque pour la chirurgie esthétique, les implants et les transformations physiques… efface ainsi les frontières entre l’ancien et le nouveau, entre le spirituel et le scientifique, pour montrer les connexions qui existent entre eux ». Lire aussi « Le miracle de la jambe noire – Entre discours médical et fascination artistique » de Pierre-Yves Theler dans Corps recomposé – greffe et art contemporain sous la direction de Barbara Denis-Morel aux éditions Presses AMU 2015 160 p. p.33-45.

Tête dure/Le cogito 2006, Nada – danse avec les morts 2015-2016, Mécanisation 2010-2011,
L’année zéro 2012 et Le livre de la perfection 2016-2019 de mounir fatmi.

Le livre de la perfection ou Kitab al-Istikmal كتاب الإستكمال sur lequel repose les trois vidéos de Mounir Fatmi, correspond au titre éponyme d’un ouvrage d’Al Mutaman – mathématicien du XIe siècle et roi de Saragosse qui succéda à son père également savant & philosophe. Cet ouvrage représente une synthèse de célèbres traités mathématiques grecs et arabes mais … également la plus ancienne description connu du théorème de géométrie du triangle,  plus de 600 ans avant que Giovanni Ceva en fasse la démonstration. Jan Pieter Hogendijk décrit chacune des parties de cet ouvrage que l’on a reconstitué dans les années quatre-vingt, à partir principalement du manuscrit Or. 82 de la Bibliothèque Royale de Copenhague et souligne les contributions d’Al Mutaman dans l’Histoire des sciences. Vous pouvez également lire les publications de Youssef Guergour et d’Ahmed Djebbar sur ce mathématicien qui mérite à être connu.

Mecanisation de Mounir Fatmi est un autre projet inspiré par l’Âge d’or des Sciences arabes et plus particulièrement la fabrication et l’utilisation des astrolabes dont le nom en grec veut littéralement dire « Instrument qui sert à prendre la hauteur des astres ». Cette série colorée est un collage de tapis de prière aux motifs rappelant l’industrialisation, science et technologie. D’ailleurs, il utilise fréquemment des câbles d’antennes noirs et blancs, des cassettes VHS ou des motifs et titres faisant références aux réseaux de neurones comme interrogations sur notre rapport aux nouvelles technologies et qu’il publie sous The White matter 2019 et The Process 2019.

Ci-dessous, le catalogue de l’ensemble des travaux de Mounir Fatmi en lien avec un poème de Frederick Soddy – lauréat du Prix Nobel de chimie en 1921. Kissing precise a été publié dans la revue Nature en 1936, avec l’ajout d’un 3e paragraphe qui s’étend aux sphères l’année suivante, et fait référence au Théorème de Descartes permettant le calcul du rayon et de la courbure d’un ou des cercles dit de Soddy tangents à trois autres qui le sont entre eux, que l’on explique dans cette vidéo.

Outre les références au mythique baiser d’Ingrid Bergman & d’Humphrey Bogart dans le film Casablanca, Mounir Fatmi  fait parfois référence à L’enfant Sauvage de François Truffault et  à plusieurs écrivains de la Beat Generation tels Paul Bowles qu’il a cotoyé,  William Burroughs et Brion Gysin auxquels il rend hommage dans diverses installations ainsi que d’autres pour des auteurs de différents styles et époques comme par exemple les poètes soufis Attar de Nishapur (XIe siècle) et Sidi Abderrahman el Majdoub (XVIe siècle), Claude Levi-Straus, Jacques Risser, Salman Rushdie et Les monuments 2008-2009 ceux ayant forgé la pensée de l’artiste i.e. Walter Benjamin, Georges Bataille, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Jean Baudrillard, Pierre Bourdieu, etc. tous inscrits sur des casques de construction. Pour terminer Toss Holder 01 2019 ci-bas, dans lequel il y insère La Crise de la culture d’ Hannah Arendt, L’Œil et l’Esprit de Merleau-Ponty, La Philosophie critique de Kant de Deleuze ainsi que La Dame au petit chien d’Anton Tchekhov.

Tools holder 01 2019 et Les monuments 2009 http://www.mounirfatmi.com/

Pour en savoir plus sur l’Âge d’or des Sciences arabes voir les billets suivants :
Ulug Beg – L’astronome de Samarcande, Ibn Battouta, Musée du Bardo pour sa collection d’astrolabes, Fondation Atassi avec la toile des Savants de la civilisation islamique, Musée de l’histoire et des civilisations pour les recherches en archéologie incluant les découvertes sur le site de Jebel Irhoud ainsi que Volubilis et Géologie & autres merveilles du Maroc et les ouvrages en référence sur celui de l’Institut du Monde Arabe et des Transferts des savoirs médicaux.

Autres diapos de Corps humain et Pathologies à travers l’art à venir…

Pathologies & Arts – diapo du mois

28/04/2020
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Diapositive du mois tirée du tableau Pathologies & Arts

Cette scène de Fra Angelico relate le miracle de Saint-Damien et Saint-Côme – deux frères jumeaux nés en Cilicie au IIIe siècle qui auraient parcouru le Moyen-Orient en guérissant sur leur chemin ceux dans le besoin. Ils auraient d’après la légende, sauvé le diacre Justinien en lui transplantant une jambe prélevée d’un Éthiopien décédé la veille. C’est dans un conte médiéval intitulé La légende dorée de Jacopo de Varagine, que l’on raconte en détail cette intervention qui fut reprise par la suite par beaucoup de peintres, un des plus anciens étant celui du XIIIe siècle de  Matteo di Pacino – maître de la Chapelle de Rinuccini. Ci-dessous plusieurs représentations de la greffe de jambe de Saint-Damien & Saint-Côme datant du XV et XVIe siècles et une plus récente d’André Durand tiré de l’excellent site russe Med-in-art.livejournal.com. Un article de Dr. Nebojsa J. Jovic dans AMHA 2015 vol.13 no.2 p.329-344 mentionne plusieurs icônes orthodoxes du XXe siècle illustrant cette scène dont une au monastère Agathonos à Phthiotide et une autre à l’église St-Anargyri à Thessaloniki recensées dans One leg in the grave revisited– The miracle of the transplantation of the black leg aux éditions Barkhuis 2013, 159 p. Parmi les passionnants articles du blogue de Dr Xavier Sierra Valenti, il remarque sur le retable de Jaume Huguet (ci-dessous), qu’en arrière-plan on voit les saints médecins couper la jambe droite du maure alors que sur l’image au centre, c’est la jambe gauche du diacre qui est greffée. Il attire également notre attention sur la jambe pleine d’ulcères sans érythème sous-jacent, du tableau de Rincón (ci-dessous) qui selon son collègue José R. Alonso souffrait d’une ischémie aiguë due probablement à l’ergotisme. Dr. Alonso revient par la même occasion sur la Première mondiale de la greffe de deux jambes par Dr. Pedro Cavadas, d’un patient qui ne pouvait se prévaloir de prothèses et qui malheureusement a dû se faire amputer la greffe, deux ans plus tard dû à une maladie l’obligeant à suspendre sa prise d’immunosuppresseurs.

Notez que les premières greffes réussies de l’Histoire de la médecine sont celles de l’épiderme en 1869 Dr. Reverdin, la cornée en 1905 Dr. Zim, le rein en 1954 Dr. Murray, le pancréas en 1966 Dr. Lillehei & Dr. Kelly, le cœur en 1967 Dr. Barnard,  le foie en 1968 Dr. Starzl, le bloc cœur-poumon en 1981 Dr. Shumway & Dr. Reitz, la main en 1998 et des deux mains en 2000 Dr. Dubernard, la langue en 2003 Dr. Ewers et al., le visage en 2005 Dr. Dubernard & Dr. Devauchelle, les deux jambes en 2011 Dr. Cavadas comme mentionné ci-haut, l’utérus en 2013 Dr. Brännström et naissance en 2014 d’une patiente greffée. Au-delà de l’amélioration des traitements immunosuppresseurs, les transplantations du futur risquent de changer radicalement comme l’explique Agnès Vernet dans La Recherche 2019 no.543 « Les greffons de demain naissent in vitro » !

Pour en savoir plus sur les greffes
consultez les ouvrages en référence aux billets
Don d’organes, Guerre et Médecine, Greffes cardiaques sur ce site.

1ère rangée : Illustration d’un manuscrit de Legenda aurea par Jacopo Varagine
à la Librairie Henry Huntington à San Marino en Californie / Matteo di Pacino maître de la chapelle de Rinuccini  2e rangée : Jaume Huguet Retable des Saints Abdon et Sennen à Terrassa  / Francesco di Stefano dit Pesselino au Louvre / Sano di Pietro dans un couvent à Sienne / Icône tirée de investigacionconcanto.wordpress.com 3e rangée : École de Castille-et-Léon / Maître de Los Balbases / Miquel Nadal de la cathédrale Santa Cruz à Barcelone 4e rangée : Anonyme du Landesmuseum Württemberg à Stuttgart / Fernando Del Ricón au Musée du Prado / Isidro de Villoldo
au musée national de la Sculpture à Valladolid  / André Durand tiré de med-in-art.livejournal.com.  

Lire le prochain billet sur Mounir Fatmi de la série Pathologies & Arts avec artistes marocains…

Covid Art

02/04/2020
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Petit échantillon d’artistes au temps du Coronavirus
Et illustration du coronavirus par David S. Goodsell de la RCSB Protein Data Bank

Identification des structures du coronavirus
SARS Cov-2 à l’origine du Covid-19 sur le site pdb101.rcsb.org
Une enveloppe composée de glycoprotéines de surface S (Spike) pour s’accrocher aux récepteurs d’une cellule hôte, de petites protéines d’enveloppe (E) entraînant éventuellement la maladie et des protéines membranaires intégrées (M) responsables de la coordination entre les autres protéines et pour se reproduire, l’ARN génomique associé à la nucléoprotéine N dans la nucléocapside hélicoïdale. Vous y trouverez également une version à colorier et autres outils pédagogiques pour tous les niveaux.

Diaporama ci-haut comprend des artistes du monde entier et inclut également les artistes marocains suivant : Mohamed Rachdi, Amina Rezki, Mohamed Lekleti, Hamza Ben Rachad, Inaam Obtel,  Aissa Jouad, Salima Ait El Maalan, Hamza Ben Rachad, Sanae Arraqas, Hassan El Houari, Mohammed Quannibou, Abdelkader Melehi, Amina Benbouchta, Mohamed El Baz, Aurèle Andrew-Benmejdoub ainsi que Bekkaye Mekkaoui qui publie régulièrement sur sa page facebook de nouvelles créations inspirées du Coronavirus.

Voir le précédent billet pour des lectures en lien avec la pandémie du Covid-19.

Inaam Obtel

30/03/2020

Diapositive de Pathologies & Arts avec artistes marocains et autres…
faisant suite à la série Diapo du mois sur ce site.

Inaam Obtel  est une artiste pluridisciplinaire qui a étudié les Beaux Arts à Tétouan et qui rédige une thèse de master en Rhétoriques des arts de l’Université de Pau qui portera sur l’influence des manipulations génétiques  dans le 7e art et autres domaines artistiques. Les images en mouvement et le son, sont des éléments essentielles de ses installations et de ses performances qu’elle déploie pour transmuter  des molécules ou détourner des objets des domaines pharmacologique ou médical. Ci-dessus, les radiographies de crâne deviennent un jeu de carte et sans vouloir gâcher le côté énigmatique que recherche de transmettre l’artiste, voici la légende de l’image de droite correspondant à une coupe axial obtenue par un scanner cérébral 1. sinus maxillaire droit 2. septum nasal 3. sinus maxillaire gauche 4. nasopharynx 5. conduit auditif externe 6. trou occipital 7. cervelet.

Lors de sa résidence en 2019 au Hybrid Lab plattform – organisme basé à Berlin qui favorise l’échange entre les arts, la science et la technologie, Inaam Obtel faisait recours cette fois, à la réalité virtuelle « rendant ce qui est invisible, visible », pour imaginer l’ingestion inversée d’un médicament en introduisant l’humain à l’intérieur d’une molécule. Elle poursuit, dans ce même projet, à la phase d’absorption, via un code QR qui renvoie à une vidéo, illustrant de manière poétique la mise en solution d’un médicament, pour lui permettre d’être absorbé, en utilisant de l’encre de chine et un effervescent sous microscope. Pour en savoir plus sur la pharmacocinétique lire le processus sur pharmacomedicale.org.

Identités 2016 de Inaam Obtel – Iftiry Centre d’Art contemporain d’Essaouira
Informations sur les
tatouages berbères sur ce site au billet du 21/3/2020

Dans le cadre d’Être ici à Tanger 2018 – parcours artistique à travers divers lieux historiques de la ville, le public avait pu assister à la projection de son Africa in motions au Bab Bahr de la Kasbah de Tanger. Une façon pour Inaam Obtel de dénoncer le problème d’accès aux médicaments en Afrique, expliqué dans l’article en référence sur ce site au billet Être ici Tanger. On pouvait aussi y voir des gravures sur plaque de zinc de divers virus qui la fascine depuis déjà longtemps comme le démontre son installation Papilloma 2016, composée de gobelets jetables prenant la forme du VPH Virus du Papillome Humain transmissible sexuellement et ses gravures de divers virus ex. virus du Nil qui se propage par des moustiques et cause des troubles neurologiques mortelles, virus du Chikungunya également transmissible par des moustiques mais causant des douleurs articulaires, virus Arenaviridae responsable de certaines formes de fièvres hémorragiques, virus H1N1 responsable de la pandémie de 2009, le virus de l’Ébola qui se propage par contact direct de la peau lésée et muqueuses, etc.

Sites en lien avec le Coronavirus
OMS  Organisme Mondial de la Santé
Dossier du Coronavirus par l’Institut Pasteur
OurWorldInData.org pour des statistiques précises
Covidsisualizer.com pour une visualisation de l’épidémie
(cas infectés, nombres de décès et de guérisons) sur le globe en temps réel.
Minutephysics pour mieux comprendre le point de basculement du Covid-19
et l’importance des échelles logarithmiques dans une vidéo éducative en coll. avec aatishb.com
Liste de sources fiables suggéré par Rémi Quirion – Scientifique en chef du Québec.
Portail officiel du Coronavirus au Maroc et nouvel appareil respiratoire de haute protection conçu par une équipe de la FRDISI et de l’ENSEM-UH2C.

Autres diapos de Corps humain et Pathologies à travers l’art à venir…

Ghizlane Sahli

26/03/2020

Diapositive de Pathologies & Arts avec artistes marocains et autres…
faisant suite à la série Diapo du mois sur ce site.

Architecte de formation, Ghizlane Sahli déploie avec grâce et finesse les organes du corps humain. Elle réussit à leur donner un aspect alvéolé à partir de morceaux de bouteilles en plastique brodés en fil de soie de sabra – une soie végétale provenant de l’Aloe vera, utilisée depuis des années en passementerie pour orner les caftans ou autres habits traditionnels. Pas étonnant que ses créations exquises ont séduites le Victoria & Albert museum qui possède dorénavant son cœur rouge & or de la série Histoire de tripes.

Ghizlane Sahli se sert des viscères humains comme métaphore d’individus dépouillés de tous les préjudices qu’ils accumulent à travers les années, ne leur restant au final que ce qui est vital tels les organes de la reproduction, la digestion, la respiration, la circulation du sang, etc. Elle ne prétend pas reproduire les structures anatomiques avec exactitude, mais s’inspire tout simplement des merveilles du corps humain pour créer des œuvres de toute beauté. Ci-dessus Histoire de Tripes Volumes 003 2017 et un dessin à l’encre sur papier d’Arches dont plusieurs sont également brodés. Celui-ci évoquant les villosités intestinales qui procurent, de par leur replis, une plus grande surface d’absorption comme expliqué sur ce site au billet Palm Jumeraih à Dubaï qui en reproduisant ce principe, ont permis à plus de gens d’avoir accès à la plage.

Au centre Histoire de tripes Volume 005 2005 de Ghizlane Sahli au Musée Victoria & Albert Museum
De chaque côté La mer(e) origine du monde 2019 à la Galerie David Bloch de Marrakech

« Le féminin dans l’œuvre de Ghizlane Sahli, comme le féminin de L’Éternel Féminin,
incarne peut-être cet appel de la transcendance, le désir sublimé. La métamorphose à l’œuvre
dans son travail s’alimente d’une énergie similaire, foncièrement féminine. Car seul le féminin
sait tendre un arc entre la cellule et l’océan, ou articuler l’espace aqueux de l’enfance primaire et l’espace aquatique de l’origine première. On doit également au féminin, l’étrange familiarité entre la poche amniotique en laquelle nous avons “bourgeonné” avant même de connaître la lecture
et le bourdonnement sourd d’une immersion aquatique » Soukaina Aboulaoula et Yvon Langué
tiré du communiqué de presse 01/2020 de la Galerie David Bloch

Voir aussi sur le site de Ghizlane Sahli, les installations du collectif Zbel Manifesto qu’elle a fondé avec sa sœur Katia Sahli diplômée en droit international et l’artistes-photographe Othman Zine. Aspirer pour un monde meilleur, fait partie des préoccupations de Zbel manifesto qui utilisent des matières recyclables comme dans Pimp up my garbage en 2014 pour la Biennale de Marrakech ou ci-dessous Un diner en ville 2018 sur la musique de Maria Callas dans le cadre de l’exposition Second Life au MACAAL.

Lire aussi MACAAL à Marrakech qui cite quelques œuvres sur le thème de l’environnement.

Autres diapos de Corps humain et Pathologies à travers l’art à venir…

Mohammed El Baz

21/03/2020

Diapositive de Pathologies & Arts avec artistes marocains et autres…
faisant suite à la série Diapo du mois sur ce site.

À l’occasion de la première Biennale de Rabat, qui s’est tenue l’automne dernier, le commissaire Abdelkader Damani avait donné Carte blanche à Mohammed El Baz. L’artiste plasticien, qui a fait des études d’art en France, transforma le sous-sol du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain en lieu de réflexion sur la complexité du monde dans lequel on vit, grâce à ses installations et celles de six autres invités. On pouvait y voir de récentes photographies faisant allusion à la chute d’Icare ainsi qu’un autoportrait dans sa série Black rain  2019 qui avaient été exposé à la galerie d’art L’Atelier 21 quelques mois plus tôt et qui s’inscrivent en continuité de son projet Bricoler l’incurablequ’il poursuit depuis 1993. Ce titre lui vient d’une phrase de Cioran qui définissait qu’« Être moderne, c’est bricoler dans l’incurable » – Les syllogismes de l’amertume p.753. Ausculter, diagnostiquer et réparer c’est ce que justement Mohamed El Baz tente de faire de manière ingénieuse à travers l’art.

Festin nu 2011 (détail) de Mohammed El Baz et L’Ombrelle 1777 de Goya au Musée du Prado

D’ailleurs, pour Festin nu 2011 ci-haut, il photographie des pilules & comprimés, qu’auraient pu être prescrits à 22 artistes selon des pathologies imaginaires, avec le souhait de peut-être un jour approfondir le sujet avec des spécialistes afin d’éventuellement présenter une exposition incluant des originaux d’ordonnances provenant d’archives pour soutenir certaines hypothèses. Pour l’instant, cette sélection du Festin nu repose notamment sur un choix esthétique faisant allusion dans le cas de Malevitch au mouvement suprématisme ou à la palette de couleurs de Goya comme l’image ci-dessus. Il en est de même du bleu & du rose pour Picassso correspondant à ses périodes mélancolique & douce en rajoutant le brun-ocre du cubisme; pour Duchamp, on s’en tient qu’à deux couleurs – l’une claire et l’autre sombre du Nu descendant de l’escalier ou pour sa passion des échecs et qu’à une seule couleur pour Monet, celle du si célèbre Nymphéas bleus et de ses paysages de l’eau ou des conséquences de sa cataracte comme le rapporte un des ophtalmologue qu’il avait consulté à Giverny. Vous pourrez lire d’autres exemples de problèmes de vision des peintres sur le site des ophtalmologistes de France ainsi que les références mentionnés au billet Impressionnisme en musique. Quant à ce légendaire jaune de Van Gogh on l’attribue à une xanthopsie causée par une surdose de santonine ou de digitalis qu’on lui aurait prescrits ou d’un excès d’absinthe dû à la molécule Thujone – plus de détails dans Médecin du Québec vol.28 no.2 fév.2003, Archives of Pathology & Laboratory Medicine Nov. 2005, Vol. 129 no. 11, p.1457-1464 et Royal Society of ChemistryMai 2011 ou autres hypothèses sur meridiens.org et ouvrages déjà cités sur ce site.

De plus, la lumière est un élément récurrent dans la riche production de Mohammed El Baz, que ce soit peindre avec la lumière car il privilégie souvent la photographie, ou sous d’autres formes. À l’occasion de la COP 22 de Marrakech, les silhouettes des continents en moucharabieh de Door of heaven 2016 furent illuminées par des panneaux photovoltaïques, nichés sur des arbres métalliques pouvant produire jusqu’à 4,5 Wh par jour selon le groupe l’OCP. Nombreuses sont ses installations à partir d’ampoules ou celles de néons, illustrant le contour d’un cerveau ou d’un mot ou brodés selon le relief d’un territoire, etc. Tandis qu’au sens figuré, sa dernière exposition à l’Atelier 21, inspiré du Procès de Kafka, avait comme titre Lumière noire,  « ce spectre ultra-violet qui révèlent selon El Baz « la poussière à laquelle se réduit tout homme ».  « Révéler l’invisible » semble être le nouveau mantra de celui qui poursuit son travail sur « Bricoler l’incurable », mais en s’attachant à dénouer les verdicts que pose la société sur nos existences, comme est accusé sans raison le héros de Kafka. » Peut-on lire dans le magazine Diptyk.

Mystery skulls, Never basta no.6 et no.4 2013, Skyfire 2019 et
Cliquez sur son projet Door of Heaven, élaboré dans le cadre de la COP22 de Marrakech,
pour visionner des données mondiales en temps réel aussi bien sur le nombre de décès

de maladies diverses, disparition d’espèces, l’énergie de ressources renouvelables,
la consommation d’eau ou les émissions de CO2 par jour, etc.

Ci-dessus, un tatouage berbère sur un crâne de la série Mystery skulls de Mohammed El Baz – Pour démystifier ce rituel pré-islamique et connaitre la signification de quelques motifs regarder la vidéo de Moussa Lebkiri présenté sur Arte, lire les commentaires du professeur d’anthropologie Fouad Arzouk sur dzvid.com et l’article Le tatouage berbère au-delà de l’aspect esthétique, Mémoire du corps de Haddadt 29/11/2018. Pour terminer, quelques autres photographies de Mohammed El Baz i.e. des fémurs colorés en métal et le triptyque avec cœurs de mouton que le public du Salon du Livre et de l’Édition de Casablanca a pu voir au Pavillon de la France – les deux pays où l’artiste partage son temps. Rappelons aussi que pour une exposition en l’honneur des 20 ans de règne du roi Mohammed VI, Mohamed El Baz a souligné les avancés aérospatiales du Maroc par une photographie représentant le lancement d’une fusée avec en arrière-plan la mosquée Hassan II de Casablanca. Notez la mise en orbite de déjà plusieurs satellites marocains ayant permis des relevés topographiques utiles dans le domaine de l’agriculture & de l’environnement ainsi que la mise sur pieds cette année d’un programme de construction de petits satellites – plus de détails sur sputnik.news.

Lire aussi les billets sur l’exposition Tatoueurs tatoués du Quai de Branly
et les trois sur la Biennale de Rabat partie I Intro II Sciences et III Littérature.

Autres diapos de Corps humain et Pathologies à travers l’art à venir…

FIFA 2020 – autres suggestions

17/03/2020

Le FIFA en ligne ! Permet de visionner de chez-soi une centaine de films parmi les 240 programmés pour cette 38e édition qui a dû s’adapter aux consignes de confinement pour contrer l’épidémie du Corona Virus. Outre ceux en lien avec l’Art-Thérapie mentionné dans le précédent billet et de nombreux films d’art iraniens des années soixante à aujourd’hui,  voici quelques suggestions de films en lien avec les sciences, le street art, la poésie et autres…

SCIENCES

Léonard de Vinci: L’homme en mouvement de Nathalie Plicot et Eve Ramboz

Léonard de Vinci : Le chef d’oeuvre redécouvert de Frédéric Wilner

Wild Gene de Joris Gijsen sur l’artiste conceptuel Koen Vanmechelen fondateur de Labiomista ou sont conçus des oeuvres de bio-art aviaires tel le projet CCP.

Why Are We Creative: The Centipede’s Dilemma de Hermann Vaske

NB. Les titres en italique indiquent que le film n’est pas disponible en ligne pour l’instant
mais surveiller la liste car des ajouts se font quotidiennement sur FIFA en ligne !

POÉSIE

Envol entre fleuve et ciel de Chantal duPont

Voix des soupirs de Atam Rasho – court métrage
D’après le Livre des Lamentations de Grégoire de Narek du Xe siècle

Mingus Erectus d’Amaury Voslion
D’après le recueil éponyme de Noël Balen en hommage à Charles Mingus

Raôul Duguay par delà La Bitt à Tibi de Yves Langlois
Sur un projet transdisciplinaire de ce poète, artiste et compositeur-interprète

Plus haut que les flammes de Monique Leblanc
D’après Plus haut que les flammes de Louise Dupré aux éditions Bruno Doucey

Notez aussi Le procès de Lady Chatterley – orgasme et lutte des classes dans un jardin anglais, Paul Auster – in the land of Strangeness ainsi que The man who played with fire sur Stieg Larrson et une vision en 6 min de Kafka dans That is funny.

STREET ART

Ernest Pigon-Ernest, à taille humaine de Yann Coquart
Martha : A picture story de Selina Miles sur la photographe
Martha Cooper l’auteure de Subway Art publié en 1984.
Art libre de Luigi Capasso sur l’artiste Millo

Notez aussi des films sur la danseuse de ballet Vessa Tonova et un couple d’artistes bulgares ainsi que sur le célèbre metteur en scène russe Kiril Serebrennikov dont le procès fut médiatisé et la formidable chef d’orchestre Barbara Hannigan.

Kiril Serebrennikov a theatre director under arrest de Julia Bendlin et Eduard Erne
A monologue in the intermission de Peter Vulchev
Luben and Elena d’Ellie Yonova
Taking risks de Maria Stodtmeier

Bon Festival !

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