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Art Brut de Lausanne

13/06/2017

ArtBrut_VincentCapt_GaspardCorpataux
Poétique des écrits bruts par Vincent Capt aux éditions Lambert-Lucas 2013, 390 p. avec une préface de Sarah Lombardi – directrice de la Collection de l’Art Brut de Lausanne. En page couverture, lettre de Justine Python 1932 et à droite une de Gaspard Corpataux – Salut Médecin-Directeur 1906.

La Collection de l’Art Brut de Lausanne est une des plus importantes dans le monde avec près de 60 000 œuvres qui débuta par le lègue important de Jean Dubuffet en 1971. Michel Thévoz en fut le conservateur jusqu’en 2001 suivi par Lucienne Peiry (commissaire de l’exposition Inextricabilia à  la Maison Rouge à Paris du 23 juin au 17 sept.), et Sarah Lombardi depuis 2013. La base de données patrimoniales de la Suisse romande appelée Muséris, permet de consulter une partie de cette riche collection. L’exposition permanente répartie en 4 étages est absolument magnifique et diversifiée en terme de médium artistique avec des broderies de Jeanne Tripier (1876-1954) des musiciens à base de mie de pain de Joseph Giavarini (1877-1934) connu comme le prisonnier de Bâle, des coquillages illuminés par Paul Amar, des poupées en tissus de Michel Nedjar, etc. On y trouvera évidemment,  des œuvres de plusieurs artistes (ex. August Walla, Oswald Tschirtner, Johann Hauser, Franz Kernbeis ) qui apparaissent dans le documentaire de Richard-Max Tremblay et Anne-Marie Rocher sur Gugging en Autriche. Le Museum Gugging reçoit d’ailleurs, jusqu’en juillet, l’exposition célébrant les 40 ans de la Collection de l’Art Brut de Lausanne. Voir aussi ceux de Carlos Zinelli dans le divertissant film Turning the Art World Inside Out de Jack Cocker avec Alan Yentob , présenté au Festival des Films sur l’Art de Montréal  – FIFA il y a trois ans.

Dans Poétique des écrits bruts, Vincent Capt consacre un chapitre complet à Justine Python d’une graphie tricotée serrée qui lui est propre et un autre sur Gaspard Corpataux (1836-1917) dont on voit également un exemplaire ci-haut. Enfermé à la Maison d’aliénés de Marsens près de Fribourg en Suisse pendant une trentaine d’années, il ne cessa d’envoyer par écrit des demandes de libérations dans un style utilisant des mots constellés par des tildes et  hexamètres. Ci-dessous, un procès fictif d’un patient hospitalisé dans un centre psychiatrique abordant aussi la question de Qu’est-ce que l’art ? Plaise au tribunal du psychiatre et écrivain Emmanuel Venet aux éditions La Fosse aux ours 2017 32 p. p.14-15.

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ArtBrutLausanne_ZdenekKozek_SylvainLecoqArtBrutLausanne_Walla_Lecoq_HoferCollection de l’Art Brut de Lausanne 1ère rangée – Zdenek Kozek obsédé par l’observation du ciel et poème de Sylvain LeCoq. 2e rangée – August Walla (2X),  Sylvain LeCoq et autoportrait de Josef Hofer en page couverture d’un livre de la collection Contre-courant comprenant un texte du neuroscientifique Olaf Blanke sur le rôle du miroir dans l’exploration de soi par Hofer.

Notez que la 3e biennale de l’Art Brut se tiendra du 17 novembre 2017 au 29 avril 2018

 

 

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Rétrospective d’Anna Zemánková (1908-1986) jusqu’au 26 novembre

Affiche d’un collage et broderie sur papier / Au centre en stylo à bille rouge et noir de la Collection de l’Art Brut de Lausanne / À droite Nekonečný květ – La fleur infinie de la collection familiale d’Anna Zemánková.  Photos de Marie Humair et Amélie Blanc. Commissaires : Pascale Jeanneret et Terezie Zemánková. Visionner le documentaire de 30 minutes, Le jardin botanique d’Anna Zemánková 2017 de Philippe Lespinasse et Andress Alvarez  et lire l’article « Anna Zemánková ou la vie impossible »  sur diagonaledelart.blogs.libertation.fr  8/6/2017 dont voici un extrait :

« Ses dessins n’imitent aucune fleur répertoriée dans les herbiers de botanique. Elles ne sont cultivées par aucun jardinier bien qu’elles aient, pour la plupart, l’apparence des motifs floraux, avec tous les accessoires du parfait manuel de botanique. On peut y reconnaître des étamines avec leurs petites fourches, des pistils aux allures de clochettes ou des pédoncules verts aux formes allongées. Les lignes végétales suggèrent, parfois, des figures de palme avec leurs feuilles en éventail. Les tiges enroulées sur elles-mêmes se terminent souvent par des feuilles fourchues. […] C’est plus encore la délicatesse d’exécution. De fait, durant la journée, Anna Zemánková reprenait ses dessins, en y ajoutant une infinité de détails répétitifs. D’où leur caractère baroque, avec la constitution d’un véritable espace fractal. Une flore moléculaire semble germer au sein de chaque corolle. Processus de chrysalide infinie !»

De Philippe Godin auteur de Asphyxiante santé – réévaluations esthétiques
de la maladie
aux éditions L’Harmattan 2009, 254 p.

 

 
Voir aussi sur ce site les billets sur les Collections de Stadshof et Bruno Decharme ainsi que celle de l’Hôpital Sainte-Anne sous la direction d’Anne-Marie Dubois et tous les articles en  lien avec Les Impatients  (organisme fondé par Lorraine Palardy ayant pour but d’aider à travers l’art, les personnes atteintes de problèmes de santé mentale) et ceux des rubriques « Maladie mentale » et « MedPoe » comprenant une liste de poèmes abordant le même sujet.

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