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Paon de nuit

07/09/2016

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Paon de nuit ou Night Peacock de Dai Sijie avec Liu Yifei

Le Paon de nuit vient de recevoir le 1er Prix de la section cinéma chinois au Festival des films du monde de Montréal 2016. Vous trouverez le palmarès des autres films primés sur le site du FFM. Romancier également, Dai Sijie nous avait conquis avec Balzac et la petite tailleuse chinoise pour remporter ensuite le Prix Femina 2003 avec Le complexe de Di aux éditions Gallimard et publier son troisième roman quelques années plus tard – Par une nuit où la  lune ne s’est pas levée; suivront L’acrobatie aérienne de Confucius et Trois vies chinoises chez Flammarion. Le film Paon de nuit a été coscénarisé par Nadine Perront, Saba Mazloum en est le directeur photo et la gracieuse actrice Liu Yifei y joue le rôle principal. Outre l’histoire d’amour autour d’elle que raconte Dai Sijie, on la verra partir à la recherche d’ailantes (Attacus cynthia) pour nourrir ses vers à soie. Le Bombyx de l’ailante (Samia cynthia) est justement une des espèces qui fut introduite en France pour remplacer les vers à soie disséminés par la pébrine  au XIXe siècle. Le titre du film fait par contre référence à un autre papillon de la famille des saturnidés. Le Saturnia pyri qui est le plus grand papillon d’Europe peut atteindre 20 cm, d’où son surnom de Grand Paon de nuit et ressemble au Saturnia pavonia ou Petit Paon de nuit  qui lui ne dépasse pas 8 cm. Quant au Paon de jour (Aglais io)  il est beaucoup plus coloré et fait partie de la famille des Nymphalidés. Fiches entomologiques en hyperlien sous chacune des espèces mentionnées de insectes.org, tela-insecta.net, insectes-net.fr et baladesentomologiques.com. Visitez aussi le site naturedocumentaries.org et le blogue blogadupdup.org avec des vidéos de Philippe Parolini. Voir le billet FFM 2016 pour quelques références sur les expériences de Pasteur pour éradiquer la pébrine ainsi que Lépidoptères pour des photographies d’Alain Lefort, extrait du poème l’Art entomologique & autres infos et celui du 25/8/2015 Tatouages.

vangogh_greatpeacockDétails de Giant Peacock Moth de Vincent Van Gogh 1889
à Saint-Rémy de Provence du Musée Van Gogh à Amsterdam.

Notez que le Petit Paon de nuit est évoqué subtilement dans le poème de Nabokov –  In paradise 1927 : My soul, beyond distant death / your image I see like this : / a provincial naturalist, / an eccentric lost in paradise. // There, in a glade, a wild angel slumbers, / a semi-pavonian creatue. / Poket at it curiously / with your green umbrella, […] et dans Lines written in Oregon en 1953 Blue birds from the bluest fable, / Bear and hare in coats of sable, / Peacock moth on picnic table, […] Référence – Nabokov’s Butterflies: Unpublished and Uncollected Writings  traduction de Dmitri Nabokov édité par Brian Boyd et Robert Michael Pyle aux éditions Beacon Press 2000, 782 p. Extraits de p.123 et p.500 – résumé par Steve Connor sur independent.co.uk. Et deux extraits ci-dessous autour du Grand Paon:

Ce fut une soirée mémorable. Je l’appellerai la soirée du Grand-Paon. Qui ne connaît ce superbe papillon, le plus gros de l’Europe, vêtu de velours marron et cravaté de fourrure blanche ? Les ailes, semées de gris et de brun, traversées d’un zigzag pâle et bordées de blanc enfumé, ont au centre une tache ronde, un grand œil à prunelle noire et iris varié, où se groupent, en arcs le noir, le blanc, le châtain, le rouge amarante. Non moins remarquable est la chenille d’un jaune indécis. Au sommet de tubercules clairsemés et couronnés d’une palissade de cils noirs, elle enchâsse des perles d’un bleu turquoise. […] Jean-Henri Fabre (1823-1915) Souvenirs entomologiques – série VII chapitre 23

Les papillons […] C’est le ‘grand-paon’ à l’oeil rose / Dessiné sur un fond gris,/ Qui ne vole qu’à nuit close, / Comme les chauves-souris ; / Le ‘bombice’ du troëne, / Rayé de jaune et de vent, / Et le ‘papillon du chêne’ / Qui ne meurt pas en hiver ! […] Gérard de Nerval (1808-1855)

Silkworms de Zheng Min (1984) – The flowering of modern chinese poetry
Traduction par Herbert Batt et Sheldon Zitner
McGill-Queen’s UPress 2016, 448 p. extrait p.411

Life is condensed in these miraculous black specks
That transform overnight into a swarm of tiny strands.
They swim in a sea of green leaves,
Growing into a tender flesh – slender forms
Perfectly round, with crimsom mouths.
[…]
You spend your lives to build a future,
Your ressurection,
Using a long, long thread of shining silk,
Winding and winding it again around your flesh,
A passing stage in your life,
Awating in seclusion your metamorphosis.

However it may be,
Your diaphanous abodes
Are not sleeping chambers,
Nor mausoleums.
Life pulsates inside.
In boiling water you exchange a death
For silver threads that reach through time and space.

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Liu Yifei et Leon Lai dans Paon de nuit de Dai Sijie  centdevotee.files.wordpress.com

Le Shakuhachi (shaku – 1 pied / hachi – 8 pouces) est une flute traditionnelle à l’origine du Xiao. Sur le site du Chikudo-bamboo-flutes.com on raconte les origines de cette flute utilisée pour la méditation, construite au IXe siècle par un disciple du moine boudhiste Fuku. Vous pouvez écouter Treasures Of Chinese Instrumental Music: Wind Instruments et lire la description de treize instruments à vents chinois anciens sur domomusicgroup.com; voir aussi sur ce site le billet Musique de l’antiquité grecque et romaine.

3 commentaires leave one →
  1. 10/09/2016 20:18

    Resplendissant bouquet, cueilli aujourd’hui même à la bibliothèque : The flowering of modern chinese poetry – an anthology of verse from the Republican period aux éditions McGill-Queen’s University Press 2016, 448 duquel je viens d’insérer ci-haut un poème sur les vers à soie. On y retrouve aussi une présentation sur chacun des auteurs.

    http://www.mqup.ca/flowering-of-modern-chinese-poetry–the-products-9780773547667.php?page_id=73&

    Zheng Min est née en 1920 à Minhou dans la province de Fujian. Elle étudia la philosophie ainsi que des auteurs comme Goethe et Rilke privilégieant la forme de sonnets pour ses nombreux poèmes abordant les thèmes des arts & de la nature. Sur le site du Lieden’s University, vous trouverez de nombreux poèmes chinois traduits par Michael Martin Day dont celui-ci également sur les vers à soie:

    The Ghost of a Spring Cocoon [春茧的幽灵] 1987 by Zheng Min
    The ghost of a cocooned spring
    strokes the pitch-black earth
    with her silk white sleeves
    her white damask dancing shoes
    spin like awls
    her raised face
    cannot see the light of moon and stars
    this is not the night
    but the sun is picked up
    by Chinese-chess players for a game.
    From outside the picture a noise passes in
    like a stack of china bowls smashed
    its glad and ruthless laughter
    a venting of hostility
    On a tender green mulberry leaf
    spring’s cocoon pierced by transparency
    undergoing the pains of a hard birth
    Turning vainly the spinning-wheel
    waits ten, a hundred, a thousand years
    sleep in peace
    the dark of the night seems sweet
    immortality rots continuously soaked in honey
    cocooned once more in its ancient corpse
    the transparency of liquid silk stiffens
    A moth flies from the coffin
    flutters in the limitless dark
    scattering its grey eggs.

    http://leiden.dachs-archive.org/poetry/MD/Zheng_Min_trans.pdf

    • 11/09/2016 06:19

      Autres poèmes chinois sur le site Arts & Sciences aux billets Yongming Zhai
      https://lmoussakova.wordpress.com/2014/11/15/yongming-zhai/
      et Ai Wei Wei pour un poème de son père Ai Qing
      https://lmoussakova.wordpress.com/2012/03/15/ai-weiwei/

      Et évidemment Ombres de chine 2015 aux éditions inculte
      avec 400 poèmes de la dynastie Tang – choisis, traduits et commentés par André Markowicz
      http://www.inculte.fr/catalogue/ombres-de-chine/

      • 30/11/2016 17:39

        Voilà ! Maintenant que je l’ai lu – je confirme (comme mentionné sur fbk) qu’Ombres de chine de Markowicz est un merveilleux florilège ! Qui nous fait voyager à travers des siècles de poésie et nous fait découvrir l’histoire & la culture d’une des plus anciennes civilisations grâce aussi aux notes de bas de page qui à elles seules en valent la lecture. On est également accompagné tout au long du livre par le son de la harpe verticale (kung-hou), luth, cithare, cloche, flutes diverses, etc. et on peut presque humer les fleurs d’hibiscus. Le poème de la page 536 fait par exemple référence à la poétesse Su Hui (IVe siècle avant J.-C.) qui composa pour son mari exilé, un palindrome de 840 caractères brodés sur du brocart et pouvant être lu de 9749 façons différentes.

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